Niger: médiation algérienne en vue, Bazoum va porter plainte à Niamey

Une photo prise le 16 juillet 2015 montre le ministère algérien des Affaires étrangères à Alger, la capitale. (PHOTO AFP / FAROUK BATICHE)
Une photo prise le 16 juillet 2015 montre le ministère algérien des Affaires étrangères à Alger, la capitale. (PHOTO AFP / FAROUK BATICHE)
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Publié le Lundi 02 octobre 2023

Niger: médiation algérienne en vue, Bazoum va porter plainte à Niamey

  • Le président algérien a chargé le chef de la diplomatie, Ahmed Attaf, «de se rendre à Niamey dans les plus brefs délais pour y entamer des discussions (...) avec toutes les parties prenantes»
  • Alger avait proposé fin août des discussions politiques «pendant six mois au maximum (...) avec la participation e

ALGER: Le Niger a accepté une proposition de médiation de l'Algérie en vue d'une solution politique à la crise, après le coup d'Etat du 26 juillet quand des militaires ont renversé le président Mohamed Bazoum qui va porter plainte à Niamey contre les auteurs du putsch.

"Le gouvernement algérien a reçu par le canal du ministère nigérien des Affaires étrangères une acceptation de la médiation algérienne visant à promouvoir une solution politique à la crise du Niger", a indiqué lundi le ministère algérien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a chargé le chef de la diplomatie, Ahmed Attaf, "de se rendre à Niamey dans les plus brefs délais pour y entamer des discussions (...) avec toutes les parties prenantes", selon la même source.

Le régime militaire à Niamey n'avait pas réagi à ces informations, lundi après-midi.

Alger, influent voisin du Niger, avait proposé fin août des discussions politiques "pendant six mois au maximum" sous la tutelle d'une "autorité civile dirigée par une personnalité consensuelle et acceptée par tous les bords de la classe politique", afin de conduire au "rétablissement de l'ordre constitutionnel dans le pays".

Le 19 août, le nouvel homme fort du pays, le général Abdourahamane Tiani, avait indiqué vouloir une transition de trois ans maximum. Et samedi soir, dans une interview à la télévision nationale, il a affirmé que le régime n'avait "pas le droit de passer cinq ans au pouvoir".

Alger a estimé lundi que "l'acceptation de l'initiative algérienne conforte l'option de la solution politique à cette crise".

Plainte de Mohamed Bazoum

Le Niger est gouverné par un régime militaire arrivé au pouvoir après un coup d'Etat le 26 juillet, qui a renversé le président élu, Mohamed Bazoum.

Depuis ce putsch, le chef d'Etat déchu est séquestré dans sa résidence présidentielle avec sa femme et son fils.

Lundi, des avocats de Mohamed Bazoum ont annoncé le dépôt d'une plainte à Niamey contre les auteurs du coup d'Etat.

Cette plainte, avec constitution de partie civile, consultée lundi par l'AFP, vise le général Tiani et "tous autres", pour "attentat et complot contre l'autorité de l'Etat, crimes et délits commis par les fonctionnaires et arrestations et séquestrations arbitraires".

La plainte, au nom de M. Bazoum, son épouse et deux de leurs enfants, devrait être déposée "dans les prochains jours", auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Niamey, selon l'un des avocats interrogé par l'AFP, Dominique Inchauspé.

M. Bazoum a également saisi le groupe de travail sur la détention arbitraire et le comité des droits de l'Homme, deux organismes du conseil des droits de l'Homme de l'ONU, ont indiqué ces avocats.

Le 18 septembre, il avait saisi la Cour de justice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) dénonçant notamment son "arrestation arbitraire".

Lundi, un collectif international d'avocats, comprenant notamment l'avocat américain spécialisé dans les droits humains Reed Brody, l'ancien bâtonnier du Niger Moussa Coulibaly et Mohamed Seydou Diagne du barreau de Dakar, a appelé à "la libération immédiate" de M. Bazoum.

Le président déchu et sa famille "n'ont jamais été présentés à un magistrat et n'ont pas été informés de l'existence d'une quelconque procédure à leur encontre", a déclaré le collectif dans un communiqué.

Mi-août, les auteurs du putsch avaient de leur côté annoncé leur intention de poursuivre Mohamed Bazoum pour "haute trahison" et "atteinte à la sûreté" du pays.

Depuis le coup d'Etat, la Cedeao menace le Niger d'une intervention armée pour rétablir l'ordre constitutionnel mais le président algérien Tebboune avait fait savoir dès le 6 août qu'il refusait "catégoriquement toute intervention militaire" extérieure au Niger qui représenterait, selon lui, "une menace directe pour l'Algérie".

Le régime militaire nigérien entretient également des relations très tendues avec la France depuis le coup d'Etat.

Le 24 septembre, le président français, Emmanuel Macron qui refuse de reconnaître la légitimité du régime, avait annoncé le retrait du Niger des 1 500 soldats français d'ici la fin de l'année tandis que l'ambassadeur Sylvain Itté a quitté Niamey mercredi, deux exigences des militaires au pouvoir.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"