Ukraine: attaque de drones russes dans la région d'Odessa avant un sommet Poutine-Erdogan

Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiy Reznikov, assiste à une conférence de presse à Kiev, le 28 août 2023, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo SERGEI CHUZAVKOV / AFP)
Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiy Reznikov, assiste à une conférence de presse à Kiev, le 28 août 2023, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo SERGEI CHUZAVKOV / AFP)
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Publié le Lundi 04 septembre 2023

Ukraine: attaque de drones russes dans la région d'Odessa avant un sommet Poutine-Erdogan

  • De son côté, le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov a annoncé lundi avoir remis sa démission au Parlement
  • M. Erdogan, un des rares dirigeants au sein de l'Otan à préserver de bonnes relations avec M. Poutine, espère faire de ces entretiens un tremplin en vue de négociations de paix plus larges entre Kiev et Moscou

KIEV: La Russie a procédé lundi à une attaque "massive" de drones dans la région ukrainienne d'Odessa, selon les autorités ukrainiennes, endommageant des infrastructures à quelques heures de pourparlers russo-turcs prévus en Russie sur une reprise de l'accord céréalier.

De son côté, le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov a annoncé lundi avoir remis sa démission au Parlement, au lendemain de l'annonce de son remplacement par le président Volodymyr Zelensky, après plusieurs scandales de corruption au sein du ministère sur fond de l'invasion russe.

Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan retrouve à Sotchi (Sud-Ouest de la Russie) son homologue russe Vladimir Poutine afin de discuter d'une reprise à temps pour la récolte d'automne de cet accord dont Moscou est sorti en juillet. Négocié sous l'égide de l'Onu, il vise à protéger les exportations céréalières via les ports ukrainiens sur la mer Noire.

M. Erdogan, un des rares dirigeants au sein de l'Otan à préserver de bonnes relations avec M. Poutine, espère faire de ces entretiens un tremplin en vue de négociations de paix plus larges entre Kiev et Moscou, alors que l'Ukraine se trouve en pleine contre-offensive.

Dans la région méridionale d'Odessa, déjà visée par une autre attaque durant la nuit précédente, le gouverneur local Oleg Kiper a annoncé lundi matin sur Telegram que "dix-sept drones ont été abattus par nos forces de défense aérienne".

"Dans plusieurs localités du district d'Izmaïl, des entrepôts et des bâtiments de production, des machines agricoles et des équipements d'entreprises industrielles ont été endommagés", a-t-il ajouté précisant que l'attaque s'est déroulée pendant trois heures et demie et n'a fait ni victime ni blessé.

Le port d'Izmaïl sur le Danube, proche de la Roumanie membre de l'Otan, est devenu un

passage d'importance pour les exportations ukrainiennes depuis le retrait russe de l'accord céréalier mi-juillet.

«Importante attaque nocturne»

Le Commandement opérationnel pour le Sud de l'Ukraine a décrit de son côté une "importante attaque nocturne" conduite au moyen de drones contre "des infrastructures civiles de la zone du Danube".

Dans la nuit de samedi à dimanche, des engins russes avaient frappé des sites industriels sur le Danube, avait indiqué le bureau du procureur général de l'Ukraine.

L'armée russe avait dit de son côté avoir effectué un raid à l'aide de ces appareils contre "des dépôts de carburant utilisés pour ravitailler les équipements militaires de l'armée ukrainienne dans le port de Reni", également situé dans la région d'Odessa.

Parallèlement, l'Ukraine a revendiqué lundi des gains limités sur le front Sud et la reprise de trois km2 près de Bakhmout (Est).

A Kiev, les autorités ont elles fait état d'une nouvelle alerte à la bombe reçue pour toutes les écoles de Kiev, trois jours après la première, le jour de la rentrée scolaire le 1er septembre, qui s'était avérée fausse.

Lundi, Moscou a par ailleurs affirmé avoir détruit en mer Noire quatre vedettes militaires rapides transportant des soldats ukrainiens, quelques jours après avoir dit avoir fait de même contre quatre bateaux des forces spéciales de Kiev.

"Dans la partie nord-ouest de la mer Noire, (...) l'aviation navale de la Flotte de la mer Noire a détruit quatre vedettes militaires rapides +Willard Sea Force+ de fabrication américaine (transportant) des groupes de débarquement des Forces armées de l'Ukraine", a indiqué le ministère russe de la Défense sur Telegram.

Les bateaux ukrainiens voyageaient dans la nuit de dimanche à lundi en direction du cap Tarkhankout situé dans l'Ouest de la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014, a ajouté le ministère sans fournir davantage d'informations.

La Défense russe avait dit mercredi avoir détruit quatre vedettes militaires de Kiev qui transportaient au total jusqu'à 50 membres des forces spéciales.

Le 24 août, l'Ukraine s'était félicitée d'avoir mené une rare opération commando en Crimée et d'y avoir hissé le drapeau national, avant de repartir "sans pertes" selon le renseignement militaire ukrainien.

Lundi également, Moscou a dit avoir abattu un drone ukrainien au large de la Crimée ainsi qu'un second appareil dans la région russe de Koursk, frontalière de l'Ukraine. Les attaques de drones contre le territoire russe et la Crimée se sont multipliées ces dernières semaines.


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
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  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
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  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com