A Paris une alliance de pays pro-nucléaire lance un appel à la finance internationale

Cette photographie montre un panneau avertissant d'un risque de radioactivité devant le centre Atalante du centre de recherche du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Marcoule, dans le sud de la France, le 19 septembre 2023 (Photo, AFP).
Cette photographie montre un panneau avertissant d'un risque de radioactivité devant le centre Atalante du centre de recherche du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Marcoule, dans le sud de la France, le 19 septembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 29 septembre 2023

A Paris une alliance de pays pro-nucléaire lance un appel à la finance internationale

  • Parmi les pays représentés, le Japon, le Canada, les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Royaume-Uni, et des membres de l'Union européenne
  • Outre le fait de mobiliser toute une filière industrielle, il s'agit aussi de trouver des financements

PARIS: De l'argent frais pour le nucléaire comme pour les éoliennes et le solaire: une vingtaine de ministres réunis jeudi à Paris à l'invitation du gouvernement français et de l'OCDE, ont lancé un appel à la finance internationale pour accélerer la relance de l'atome dans la course contre le changement climatique.

Les responsables d'une vingtaine de pays se sont joints à cette grande réunion de travail au côté de géants industriels du secteur, du français EDF à l'américain Westinghouse en passant par le coréen KHNP et le japonais Mitsubishi, avec l'objectif de dessiner "une feuille de route" pour accompagner la relance du nucléaire au niveau mondial, sur le plan politique et industriel.

Parmi les pays représentés, le Japon, le Canada, les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Royaume-Uni, et des membres de l'Union européenne (République tchèque, Pologne, Roumanie, Suède...)

Alors qu'une "fenêtre industrielle" s'ouvre pour la filière nucléaire, "nous devons être pratiques, mais nous devons aller vite", a plaidé au début de cette conférence le directeur général de l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'OCDE (AEN), William D. Magwood.

Outre le fait de mobiliser toute une filière industrielle, il s'agit aussi de trouver des financements pour cet outil, aux investissements longs et coûteux. Comment faire? Les ministres ont lancé un appel, encourageant "les banques de développement, les institutions financières internationales et régionales (...) à envisager de financer l'énergie nucléaire à la lumière des priorités en matière d'accès à l'énergie, de sécurité énergétique et de climat", selon leur déclaration, signée par tous les pays représentés sauf l'Italie et la Belgique.

Il s'agit aussi d'"encourager les institutions financières à classer l'énergie nucléaire, le cas échéant, avec toutes les autres sources d'énergie à émissions nulles ou faibles dans les taxonomies financières internationales". Devant la conférence, le commissaire européen Thierry Breton a estimé que "la Banque européenne d'investissement (BEI) devrait envisager de soutenir les projets" nucléaires.

Les pays signataires ont qualifié de "vital" leur rôle dans la transition énergétique grâce à ses émissions de CO2 par kWh faibles comme celles des énergies solaire et éolienne.

"L'énergie nucléaire est un atout majeur à la fois pour notre sécurité énergétique mais également pour nos engagements climatiques" de neutralité carbone à 2050, a souligné la ministre française de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, co-organisatrice avec l'AEN, au moment où l'atome connaît un regain d'intérêt dans plusieurs pays, sur fond de crise climatique et de tensions énergétiques exacerbées par le conflit en Ukraine.

Défis industriels

Peu avant le début de la conférence, une douzaine de militants de Greenpeace ont déployé une banderole sur le toit du bâtiment de l'OCDE, pour dénoncer "une diversion climatique", avant d'être délogés dans le calme par la police.

"Nous sommes là pour dénoncer le greenwashing de la France qui veut organiser une relance massive du nucléaire (...) Cette opération n'a pas pour objectif de sauver le climat mais de sauver l'industrie nucléaire", a déclaré Pauline Boyer, chargée de campagne nucléaire à Greenpeace.

La France, pays le plus nucléarisé au monde par habitant (56 réacteurs pour 68 millions d'habitants), est devenue le fer de lance européen de la relance de l'atome, à la tête d'une "alliance européenne du nucléaire" pour peser dans les négociations sur la réforme du marché de l'électricité de l'UE.

"On assiste à un retour du nucléaire dans le monde", indiquait récemment Fatih Birol, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie, autre agence de l'OCDE.

