Cinq Américains libérés par l'Iran sont rentrés aux Etats-Unis

Les ex-prisonniers américains, dont un détenu depuis huit ans, et deux membres de leur famille avaient quitté Téhéran lundi matin (Photo, AFP).
Les ex-prisonniers américains, dont un détenu depuis huit ans, et deux membres de leur famille avaient quitté Téhéran lundi matin (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 20 septembre 2023

Cinq Américains libérés par l'Iran sont rentrés aux Etats-Unis

  • Au préalable, un transfert de fonds iraniens gelés en Corée du Sud, d'un montant de six milliards de dollars, a été annoncé à Doha et confirmé par l'Iran
  • Ce transfert fait partie de l'accord, qui prévoit également la libération par les Etats-Unis de cinq prisonniers iraniens

WASHINGTON: Cinq Américains, dont un qui était détenu par l'Iran depuis huit ans, sont rentrés mardi aux Etats-Unis, grâce à un accord entre Washington et Téhéran facilité par le déblocage de six milliards de dollars de recettes pétrolières iraniennes gelées.

Ils ont atterri à l'aube sur une base militaire près de Washington, selon un responsable américain s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

"Bienvenue chez vous", a réagi Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale du président Joe Biden, sur X (ex-Twitter), en publiant une photo des ressortissants américains libérés accompagnés de diplomates dans l'avion qui les conduisait vers les Etats-Unis.

D'autres clichés ont montré les ex-détenus, tout sourire, embrasser leurs proches sur la base militaire de Fort Belvoir en Virginie.

"Cela fait vraiment du bien de pouvoir dire que nos concitoyens sont maintenant libres", s'était félicité lundi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, en justifiant à nouveau l'accord avec Téhéran, très critiqué aux Etats-Unis par l'opposition républicaine.

Joe Biden a eu une conversation "pleine d'émotion" avec les familles de ces Américains, a aussi fait savoir la Maison Blanche.

Escale à Doha 

Les ex-prisonniers américains, dont un détenu depuis huit ans, et deux membres de leur famille avaient quitté Téhéran lundi matin à bord d'un vol qatari pour Doha où ils ont fait escale avant de décoller pour les Etats-Unis.

Un transfert de fonds iraniens gelés en Corée du Sud, d'un montant de six milliards de dollars, avait par ailleurs été annoncé à Doha, le Qatar ayant été l'un des médiateurs de l'accord, et confirmé par l'Iran.

Ce transfert faisait partie de l'accord, tout comme la libération lundi par les Etats-Unis de cinq prisonniers iraniens.

Parmi les cinq Américains d'origine iranienne libérés figure l'homme d'affaires Siamak Namazi, arrêté en 2015 et condamné à dix ans de prison en 2016 pour espionnage, Morad Tahbaz, qui possède également la nationalité britannique, et Emad Sharqi, un investisseur qui s'était vu infliger une peine de dix ans d'emprisonnement pour espionnage. Les deux autres n'ont pas souhaité être identifiés.

Relatif apaisement 

Aux yeux de certains experts, cet accord témoigne d'un relatif apaisement des tensions entre l'Iran et les Etats-Unis mais il ne préjuge pas d'un possible accord sur le dossier du nucléaire iranien.

Washington reste "inébranlable dans son engagement à ce que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire", a rappelé mardi Joe Biden à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

Son homologue iranien Ebrahim Raïssi a répondu mardi soir, également devant l'Assemblée générale, que les Etats-Unis devraient "mettre un terme" à leur régime de sanctions contre Téhéran, renforcé après l'échec de l'accord international de 2015 sur le programme nucléaire civil de la République islamique.

Cet accord a volé en éclats en 2018 avec le retrait unilatéral par le président américain d'alors, Donald Trump.

Depuis, les "sanctions n'ont pas produit les résultats voulus", a affirmé M. Raïssi dans un discours virulent contre Washington et l'Occident.

La France, qui soutient le principe d'un accord sur le nucléaire iranien et considère que quatre de ses ressortissants sont actuellement détenus arbitrairement en Iran, a néanmoins mis en garde contre le risque de lier les deux questions.

"Nous devons faire attention et distinguer cette question de celle du nucléaire" a souligné la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna, présente à New York.

"Nous ne sommes pas naïfs", a indiqué Charles Michel, président du Conseil européen. "Nous observons la brutale répression" en Iran et "l'usage d'otages par les autorités pour faire pression sur les gouvernements".

"Il y aura des progrès faits vers davantage de stabilité et de sécurité mais nous ne sous-estimons pas le niveau des tensions et des difficultés", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un "chèque en blanc" offert à l'Iran et que l'utilisation des fonds iraniens gelés, sous "stricte surveillance", était destinée "à des fins humanitaires" uniquement.

L'argent qui a été "cruellement bloqué jusqu'à maintenant et est actuellement en possession de la République islamique appartient au peuple (iranien) et nous l'utiliserons afin de subvenir aux besoins du peuple", avait déclaré plus tôt M. Raïssi en arrivant à New York.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.