Irak: douleur et colère à Qaraqosh après un mariage endeuillé par un incendie

Des personnes en deuil portent un cercueil lors des funérailles des victimes de l'incendie mortel survenu lors d'un mariage, à Hamdaniya, en Irak (REUTERS).
Des personnes en deuil portent un cercueil lors des funérailles des victimes de l'incendie mortel survenu lors d'un mariage, à Hamdaniya, en Irak (REUTERS).
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Publié le Vendredi 29 septembre 2023

Irak: douleur et colère à Qaraqosh après un mariage endeuillé par un incendie

  • Le feu ayant ravagé mardi soir une salle des fêtes de Qaraqosh a fait une centaine de morts et 150 blessés, selon un bilan toujours provisoire
  • Les matériaux ont immédiatement pris feu au contact de «feux d'artifice» d'intérieur, des engins pyrotechniques projetant de hautes gerbes d'étincelles, largement utilisés pour égayer les mariages

QARAQOSH: Douleur et colère dominaient jeudi dans la petite ville de Qaraqosh, encore sous le choc d'un incendie ayant endeuillé un mariage dans le nord de l'Irak, le Premier ministre réclamant les "peines maximales" à l'encontre des responsables de la tragédie.

Arrivé dans la province de Ninive, dont fait partie Qaraqosh, le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani s'est rendu dans la matinée au chevet des blessés soignés dans deux hôpitaux de la région.

Le feu ayant ravagé mardi soir une salle des fêtes de Qaraqosh --également connue sous le nom de Hamdaniyah-- a fait une centaine de morts et 150 blessés, selon un bilan toujours provisoire. Quelque 900 invités se trouvaient dans ce bâtiment qui n'était pas aux normes de sécurité, d'après le ministère de l'Intérieur.

Jeudi matin à Qaraqosh, sous les arches en marbre de l'église syriaque catholique d'al-Tahira, des dizaines de fidèles ont assisté à une messe en mémoire des victimes. Des femmes aux traits tirés étaient enlacées sur un banc. Non loin, une femme prenait dans ses bras un homme qui ne peut retenir ses larmes.

Des survivants assistaient également à la cérémonie, parmi lesquels un homme au bras bandé pour des brûlures, d'après un journaliste de l'AFP.

Les portraits des victimes, dont des enfants, étaient alignés au pied de l'escalier menant au choeur.

«Disparus»

"Je ne sais pas quoi dire, c'est une douleur dans notre cœur, une tragédie qui ne sera jamais oubliée", confie d'une voix triste Najiba Youhana, 55 ans, égrenant les noms de proches disparus. "Il y a de la colère et une tristesse indescriptible".

Mercredi, des centaines de personnes s'étaient rassemblées au cimetière de Qaraqosh pour enterrer des proches. D'autres funérailles sont prévues ces prochains jours.

Contacté par l'AFP, un proche du marié qui célébrait son union mardi a assuré que le couple était physiquement indemne malgré des "brûlures légères". Mais le drame les a frappés de plein fouet.

"La mariée a perdu toute sa famille. Trois frères, tous ses oncles, ses jeunes cousins", a confié à l'AFP Jamil al-Jamil. "Le marié a perdu sa mère", a-t-il ajouté, précisant que "les gens cherchent encore des disparus".

Les témoignages récoltés par l'AFP s'accordent à dire que l'incendie s'est propagé à une vitesse ahurissante. Outre un nombre insuffisant d'issues de secours, la Défense civile a dénoncé, dans la construction du bâtiment, le recours à des panneaux en préfabriqué "hautement inflammables et contrevenant aux normes de sécurité".

Ces matériaux ont immédiatement pris feu au contact de "feux d'artifice" d'intérieur, des engins pyrotechniques projetant de hautes gerbes d'étincelles, largement utilisés pour égayer les mariages.

Les services de sécurité ont arrêté 14 personnes, "dont 10 employés (de la salle), le propriétaire et trois personnes impliquées dans l'activation des feux d'artifice", selon le ministère de l'Intérieur.

Jeudi, le Premier ministre s'est rendu à une église de Qaraqosh où il a "présenté ses condoléances" aux familles des victimes.

