Séisme au Maroc: pourtant «pas la zone la plus active» du pays, souligne un sismologue

Un habitant marche parmi les décombres suite au séisme de magnitude 6,8 à Marrakech le 9 septembre 2023. (AFP)
Un habitant marche parmi les décombres suite au séisme de magnitude 6,8 à Marrakech le 9 septembre 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 13 septembre 2023

Séisme au Maroc: pourtant «pas la zone la plus active» du pays, souligne un sismologue

  • «En Turquie, un séisme en a déclenché un autre. La première déchirure peut par effet de cascade conduire à la rupture d'une autre faille, c'est ce qui fait qu'il y a parfois un risque de séisme plus fort après un premier», explique Philippe Vernant
  • «On va avoir des répliques forcément, et même si elles sont moins fortes, ça peut conduire à l'effondrement de constructions déjà fragilisées par le séisme», a-t-il rajouté

PARIS: Le puissant séisme qui a frappé le Maroc s'est produit dans une zone qui n'est pourtant "pas la plus active" du pays, explique Philippe Vernant, enseignant-chercheur à l'université de Montpellier (sud) et spécialiste en tectonique active, notamment au Maroc.

Ce séisme est-il une surprise?

Le Maroc fait partie des pays où on ne se demande pas s'il va y avoir des séismes, mais plutôt quand ils auront lieu. Le séisme d'Agadir (5,7 degrés en 1960) avait détruit toute la ville et fait près de 15 000 morts, et plus récemment il y a eu celui d'Al Hoecima (6,4 degrés en 2004), plus au bord de la Méditerranée. Historiquement on en connaît aussi au 18e siècle, probablement autour de la magnitude 7 dans la région de Fès.

Après, l'épicentre ne se situe pas dans la zone la plus active du Maroc. Mais il y a le Haut-Atlas, une chaîne de montagnes assez élevées, ce qui suppose de la déformation encore en action à l'heure actuelle. Ce genre de séisme est ce qui conduit à la montée du Haut-Atlas.

Ce séisme est-il de même nature que celui survenu en Turquie en février dernier?

En Turquie, on était sur un mouvement horizontal, puisque la Turquie s'échappe en gros vers l'ouest, elle "part" vers la Grèce. Il y a un coulissement horizontal des plaques. Là, on est plutôt sur une convergence entre l'Afrique et l'Eurasie ou l'Ibérie, la partie espagnole, et sur des failles chevauchantes: le relief du Haut-Atlas est en train de monter sur l'avant-pays au nord. Mais on est toujours dans un contexte de limite de plaques.

Qu'est-ce qui explique la violence de ce séisme?

Il faut voir à quelle magnitude le séisme va se fixer. On est autour de 6,8 ou 6,9, ce qui est une intensité assez forte. Cela correspond en gros à un déplacement moyen sur la faille de l'ordre d'un mètre, en quelques secondes, sur plusieurs kilomètres. Forcément, ça secoue énormément la région.

Après, il y a la profondeur: au début elle avait été annoncée autour de 25-30 kilomètres, mais elle semblerait remonter, plus proche de 10 kilomètres. Plus on approche de la surface, plus l'effet de la rupture va être important. On a connu ça en France en 2019 dans la région du Teil en Ardèche (sud): c'était un "petit" séisme, mais comme il s'est produit à un kilomètres de profondeur, il a beaucoup secoué.

Faut-il redouter des répliques?

On va avoir des répliques forcément, et même si elles sont moins fortes, ça peut conduire à l'effondrement de constructions déjà fragilisées par le séisme.

Classiquement on a tendance à dire que les répliques diminuent en intensité, comme de petits "cracs". Il faut voir ça comme un gros élastique sur lequel on a tiré, et un morceau s'est déchiré. Mais en Turquie, un séisme en a déclenché un autre. La première déchirure peut par effet de cascade conduire à la rupture d'une autre faille, c'est ce qui fait qu'il y a parfois un risque de séisme plus fort après un premier.

Peut-on prévoir ce genre d'événement?

Malheureusement, on ne peut rien prévoir. On essaie d'estimer des périodes de récurrence en fonction des différentes magnitudes des séismes; mais après le comportement peut être chaotique, avec deux séismes forts sur une période courte puis très longtemps sans rien.


Le Liban enquête sur une rencontre entre un influent banquier et Netanyahu

La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
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  • Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington
  • Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire.

Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.

Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.

M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un "chrétien sioniste", prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en état de guerre, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.

Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.

Un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d'ouvrir une enquête sur la photo d'Axios "pour établir son authenticité".

"Les mesures légales appropriées seront prises si c'est le cas", a-t-il ajouté.

De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son Premier ministre, a-t-il indiqué.

Une autre photo publiée par M. Netanyahu sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.

En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux Etats-Unis et le présentait comme un "chrétien sioniste".

Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.

Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d'avoir participé, avec d'autres établissements, à des transferts d'actifs vers l'Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.

 


Egypte: incendie sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette 

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  • Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée"
  • Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident"

LE CAIRE: Un incendie s'est déclaré mercredi à bord de deux navires de traitement et de stockage de gaz naturel dans le port de Damiette, dans le nord de l'Egypte, a annoncé le ministère égyptien du Pétrole, sans préciser les causes du feu.

Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée", ajoutant qu'il n'y avait eu aucune "perte humaine".

Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident".

L'ancien président de l'Autorité du port de Damiette, le général Ayman Saleh, a indiqué à l'AFP qu'"un navire de regazéification était amarré aux côtés d'un méthanier dans le port", expliquant que l'opération de regazéification "s'effectue sous une très forte pression", de sorte que toute fuite peut provoquer un incendie.

Il n'a pas précisé à qui appartenaient les deux bâtiments.

 


L'armée israélienne accuse le Hezbollah d'une «violation flagrante» de l'accord de cessez-le-feu

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
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  • "Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité
  • "Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

"Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité", indique le communiqué militaire.

"Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah", poursuit-il.

Un accord-cadre a été conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, en vue de mettre fin à la guerre entre les deux pays.

Son application prévoit notamment la mise en place de "zones pilotes" dans le sud du Liban, où le désarmement du Hezbollah doit constituer un test avant un retrait progressif des forces israéliennes d'autres secteurs.

Le mouvement chiite, soutenu par l'Iran, rejette cet accord et refuse de déposer les armes, mais n'a toutefois pas revendiqué d'attaque depuis le 20 juin.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.

L'armée israélienne a indiqué que des troupes continueraient d'y être déployées pour une période indéterminée, "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Dimanche, l'armée libanaise a condamné la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington.