Séisme meurtrier: De Paris à Washington, le monde propose son aide au Maroc

L'Espagne a annoncé l'envoi dimanche au Maroc de deux équipes de 86 secouristes au total (Photo, AFP).
L'Espagne a annoncé l'envoi dimanche au Maroc de deux équipes de 86 secouristes au total (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 13 septembre 2023

Séisme meurtrier: De Paris à Washington, le monde propose son aide au Maroc

  • L'Espagne a annoncé l'envoi de deux équipes de 86 secouristes au total, accompagnés de huit chiens spécialisés dans la recherche de victimes
  • Une équipe de pompiers bénévoles français de la région de Lyon est déjà arrivée au Maroc dimanche pour participer à des opérations de secours

PARIS: De la France aux Etats-Unis en passant par Israël, les propositions d'aide au Maroc, touchées par un séisme dévastateur qui a fait plus de 2.100 morts, affluent du monde entier. Rabat a annoncé dimanche avoir accepté "à ce stade" les offres de quatre pays (Espagne, Royaume-Uni, Qatar, Emirats arabes unis) "d'envoyer des équipes de recherche et de sauvetage"

Espagne
L'Espagne a annoncé l'envoi dimanche au Maroc de deux équipes de 86 secouristes au total, accompagnés de huit chiens spécialisés dans la recherche de victimes, après une demande d'aide officielle de Rabat.

La première équipe s'est envolée dans la matinée à destination de Marrakech pour "aider à la recherche et au sauvetage des survivants", selon le ministère espagnol de la Défense. Ses 56 membres appartiennent à l'Unité militaire d'urgence espagnole (UME) spécialisée dans la gestion des catastrophes naturelles.

Un deuxième avion a décollé pour le Maroc en fin de journée, transportant 30 secouristes supplémentaires d'une équipe dirigée par le gouvernement régional de Madrid.

Le Maroc accepte l'aide de quatre pays, dont l'Espagne et la Grande-Bretagne

Le ministère de l'Intérieur a indiqué dans un communiqué que le Maroc avait répondu favorablement, "à ce stade", aux offres de ces quatre pays "d'envoyer des équipes de recherche et de sauvetage", alors que plusieurs autres Etats, notamment la La France, se sont dits prêts à apporter leur aide.

Les équipes de sauvetage espagnole, britannique, qatarie et émiratie "sont entrées ce jour (dimanche) en contact" avec leurs homologues au Maroc en vue de coordonner leurs efforts, a ajouté cette même source.

Tout en remerciant tous les pays qui ont proposé l'envoi de secouristes, le ministère affirme que le Maroc a accepté celle de quatre d'entre eux uniquement "après avoir procédé à une évaluation minutieuse des besoins sur le terrain et en tenant compte du fait qu'une absence de coordination pourrait être contre-productive".

Etats-Unis
Le conseiller adjoint à la Sécurité nationale des États-Unis, Jon Finer, a indiqué que son pays avait "fait savoir très clairement au gouvernement marocain être prêt à fournir une assistance significative". "Nous avons des équipes de recherche et de sauvetage prêtes à se déployer" et "nous sommes également prêts à débloquer des fonds au moment opportun pour aider les Marocains à se relever et à faire face à cette horrible tragédie", a-t-il ajouté.

"L'Agence américaine pour le développement international, qui dirige nos efforts, se mobilise, et nous attendons que le gouvernement marocain nous dise comment nous pouvons l'aider au mieux", a déclaré de son côté le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken sur ABC.

France
Le président français Emmanuel Macron a indiqué que Paris avait "mobilisé l'ensemble des équipes techniques et de sécurité pour pouvoir intervenir lorsque les autorités du Maroc le jugeront utile".

"A la seconde où cette aide sera demandée, elle sera déployée (...) Maintenant, c'est évidemment aux autorités marocaines d'en décider en fonction de leur évaluation sur le terrain et pour que ce soit fait en bon ordre", a-t-il insisté.

Une équipe de pompiers bénévoles français de la région de Lyon (centre-est) est déjà arrivée au Maroc dimanche pour participer à des opérations de secours à une cinquantaine de km de Marrakech, selon les autorités. Ils sont accompagnés d'un maître-chien avec son canidé, et apportent environ 300 kilos de matériel.

De son côté, le Secours populaire français a annoncé que plusieurs de ses dirigeants allaient se rendre sur place lundi pour une "mission de solidarité", et le déblocage d'une enveloppe de 100.000 euros pour les victimes.

Suisse
La Suisse a proposé des abris temporaires, du matériel de traitement et de distribution d'eau, des installations sanitaires et des kits d'hygiène. La livraison de ce matériel serait accompagnée par des experts du Corps suisse d'aide humanitaire (CSA). Le ministère suisse des Affaires étrangères avait indiqué samedi soir ne pas avoir encore reçu de réponse à cette proposition.

