Sénatoriales: Yannick Jadot retrouve l'arène politique nationale

La maire de Paris, Anne Hidalgo, s'entretient avec Yannick Jadot, membre du parti vert français Europe-Ecologie-Les Verts  et député européen (Photo, AFP).
La maire de Paris, Anne Hidalgo, s'entretient avec Yannick Jadot, membre du parti vert français Europe-Ecologie-Les Verts et député européen (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 24 septembre 2023

Sénatoriales: Yannick Jadot retrouve l'arène politique nationale

  • A 56 ans, ce grand brun aux yeux bleus veut désormais agir nationalement afin que «la France soit à la hauteur des enjeux climatiques»
  • Cette élection au Sénat pourrait-elle être un tremplin pour une candidature à la mairie de Paris, intention que lui prêtent ses détracteurs ? Il botte en touche

PARIS: Après 15 ans comme député européen, l'ex-candidat écologiste à la présidentielle de 2022, Yannick Jadot, fait son retour dans l'arène politique nationale en devenant sénateur de Paris, convaincu qu'il est "toujours utile à l'écologie politique et à la vie politique".

A 56 ans, ce grand brun aux yeux bleus veut désormais agir nationalement afin que "la France soit à la hauteur des enjeux climatiques".

"Déçu" par son résultat à la présidentielle de 2022 (4,6%), il s'est interrogé: "est-ce que j'avais encore l'envie et l'énergie", après une campagne "particulièrement frustrante", où "vous êtes à fond 18 heures par jour, et le truc, vous n'arrivez jamais à le saisir".

Mais face à un moment "où l'humanité est confrontée à l'enjeu de sa survie", "j'ai pensé que j'étais toujours utile à l'écologie politique et à la vie politique", explique-t-il à l'AFP.

Cette élection au Sénat pourrait-elle être un tremplin pour une candidature à la mairie de Paris, intention que lui prêtent ses détracteurs ? Il botte en touche: "C'est une élection sénatoriale, pour être sénateur."

«Convaincre ceux qui doutent»
Ce partisan d'une liste écologiste autonome aux européennes du mois de juin a quelques victoires à son actif à Bruxelles: en 2009, lors de son premier mandat aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, "notre slogan c'était le green deal. Dix ans après, c'est devenu l'agenda de l'Union européenne", se félicite-t-il.

Parmi les batailles dont il est fier, son combat contre l'accord de libre échange CETA entre l'UE et le Canada et contre celui avec le Mercosur, l'interdiction des produits issus du travail forcé, la taxe carbone aux frontières ou l'interdiction de la pêche électrique en Europe.

Yannick Jadot entend bien désormais faire entendre sa puissante voix à la chambre haute, notamment pour "défendre la proportionnelle" au prochain scrutin législatif ou "sur l'isolation thermique des bâtiments" qui allie "santé, pouvoir d'achat et activité économique" selon lui.

"L'écologie que je veux porter, c'est une écologie qui veut convaincre ceux qui doutent, pas ceux qui sont déjà convaincus", insiste l'élu, adepte de la "culture du compromis" si chère à la chambre haute.

Mais Yannick Jadot ne fait pas l'unanimité dans son parti: sa participation à la manifestation des policiers devant l'Assemblée nationale, en 2021, avait ainsi horripilé de nombreux militants historiques.

Réputé éloigné de la ligne d'EELV sur l'économie et certains sujets sociétaux, il a récemment déploré la participation de Médine aux journées d'été des écologistes au Havre, et refuse de marcher contre les violences policières.

Un positionnement loin de celui de l'écoféministe Sandrine Rousseau, adepte d'une écologie plus radicale, qui avait vertement critiqué sa campagne présidentielle.

"Je n'ai pas de problèmes avec les mobilisations, mais avec la violence", réplique Yannick Jadot, peu favorable à la Nupes, mais qui salue la liste PS-EELV-PCF sur laquelle il a été élu, et concède qu'il faudra l'union à la présidentielle de 2027.

«Propre partition»
Pour cet originaire de l'Aisne, obtenir l'investiture à Paris n'a pas été facile, malgré 40 ans passés dans la capitale. Mais il est arrivé en tête au terme d'un vote "serré".

"Il est ancien candidat à la présidentielle", tranche la secrétaire nationale Marine Tondelier.

"Yannick pendant des années, il jouait sa propre partition", avoue un élu écologiste, "mais depuis la campagne présidentielle, il est devenu plus collectif".

Pour Cyrielle Chatelain, la cheffe des députés écologistes, "il aura une voix forte au Sénat, il va donner plus de visibilité au groupe".

Un proche de la droite sénatoriale pense pour sa part que "Jadot va mettre de l'ordre dans le groupe écologiste. (...) C'est un gars raisonnable, ça va peut être améliorer les choses".

C'est oublier un peu vite que celui qui a fait ses armes au sein de plusieurs ONG, participé au Grenelle de l'environnement en 2007 et dirigé pendant sept ans les campagnes de Greenpeace France, est aussi un adepte des coups médiatiques.

Il a ainsi été condamné pour "atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation" pour avoir pénétré en 2005 dans le port des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de la Marine nationale de la rade de Brest, lors d'une opération de Greenpeace.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
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  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
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  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.

 


La France publie sa stratégie pour être neutre en carbone, en pleine vague de chaleur

De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
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  • La France présente sa stratégie SNBC-3 visant la neutralité carbone d'ici 2050, avec une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz fossile
  • Les émissions baissent, mais pas assez vite pour atteindre les objectifs, tandis que le financement de la transition reste un défi

PARIS: Après des mois de préparation, le gouvernement présente mercredi sa copie définitive pour une France "neutre en carbone" en 2050, qui se passerait du pétrole et du gaz, qui réchauffent l'atmosphère terrestre.

Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) doit être présentée dans la matinée au ministère de la Transition écologique à l'occasion d'une conférence, et être suivie par la publication d'un décret, attendu dans les prochains jours, selon le ministère.

Les "principales évolutions" du texte et son calendrier doivent notamment être présentés à la presse, indique le ministère, tout comme l'impact du plan d'électrification du gouvernement sur la trajectoire de décarbonation.

Le projet de feuille de route pour baisser les rejets de gaz à effet de serre de la France avait déjà été publié en décembre et devait ensuite faire l'objet d'une série de consultations par des instances diverses, avant celle du public.

Lors de la récente première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) fin avril, qui regroupait une cinquantaine de pays volontaires, les engagements français avaient été salués.

La France a présenté un document prévoyant notamment la fin de la consommation de charbon à horizon 2030, de pétrole d'ici à 2045 et de gaz fossile en 2050.

Depuis, l'ouest de l'Europe a connu trois épisodes de chaleurs intenses en moins de deux mois, témoins des effets dévastateurs du réchauffement climatique principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

Le gouvernement a aussi annoncé en juin un gel de 163 millions d'euros sur le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, en dépit de l'urgence de la question climatique, venant poser avec insistance la question du financement par la France de son ambition en matière d'adaptation au changement climatique, à l'heure où les finances publiques sont exsangues.

La nouvelle stratégie climatique française ambitionne une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'environ 4% par an pour la période 2024-2028, en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Or la tendance actuelle (-1,5% en 2025) n'est pas alignée avec cette trajectoire, bien que le pays ait nettement fait baisser ses émissions au premier trimestre 2026 de 4,8% sur un an, à la faveur d'un recul des consommations de chauffage l'hiver dernier.

Pour accélérer, le gouvernement a lancé en avril un plan d'électrification de l'économie, de l'industrie aux transports en passant par le numérique.