Répression d'une manifestation en RDC: « ils nous ont tiré dessus, sans explication»

Des individus arrêtés lors d'une opération militaire visant à empêcher une manifestation prévue contre les Nations Unies par une secte religieuse, à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 30 août 2023 (Photo, AFP).
Des individus arrêtés lors d'une opération militaire visant à empêcher une manifestation prévue contre les Nations Unies par une secte religieuse, à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 30 août 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 septembre 2023

Répression d'une manifestation en RDC: « ils nous ont tiré dessus, sans explication»

  • L'opération militaire a été lancée tôt le matin pour empêcher la tenue de cette manifestation que comptait organiser une secte locale
  • Le bilan de l'opération s'élève à 48 morts et 75 blessés côté manifestants

GOMA: "Ils ont commencé à nous tirer dessus sans aucune explication..." Sur son lit d'hôpital, un jeune blessé raconte la répression d'une manifestation par des militaires congolais, qui a fait une cinquantaine de morts mercredi à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo.

L'opération militaire a été lancée tôt le matin pour empêcher la tenue de cette manifestation que comptait organiser une secte locale pour protester contre la présence dans la région des forces de l'ONU et de l'Afrique de l'Est.

La manifestation avait été interdite quelques jours plus tôt par la mairie de Goma.

"Les soldats sont arrivés très tôt, avant même que la marche ne commence", déclare vendredi à l'AFP un blessé soigné par le Comité international de la Croix-rouge (CICR) à l'hôpital CBCA (Communauté baptiste au centre de l 'Afrique) pour une blessure par balle à l'épaule.

Il se trouvait alors dans le temple de la secte "Foi naturelle judaïque et messianique vers les nations", qui mêle rites chrétiens et animistes, d'où les manifestants prévoyaient de partir pour marcher dans la capitale de la province du Nord-Kivu. L'armée est également intervenue au local de la radio de la secte.

"Nous n'étions pas armés", assure le jeune homme de 20 ans, dont l'anonymat est préservé pour sa sécurité. "Ils nous ont tués sans état d'âme", ajoute-t-il, décrivant "des corps qui explosent, des jambes cassées, et cela sans aucune justification".

Selon un document interne des Forces armées congolaises (FARDC) consulté jeudi par l'AFP, le bilan de l'opération s'élève à 48 morts et 75 blessés côté manifestants, tandis qu'un policier a été tué, "lapidé à mort". selon un porte-parole de l'armée dans la province.

Le document précise que "quelques armes blanches (ont été) saisies" et 168 personnes arrêtées, "parmi (lesquelles) le gourou" de la secte, Efraimu Bisimwa.

Dans un communiqué, le gouvernement de Kinshasa a fixé jeudi soir ce bilan à 43 morts et 56 blessés. Le gouvernement "soutient l'enquête ouverte auprès de l'auditorat militaire de garnison de Goma pour que (...) les coupables puissent répondre de leurs actes devant la justice", selon ce texte officiel.

Selon le compte rendu du conseil des ministres de vendredi lu dans la soirée à la télévision nationale, le président Félix Tshisekedi a également exprimé sa "condamnation" face à "ce drame (...) qui ne demeurera pas impuni".

«Pourquoi ?»
Depuis Genève, l'ONU a réclamé une enquête "exhaustive".

"L'armée est censée nous sécuriser mais elle nous tue, elle nous a confondus avec le M23 ?", s'emporte à Goma un autre blessé, âgé de 25 ans, dans une allusion aux rebelles du "Mouvement du 23 mars" qui occupent depuis l'année dernière des vastes pans de territoire du Nord-Kivu.

"Nous n'étions pas armés", affirme-t-il également, en montrant ses blessures. "J'ai reçu plusieurs balles dans la jambe gauche, une autre sur la nuque et sur l'épaule", témoigne-t-il.

Rencontrée devant les installations saccagées de la radio de la secte, une femme en larmes brandit la photo de deux hommes. Il s'agit de son mari et de son fils de 24 ans, dit-elle, tous les deux tués dans le temple.

