La Corée du Nord inscrit son statut d'Etat nucléaire dans la Constitution

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un participant à la 9e session de la 14e Assemblée populaire suprême de la RPDC à Pyongyang (Photo, AFP).
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un participant à la 9e session de la 14e Assemblée populaire suprême de la RPDC à Pyongyang (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 28 septembre 2023

La Corée du Nord inscrit son statut d'Etat nucléaire dans la Constitution

  • En inscrivant le statut d'Etat nucléaire dans la Constitution elle-même, l'Assemblée est allée encore plus loin, amenuisant les espoirs de dénucléarisation
  • Il y a un an, la Corée du Nord a annoncé une nouvelle doctrine rendant «irréversible» son statut de puissance nucléaire

PYONGYANG: La Corée du Nord a inscrit son statut d'Etat nucléaire dans la Constitution, "que personne n'est autorisé à bafouer", a déclaré le numéro 1 nord-coréen, dans un discours rapporté jeudi matin par l'agence de presse KCNA.

"La politique de construction de la force nucléaire de la RPDC (République populaire démocratique de Corée, ndlr) est devenue permanente en tant que loi fondamentale de l'Etat", a annoncé le dirigeant Kim Jong Un, utilisant l'acronyme officiel de la Corée du Nord.

Il a ajouté, lors d'une réunion de l'Assemblée populaire qui s'est tenue mardi et mercredi, "que personne n'est autorisé à bafouer" la loi fondamentale de l'Etat, selon l'agence officielle KCNA.

Il y a un an, la Corée du Nord, qui a déjà procédé à six essais nucléaires de 2006 à 2017, a annoncé une nouvelle doctrine rendant "irréversible" son statut de puissance nucléaire, et l'autorisant à mener une frappe atomique préventive en cas de menace existentielle contre son régime.

En inscrivant cette fois le statut d'Etat nucléaire dans la Constitution elle-même, l'Assemblée est allée encore plus loin, amenuisant les espoirs de dénucléarisation du Nord.

"Il s'agit d'un événement historique qui fournit un puissant levier politique pour renforcer de manière remarquable les capacités de défense nationale", a encore déclaré M. Kim, selon l'agence KCNA.

Le numéro 1 nord-coréen a également accusé Washington, Séoul et Tokyo d'avoir formé une "alliance militaire triangulaire" qui a "finalement abouti à l'émergence d'une version asiatique de l'Otan, la première cause de guerre et d'agression".

"Il s'agit là de la pire menace réelle, et non d'une rhétorique menaçante ou d'une entité imaginaire", a ajouté M. Kim.

Craintes d'un septième essai nucléaire
A la tribune de l'ONU, fin septembre, Pyongyang avait prévenu, par la voix de son ambassadeur aux Nations unies, que la péninsule coréenne était "au bord d'une guerre nucléaire", pointant du doigt la politique américaine en Asie.

Les observateurs occidentaux redoutent que Pyongyang procède à un nouvel essai nucléaire, le septième de son histoire, le premier depuis 2017.

"Si la Corée du Nord utilise des armes nucléaires, son régime sera stoppé par une réponse écrasante de l'alliance américano-sud-coréenne", avait mis en garde le président sud-coréen Yoon Suk Yeol.

La Corée du Nord a multiplié cette année les essais d'armements interdits. Lors du dernier de ces tests, le 13 septembre, elle a procédé au tir de deux missiles balistiques à courte portée, alors que Kim se trouvait en Russie pour un sommet avec le président russe Vladimir Poutine.

Le mois dernier, Pyongyang a échoué dans sa deuxième tentative de mise en orbite d'un satellite espion.

En réaction, la Corée du Sud et les Etats-Unis ont renforcé leur coopération en matière de défense, en organisant des exercices conjoints ainsi que des manœuvres navales avec le Japon.

Les relations entre les deux Corées sont au plus bas depuis des années et la diplomatie est au point mort après l'échec des tentatives de discussion sur la dénucléarisation de Pyongyang.

Le 2 septembre, la Corée du Nord a organisé un exercice de "simulation d'attaque nucléaire tactique" avec des ogives atomiques fictives attachées à deux missiles de croisière à longue portée qui ont été tirés dans l'océan, avait rapporté KCNA.

L'agence d'Etat a affirmé que cette opération était une réponse aux activités militaires conjointes des forces américaines et sud-coréennes qui, selon elle, ont aggravé les tensions dans la région.

La visite d'une semaine de M. Kim en Russie, sa première à l'étranger depuis la pandémie de coronavirus, a ravivé les craintes occidentales de voir Moscou et Pyongyang défier les sanctions et conclure un marché d'armement.

Moscou serait intéressée par l'achat de munitions nord-coréennes pour poursuivre les combats en Ukraine, tandis que Pyongyang souhaiterait l'aide de la Russie pour développer son programme de missiles, condamné par la communauté internationale.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

Short Url
  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

Short Url
  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Short Url
  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.