Journée mondiale du tourisme à Riyad: Durabilité, autonomisation des jeunes et nouvelles destinations au menu

Des ministres, des dirigeants de compagnies aériennes et des responsables du secteur hôtelier ont participé aux débats, le premier jour de la conférence de la Journée mondiale du tourisme 2023, à Riyad (Photo AN/Huda Bashatah).
Des ministres, des dirigeants de compagnies aériennes et des responsables du secteur hôtelier ont participé aux débats, le premier jour de la conférence de la Journée mondiale du tourisme 2023, à Riyad (Photo AN/Huda Bashatah).
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Publié le Vendredi 29 septembre 2023

Journée mondiale du tourisme à Riyad: Durabilité, autonomisation des jeunes et nouvelles destinations au menu

  • Sous le thème «Peuples, planète et prospérité», la journée d'ouverture s’est penchée sur le tourisme responsable et la création d'emplois
  • Quelque 500 responsables gouvernementaux, dirigeants du secteur et représentants de la presse et des Nations unies de 120 pays participent à cet événement

RIYAD: La capitale de l'Arabie saoudite a accueilli mercredi des dirigeants, des experts et des investisseurs du secteur mondial du tourisme, le jour de l'ouverture d'une conférence consacrée à la Journée mondiale du tourisme, qui a été créée par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) en 1980 et qui est célébrée le 27 septembre de chaque année.

Cet événement spécial, visant à reconnaître le pouvoir du tourisme dans le rapprochement de diverses cultures, a attiré plus de 500 responsables gouvernementaux, dirigeants du secteur, délégués de l'ONU, ainsi que journalistes étrangers et régionaux de 120 pays.

La première journée de cet événement, qui s’étend sur deux jours, a comporté des tables rondes, des séances de réseautage et des communications axées sur les thèmes principaux de la durabilité, des répercussions environnementales, de l'éducation et de la création d'emplois.

Cela survient à un moment particulièrement excitant pour le tourisme en Arabie saoudite, en conjonction avec le développement de nouvelles destinations à travers le Royaume, grâce aux investissements conjoints des secteurs public et privé dans ce domaine, ainsi qu'à la mise en place en septembre 2019 du système de visa électronique flexible pour les visiteurs.

«En moins de cinq ans, le Royaume est passé d'une destination inconnue à une destination incontournable, et je suis convaincu que les pays du monde entier s'inspireront de cet exemple et le suivront eux-mêmes», a déclaré aux délégués Zurab Pololikashvili, secrétaire général de l'OMT des Nations unies, lors de la cérémonie d'ouverture.

«C’est un pays qui regarde toujours vers l’avenir, et qui voit grand. Le Royaume est également un grand investisseur dans le tourisme. Notre dernier rapport sur les investissements touristiques, en collaboration avec le Financial Times, a montré que l'Arabie saoudite était actuellement le deuxième plus important pays en termes de projets d'investissement direct étranger dans l’ensemble du Moyen-Orient et de l’Afrique. Je suis fier de dire que nous comptons sur le soutien de l’Arabie saoudite.»

La première journée de cet événement, qui s’étend sur deux jours, a comporté des tables rondes, des séances de réseautage et des communications axées sur les thèmes principaux de la durabilité, des répercussions environnementales, de l'éducation et de la création d'emplois (Photo AN/Huda Bashatah).

Le Royaume préside cette année le Conseil exécutif de l'OMT et abrite son siège au Moyen-Orient. Au mois de juin de l'année dernière, l'Arabie saoudite a accueilli la 116e réunion du Conseil, dont l'un des aboutissements a été l'Appel à l'action de Djeddah. Celui-ci a reconnu le besoin pressant d’améliorer la gouvernance du secteur du tourisme, en mettant l’accent sur les investissements ciblés, la promotion durabilité, l’accroissement de la résistance, ainsi que l’amélioration de la formation et de l’éducation.

Reflétant les thèmes principaux de la conférence, à savoir «Les peuples, la planète et la prospérité», les événements de la première journée se sont concentrés sur des sujets tels que la durabilité, la lutte contre le changement climatique à travers des pratiques touristiques responsables, le rapprochement interculturel et de l'autonomisation des jeunes.

La table ronde intitulée «Le pouvoir du tourisme: établir des ponts», a réuni un groupe d'experts de renom, à savoir Julia Simpson, PDG du World Travel and Tourism Council; Nika Gilauri, PDG de Reformatics; Niall Gibbons, responsable du tourisme à Neom; Leo Wang, PDG du Swiss Education Group; et Mehmet Nuri Ersoy, ministre turc de la Culture et du Tourisme.

«Les voyages et le tourisme sont un secteur d’une extrême importance à l'échelle mondiale», a affirmé Julia Simpson à Arab News. «Ils emploient une personne sur dix dans le monde, et sur chaque 10 dollars (1 dollar = 0,95 euro) gagnés, un dollar provient des voyages et du tourisme.»

