RDC: violence persistante et manque d'aide, désespoir des déplacés d'Ituri

Des personnes déplacées par le conflit écoutent un discours de la délégation de l'ONU à Komanda, province de l'Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 30 août 2023. (AFP)
Des personnes déplacées par le conflit écoutent un discours de la délégation de l'ONU à Komanda, province de l'Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 30 août 2023. (AFP)
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Publié le Lundi 04 septembre 2023

RDC: violence persistante et manque d'aide, désespoir des déplacés d'Ituri

  • La localité de Komanda, l'un des terminus de ceux qui fuient les violences, accueille environ 40 000 déplacés qui, selon la communauté humanitaire locale, vivent avec très peu d'assistance
  • Selon les Nations unies, 1,7 million de personnes sont déplacées en Ituri

BUNIA: La paix semble inaccessible et l'aide manque. Dans les camps de déplacés d'Ituri, province déchirée de l'est de la République démocratique du Congo, le désespoir se nourrit de l'horreur des violences subies et du sentiment d'abandon.

"J'avais six enfants, trois ont été tués à la machette par les ADF", raconte Henriette Lofaku, 60 ans, qui a trouvé refuge à Komanda, à 75 km de Bunia, la capitale provinciale.

Les ADF (Forces démocratiques alliées), affiliés au groupe Etat islamique, sévissent depuis le milieu des années 1990 dans le nord de la province voisine du Nord-Kivu et ont étendu plus récemment leurs exactions en Ituri.

Ils y rivalisent de barbarie avec des milices communautaires, dont les Codeco (Coopérative pour le développement du Congo), accusés d'avoir encore tué au moins 15 personnes fin août dans un camp de pêcheurs.

Henriette et sa famille habitaient le village de Walense-Vokutu, à la limite entre les deux provinces, quand, un soir d'avril 2021, les ADF ont attaqué. "Nous avons fui et tout abandonné... Ils ont tout brûlé derrière nous...",  poursuit la sexagénaire.

Comme elle, Justine a les larmes aux yeux quand elle raconte la mort de sa soeur, tuée avec son fils alors que la famille était en fuite. "Les bombes explosaient de partout", se souvient-elle, assise devant sa cabane aux murs d'argile.

La localité de Komanda, l'un des terminus de ceux qui fuient les violences, accueille environ 40.000 déplacés qui, selon la communauté humanitaire locale, vivent avec très peu d'assistance.

"Nous souffrons énormément... Sous ces bâches, nous n'avons ni médicaments, ni nourriture, rien. Il faut que les autorités sachent que nous existons !" s'emporte Christine Dida, mère de huit enfants, qui a fui le territoire de Djugu il y a trois ans.

Bahati Letakamba, qui a neuf enfants, est là lui aussi depuis trois ans. "Nous devons nous débrouiller et travailler dans des champs des autochtones pour vivre", dit-il, en montrant le peu de farine de manioc qui reste pour nourrir sa famille.

Situation critique 

"La situation des déplacés est vraiment critique", reconnaît à Komanda Serge Mahunga, de l'ONG Solidarités Internationales.

À Bunia, un autre site installé en pleine ville depuis 2019 accueille plus de 14.000 personnes dont la situation, déjà inquiétante, se dégrade encore avec la poursuite des attaques dans de nombreux villages.

Selon les Nations unies, 1,7 million de personnes sont déplacées en Ituri.

"Cela représente 40% de la population de la province. C'est un chiffre vraiment choquant", déclarait le 30 août Bruno Lemarquis, coordonnateur des agences humanitaires de l'ONU en RDC, au terme d'une visite de terrain.

"Cette crise humanitaire en RDC dure depuis 25 ans, c'est l'une des plus sérieuses, des plus complexes et des plus longues au monde, mais aussi la plus négligée...", disait-il à l'AFP.

Des affrontements entre milices communautaires ont fait des milliers de morts en Ituri entre 1999 et 2003 et, après plus d'une décennie d'accalmie, ont repris en 2017.

Depuis un an, selon M. Lemarquis, les besoins humanitaires ont encore augmenté "du fait de nouveaux conflits ou de la résurgence d'autres", comme la rébellion du M23 au Nord-Kivu. Des militaires ont quitté des provinces voisines, dont l'Ituri, pour intervenir sur ce conflit, créant un "vide sécuritaire dans lequel se sont engouffrés d'autres groupes armés".

Les déplacés reprochent au gouvernement de ne rien faire pour eux. Le gouverneur de la province, le général Johnny Luboya N'kashama, assure le contraire, tout en évoquant les "moyens limités" de l'Etat.

Les acteurs humanitaires de leur côté "font tout leur possible", souligne Bruno Lemarquis. Mais le plan de réponse est "pour le moment financé à moins de 30%", déplore-t-il, en appelant la communauté internationale à se mobiliser.

La RDC compte plus de 6 millions de déplacés internes, dont la majorité se concentre dans l'Ituri, le Nord et le Sud Kivu. Sur les 2,25 milliards de dollars requis pour leur venir en aide, seuls 747 millions étaient disponibles au 16 août, selon le Bureau de coordination humanitaire de l'ONU.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."