"Mon fils n'était pas un délinquant... Les M23 nous font souffrir, eux n'étaient pas des M23 mais, pourquoi ont-ils été tués ?", déplore la mère de famille.

Selon un responsable sur place du CICR, "les blessés, tous par arme à feu, ont commencé à arriver à 4H00 du matin". A la fin de la journée, "on avait plus de 90 patients", souffrant en majorité de "blessures très graves, au thorax et à l'abdomen".

Ces événements violents s'inscrivent dans une série d'attaques et de manifestations contre la Monusco (mission de l'ONU en RDC), accusée d'inefficacité dans la lutte contre les groupes armés.

En juillet 2022, dans plusieurs villes de l'est de la RDC, des manifestants avaient pris d'assaut les installations de la Monusco. Selon les autorités, 36 personnes, dont quatre Casques bleus, avaient été tuées.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.

 


Intempéries au Portugal: cinq morts, 450.000 clients toujours sans électricité 

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  • La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts
  • "Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité

LISBONNE: La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts, et 450.000 clients étaient toujours sans électricité jeudi matin, selon un nouveau bilan des autorités portugaises.

Ce nouveau bilan humain a été confirmé à l'AFP par un porte-parole de l'Autorité nationale de la protection civile (ANPEC). La cinquième victime, dont le décès a été annoncé jeudi, est un homme de 34 ans, mort dans la municipalité de Marinha Grande (centre) "à la suite des intempéries", selon la protection civile, qui n'a pas donné plus de détails.

Parmi les autres décès enregistrés, certaines personnes ont été tuées par la chute d'arbres et de structures métalliques, tandis qu'une autre a été retrouvée en arrêt cardiaque dans un chantier de construction.

"Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité.

La majorité des foyers et institutions touchées se trouvent dans le district de Leiria (centre), où la tempête a provoqué d'importants dégâts sur le réseau, provoquant notamment la chute de poteaux et de lignes à haute tension, ralentissant les réparations, selon les médias locaux.

La circulation ferroviaire restait suspendue sur plusieurs lignes, dont l'axe entre Lisbonne et Porto (nord) pour les trains longue distance, en raison des perturbations causées par les intempéries, selon un communiqué des chemin de fer portugais (CP) qui a suspendu la vente de billets pour ces trains.

Plusieurs écoles du centre du pays restaient fermées pour des raisons de sécurité, a expliqué la municipalité de Castelo Branco.

Les pompiers de Leiria ont effectué jeudi matin plusieurs dizaines d'interventions "liées à des petites inondations" et à "des dégâts sur les toitures d'habitation", provoqué par la tempête, a précisé à l'agence Lusa le commandant régional adjoint Ricardo Costa.

"Les habitants demandent de l'aide, car il continue de pleuvoir, même si ce n'est pas une pluie très forte, mais cela cause de nombreux dégâts dans les habitations", a-t-il ajouté.

Le passage de la tempête Kristin a été marqué par de fortes averses et des rafales de vent, ayant atteint des pics de 178 km/h, et causé de nombreux dégâts.

Le gouvernement portugais a dans un communiqué décrit cette tempête comme "un évènement climatique extrême, qui a provoqué des dégâts significatifs sur plusieurs parties du territoire".

 


Trump prévient l'Iran que «le temps est compté» avant une possible attaque américaine

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
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  • Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place
  • Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes

WASHINGTON: Donald Trump a pressé mercredi l'Iran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant sur sa plateforme Truth Social que "le temps était compté" avant une attaque américaine contre Téhéran.

"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES", a écrit le président américain, menaçant d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place.

Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes.

"Comme dans le cas du Venezuela, elle est prête, disposée et capable d'accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire", a-t-il ajouté.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays.

Les autorités iraniennes avaient signalé qu'un canal de communication avait été ouvert avec Washington, mais le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé mercredi que pour négocier, les Américains allaient devoir "cesser les menaces, les demandes excessives".