Journée mondiale du tourisme à Riyad: Durabilité, autonomisation des jeunes et nouvelles destinations au menu

Des ministres, des dirigeants de compagnies aériennes et des responsables du secteur hôtelier ont participé aux débats, le premier jour de la conférence de la Journée mondiale du tourisme 2023, à Riyad (Photo AN/Huda Bashatah).
Des ministres, des dirigeants de compagnies aériennes et des responsables du secteur hôtelier ont participé aux débats, le premier jour de la conférence de la Journée mondiale du tourisme 2023, à Riyad (Photo AN/Huda Bashatah).
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Publié le Vendredi 29 septembre 2023

Journée mondiale du tourisme à Riyad: Durabilité, autonomisation des jeunes et nouvelles destinations au menu

  • Sous le thème «Peuples, planète et prospérité», la journée d'ouverture s’est penchée sur le tourisme responsable et la création d'emplois
  • Quelque 500 responsables gouvernementaux, dirigeants du secteur et représentants de la presse et des Nations unies de 120 pays participent à cet événement

RIYAD: La capitale de l'Arabie saoudite a accueilli mercredi des dirigeants, des experts et des investisseurs du secteur mondial du tourisme, le jour de l'ouverture d'une conférence consacrée à la Journée mondiale du tourisme, qui a été créée par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) en 1980 et qui est célébrée le 27 septembre de chaque année.

Cet événement spécial, visant à reconnaître le pouvoir du tourisme dans le rapprochement de diverses cultures, a attiré plus de 500 responsables gouvernementaux, dirigeants du secteur, délégués de l'ONU, ainsi que journalistes étrangers et régionaux de 120 pays.

La première journée de cet événement, qui s’étend sur deux jours, a comporté des tables rondes, des séances de réseautage et des communications axées sur les thèmes principaux de la durabilité, des répercussions environnementales, de l'éducation et de la création d'emplois.

Cela survient à un moment particulièrement excitant pour le tourisme en Arabie saoudite, en conjonction avec le développement de nouvelles destinations à travers le Royaume, grâce aux investissements conjoints des secteurs public et privé dans ce domaine, ainsi qu'à la mise en place en septembre 2019 du système de visa électronique flexible pour les visiteurs.

«En moins de cinq ans, le Royaume est passé d'une destination inconnue à une destination incontournable, et je suis convaincu que les pays du monde entier s'inspireront de cet exemple et le suivront eux-mêmes», a déclaré aux délégués Zurab Pololikashvili, secrétaire général de l'OMT des Nations unies, lors de la cérémonie d'ouverture.

«C’est un pays qui regarde toujours vers l’avenir, et qui voit grand. Le Royaume est également un grand investisseur dans le tourisme. Notre dernier rapport sur les investissements touristiques, en collaboration avec le Financial Times, a montré que l'Arabie saoudite était actuellement le deuxième plus important pays en termes de projets d'investissement direct étranger dans l’ensemble du Moyen-Orient et de l’Afrique. Je suis fier de dire que nous comptons sur le soutien de l’Arabie saoudite.»

La première journée de cet événement, qui s’étend sur deux jours, a comporté des tables rondes, des séances de réseautage et des communications axées sur les thèmes principaux de la durabilité, des répercussions environnementales, de l'éducation et de la création d'emplois (Photo AN/Huda Bashatah).

Le Royaume préside cette année le Conseil exécutif de l'OMT et abrite son siège au Moyen-Orient. Au mois de juin de l'année dernière, l'Arabie saoudite a accueilli la 116e réunion du Conseil, dont l'un des aboutissements a été l'Appel à l'action de Djeddah. Celui-ci a reconnu le besoin pressant d’améliorer la gouvernance du secteur du tourisme, en mettant l’accent sur les investissements ciblés, la promotion durabilité, l’accroissement de la résistance, ainsi que l’amélioration de la formation et de l’éducation.

