L’Arabie saoudite, prochain centre logistique mondial

En plus de renforcer la coopération franco-saoudienne, ce symposium met en relief les progrès réalisés par le Royaume permettant ainsi la croissance d’un secteur stratégique gérant 70% des exportations et 90% des importations du pays. (Photo fournie)
En plus de renforcer la coopération franco-saoudienne, ce symposium met en relief les progrès réalisés par le Royaume permettant ainsi la croissance d’un secteur stratégique gérant 70% des exportations et 90% des importations du pays. (Photo fournie)
La première journée a été inaugurée par Ludovic Pouille, ambassadeur français en Arabie saoudite. (Photo fournie)
La première journée a été inaugurée par Ludovic Pouille, ambassadeur français en Arabie saoudite. (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 27 septembre 2023

L’Arabie saoudite, prochain centre logistique mondial

  • Business France organise du 25 au 28 septembre des Journées franco-saoudiennes consacrées au secteur maritime
  • Avec ses 13 ports, le Royaume se caractérise par une situation géographique stratégique et est considéré comme une porte d’entrée reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique

KHOBAR: Business France, l’agence de soutien aux initiatives de développement économique à l’international, organise du 25 au 28 septembre en collaboration avec l’ambassade française en Arabie saoudite et l’Autorité portuaire saoudienne Mawani des journées franco-saoudiennes consacrées au secteur maritime.

La première journée a été inaugurée par Ludovic Pouille, ambassadeur français en Arabie saoudite. Durant son allocution, l’ambassadeur a tenu à souligner que les relations entre le Royaume et la France étaient très anciennes et qu’elles s’élargissaient et s’intensifiaient dans un nombre important de secteurs. 

Ces Journées maritimes franco-saoudiennes serviront de plate-forme pour favoriser et promouvoir la collaboration mutuelle, partager les connaissances et explorer les opportunités au sein des industries maritimes et logistiques, répondant ainsi aux objectifs de la Vision 2030, notamment en développant ses infrastructures portuaires visant à faire de l’Arabie saoudite un centre logistique mondial.

L’ambassadeur a déclaré lors de son intervention que «la France est un acteur maritime mondial du XXIe siècle». «Nous sommes la deuxième puissance maritime mondiale et sommes préoccupés par tout ce qui touche aux environnements marins. Nous voulons promouvoir une croissance bleue innovante. Nous pouvons être plus forts, plus intelligents et aussi plus verts», a-t-il ajouté.

«Nous voulons renforcer davantage nos investissements avec nos partenaires saoudiens et accroître la coopération au profit de nos deux pays. Cet événement permet de capitaliser sur cet alignement, en prenant des mesures proactives pour favoriser une coopération commerciale robuste et durable afin de renforcer également les relations franco-saoudiennes dans ce domaine», a souligné Ludovic Pouille. 

Ce colloque maritime contribuera également à positionner les entreprises françaises comme des acteurs majeurs sur trois continents (Inde, Europe et Afrique), selon l’ambassadeur français.

L’Arabie saoudite est une puissance économique au Moyen-Orient et la majorité de ses grandes entreprises dépendent fortement du transport de marchandises. Avec ses 13 ports, le Royaume se caractérise par une situation géographique stratégique et est considéré comme une porte d’entrée reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Le pays est à coup sûr une plaque tournante majeure pour le transport commercial maritime.

L’Autorité saoudienne portuaire Mawani est l’acteur central du secteur maritime saoudien. ses activités ont considérablement accéléré l’exportation et l’importation de marchandises en Arabie saoudite ces dernières années, contribuant ainsi à l’économie dans une large mesure. Les ports saoudiens sont actuellement parmi les plus rapides du monde en termes de manutention de marchandises, et leur capacité est en hausse, selon le président de Mawani, Omar Hariri.

En plus de renforcer la coopération franco-saoudienne, ce symposium met en relief les progrès réalisés par le Royaume permettant ainsi la croissance d’un secteur stratégique gérant 70% des exportations et 90% des importations du pays. Le secteur maritime est sans nul doute un acteur fondamental dans la réalisation des objectifs de la stratégie nationale de transport et de logistique.

De son coté, Jesper Stenbak, directeur régional du groupe CMA-CGM, leader mondial des solutions maritimes, terrestres, aériennes et logistiques, a déclaré lors de ce séminaire que «les Journées maritimes franco-saoudiennes sont une excellente occasion pour notre groupe d’interagir avec les autorités officielles et les acteurs de l’industrie du Royaume saoudien».

Par la suite, M. Stenbak a ajouté que «le secteur maritime du pays est particulièrement dynamique, et CMA-CGM accompagne ses clients en proposant des services plus directs et en augmentant la capacité en déployant des navires supplémentaires».

«Plus tôt cette année, notre groupe a lancé le premier service de conteneurs à escale fixe opérant dans le port de Neom», a affirmé M. Stenbak à Arab News en français. «Via notre service de transport maritime Jeddex, nous relions Neom au réseau mondial du groupe CMA-CGM, démontrant ainsi notre engagement à soutenir le Royaume saoudien en tant que hub logistique mondial.»

L’autorité portuaire française présente lors de ce colloque, le Port de Marseille Fos, représentée par Hervé Martel, président du directoire du grand port maritime de Marseille, a mis en avant son approche environnementale et son plan de décarbonisation du port. Il a également mis en relief sa position naturelle et stratégique tournée vers le sud de l’Europe, accueillant 10 000 navires et la manutention de 80% de tonnes de fret.

