Le président syrien Assad sort du gel diplomatique avec un voyage de haut niveau en Chine

Une photo diffusée par l'agence de presse officielle arabe syrienne montre le président syrien Bachar al-Assad (C) et son épouse Asma accueillis à leur arrivée à l'aéroport de Hangzhou à Pékin, en Chine, le 21 septembre 2023. (SANA via AFP)
Une photo diffusée par l'agence de presse officielle arabe syrienne montre le président syrien Bachar al-Assad (C) et son épouse Asma accueillis à leur arrivée à l'aéroport de Hangzhou à Pékin, en Chine, le 21 septembre 2023. (SANA via AFP)
Une photo diffusée par l'agence de presse officielle arabe syrienne montre le président syrien Bachar al-Assad (C) et son épouse Asma accueillis à leur arrivée à l'aéroport de Hangzhou à Pékin, en Chine, le 21 septembre 2023. (SANA via AFP)
Une photo diffusée par l'agence de presse officielle arabe syrienne montre le président syrien Bachar al-Assad (C) et son épouse Asma accueillis à leur arrivée à l'aéroport de Hangzhou à Pékin, en Chine, le 21 septembre 2023. (SANA via AFP)
Une photo diffusée par l'agence de presse officielle arabe syrienne montre le président syrien Bachar al-Assad (C) et son épouse Asma accueillis à leur arrivée à l'aéroport de Hangzhou à Pékin, en Chine, le 21 septembre 2023. (SANA via AFP)
Une photo diffusée par l'agence de presse officielle arabe syrienne montre le président syrien Bachar al-Assad (C) et son épouse Asma accueillis à leur arrivée à l'aéroport de Hangzhou à Pékin, en Chine, le 21 septembre 2023. (SANA via AFP)
Une photo diffusée par l'agence de presse officielle arabe syrienne montre le président syrien Bachar al-Assad (C) et son épouse Asma accueillis à leur arrivée à l'aéroport de Hangzhou à Pékin, en Chine, le 21 septembre 2023. (SANA via AFP)
Une photo diffusée par l'agence de presse officielle arabe syrienne montre le président syrien Bachar al-Assad (C) et son épouse Asma accueillis à leur arrivée à l'aéroport de Hangzhou à Pékin, en Chine, le 21 septembre 2023. (SANA via AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 22 septembre 2023

Le président syrien Assad sort du gel diplomatique avec un voyage de haut niveau en Chine

  • Les discussions entre Bachar al-Assad et Xi Jinping porteront sur la reconstruction de la Syrie
  • Le président syrien assistera également à la cérémonie d'ouverture des Jeux asiatiques

DJEDDAH: Jeudi, le président syrien, Bachar al-Assad, a entamé sa première visite en Chine depuis 2004 et sa dernière tentative pour mettre fin à plus d'une décennie d'isolement diplomatique en raison des sanctions occidentales.
Al-Assad est arrivé dans la ville de Hangzhou, dans l'est de la Chine, à bord d'un avion d'Air China, dans un brouillard épais qui, selon les médias d'État chinois, «a renforcé l'atmosphère mystérieuse». La dernière visite de Al-Assad en Chine remonte à 2004, où il avait rencontré le président de l'époque, Hu Jintao. Il s'agissait de la première visite d'un chef d'État syrien en Chine depuis que les deux pays ont établi des relations diplomatiques en 1956.
La Chine, tout comme la Russie et l'Iran, principaux alliés de la Syrie, a maintenu ces liens alors même que d'autres pays isolaient Al-Assad en raison de la répression brutale des manifestations antigouvernementales qui ont éclaté en 2011, entraînant une guerre civile qui a tué plus d'un demi-million de personnes, en a déplacé des millions d'autres et a mis à mal l'infrastructure et l'industrie syriennes.
Le président syrien assistera samedi à la cérémonie d'ouverture des Jeux asiatiques avant de conduire une délégation dans plusieurs villes chinoises.
Il rencontrera le président Xi Jinping aujourd’hui.

assad
Le président syrien, Bachar al-Assad, rencontre le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, à Pékin le 23 juin 2004. Il est le premier chef d'État syrien à se rendre en Chine depuis que les deux pays ont établi des relations diplomatiques en 1956. (AFP Photo/Archive)

