Libye: Les habitants de Derna demandent des comptes après les inondations meurtrières

Des équipes de secours sont stationnées à Derna, dans l'est de la Libye, le 18 septembre 2023 (Photo, AFP).
Des équipes de secours sont stationnées à Derna, dans l'est de la Libye, le 18 septembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 19 septembre 2023

Libye: Les habitants de Derna demandent des comptes après les inondations meurtrières

  • La manifestation survient alors que des secouristes cherchent toujours les corps de milliers de disparus présumés morts
  • Des responsables libyens ont averti que le bilan final pourrait être beaucoup plus lourd

DERNA: Les habitants de Derna dans l'est de la Libye ont protesté lundi pour exiger que les autorités rendent des comptes après les inondations meurtrières qui ont dévasté la ville, selon des correspondants de l'AFP.

Des centaines d'habitants se sont rassemblés devant la grande mosquée de la ville où ils ont scandé des slogans contre les autorités de l'Est incarnées par le Parlement et son chef Aguila Saleh.

"Le peuple veut la chute du Parlement", "Aguila (Saleh) est l'ennemi de Dieu", ou encore "ceux qui ont volé ou trahi doivent être pendus", "Libye, Ni Est ni Ouest, unité nationale", ont-ils scandé.

Dans un communiqué lu pendant la manifestation au nom des "habitants de Derna", ceux-ci ont appelé à "une enquête rapide et à des actions légales contre les responsables de la catastrophe".

Ils ont également demandé "la mise en place urgente d'un bureau de soutien de l'ONU à Derna" et au lancement "du processus de reconstruction de la ville et la compensation des résidents affectés".

Le communiqué exige en outre la dissolution du conseil municipal actuel et une enquête sur les budgets précédents de la ville.

Plusieurs manifestants se sont dirigés vers une maison présentée comme celle du maire honni de la ville, Abdulmonem al-Ghaithi, et y ont mis le feu, aux cris de "le sang des martyrs n'est pas versé en vain", selon des images largement partagées sur les réseaux sociaux et par des médias libyens.

Quelques heures après la manifestation, le chef de l'exécutif dans l'Est de la Libye, Oussama Hamad, a dissout le conseil municipal de Derna, contre lequel il a ordonné l'ouverture d'une enquête, a annoncé la télévision libyenne al-Masar.

Relations méfiantes 

Selon des politiciens et des analystes, le chaos en Libye a relégué au second plan l'entretien d'infrastructures vitales comme les barrages de Derna dont l'effondrement a causé les inondations qui ont dévasté la ville le 10 septembre, faisant 3.338 morts selon le dernier bilan officiel provisoire communiqué lundi soir par le ministre de la Santé de l'est, Othman Abdeljalil.

Rongée par les divisions depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en effet gouvernée par deux administrations rivales: l'une à Tripoli (ouest), reconnue par l'ONU et dirigée par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, l'autre dans l'Est, incarné par le Parlement et affilié au camp du puissant maréchal Khalifa Haftar.

Les forces de Haftar s'étaient emparées en 2018 de Derna, alors bastion des islamistes radicaux et seule ville de l'Est qui échappait à son contrôle. Mais les autorités de l'Est entretiennent des relations méfiantes avec Derna, considérée comme une ville contestataire depuis l'époque de Kadhafi.

La manifestation survient alors que des secouristes cherchent toujours les corps de milliers de disparus présumés morts dans les inondations dans cette ville de 100.000 habitants bordant la Méditerranée.

L'ONU a annoncé lundi que ses agences, notamment l'Organisation mondiale de la Santé, s'efforcent de "prévenir la propagation de maladies et éviter une deuxième crise dévastatrice dans la région", alertant sur un risque provenant de "l'eau contaminée et le manque d'hygiène".

Plongeurs à l'oeuvre 

Des organisations humanitaires internationales et des responsables libyens ont averti que le bilan final pourrait être beaucoup plus lourd en raison du très grand nombre de disparus, évalué à des milliers.

Dans la ville, des bulldozers et des ouvriers tentaient lundi de dégager la terre de la cour d'une mosquée, au milieu d'une odeur nauséabonde, selon une journaliste de l'AFP.

En face, une femme âgée prie pour ses enfants et petits-enfants qui ont péri dans la catastrophe.

Des secouristes envoyés par les Emirats arabes unis se sont réunis lundi matin sur le port de Derna avec leurs homologues libyens pour coordonner les efforts de repêchage de corps en mer, selon une correspondante de l'AFP sur place.

D'autres équipes de plongeurs envoyées par la Russie et la Turquie s'activent dans le même secteur.

La tempête Daniel a entraîné la rupture de deux barrages en amont et provoqué une crue de l'ampleur d'un tsunami le long de l'oued qui traverse la cité. Elle a tout emporté sur son passage.

Des dizaines de corps sont extraits quotidiennement des décombres de quartiers dévastés par les inondations ou rejetés par la mer et enterrés dans un paysage apocalyptique.

Un porte-hélicoptères égyptien qui servira comme hôpital de campagne est arrivé dimanche, avec à son bord des équipes de secours et de sauvetage, selon des médias d'Etat égyptiens.

La France qui a déployé un hôpital de campagne et envoyé des secouristes à Derna, a annoncé lundi qu'elle allouerait également "4 millions d'euros aux Nations unies pour l'aide d'urgence et la reconstruction en Libye".

L'Union européenne a annoncé de son côté le déblocage de 5,2 millions d'euros pour l'aide humanitaire dans le pays.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.