Inflexible mais impuissante, la France en mauvaise posture au Sahel

Le président français Emmanuel Macron participe à une visite centrée sur les Journées européennes du patrimoine à Semur-en-Auxois en Bourgogne, dans le centre-est de la France, le 15 septembre 2023 (Photo de Ludovic MARIN, AFP).
Le président français Emmanuel Macron participe à une visite centrée sur les Journées européennes du patrimoine à Semur-en-Auxois en Bourgogne, dans le centre-est de la France, le 15 septembre 2023 (Photo de Ludovic MARIN, AFP).
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Publié le Samedi 16 septembre 2023

Inflexible mais impuissante, la France en mauvaise posture au Sahel

  • Vendredi, le président français Emmanuel Macron a déclaré que l'ambassadeur de France à Niamey était pris en «otage» par la junte au pouvoir
  • Paris ne reconnaît pas les nouvelles autorités nigériennes et refuse à ce titre le départ de l’ambassadeur Sylvain Itté exigé par les putschistes qui ont défait le président Mohamed Bazoum

PARIS: Le rapport de forces se durcit entre les pays sahéliens et la France qui, enferrée dans une posture de fermeté, cherche en vain une porte de sortie à la crise provoquée par le coup d’Etat militaire du 26 juillet au Niger.

Vendredi, le président français Emmanuel Macron a déclaré que l'ambassadeur de France à Niamey était pris en "otage" par la junte au pouvoir et qu'il ne s'alimentait plus que de "rations militaires".

Paris ne reconnaît pas les nouvelles autorités nigériennes et refuse à ce titre le départ de l’ambassadeur Sylvain Itté exigé par les putschistes qui ont défait le président Mohamed Bazoum, aujourd'hui en détention dans son palais.

Interrogé sur un rapatriement de M. Itté, M. Macron a réitéré qu'il "ferai(t) ce que nous conviendrons avec le président Bazoum parce que c'est lui l'autorité légitime". Il a expliqué parler "chaque jour" au chef de l'Etat nigérien élu démocratiquement en 2021, avec lequel il entretient une relation personnelle très forte, selon plusieurs sources proches de l'exécutif.

"L'entêtement irréaliste de Macron avec un discours aggravant l'impression d'un paternalisme a perdu la diplomatie française dans ce dossier", juge Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute de Dakar.

Selon lui, "la hantise de voir le départ du Niger marquer un déclic dans toute la région a dû peser sur l'entêtement français. Hélas, la France se trouve désormais dans un cercle vicieux".

Après dix ans d'opérations antidjihadistes, militaires et diplomates français ont déjà été poussés hors du Mali puis du Burkina Faso l'an dernier. La junte de Bamako s'est depuis adjoint les services du sulfureux groupe paramilitaire russe Wagner. Niamey restait jusqu'alors l'ultime allié de Paris dans la région.

Pour Antoine Glaser, co-auteur du livre "Le piège africain de Macron", "la façon de s'exprimer de moins en moins diplomatique d'Emmanuel Macron révèle un profond agacement, on voit bien qu'il est un peu coincé, la France est piégée maintenant au Sahel".

«Course contre la montre»

Alors que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest avait menacé un temps d'intervenir militairement au Niger pour rétablir l'ordre institutionnel, "chaque jour qui passe, l'intervention de la Cedeao parait de moins en moins probable, même si cela ne veut pas dire qu'elle ne se fera pas", analyse M. Glaser.

Selon lui, les déclarations d'Emmanuel Macron visent "probablement" à réactiver le soutien de la Cedeao, mais aussi de l'UE et des Etats-Unis.

Or les alliés occidentaux de la France ont adopté une posture beaucoup moins ferme envers Niamey, en se contentant d'appeler à une résolution diplomatique de la crise. Et Washington a repris ses vols de surveillance au dessus du Niger.

Côté français, au contraire, "aucun vol français n'a eu lieu" depuis le coup d'Etat du 26 juillet, selon le porte-parole de l'état-major français.

Quant aux 1 500 militaires français, déployés au Niger pour y appuyer la lutte antidjihadiste aux côtés des Nigériens, leurs drones, hélicoptères et avions de chasse sont cloués au sol.

Selon l'état-major français, le ravitaillement des bases françaises se fait dans "des conditions plus ou moins compliquées", mais "nos militaires sont prêts à tenir en autonomie sur ces camps".

"Les troupes françaises ne peuvent pas tenir indéfiniment" notamment en termes d'entretien du matériel, assure toutefois Michael Shurkin, directeur de programmes chez 14 North Strategies, entreprise américaine de conseils spécialisée sur l'Afrique. Pour lui, "la France est dans une course contre la montre".

Signe de tensions croissantes, le Burkina Faso voisin, ancien partenaire de Paris aujourd'hui gouverné par des putschistes, a exigé vendredi le départ de l'attaché militaire français encore présent à Ouagadougou, accusé d’activités "subversives".

Une expulsion "destinée à montrer le soutien du Burkina à la junte nigérienne", estime Michael Shurkin.

En fin de semaine, Paris a également dû désamorcer une polémique née d'une directive administrative demandant à cesser toute collaboration culturelle avec le Niger, le Burkina Faso et le Mali, où ses services consulaires sont fermés.

Soucieux d'apaiser la vindicte déclenchée sur les réseaux sociaux, le gouvernement français a assuré vendredi que le pays allait continuer à accueillir des artistes sahéliens.

Ce bras de fer se déroule sur fond de dégradation de la situation sécuritaire dans la région. Au Niger, une dizaine d'attaques djihadistes ont fait plus d'une centaine de morts dont une moitié de civils depuis le 26 juillet.


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.