Le fait d’être vu en compagnie du président chinois lors d'un rassemblement régional confère une légitimité supplémentaire à la campagne d'Assad pour revenir sur la scène internationale.
La Syrie a rejoint l'initiative chinoise «Belt and Road» en 2022 et a été réintégrée dans la Ligue arabe en mai.
Confronté à une économie paralysée et malgré le peu d’efforts qu’il déploie pour reconstruire les liens avec les États arabes, le président syrien est tout de même désireux d'obtenir un soutien financier.
Mais tout investissement chinois ou autre en Syrie risque d'exposer tout investisseur aux sanctions américaines prévues par le Caesar Act, voté en 2020, qui peut geler les avoirs de des personnes ou des entreprises traitant avec le régime syrien.
«Au cours de son troisième mandat, Xi Jinping cherche à défier ouvertement les États-Unis. Je ne pense donc pas qu'il soit surprenant qu'il accueille un dirigeant comme Al-Assad», a déclaré Alfred Wu, professeur associé à la Lee Kuan Yew School of Public Policy de Singapour.
«Cela marginalisera encore plus la Chine dans le monde, mais il ne s'en soucie pas.»
Cette visite intervient alors que la Chine renforce son engagement au Moyen-Orient. Cette année, Pékin a en effet négocié un accord rétablissant les liens entre l'Arabie saoudite et l'Iran.
Cette détente a été suivie par le retour de la Syrie dans le giron arabe lors d'un sommet en Arabie saoudite en mai, mettant fin à plus d'une décennie d'isolement régional.
Les analystes s'attendent à ce que la visite d’Al-Assad en Chine porte en partie sur les fonds nécessaires à la reconstruction.
«Assad a l'intention, lors de son voyage en Chine, de donner un sentiment de légitimité internationale à son régime et de décrire le soutien imminent de la Chine à la reconstruction de la Syrie», a déclaré Lina Khatib, directrice de l'Institut du Moyen-Orient à l'université Soas de Londres.
La rencontre entre Al-Assad et Xi «devrait consister à convaincre la Chine de contribuer au redressement économique de la Syrie», a déclaré Haid Haid, consultant du groupe de réflexion Chatham House à Londres.
La Chine s'est engagée à investir 2 milliards de dollars (un dollar = 0,94 euro) en Syrie en 2017, mais Haid Haid a déclaré que les fonds n'avaient «pas encore été versés».

(Avec les agences)

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Législatives en Algérie: abstention record, le FLN en tête

L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
  • L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie
  • Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat

ALGER: L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi.

Le Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir, a remporté 90 sièges et arrive en tête du scrutin, a précisé Karim Khelfane, président par intérim de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), lors d'une conférence de presse.

L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie.

Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat.

"L'abstention n'est pas une spécificité algérienne", a commenté M. Khelfane, en comparant la situation à celle des "vieilles démocraties" d'Europe, d'Amérique et d'Asie et en se félicitant d'élections "transparentes".

Le scrutin avait été précédé par une campagne terne, qui s'est tenue en pleine Coupe du monde de football et par de grandes chaleurs.

Les dernières législatives, en 2021, déjà remportées par le FLN, avaient été marquées par un taux de participation de 23%.

Elles s'étaient tenues dans le sillage du Hirak, mouvement de contestation populaire inédit né en février 2019. Il avait conduit deux mois plus tard à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et porté des revendications de changement politique, de lutte contre la corruption et de réforme des institutions.

Mais progressivement, une interdiction des rassemblements, que les autorités ont justifiée par l'épidémie de Covid-19, et l'incarcération des figures de proue du Hirak ont étouffé la contestation à partir de mars 2020.

L'actuel président Abdelmadjid Tebboune avait été élu en décembre 2019, puis reconduit en 2024.

Des ONG de défense des droits humains dénoncent la reprise par les autorités du contrôle de l'espace public depuis l'élan du Hirak. Le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes.


Liban: quatre morts dans une frappe israélienne dans le sud

 Quatre personnes, dont trois femmes, sont mortes lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Quatre personnes, dont trois femmes, sont mortes lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
  • La directrice d'une école, sa mère, une employée de maison étrangère et un ouvrier syrien ont été tués par "un drone israélien ayant visé leur véhicule"
  • Le président libanais Joseph Aoun a estimé que le maintien des troupes israéliennes dans le sud du pays empêchait l'armée libanaise de s'y déployer

BEYROUTH: Quatre personnes, dont trois femmes, sont mortes lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

La directrice d'une école, sa mère, une employée de maison étrangère et un ouvrier syrien ont été tués par "un drone israélien ayant visé leur véhicule" au retour d'une visite d'inspection du domicile familial à Nabatiyé al-Fawqa, selon l'Ani.

Le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington a permis l'entrée en vigueur d'un précaire cessez-le-feu au Liban à partir du 21 juin, avant la signature le 26 juin à Washington d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en vue d'une "paix durable".

Cet accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne.

