Une mission de l'ONU au Nagorny Karabakh, pour la première fois en 30 ans

Des réfugiés arméniens du Haut-Karabakh sont vus dans le centre de la ville de Goris le 30 septembre 2023 avant d'être évacués dans diverses villes arméniennes. (Photo Diego Herrera Carcedo AFP)
Des réfugiés arméniens du Haut-Karabakh sont vus dans le centre de la ville de Goris le 30 septembre 2023 avant d'être évacués dans diverses villes arméniennes. (Photo Diego Herrera Carcedo AFP)
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Publié le Dimanche 01 octobre 2023

Une mission de l'ONU au Nagorny Karabakh, pour la première fois en 30 ans

  • Un porte-parole de la présidence azerbaïdjanaise a indiqué que la mission de l'ONU était arrivée «dimanche matin» avec pour tâche principale d'évaluer les besoins humanitaires sur place
  • L'enclave du Nagorny Karabakh a été presque entièrement désertée par ses habitants, avec plus de 100.000 réfugiés sur les 120.000 habitants y vivant officiellement ayant fui en Arménie par crainte de représailles de l'Azerbaïdjan

BAKOU, Azerbaïdjan : Une mission de l'ONU est arrivée dimanche au Nagorny Karabakh, pour la première fois en trois décennies, a annoncé l'Azerbaïdjan au moment où la majorité de la population arménienne locale a quitté l'enclave après sa reprise par Bakou.

Un porte-parole de la présidence azerbaïdjanaise a indiqué à l'AFP que la mission de l'ONU était arrivée «dimanche matin» avec pour tâche principale d'évaluer les besoins humanitaires sur place.

Plus tôt, l'ONU avait annoncé avoir reçu le feu vert pour l'envoi ce week-end d'une mission dans le territoire. Samedi, la France avait déploré que l'Azerbaïdjan n'ait consenti à cette mission qu'après l'exode massif d'Arméniens.

Les séparatistes arméniens, qui ont contrôlé le Nagorny Karabakh pendant trois décennies, ont capitulé et accepté de déposer les armes la semaine dernière, après une offensive éclair de l'Azerbaïdjan.

Au total, près de 600 morts sont à déplorer dans le sillage de cette offensive. Les combats eux-mêmes ont tué environ 200 soldats dans chaque camp.

Depuis, l'enclave a été presque entièrement désertée par ses habitants, avec plus de 100.000 réfugiés -- sur les 120.000 habitants y vivant officiellement -- ayant fui en Arménie par crainte de représailles de l'Azerbaïdjan.

«Il reste quelques centaines de fonctionnaires, d'urgentistes et de personnes ayant des besoins spéciaux, qui se préparent également à partir», a écrit sur X (ex-Twitter) l'ancien médiateur des droits du Nagorny Karabakh, Artak Beglarian.

Dans leur fuite sur l'unique route montagneuse reliant le territoire à l'Arménie, au moins 170 personnes ont par ailleurs péri dans l'explosion lundi d'un dépôt de carburant, qui a aussi fait 349 blessés, la plupart souffrant de graves brûlures.

Plus de 45.516 personnes se trouvent actuellement dans des hébergements fournis par l'Etat, selon le gouvernement arménien.

- Jour de prière -

L'Arménie, à majorité chrétienne et confrontée à un afflux massif de réfugiés faisant craindre une grave crise humanitaire, a pour sa part célébré dimanche un jour de prière pour le Nagorny Karabakh.

Les cloches des églises ont résonné dans le pays et le chef de l'Eglise, Garéguine II, a célébré une messe dans la principale cathédrale arménienne près d'Erevan.

Le flux chaotique a ravivé les accusations d'un «nettoyage ethnique» et Erevan a lancé un nouvel appel à la Cour internationale de justice (CIJ), réclamant des mesures urgentes pour protéger les habitants de l'enclave.

L'Azerbaïdjan réfute toute accusation de «nettoyage ethnique» et assure aux habitants de l'enclave qu'ils sont libres de partir ou de rester, a indiqué samedi à l'AFP Hikmet Hajiyev, un conseiller du président azerbaïdjanais.

M. Hajiyev a affirmé qu'un programme de «réintégration» est élaboré pour ceux qui souhaiteraient rester et que l'armée azerbaïdjanaise n'est «pas entrée» dans Stepanakert, la «capitale» de l'enclave séparatiste toujours inaccessible à la presse.

«Nous nous abstenons délibérément de mettre des drapeaux azerbaïdjanais, nous savons qu'il reste des civils et nous connaissons leurs craintes», a déclaré Hikmet Hajiyev.

Des forces de sécurité azerbaïdjanaises sont déployées au Nagorny Karabakh pour protéger certains sites, notamment religieux, selon Bakou, et des négociations entre officiels azerbaïdjanais et responsables de l'enclave sont prévues lundi à Stepanakert.

Des négociations entre le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian sont également prévues jeudi prochain à Grenade en Espagne.

L'enclave séparatiste a décrété jeudi la dissolution spectaculaire de ses institutions au 1er janvier 2024, une annonce historique signant la fin de l'existence de la république autoproclamée du Nagorny Karabakh.

Les peurs des réfugiés sont nourries, selon Erevan, par une série d'«arrestations illégales», bien que les autorités azerbaïdjanaises se soient engagées à permettre de partir aux rebelles qui rendraient leurs armes.

Plusieurs responsables de l'enclave ont été placés en détention, accusés de «terrorisme» et d'autres crimes, à l'image de l'ancien responsable des affaires étrangères David Babaïan, arrêté vendredi.

Alors que l'accueil des réfugiés s'organise difficilement, les opposants à M. Pachinian, accusé de passivité et lâché par Moscou, ont donné à nouveau de la voix samedi dans la rue.

Erevan rejette la faute sur la Russie, son alliée traditionnelle censé garantir depuis 2020 le plein respect du cessez-le-feu et qui n'est pas intervenue.

L'enclave séparatiste du Nagorny Karabakh, soutenue militairement et économiquement par Erevan, s'est opposée pendant plus de trois décennies à Bakou, notamment lors de deux guerres entre 1988 et 1994 et à l'automne 2020.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.