En 2022, 7,9 GW de capacités nucléaires sont entrées en service, une progression de 40% d'installations nouvelles par rapport à 2021. L'essentiel des mises en construction ces dernières années est venu de Chine, pour son marché intérieur, et de Russie pour plusieurs pays.

Selon l'AEN, il faudrait tripler les capacités nucléaires mondiales d'ici 2050 pour respecter les objectifs de neutralité carbone, en combinant réacteurs existants, réacteurs de nouvelle génération mais aussi de petits réacteurs modulaires (SMR).

Mais relancer l'atome, tombé en disgrâce après la catastrophe de Fukushima au Japon (2011), implique de nombreux défis pour les pays qui n'ont plus construit de centrales "depuis longtemps", et celui du financement n'est pas "plus important que les autres": "compétences, chaîne d'approvisionnement, expertise, management, tout cela doit être réuni" pour réussir les projets, a souligné William D. Magwood.

Les ministres se sont engagés "à favoriser la collaboration internationale" et "l'échange de bonnes pratiques" sur des sujets comme l'approvisionnement en uranium, le recyclage du combustible usé et la gestion des déchets radioactifs.


Dialoguer avec l'Algérie est «une nécessité», selon l'ambassadeur de France à Alger

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
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  • "Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer"
  • "On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse"

PARIS: Dialoguer avec l'Algérie "est une nécessité", a estimé lundi l'ambassadeur de France Stéphane Romatet, tout en appelant au "respect" mutuel entre les deux pays, qui ont amorcé un rapprochement après près de deux années de profonde crise diplomatique.

"Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer", a affirmé sur France Inter le diplomate, qui a fait son retour à Alger le 8 mai, près d'un an après avoir été rappelé par le président Emmanuel Macron.

"On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse", a-t-il poursuivi, en référence aux critiques souvent émises par la droite et l'extrême droite françaises.

Interrogé sur le sort du journaliste français Christophe Gleizes détenu depuis bientôt un an, M. Romatet a estimé que "si on stigmatise, si on jette l'anathème sur ce pays, on n'y arrivera pas. Reprendre cette relation avec Alger (...) c'est aussi aider Christophe à revenir le plus tôt possible en France".

Arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en appel début décembre à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

L'ambassadeur a toutefois fustigé des propos "inacceptables" publiés par le quotidien El Watan visant le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui s'est rendu au Maroc le 20 mai. Le journal évoquait une "vassalisation" à Rabat et multipliait les attaques personnelles contre le ministre, qualifié notamment de "technicien sans relief" et de "ministre de paille".

"De part et d'autre (...) il faut faire preuve de respect. Nous attendons du respect de la part de l'Algérie", a affirmé M. Romatet.

Une crise profonde avait éclaté à l'été 2024 lorsque Paris a apporté son soutien à un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.

La crise s'était aggravée avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement en France d'un influenceur algérien, Amir DZ. Cette affaire avait conduit à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel de l'ambassadeur Romatet.

Un dégel a été amorcé depuis février, marqué par les visites de trois ministres français à Alger. "D'autres visites sont programmées de ministres algériens en France, de hauts responsables français en Algérie dans les semaines qui viennent", a ajouté M. Romatet.


Chaleur: Météo-France étend la vigilance jaune à 18 départements dont Paris et petite couronne

Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
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  • Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros"
  • "Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée"

PARIS: La vigilance jaune canicule a été étendue à 18 départements jusqu'à mardi, Paris et la petite couronne ainsi que la Manche basculant lundi à ce niveau d'alerte, a annoncé Météo-France dans son dernier bulletin.

Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros", a indiqué l'établissement public dans son bulletin publié à 06H00.

Les départements concernés sont le Finistère, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, Le Maine-et-Loire, la Sarthe, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Charente, les Deux-Sèvres, la Vienne, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire, le Finistère, suivis à partir de midi par la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et Paris.

"Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée. Il fait 30°C à 35°C sur la moitié Nord. Dans le Sud-Ouest, le mercure atteint 32°C à 36°C, tout comme dans la vallée du Rhône. Sur le reste du Sud-Est, on attend 29 à 32°C", a écrit Météo-France.

Le pays est la proie d'un "dôme de chaleur" depuis dimanche qui agit comme un couvercle. L'air chaud en provenance du Maroc transite par la péninsule ibérique et se retrouve piégé sous les hautes pressions d'un puissant anticyclone.

Les climatologues ont montré que les canicules à répétition étaient un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s'allonger et s'intensifier.

 


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.