Contesté par le Hezbollah, l'accord ne fixe pas de calendrier pour le retrait israélien, sans quoi un retour des déplacés dans les localités frontalières reste en suspens.

Et le désarmement du Hezbollah que l'accord pose comme préalable au retrait israélien est une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en oeuvre malgré la pression des Etats-Unis, laissant des analystes sceptiques.

Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans la zone, pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière, et poursuit ponctuellement ses frappes, notamment dans les environs de Nabatiyé, disant viser le Hezbollah. Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.

Le président libanais Joseph Aoun a estimé que le maintien des troupes israéliennes dans le sud du pays empêchait l'armée libanaise de s'y déployer.

M. Aoun a souligné "l'importance de faire pression sur Israël pour qu'il se retire des zones qu'il occupe dans le sud", puisque "le maintien de (cette) occupation sape la légitimité de l'Etat, empêche le déploiement de l'armée et (...) une paix juste et durable", selon un communiqué de la présidence.

Depuis le 22 juin, plus de 600.000 déplacés libanais sont rentrés chez eux, sur plus d'un million, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Mais le retour dans des dizaines de localités méridionales, notamment celles proches de la frontière, largement détruites par les forces israéliennes, reste en attente.


Le Hamas dissout ses instances dirigeantes à Gaza

"Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Hazem Qassem.  Un responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire. (AFP)
"Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Hazem Qassem. Un responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire. (AFP)
  • "Le président du comité d'urgence du gouvernement, Mohammed al-Farra, a officiellement présenté sa démission", a déclaré à l'AFP Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas
  • L'initiative du Hamas marque un tournant politique pour le mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007 à l'issue d'affrontements avec le Fatah

GAZA: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé lundi avoir dissous ses instances dirigeantes dans la bande de Gaza, après presque 20 ans de pouvoir, ouvrant la voie à un comité technocratique chargé d'administrer le territoire.

"Le président du comité d'urgence du gouvernement, Mohammed al-Farra, a officiellement présenté sa démission", a déclaré à l'AFP Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas, ajoutant qu'il avait "décidé de dissoudre le comité afin de faciliter la transition administrative et gouvernementale vers le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG)".

Le NCAG a été créé par le "Conseil de Paix", mis en place par le président américain Donald Trump, lors des négociations qui ont abouti au cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en octobre 2025.

L'initiative du Hamas marque un tournant politique pour le mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007 à l'issue d'affrontements avec le Fatah, la formation du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, basé à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Quelques mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par l'attaque sanglante sur le sol israélien du 7 octobre 2023, le mouvement s'était dit prêt à se retirer du pouvoir à Gaza au profit d'une autre direction palestinienne.

Depuis, de nombreux scénarios ont été évoqués, mais, sur le terrain, la situation patine. L'un des principaux points d'achoppement reste le désarmement du Hamas, ce dernier affirmant qu'il ne le concédera que dans le cadre d'une initiative politique palestinienne, ce qu'Israël rejette.

"Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Hazem Qassem.

Un responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire.

Le NCAG, dirigé par le Palestinien Ali Shaath, est basé au Caire depuis plusieurs mois, Israël s'étant, selon certaines informations, opposé à son déploiement dans ce territoire dévasté par la guerre.

"Symbolique" 

Pour Mkhaimar Abusada, politologue gazaoui interrogé par l'AFP, la décision du Hamas reste avant tout "Symbolique".

"Le problème n'est pas la dissolution de son comité gouvernemental, mais l'acceptation de son désarmement (...) c'est toujours le principal point de blocage", a-t-il ajouté.

"Du point de vue du Hamas, cette annonce permet de cocher plusieurs cases", a expliqué à l'AFP une source diplomatique ayant participé à certaines des discussions au Caire.

"Elle montre que le mouvement fait avancer le processus tout en mettant l'accent sur ce qu'il présente comme le non-respect par Israël de ses engagements", a-t-elle ajouté.

La première phase du cessez-le-feu a permis la libération des derniers otages israéliens retenus par le Hamas en échange de Palestiniens emprisonnés par Israël.

Le passage à la deuxième phase, qui devait prévoir le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes de Gaza, est toutefois au point mort depuis plusieurs mois.

Les forces israéliennes ont, au contraire, renforcé leur présence dans l'enclave, tandis que la gouvernance de Gaza après la guerre reste un point d'achoppement.

Israël exclut tout retour du Hamas au pouvoir, mais rejette également, à ce stade, une reprise directe de l'administration de Gaza par l'Autorité palestinienne.

Le Hamas comme Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.

Au moins 1.072 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis l'entrée en vigueur de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

L'armée israélienne affirme avoir perdu cinq soldats et un contractuel à Gaza sur la même période.