Reflétant les thèmes principaux de la conférence, à savoir «Les peuples, la planète et la prospérité», les événements de la première journée se sont concentrés sur des sujets tels que la durabilité, la lutte contre le changement climatique à travers des pratiques touristiques responsables, le rapprochement interculturel et de l'autonomisation des jeunes.

La table ronde intitulée «Le pouvoir du tourisme: établir des ponts», a réuni un groupe d'experts de renom, à savoir Julia Simpson, PDG du World Travel and Tourism Council; Nika Gilauri, PDG de Reformatics; Niall Gibbons, responsable du tourisme à Neom; Leo Wang, PDG du Swiss Education Group; et Mehmet Nuri Ersoy, ministre turc de la Culture et du Tourisme.

«Les voyages et le tourisme sont un secteur d’une extrême importance à l'échelle mondiale», a affirmé Julia Simpson à Arab News. «Ils emploient une personne sur dix dans le monde, et sur chaque 10 dollars (1 dollar = 0,95 euro) gagnés, un dollar provient des voyages et du tourisme.»

«Il est particulièrement intéressant de noter que l'Arabie saoudite accueille la Journée mondiale du tourisme des Nations unies ici à Riyad. Cela revêt une importance particulière en raison de la décision du Royaume d'investir 800 milliards de dollars dans ce secteur, marquant ainsi une transformation significative de son économie», a-t-elle ajouté.

Julia Simpson, PDG du Travel and Tourism Council, a affirmé à Arab News que le secteur du voyage et du tourisme employait une personne sur dix dans le monde (Photo AN/Huda Bashatah).

Dans son discours d'ouverture mercredi, Ahmed al-Khateeb, ministre saoudien du Tourisme, a mis en relief la transformation rapide du secteur au cours des dernières décennies.

«En 1970, le tourisme et les voyages internationaux représentaient moins de 3% du PIB mondial. Aujourd'hui, après la pandémie, ils enregistrent une reprise significative et se rapprochent rapidement de la barre des 10%», a-t-il précisé.

«En tant qu’industrie, le nombre de voyageurs est passé de 180 millions au début des années 1970 à près de 1,5 milliard en 2019, ce qui représente une augmentation de près de 700 %.»

Alors que le secteur touristique de l’Arabie saoudite, comme celui d’autres pays, a souffert de la pandémie de Covid-19, il a connu une reprise rapide grâce à des investissements de plusieurs milliards de dollars qui devraient créer un million d’emplois au cours des dix prochaines années, et doubler le nombre de visiteurs étrangers d’ici 2032.

«L'Arabie saoudite est un grand producteur de pétrole et l'une des puissances déterminantes sur l'axe mondial», a indiqué Julia Simpson. «Mais les Saoudiens ont également décidé, en tant que pays relativement jeune, d’ouvrir leurs portes aux visiteurs du monde entier. Joignant le geste à la parole, ils ont des projets très intéressants qui sont actuellement en plein essor.»

Le tourisme est responsable d'environ 8% des émissions mondiales de carbone, en grande partie en raison des vols et d'autres moyens de transport, ainsi que de la forte consommation d'énergie du secteur hôtelier.

L'Arabie saoudite préside cette année le Conseil exécutif de l'OMT des Nations unies et abrite son siège au Moyen-Orient (Photo AN/Huda Bashatah).

Consciente de la nécessité de réduire les émissions de carbone et de promouvoir des pratiques durables favorables à l’environnement, l’Arabie saoudite apporte sa contribution pour protéger les habitats naturels et favoriser la biodiversité. À titre d’exemple, dans l’ancienne région désertique d’AlUla, les autorités plantent des arbres indigènes, protègent les espèces menacées et réintroduisent même des félins comme le léopard d’Arabie.

Parallèlement, sur la côte de la mer Rouge, le Royaume construit un centre scientifique pour étudier la santé des récifs coralliens du monde.

«L'environnement est d'une importance cruciale pour les voyages et le tourisme pour deux raisons», a précisé Julia Simpson à Arab News.