«Il est particulièrement intéressant de noter que l'Arabie saoudite accueille la Journée mondiale du tourisme des Nations unies ici à Riyad. Cela revêt une importance particulière en raison de la décision du Royaume d'investir 800 milliards de dollars dans ce secteur, marquant ainsi une transformation significative de son économie», a-t-elle ajouté.

Julia Simpson, PDG du Travel and Tourism Council, a affirmé à Arab News que le secteur du voyage et du tourisme employait une personne sur dix dans le monde (Photo AN/Huda Bashatah).

Dans son discours d'ouverture mercredi, Ahmed al-Khateeb, ministre saoudien du Tourisme, a mis en relief la transformation rapide du secteur au cours des dernières décennies.

«En 1970, le tourisme et les voyages internationaux représentaient moins de 3% du PIB mondial. Aujourd'hui, après la pandémie, ils enregistrent une reprise significative et se rapprochent rapidement de la barre des 10%», a-t-il précisé.

«En tant qu’industrie, le nombre de voyageurs est passé de 180 millions au début des années 1970 à près de 1,5 milliard en 2019, ce qui représente une augmentation de près de 700 %.»

Alors que le secteur touristique de l’Arabie saoudite, comme celui d’autres pays, a souffert de la pandémie de Covid-19, il a connu une reprise rapide grâce à des investissements de plusieurs milliards de dollars qui devraient créer un million d’emplois au cours des dix prochaines années, et doubler le nombre de visiteurs étrangers d’ici 2032.

«L'Arabie saoudite est un grand producteur de pétrole et l'une des puissances déterminantes sur l'axe mondial», a indiqué Julia Simpson. «Mais les Saoudiens ont également décidé, en tant que pays relativement jeune, d’ouvrir leurs portes aux visiteurs du monde entier. Joignant le geste à la parole, ils ont des projets très intéressants qui sont actuellement en plein essor.»

Le tourisme est responsable d'environ 8% des émissions mondiales de carbone, en grande partie en raison des vols et d'autres moyens de transport, ainsi que de la forte consommation d'énergie du secteur hôtelier.

L'Arabie saoudite préside cette année le Conseil exécutif de l'OMT des Nations unies et abrite son siège au Moyen-Orient (Photo AN/Huda Bashatah).

Consciente de la nécessité de réduire les émissions de carbone et de promouvoir des pratiques durables favorables à l’environnement, l’Arabie saoudite apporte sa contribution pour protéger les habitats naturels et favoriser la biodiversité. À titre d’exemple, dans l’ancienne région désertique d’AlUla, les autorités plantent des arbres indigènes, protègent les espèces menacées et réintroduisent même des félins comme le léopard d’Arabie.

Parallèlement, sur la côte de la mer Rouge, le Royaume construit un centre scientifique pour étudier la santé des récifs coralliens du monde.

«L'environnement est d'une importance cruciale pour les voyages et le tourisme pour deux raisons», a précisé Julia Simpson à Arab News.

«Premièrement, les gens ne seront pas enclins à explorer le monde s’il n’y a pas une richesse de beautés naturelles à admirer et d'animaux à découvrir. Il est dans notre intérêt de protéger biodiversité naturelle qui nous entoure et d’en être les gardiens.

«Deuxièmement, nous devons être conscients des émissions de gaz à effet de serre résultant de nos voyages et du tourisme.»

Des recherches sont en cours dans le Royaume pour concevoir des avions plus légers et déterminer les itinéraires opérationnels les plus efficaces afin de promouvoir une utilisation plus efficiente du carburant, a ajouté Simpson.

Des recherches sont actuellement en cours en Arabie saoudite pour concevoir des avions plus légers et déterminer les itinéraires opérationnels les plus efficaces afin de favoriser une utilisation plus économe du carburant.

Au mois de juin de l'année dernière, l'Arabie saoudite a accueilli la 116e réunion du Conseil, dont l'un des aboutissements a été l'Appel à l'action de Djeddah qui a reconnu le besoin pressant d’améliorer la gouvernance du secteur du tourisme (Photo AN/Huda Bashatah).

Peter Bellew, directeur des opérations de la nouvelle compagnie aérienne Riyadh Air, a expliqué à Arab News comment leur approche en tant que nouvelle entreprise leur permet de commencer avec des pratiques particulièrement axées sur la durabilité, notamment en investissant dans l'innovant Boeing 787.

«Nous n’avons pas d’héritage sur lequel nous appuyer, ce qui signifie que nous pouvons véritablement tout construire à partir de zéro», a-t-il affirmé. «Le Boeing 787 est l'avion le plus économe en carburant jamais créé. Il dispose d’incroyables technologies en fibre de carbone et de moteurs très efficaces.»

«De plus, la manière dont nous avons formé notre équipage et la manière dont nous opérerons l'avion impliqueront l'adoption de toutes les méthodes disponibles pour économiser du carburant et réduire les émissions de carbone.»

«Nous allons nous concentrer sur le recyclage. Dans les aéroports où nous opérons, nous essaierons d’optimiser l’utilisation des équipements électroniques au sol. Nous testerons également des équipements terrestres alimentés à l’hydrogène.»