«Notre relation avec l’Arabie saoudite, c’est essentiellement de l’importation de produits pétroliers et on sait bien que ce n’est pas ça l’avenir et que les choses vont changer. Le port de Marseille a une multiactivité, nous travaillons sur la chimie et la pétrochimie et sommes fortement positionnés aujourd’hui sur tout ce qui est lié à la transition énergétique», explique Hervé Martel à Arab News en français.

«En rencontrant ce matin le président de l’Autorité portuaire saoudienne, Omar Hariri, nous nous sommes rendus compte que nous avions énormément de sujets d’intérêt commun et que la Vision 2030 saoudienne avait de grandes ambitions nationales, que cela soit en matière de logistique, pour développer des ports et les positionner comme une sorte de rotule entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe. On constate aussi une volonté de se positionner sur les énergies renouvelables», ajoute M. Martel.

«Avec Omar Hariri, nous avons aussi parlé du développement de la croisière, de branchement de navire à quai, de réparation navale, de câbles sous-marins. Nous avons constaté que nous avions les mêmes préoccupations et sommes convenus d’intensifier nos contacts pour aller vers la signature d’une convention de partenariat», poursuit M. Martel.

En marge de cette journée, Arab News en français a aussi rencontré Xavier Genin, PDG du groupe SeeOwl, qui fournit des services d’externalisation sur terre, mer et plates-formes maritimes aux entreprises énergétiques ainsi qu’aux acteurs marins souverains du monde entier.

«Le groupe dans sa globalité réalise 120 millions d’euros de chiffre d’affaires sur deux secteurs, essentiellement l’énergie renouvelable et la défense. Ici, en Arabie saoudite, nous travaillons sur le gaz et la défense. Nous sommes spécialisés dans la digitalisation de la surveillance des plans d’eaux, d’accès portuaires, de zones offshore. Nous utilisons tous les équipements pour avoir des informations précises sur tout ce qui se passe sur l’eau. Et depuis deux ans, nous injectons des drones de surface», explique-t-il.

Les séances de la première journée du séminaire ont été suivies par un panel de discussion entre les entrepreneurs saoudiens et français abordant des thèmes importants comme l’initiative des ports verts et intelligents, la décarbonisation de l’industrie du transport maritime et la construction de chantiers navals et l’industrie offshore.

 


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.

 

 

 

 


Veolia et Amazon accélèrent la transformation hydrique des data centers

Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
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  • Un partenariat Veolia-Amazon pour déployer des solutions de réutilisation des eaux usées dans les data centers, avec un premier site opérationnel en 2027
  • Une économie annuelle estimée à 314 millions de litres d’eau potable, au service d’une stratégie globale de durabilité et de résilience hydrique

DUBAI: Dans un contexte de croissance exponentielle des besoins en infrastructures numériques et de pression accrue sur les ressources naturelles, Veolia et Amazon annoncent un partenariat structurant visant à transformer la gestion de l’eau dans les data centers. L’ambition : substituer l’eau potable par des eaux usées traitées pour les besoins de refroidissement, un poste particulièrement consommateur dans ces installations critiques.

Cette collaboration associe l’expertise de Veolia, leader mondial des technologies de l’eau et des services à l’environnement, aux capacités d’Amazon en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Ensemble, les deux groupes entendent concevoir et déployer des stratégies de gestion de l’eau plus durables, adaptées aux data centers de nouvelle génération.

Le projet pilote sera lancé dans le Mississippi, où Veolia accompagnera les opérations d’Amazon afin de réduire significativement leur consommation d’eau potable. À l'horizon 2027, une première installation devrait entrer en service, marquant une étape importante : il s’agira du premier data center d’Amazon dans cet État à recourir à de l’eau recyclée pour ses systèmes de refroidissement.

Une innovation industrielle au service de la sobriété hydrique

Au cœur du dispositif, des systèmes de traitement de l’eau développés par Veolia, à la fois autonomes, modulaires et conteneurisés. Ces unités seront capables de capter des effluents issus de stations d’épuration locales ainsi que d’autres sources disponibles, puis de les transformer en une ressource conforme aux exigences de qualité des procédés industriels de refroidissement.

Cette approche permet de convertir un déchet en ressource stratégique, tout en limitant le recours aux nappes phréatiques et aux réseaux d’eau potable, particulièrement sollicités dans certaines régions. Une fois pleinement opérationnel, le projet devrait permettre de réutiliser plus de 314 millions de litres d’eau potable par an. Ce volume correspond à la consommation annuelle d’environ 760 foyers américains — une économie significative à l’échelle locale.

Au-delà de la performance environnementale, cette solution répond également à des enjeux de continuité opérationnelle. En sécurisant l’approvisionnement en eau via des sources alternatives, elle renforce la résilience des data centers face aux risques de stress hydrique ou de restrictions d’usage.

Un modèle réplicable à l’échelle mondiale

L’un des atouts majeurs du dispositif réside dans sa conception modulaire. Les systèmes conteneurisés de Veolia peuvent être déployés rapidement et adaptés aux spécificités locales, ce qui ouvre la voie à une duplication de la solution sur d’autres sites d’Amazon dans le monde.

Cette logique d’industrialisation s’inscrit dans la nouvelle offre « Data Center Resource 360 » développée par Veolia. Celle-ci vise à optimiser l’ensemble des flux de ressources — eau, énergie, déchets — au sein des data centers, en s’appuyant sur des technologies avancées et des outils de pilotage numérique.

Pour Amazon, cette initiative constitue un levier concret pour atteindre son objectif d’empreinte eau positive dans l’ensemble de ses opérations directes de data centers d’ici 2030. Cela implique non seulement de réduire ses prélèvements, mais aussi de contribuer activement à la restauration des ressources en eau dans les territoires où l’entreprise est implantée. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com