«Premièrement, les gens ne seront pas enclins à explorer le monde s’il n’y a pas une richesse de beautés naturelles à admirer et d'animaux à découvrir. Il est dans notre intérêt de protéger biodiversité naturelle qui nous entoure et d’en être les gardiens.

«Deuxièmement, nous devons être conscients des émissions de gaz à effet de serre résultant de nos voyages et du tourisme.»

Des recherches sont en cours dans le Royaume pour concevoir des avions plus légers et déterminer les itinéraires opérationnels les plus efficaces afin de promouvoir une utilisation plus efficiente du carburant, a ajouté Simpson.

Des recherches sont actuellement en cours en Arabie saoudite pour concevoir des avions plus légers et déterminer les itinéraires opérationnels les plus efficaces afin de favoriser une utilisation plus économe du carburant.

Au mois de juin de l'année dernière, l'Arabie saoudite a accueilli la 116e réunion du Conseil, dont l'un des aboutissements a été l'Appel à l'action de Djeddah qui a reconnu le besoin pressant d’améliorer la gouvernance du secteur du tourisme (Photo AN/Huda Bashatah).

Peter Bellew, directeur des opérations de la nouvelle compagnie aérienne Riyadh Air, a expliqué à Arab News comment leur approche en tant que nouvelle entreprise leur permet de commencer avec des pratiques particulièrement axées sur la durabilité, notamment en investissant dans l'innovant Boeing 787.

«Nous n’avons pas d’héritage sur lequel nous appuyer, ce qui signifie que nous pouvons véritablement tout construire à partir de zéro», a-t-il affirmé. «Le Boeing 787 est l'avion le plus économe en carburant jamais créé. Il dispose d’incroyables technologies en fibre de carbone et de moteurs très efficaces.»

«De plus, la manière dont nous avons formé notre équipage et la manière dont nous opérerons l'avion impliqueront l'adoption de toutes les méthodes disponibles pour économiser du carburant et réduire les émissions de carbone.»

«Nous allons nous concentrer sur le recyclage. Dans les aéroports où nous opérons, nous essaierons d’optimiser l’utilisation des équipements électroniques au sol. Nous testerons également des équipements terrestres alimentés à l’hydrogène.»

Peter Bellew, directeur des opérations de la nouvelle compagnie aérienne Riyadh Air, a expliqué à Arab News comment leur approche en tant que nouvelle entreprise leur permet de commencer avec des pratiques particulièrement axées sur la durabilité, notamment en investissant dans l'innovant Boeing 787 (Photo AN/Huda Bashatah).

Une autre séance de la conférence de mercredi, intitulée «Investir dans nos destinations: le potentiel des nouveaux lieux à découvrir», a mis en évidence la variété des nouvelles destinations à travers le Royaume et dans le monde.

Gines Martinez Cerdan, PDG du groupe Jumbo Tours, qui fait partie d'Alpitour World; Gregory Djerejian, responsable des investissements et des affaires juridiques du groupe Red Sea Global; Roula Jouny, PDG de Tourism 365; Rosa Ana Morillo Rodriguez, ministre espagnole de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme; et Doan Van Viet, vice-ministre vietnamien de la Culture, des Sports et du Tourisme, figuraient au nombre des intervenants.

Gregory Djerejian a affirmé que la côte ouest du Royaume connaissait un développement rapide, avec une série de nouveaux hôtels et complexes touristiques prévus pour ouvrir dès le mois de novembre de cette année. 

«Le premier hôtel que nous ouvrirons est le Six Senses, niché sur le plateau des dunes avec une aile importante consacrée au spa», a-t-il indiqué à Arab News.

«Nous prenons les réservations à partir du 1er novembre, et juste après, nous aurons le St. Regis et le Nujuma, un Ritz Carlton Reserve, sur les îles Ummahat.»