Peter Bellew, directeur des opérations de la nouvelle compagnie aérienne Riyadh Air, a expliqué à Arab News comment leur approche en tant que nouvelle entreprise leur permet de commencer avec des pratiques particulièrement axées sur la durabilité, notamment en investissant dans l'innovant Boeing 787 (Photo AN/Huda Bashatah).

Une autre séance de la conférence de mercredi, intitulée «Investir dans nos destinations: le potentiel des nouveaux lieux à découvrir», a mis en évidence la variété des nouvelles destinations à travers le Royaume et dans le monde.

Gines Martinez Cerdan, PDG du groupe Jumbo Tours, qui fait partie d'Alpitour World; Gregory Djerejian, responsable des investissements et des affaires juridiques du groupe Red Sea Global; Roula Jouny, PDG de Tourism 365; Rosa Ana Morillo Rodriguez, ministre espagnole de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme; et Doan Van Viet, vice-ministre vietnamien de la Culture, des Sports et du Tourisme, figuraient au nombre des intervenants.

Gregory Djerejian a affirmé que la côte ouest du Royaume connaissait un développement rapide, avec une série de nouveaux hôtels et complexes touristiques prévus pour ouvrir dès le mois de novembre de cette année. 

«Le premier hôtel que nous ouvrirons est le Six Senses, niché sur le plateau des dunes avec une aile importante consacrée au spa», a-t-il indiqué à Arab News.

«Nous prenons les réservations à partir du 1er novembre, et juste après, nous aurons le St. Regis et le Nujuma, un Ritz Carlton Reserve, sur les îles Ummahat.»

En 2024, Red Sea Global ouvrira également Desert Rock, un complexe hôtelier situé dans les spectaculaires paysages désertiques de la côte de la mer Rouge, conçu par Oppenheim Architecture.

Gregory Djerejian, responsable des investissements et des affaires juridiques de Red Sea Global, a indiqué que Red Sea Global formait activement de jeunes Saoudiens pour travailler dans le secteur, à travers diverses initiatives et partenariats avec un certain nombre d'institutions (Photo AN/Huda Bashatah).

Un autre moment fort de la journée d’ouverture a été la réunion portant sur l’importance de l’éducation dans le secteur hôtelier et l’autonomisation de la jeunesse saoudienne.

Gregory Djerejian a affirmé que Red Sea Global formait activement de jeunes Saoudiens pour travailler dans le secteur, à travers diverses initiatives et partenariats avec un certain nombre d'institutions.

«Nous considérons cela comme une partie importante de notre mission car c'est leur pays, c'est leur avenir», a-t-il confié.

Ahmed al-Khateeb, ministre saoudien du Tourisme, a annoncé l'inauguration de l'école de tourisme et d'hôtellerie de Riyad. C’est «un cadeau de l’Arabie saoudite au monde», a-t-il dit.

Les autorités du Royaume donnent la priorité à la création d’emplois pour les jeunes de moins de 34 ans, qui constituent la majorité de la population du pays. Le secteur du tourisme devrait contribuer de manière significative à l'ouverture de ces nouvelles opportunités d'emploi.

«Il y a eu un vaste changement dans ce secteur au cours des dernières années», a affirmé à Arab News Günter Gebhard, vice-président régional et directeur général du Four Seasons Hotel Riyadh.

«Depuis mon arrivée en Arabie saoudite en 2018, j'ai été témoin de transformations spectaculaires dans le secteur, ainsi qu'en ce qui concerne l'emploi des citoyens saoudiens. Il est remarquable de constater qu'il y a seulement quatre ou cinq ans, l'hôtellerie et le tourisme n'étaient pas encore considérés comme des secteurs majeurs pour l'emploi, mais ils se sont considérablement développés depuis pour devenir des choix de carrière ambitieux pour de nombreux jeunes Saoudiens.»

«Nous sommes également en train d'examiner des programmes de développement au sein de notre entreprise, notamment la création d'une académie visant à former et à encourager davantage de Saoudiens à travailler dans le secteur du tourisme, étant donné la forte demande dans cette industrie. Actuellement, huit projets sont déjà en cours.»

Guenter Gebhard, vice-président régional et directeur général du Four Seasons Hotel Riyadh a indiqué qu'ils étaient en train d'examiner des programmes de développement au sein de leur entreprise, visant à former et à encourager davantage de Saoudiens à travailler dans le secteur du tourisme (Photo AN/Huda Bashatah).

L’ambition à long terme est de créer des postes de direction dans le secteur auxquels les jeunes du Royaume pourront un jour ou l’autre répondre.

«Nous essayons de trouver des moyens de cultiver cette dynamique d'engagement positif afin d'attirer des personnes instruites dans ce secteur et en faire les futurs dirigeants», a précisé Guenter Gebhard.

«J'ai hâte de désigner le directeur général saoudien du Four Seasons dans les toutes prochaines années.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.


Pétrole en repli, bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".