Le recours systématique à la torture en Egypte, un «crime contre l'humanité»

Des manifestants brandissent des photos du militant anglo-égyptien emprisonné Alaa Abdel Fattah lors d'une manifestation devant le ministère des Affaires étrangères à Londres le 3 juillet 2023 (Photo, AFP).
Des manifestants brandissent des photos du militant anglo-égyptien emprisonné Alaa Abdel Fattah lors d'une manifestation devant le ministère des Affaires étrangères à Londres le 3 juillet 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 02 octobre 2023

Le recours systématique à la torture en Egypte, un «crime contre l'humanité»

  • Dans leur rapport, les ONG recensent des «passages à tabac, décharges électriques, violences sexuelles et déni de soins et de visites familiales»
  • Les opposants égyptiens se disent victimes de torture en détention depuis la présidence de Gamal Abdel Nasser, arrivé au pouvoir en 1952

LONDRES: Six ONG internationales et égyptiennes des droits humains ont appelé lundi l'ONU à examiner "le recours systématique à la torture" par l'Egypte, qualifiant cette pratique de "crime contre l'humanité".

La coalition d'ONG, dont la britannique Redress et l'égyptienne EIPR, a dénoncé dans un rapport lundi "le recours massif et systématique à la torture par les autorités", qui, selon elle, "constitue un crime contre l'humanité au regard du droit international". Le rapport a été soumis au Comité contre la torture (CAT) de l'ONU.

Le CAT doit examiner, les 14 et 15 novembre, le respect de l'Egypte de la Convention contre la torture, dont elle est signataire. Le Caire dément régulièrement les allégations de torture en détention.

Dans leur rapport, les ONG recensent des "passages à tabac, décharges électriques, violences sexuelles et déni de soins et de visites familiales".

Elles dénoncent également "une politique d'Etat permise par les lois d'exception, les lois anti-terroristes et une immunité" garantie à l'appareil sécuritaire du pays le plus peuplé du monde arabe.

Élections à venir

La coalition pointe en outre "une répression brutale de la société civile" dans ce pays qui compte des milliers de détenus d'opinion et où l'opposition a été réduite comme une peau de chagrin en dix années de pouvoir d'Abdel Fattah al-Sissi.

Les opposants égyptiens se disent victimes de torture en détention depuis la présidence de Gamal Abdel Nasser, arrivé au pouvoir en 1952.

Ces dernières années, Washington a gelé une petite partie de son aide militaire à l'Egypte, d'une valeur de plus d'un milliard de dollars, en raison du non-respect des droits humains. Cette année, seuls 85 millions de dollars étaient censés être retenus.

Le nouveau président de l'influente commission des Affaires étrangères du Sénat américain a promis samedi de bloquer l'aide à l'Egypte, après que son prédécesseur a été accusé d'avoir favorisé le gouvernement égyptien dans des ventes d'armes, d'après la coalition d'ONG.

Ces derniers mois, Le Caire a amnistié ou libéré un millier de prisonniers, une tentative, selon les observateurs, de redorer l'image de M. Sissi avant la présidentielle de décembre.

Des ONG affirment que près de trois fois plus de personnes ont été arrêtées au cours de la même période.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.