En 2024, Red Sea Global ouvrira également Desert Rock, un complexe hôtelier situé dans les spectaculaires paysages désertiques de la côte de la mer Rouge, conçu par Oppenheim Architecture.

Gregory Djerejian, responsable des investissements et des affaires juridiques de Red Sea Global, a indiqué que Red Sea Global formait activement de jeunes Saoudiens pour travailler dans le secteur, à travers diverses initiatives et partenariats avec un certain nombre d'institutions (Photo AN/Huda Bashatah).

Un autre moment fort de la journée d’ouverture a été la réunion portant sur l’importance de l’éducation dans le secteur hôtelier et l’autonomisation de la jeunesse saoudienne.

Gregory Djerejian a affirmé que Red Sea Global formait activement de jeunes Saoudiens pour travailler dans le secteur, à travers diverses initiatives et partenariats avec un certain nombre d'institutions.

«Nous considérons cela comme une partie importante de notre mission car c'est leur pays, c'est leur avenir», a-t-il confié.

Ahmed al-Khateeb, ministre saoudien du Tourisme, a annoncé l'inauguration de l'école de tourisme et d'hôtellerie de Riyad. C’est «un cadeau de l’Arabie saoudite au monde», a-t-il dit.

Les autorités du Royaume donnent la priorité à la création d’emplois pour les jeunes de moins de 34 ans, qui constituent la majorité de la population du pays. Le secteur du tourisme devrait contribuer de manière significative à l'ouverture de ces nouvelles opportunités d'emploi.

«Il y a eu un vaste changement dans ce secteur au cours des dernières années», a affirmé à Arab News Günter Gebhard, vice-président régional et directeur général du Four Seasons Hotel Riyadh.

«Depuis mon arrivée en Arabie saoudite en 2018, j'ai été témoin de transformations spectaculaires dans le secteur, ainsi qu'en ce qui concerne l'emploi des citoyens saoudiens. Il est remarquable de constater qu'il y a seulement quatre ou cinq ans, l'hôtellerie et le tourisme n'étaient pas encore considérés comme des secteurs majeurs pour l'emploi, mais ils se sont considérablement développés depuis pour devenir des choix de carrière ambitieux pour de nombreux jeunes Saoudiens.»

«Nous sommes également en train d'examiner des programmes de développement au sein de notre entreprise, notamment la création d'une académie visant à former et à encourager davantage de Saoudiens à travailler dans le secteur du tourisme, étant donné la forte demande dans cette industrie. Actuellement, huit projets sont déjà en cours.»

Guenter Gebhard, vice-président régional et directeur général du Four Seasons Hotel Riyadh a indiqué qu'ils étaient en train d'examiner des programmes de développement au sein de leur entreprise, visant à former et à encourager davantage de Saoudiens à travailler dans le secteur du tourisme (Photo AN/Huda Bashatah).

L’ambition à long terme est de créer des postes de direction dans le secteur auxquels les jeunes du Royaume pourront un jour ou l’autre répondre.

«Nous essayons de trouver des moyens de cultiver cette dynamique d'engagement positif afin d'attirer des personnes instruites dans ce secteur et en faire les futurs dirigeants», a précisé Guenter Gebhard.

«J'ai hâte de désigner le directeur général saoudien du Four Seasons dans les toutes prochaines années.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.


L'Iran vise les infrastructures pétrolières du Golfe et fait à nouveau flamber les cours

L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
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  • Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché
  • Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement

TEHERAN: L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques.

Ce conflit qui a débuté le 28 février avec des attaques américano-israéliennes contre l'Iran a pris une échelle régionale et menace l'approvisionnement en pétrole de l'économie mondiale, le trafic étant paralysé dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique.

Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché.

Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a précisé que 172 millions de barils allaient être libérés "à partir de la semaine prochaine".

Mais au treizième jour du conflit, les dégâts dans les infrastructures pétrolières s'étendent. Bahreïn a dénoncé une attaque iranienne contre des réservoirs d'hydrocarbures, appelant les habitants à rester chez eux en raison des fumées provoquées par l'installation en feu.

A Oman, des réservoirs de carburant du port de Salalah étaient aussi en feu la veille après une attaque de drone, selon une vidéo publiée par l'AFP, tandis que l'Arabie saoudite a rapporté une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah, dans l'est du pays, déjà visé à plusieurs reprises ces derniers jours

Boules de feu 

Une attaque jeudi contre deux pétroliers dans le Golfe au large de l'Irak, dont l'origine est encore inconnue, a fait au moins un mort, tandis les sauveteurs recherchent plusieurs disparus, selon l'autorité portuaire.

La télévision étatique irakienne a diffusé des images d'un navire en mer d'où s'élèvent d'impressionnantes boules de feu et des volutes de fumée.

Un porte-conteneurs a été à nouveau touché jeudi par un "projectile inconnu" au large des Emirats arabes unis, provoquant un "petit incendie" à bord, selon l'agence maritime britannique (UKMTO), après au moins trois bateaux touchés la veille.

Donald Trump a promis qu'une "grande sécurité" régnerait bientôt dans ce goulot d'étranglement qui voit d'ordinaire passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Il a aussi assuré que "28 navires poseurs de mines" avaient été frappés, une crainte majeure de la communauté internationale étant de voir le détroit miné.

Signaux contradictoires 

"L'Iran est "proche de la défaite", a estimé le président américain mercredi soir, à la fin d'une journée de signaux contradictoires sur ses intentions.

Il a d'abord répété que la guerre allait se terminer "bientôt", jugé qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran et que l'"excursion" militaire américaine était "très en avance" sur le calendrier prévu.

La première semaine de guerre a coûté aux Etats-Unis plus de 11 milliards de dollars, rapporte le New York Times en s'appuyant sur des sources parlementaires.

L'allié israélien de Washington, qui ne s'est fixé "aucune limite dans le temps", assure disposer encore d'un "vaste réservoir de cibles".

En face, les Gardiens de la Révolution iraniens se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en pilonnant les intérêts occidentaux.

Ali Fadavi, un représentant de cette armée idéologique, a brandi la menace d'une "guerre d'usure" à même de "détruire l'économie américaine entière" et "l'économie mondiale".

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, tandis que l'agence iranienne Tasnim a cité les géants américains de la tech comme de "futures cibles" de Téhéran, parmi lesquels Amazon, Google, Microsoft, IBM Oracle ou encore Nvidia.

Le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï après des menaces.

Les ports pourraient devenir une cible dans le conflit: l'armée américaine a appelé mercredi les civils iraniens à s'éloigner de ceux dans la région du détroit d'Ormuz, car s'ils sont "utilisés à des fins militaires, (ils) perdent leur statut protégé".

L'armée iranienne a répliqué qu'en cas d'attaque, "tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes".

Frappes conjointes 

Israël poursuit ses attaques au Liban visant le Hezbollah pro-iranien. De lourdes frappes ont touché mercredi soir le sud de Beyrouth, selon des journalistes de l'AFP.

Les autorités libanaises, qui ont recensé plus de 800.000 déplacés, ont fait état jeudi matin d'au moins sept morts supplémentaires dans la capitale.

L'armée israélienne a également lancé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" sur Téhéran après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération "conjointe" avec le Hezbollah contre une cinquantaine de cibles sur son territoire, décrite comme "un feu continu pendant cinq heures" de missiles et de drones.

Le Hezbollah dit avoir tiré des missiles vers une base des renseignements militaires israéliens.

Le président français Emmanuel Macron a appelé sur X Israël à "renoncer à une offensive terrestre" au Liban.

A Téhéran, la vie s'organise malgré les bombardements.

"Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié Mahvash, un habitant de 70 ans.

Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, désigné dimanche pour succéder à son père tué au premier jour de la guerre, n'est toujours pas apparu publiquement.