M. Soudani a réclamé "les peines juridiques maximales pour les personnes responsables de manquements ou de négligences et qui sont à l'origine du douloureux incendie", selon un communiqué de ses services.

«Erreur humaine»

Saccagée par les djihadistes du groupe Etat islamique en 2014, Qaraqosh a depuis été lentement reconstruite et 26.000 chrétiens sont retournés y vivre, soit la moitié de sa population originelle.

Mais dans un pays ravagé par des décennies de conflits et de guerres, il y a aussi les drames du quotidien.

L'Irak est régulièrement le théâtre d'incendies ou d'accidents domestiques mortels, bien souvent à cause du manque de respect des normes de sécurité, notamment dans les secteurs de la construction et du transport.

En 2021, à quelques mois d'intervalles, deux incendies avaient fait plusieurs dizaines de morts dans des hôpitaux, illustrant aussi la gabegie des services publics après des décennies de mauvaise gestion et de corruption.

A l'église d'Al-Tahira, Riad Bahnam, 53 ans, est venu prier en mémoire de sa belle-soeur et sa petite-nièce de six ans. Il fustige une "erreur humaine" et des "manquements" à l'origine de la tragédie.

Pour lui, tout fonctionnaire "ayant commis une négligence en donnant les autorisations requises au propriétaire est aussi responsable: il est censé réclamer le respect des normes de sécurité", dénonce-t-il.


Le roi Salmane effectue des examens médicaux à Riyad

Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
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RIYAD : Le roi Salmane d’Arabie saoudite est actuellement en train de passer des examens médicaux à l’hôpital spécialisé King Faisal de Riyad, a rapporté vendredi l’Agence de presse saoudienne.

Aucune information supplémentaire n’a été communiquée concernant la nature de la visite du souverain ni les détails de son état de santé. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite annonce un nouveau soutien financier au gouvernement yéménite

Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
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  • Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi
  • Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires

RIYAD: L'ambassadeur saoudien au Yémen et superviseur du programme saoudien pour le développement et la reconstruction du Yémen, Mohammed Al-Jaber, a annoncé que le Royaume, sous les directives de ses dirigeants, a fourni un nouveau soutien au budget du gouvernement yéménite, visant à payer les salaires des employés de l'État dans tous les secteurs.

Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi. Ce paquet comprend la fourniture des dérivés du pétrole nécessaires au fonctionnement des centrales électriques, ce qui contribuera à améliorer le niveau de vie des habitants du Yémen et à alléger leur fardeau quotidien.

Le poste d'Al-Jaber a souligné, en particulier, que tous les salaires des forces militaires et de sécurité liées au comité militaire supérieur lié à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite seront payés à partir de dimanche.

Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires en guise de moyen de pression. M. Al-Zubaidi est recherché par le gouvernement yéménite pour haute trahison et corruption.

L'ambassadeur a souligné que ces mesures s'inscrivaient dans le cadre du soutien aux efforts déployés par le gouvernement yéménite pour mettre en œuvre le programme de réforme économique, qui vise à assurer la stabilité financière et économique et à renforcer la capacité de l'État à s'acquitter de ses obligations fondamentales.


Liban: de nouvelles frappes israéliennes ciblent l'est du pays

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
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  • L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban
  • "En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban"

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban, après avoir appelé les habitants de deux zones dans l'est du pays à l'évacuer.

"En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban", a indiqué un communiqué militaire.

Plus tôt, elle avait appelé les habitants des localités de Sohmor et de Machgara, situées l'une à proximité et l'autre dans la plaine de la Bekaa, un fief du Hezbollah, à évacuer la zone avant des frappes ciblant des infrastructures du mouvement chiite libanais.

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à plus d'un an d'hostilités, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le Hezbollah pro-iranien et, de façon moins fréquente, le Hamas.

Le 8 janvier, l'armée libanaise a annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 kilomètres de la frontière avec Israël, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Israël avait jugé que ces efforts constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".

Après les annonces de l'armée libanaise, l'armée israélienne a mené plusieurs frappes dans le sud du Liban, la plupart au nord du Litani, qui ont fait un mort selon les autorités libanaises.

Elle avait alors affirmé cibler un membre du Hezbollah et les infrastructures de la formation libanaise.