Belgique
La Défense belge a annoncé samedi que le service de coordination pour l'aide d'urgence à l'étranger (B-Fast) était activé pour répondre aux demandes d'aide que formuleront les autorités marocaines (hôpitaux de campagne, mobiles, avec équipements d'intervention en urgence et personnel médical). Aucune demande en ce sens n'a encore été rendue publique.

La Région flamande, la plus peuplée de Belgique où vit une forte communauté marocaine, a annoncé une aide d'urgence de 200.000 euros par le biais de la Croix-Rouge. La Wallonie, la région francophone du sud du pays, s'est engagée de son côté à dégager "une aide immédiate de 500.000 euros".

Italie
L'Italie a proposé l'aide de son agence de protection civile et de ses pompiers, tandis que l'Église catholique italienne a envoyé 300.000 euros par l'intermédiaire de Caritas Italie.

Turquie
La Turquie a proposé samedi l'envoi de 265 secouristes et de 1.000 tentes, sans réponse du Maroc rendu public à ce stade.

Pologne
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a indiqué que son pays était "prêt à offrir l'aide nécessaire, y compris une équipe de secours".

Moyen-Orient
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé que "l'État d'Israël fournira toute l'assistance possible au Maroc, y compris, s'il le souhaite, une équipe de recherche et de sauvetage".

Son homologue irakien Mohamed Chia al-Soudani s'est également dit "prêt à fournir toute forme d'assistance" tandis que le roi de Jordanie Abdallah II a ordonné à son gouvernement "d'apporter toute l'aide nécessaire au Maroc".

Le Qatar avait annoncé qu'une équipe de secours allait partir de Doha samedi soir.

Organisations
M. Macron, à la fin du G20 à New Delhi, a signé avec le Premier ministre indien Narendra Modi, le président des Comores Azali Assoumani actuellement à la tête de l'Union africaine, et les dirigeants de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de la Commission européenne, une déclaration conjointe promettant de "fournir toute l'assistance nécessaire aux besoins urgents de court terme ainsi qu'aux efforts de reconstruction".

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a débloqué un million de francs suisses (1,1 million de dollars) de son Fonds d'urgence pour les réponses aux catastrophes afin de soutenir le travail du Croissant-Rouge marocain.

Entreprises
L'entreprise pharmaceutique AstraZeneca a annoncé qu'elle allait "verser plus d'un million de dollars afin de soutenir les secours immédiats avec les principaux partenaires humanitaires mondiaux sans but lucratif mais aussi d'offrir des dons aux collaborateurs qui en ont besoin".

Les opérateurs français proposent les appels gratuits vers le Maroc

"Suite au séisme tragique, les appels et sms vers le Maroc seront gratuits pour les clients des opérateurs @bouyguestelecom, @free, @orange et @SFR. Solidarité absolue avec les victimes, leurs familles et leurs proches", a écrit le ministre sur son compte X (ex-Twitter).

SFR se joint à partir de "ce soir à minuit" aux autres opérateurs dont les clients bénéficient déjà de la gratuité des communications avec le Maroc, at-il précisé.


Les Émirats assurent que la rupture de l’accord aérien par l’Algérie n’affectera pas immédiatement les vols

Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
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  • L’Algérie a lancé la procédure de résiliation de son accord de transport aérien avec les Émirats arabes unis, conclu en 2013
  • Les autorités émiraties assurent que cette décision n’aura pas d’effet immédiat sur les vols, l’accord restant valide durant le préavis légal

ABOU DHABI : Les Émirats arabes unis ont déclaré que la notification par l’Algérie de la résiliation de l’accord de services aériens entre les deux pays n’aurait aucun « impact immédiat sur les opérations de vol », a rapporté dimanche l’agence de presse officielle WAM, citant l’Autorité générale de l’aviation civile (GCAA).

Samedi, l’Algérie a annoncé avoir engagé le processus d’annulation de cet accord de services aériens avec les Émirats arabes unis, signé à Abou Dhabi en 2013.

La GCAA a précisé que l’accord restait en vigueur « pendant la période de préavis légalement requise », sans fournir davantage de détails.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Entre peur et attente: au Maroc, des habitants évacués sous le choc des inondations

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
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  • Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations
  • Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge

KENITRA: Dans son village de l'ouest du Maroc, Kasia El Selami a compris qu'il fallait fuir lorsque les haut-parleurs de la mosquée ont appelé à évacuer en raison des intempéries. Rapidement, elle s'est retrouvée dans un immense camp provisoire, sans visibilité sur son retour.

"Nous avons ressenti une grande peur (...) surtout pour nos enfants", raconte à l'AFP cette Marocaine de 67 ans originaire d'Ouled Ameur, en étendant une couverture sur un fil tendu devant sa tente.

Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations, liées à des épisodes de précipitations exceptionnels.

Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge.

