La Turquie mène de nouvelles frappes en Irak et menace le Nord syrien de représailles

Le ministère turc de la Défense a partagé mercredi sur X (ex-Twitter) une vidéo de frappes menées mardi soir sur des cibles qui appartiendraient au PKK dans le nord de l'Irak (Photo d'illustration, AFP).
Le ministère turc de la Défense a partagé mercredi sur X (ex-Twitter) une vidéo de frappes menées mardi soir sur des cibles qui appartiendraient au PKK dans le nord de l'Irak (Photo d'illustration, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 05 octobre 2023

La Turquie mène de nouvelles frappes en Irak et menace le Nord syrien de représailles

  • «Vingt-deux cibles, composées de cavernes, d'abris et de dépôts, considérées comme étant utilisés par l'organisation terroriste ont été détruites»
  • L'armée turque dit avoir visé depuis dimanche les positions de combattants kurdes turcs du PKK dans le nord de l'Irak, où ils disposent de bases arrière

ISTANBUL: La Turquie a annoncé mercredi soir avoir mené de nouvelles frappes aériennes contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak, pour la troisième fois depuis l'attentat d'Ankara où deux policiers ont été blessés dimanche, après avoir menacé plus tôt dans la journée de représailles les combattants kurdes présents dans le Nord syrien.

"Vingt-deux cibles, composées de cavernes, d'abris et de dépôts, considérées comme étant utilisés par l'organisation terroriste ont été détruites", lors de frappes aériennes mercredi soir, a annoncé le ministère turc de la Défense.

Les auteurs de l'attaque ayant blessé deux policiers dimanche à Ankara ont été formés en Syrie, avait affirmé plus tôt dans la journée le ministre turc des Affaires étrangères, menaçant de représailles les combattants kurdes présents dans le Nord syrien et dans le nord de l'Irak.

Une réunion sur la sécurité nationale ayant rassemblé les ministres de la Défense, des Affaires étrangères, de l'Intérieur, ainsi que le chef d'état-major de l'armée et le directeur des services de renseignement a par ailleurs eu lieu dans l'après-midi dans la capitale turque.

"Grâce au travail de nos forces de sécurité, il a été établi que les deux terroristes venaient de Syrie et avaient été formés là-bas", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan.

Le PKK, en lutte armée contre les autorités turques depuis 1984, a revendiqué l'attaque de dimanche contre le siège du ministère turc de l'Intérieur.

L'un de ses deux auteurs s'est fait exploser et l'autre a été abattu avant de pouvoir pénétrer dans l'enceinte du ministère.

"Dorénavant, toutes les infrastructures et les installations, notamment énergétiques, appartenant au PKK et aux YPG (Unités de protection du peuple kurde, NDLR) en Irak et en Syrie constituent des cibles légitimes pour nos forces de sécurité", a affirmé M. Fidan.

"Je conseille aux parties tierces de se tenir à distance des lieux et des personnes affiliés au PKK et aux YPG", a-t-il ajouté.

Le ministère turc de la Défense a par ailleurs partagé mercredi sur X (ex-Twitter) une vidéo de frappes menées mardi soir sur des cibles qui appartiendraient au PKK dans le nord de l'Irak.

Ankara qualifie les YPG - partenaires des Etats-Unis dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique - de "terroristes" et les considèrent comme une extension du PKK, classé organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.

L'armée turque dit avoir visé depuis dimanche les positions de combattants kurdes turcs du PKK dans le nord de l'Irak, où ils disposent de bases arrière.

Le ministre irakien de la Défense Thabet al-Abbassi sera en visite jeudi à Ankara pour y rencontrer son homologue turc Yasar Guler, selon l'agence étatique turque de presse Anadolu.

«Crime de guerre»

Les déclarations de M. Fidan pourraient être le signe d'une prochaine intensification des frappes de la Turquie en Syrie.

Un des organisateurs présumés de l'attentat qui a fait six morts en 2022 à Istanbul a été tué lors d'une opération menée par les services turcs de renseignement dans le nord de la Syrie, ont rapporté mercredi les médias turcs.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé au Royaume-Uni, a confirmé qu'un "responsable de renseignement" de l'administration autonome kurde du nord-est de la Syrie avait été tué mardi.

Le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS, une coalition soutenue par les Etats-Unis) Mazloum Abdi a démenti mercredi que les auteurs de l'attentat d'Ankara étaient venus de l'administration autonome kurde du nord de la Syrie.

"La Turquie cherche des prétextes pour légitimer ses attaques en cours contre notre région et lancer une nouvelle agression militaire", a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.

"La menace de cibler les infrastructures, les ressources économiques et les villes peuplées de la région est un crime de guerre, ce dont nous avons déjà été témoins", a-t-il ajouté.

Ankara mène régulièrement des attaques de drones en Syrie dans les zones contrôlées par l'administration autonome kurde.

Entre 2016 et 2019, la Turquie a effectué trois opérations d'envergure dans le nord de la Syrie contre les forces et les organisations kurdes.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq drones iraniens

L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque
  • Ils ont ciblé selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban"

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume, dans le cadre des frappes menées par la République islamique en riposte aux bombardements américains.

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque, ciblant selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban".

 

 

 


Liban: l'armée se déploie dans les « zones pilotes » du sud

Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux
  • Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans un village du sud du pays dont l'armée israélienne contrôlait les abords, en vertu d'un accord avec Israël sur les "zones pilotes" parrainé par Washington.

Cette mesure intervient alors que le président libanais doit rencontrer mardi Donald Trump à la Maison Blanche.

"Les unités militaires ont commencé ce matin à se déployer à Zawtar al-Gharbiya", une localité de la région de Nabatiyé, a annoncé un communiqué de l'armée.

Des médias libanais ont montré des véhicules de l'armée, l'un d'eux arborant le drapeau libanais, entrant dans la localité située à la lisière de la "zone de sécurité" établie par l'armée israélienne.

L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux.

Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Le département d'Etat américain avait annoncé lundi soir que l'armée libanaise avait commencé à assurer la sécurité de trois villages du sud, Zawtar Al-Gharbiya, Froun et Srifa.

Mais l'armée israélienne n'est pas présente dans ces deux dernières localités.

"C'est l'occasion pour l'Etat libanais de commencer à réaffirmer son contrôle de zones historiquement dominées par le Hezbollah", avait réagi un haut responsable de la diplomatie américaine.

L'armée israélienne a pour sa part déclaré qu'elle allait "adapter son dispositif dans l'une des zones pilotes afin de permettre aux Forces armées libanaises de remplir leur mission, tout en garantissant la sécurité des soldats de Tsahal et en préservant son droit à l'autodéfense et à la neutralisation des menaces".

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à l'accord avec Israël et refuse d'être désarmé.

Le groupe avait entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.


Les Houthis annoncent un blocus maritime de l'Arabie saoudite en plein affrontement irano-américain

Short Url
  • Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat"
  • Riyad a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume"

RIYAD: Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, menaçant la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d'Ormuz.

Intervenant au neuvième jour consécutif d'hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril, ces menaces "contre la liberté de navigation (...) risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande", s'est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une "désescalade immédiate".

Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat", avait plus tôt déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en oeuvre cette mesure.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères de la monarchie du Golfe a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume". Et de préciser que Riyad "continue de soutenir le peuple yéménite frère et son gouvernement légitime".

L'annonce fait suite à des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.

Ces hostilités se sont enclenchées après la tentative d'atterrissage à Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite.

"Même si aucun navire n'est attaqué, l'annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l'action", estime Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.