Au total, plus de 150.000 habitants ont été évacués depuis la semaine dernière dans le nord-ouest du pays. Dimanche, les autorités locales de Tétouan (nord) ont annoncé la mort de quatre personnes dans des crues soudaines.

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations.

Des distributions d'aide humanitaire ont également été effectuées par hélicoptère, de nombreuses routes restant submergées.

"L'eau continue de monter" 

De fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et de fortes rafales de vent ont encore été annoncées dimanche jusqu'à mardi dans plusieurs provinces par la Direction générale de la météorologie (DGM).

Autour des tentes du camp près de Kénitra, la vie s'organise. Une femme frotte son linge dans une bassine avec une planche à laver à quelques mètres d'enclos abritant vaches, chevaux, poules et moutons, eux aussi déplacés par les eaux.

Sur place, des vétérinaires administrent piqûres et traitements aux animaux affaiblis. Près du campement, une brebis et son agneau gisent, morts.

Plus loin, une longue file s'étire devant une clinique mobile qui reçoit des personnes malades ou légèrement blessées.

"La hauteur de l'eau était d'environ un mètre et demi", se souvient Ali El Aouni, assis sous sa toile de tente, entouré de sa famille et de quelques ustensiles dont des verres à thé, un tajine et plusieurs assiettes.

"Nous avons peur de retourner (dans notre village, NDLR), de crainte que l'eau ne revienne", raconte le sexagénaire originaire d'une commune dans les environs de Kénitra.

Il évoque des "jours très difficiles", marqués par le froid et l'angoisse. Ses enfants, dit-il, étaient "terrifiés".

Son fils aîné a voulu rester pour surveiller leur propriété. Il "communique avec nous par téléphone, nous disant que l'eau continue de monter", explique-t-il.

Secouristes en jet-ski 

A quelques kilomètres de là, au dernier endroit accessible depuis Kénitra en direction de Tanger par la route nationale, le trafic est interrompu. Seule l'autoroute reste ouverte.

Des membres de la protection civile avancent dans les eaux en bateau ou en jet-ski. Dans les zones submergées, seules dépassent les cimes des arbres.

L'Espagne et le Portugal ont aussi subi des intempéries ces derniers jours. En cause, selon la DGM: la rencontre d'air froid venu du nord et d'air chaud et humide du sud, qui déstabilise l'atmosphère et favorise des pluies abondantes.

Au Maroc, les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait indiqué fin janvier le ministère de l'Eau à l'AFP, après sept années consécutives d'une grave sécheresse.

Dans le camp provisoire, la protection civile distribue des sacs de provisions.

"Des tentes, couvertures et matelas ont été fournis, ainsi que des aides alimentaires et des fournitures essentielles pour les personnes affectées, en plus de soins de santé et de suivi vétérinaire pour le bétail", rapporte Adil Al-Khatabi, un responsable de la province de Kénitra sur place.

Kasia El Selami, elle, ne pense qu'à regagner son foyer: "Nous attendons que cette épreuve prenne fin au plus vite afin de pouvoir rentrer chez nous."


Liban: le Premier ministre promet la reconstruction dans le sud, dévasté par le conflit Israël-Hezbollah

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
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  • De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne

TAYR HARFA: Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a promis samedi d'oeuvrer à la reconstruction dans le sud, lors d'une visite de localités dévastées par des frappes israéliennes, la première depuis que l’armée a annoncé avoir désarmé le Hezbollah dans la zone.

De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités (dont deux mois de guerre ouverte) entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de km plus au sud.

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe".

A Dhayra, la délégation officielle a été saluée par des habitants rassemblés sur les gravats, et à Bint Jbeil, plus à l’est, elle a tenu une réunion avec des responsables, dont des députés du Hezbollah et de son allié, le mouvement Amal.

M. Samal a promis aux habitants des localités concernées le lancement de projets clés de reconstruction, portant notamment sur la réhabilitation des routes et le rétablissement des réseaux de communication et d’eau.

L’an dernier, la Banque mondiale avait annoncé avoir débloqué 250 millions de dollars pour soutenir la reconstruction post-guerre du Liban. Elle a estimé les coûts de reconstruction et de relance du pays à environ 11 milliards de dollars.

La deuxième phase du plan gouvernemental de désarmement du Hezbollah concerne la zone située entre les fleuves Litani et Awali, à environ 40 km  au sud de Beyrouth.

Israël, qui accuse le Hezbollah de se réarmer, a jugé insuffisants les progrès de l'armée libanaise, tandis que le Hezbollah a rejeté les appels à remettre ses armes.

Malgré l'accord de cessez-le-feu, Israël mène des frappes régulières contre ce qu’il présente généralement comme des cibles du Hezbollah et maintient des troupes dans cinq zones du sud du Liban.

Des responsables libanais ont accusé Israël de chercher à empêcher la reconstruction dans le sud, un bastion du Hezbollah, en menant des frappes répétées visant notamment des engins de chantier.