Le Moyen-Orient est-il prêt à une propagation du conflit entre Israël et le Hamas?

Israël a bombardé Gaza et placé la bande en état de siège après que les combattants du groupe palestinien Hamas ont lancé un assaut transfrontalier sans précédent au cours du week-end (Photo, AFP).
Israël a bombardé Gaza et placé la bande en état de siège après que les combattants du groupe palestinien Hamas ont lancé un assaut transfrontalier sans précédent au cours du week-end (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 12 octobre 2023

Le Moyen-Orient est-il prêt à une propagation du conflit entre Israël et le Hamas?

  • Israël pourrait se retrouver dans une guerre à quatre fronts si des groupes armés au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen se joignent à la bataille
  • Une guerre ouverte et multilatérale pourrait s'avérer politiquement coûteuse et économiquement désastreuse pour la région

DUBAI: Alors que l'armée israélienne intensifie ses attaques contre Gaza en représailles à l'assaut sans précédent lancé le week-end dernier contre le sud d'Israël par des combattants du groupe palestinien Hamas, on craint de plus en plus l'éclatement d'un conflit plus vaste et aux multiples facettes au Moyen-Orient.

Selon les experts, l'Iran et son Corps des gardiens de la révolution islamique ont passé des décennies à armer et à financer des combattants chiites ainsi que des groupes palestiniens sunnites au Moyen-Orient. En conséquence, Israël est désormais confronté à la possibilité d'une guerre sur trois ou quatre fronts, impliquant le Hamas et le Djihad islamique palestinien à Gaza et en Cisjordanie, complétés par le Hezbollah et le Djihad islamique au Liban et en Syrie.

Le Hezbollah libanais a déjà tiré le premier coup de semonce contre Israël en lançant des roquettes dimanche, provoquant des représailles meurtrières de la part d'Israël. Lundi, des échanges d'artillerie à la frontière ont tué trois combattants du Hezbollah, deux combattants palestiniens et un officier supérieur de l'armée israélienne.

Le Pentagone a averti le Hezbollah de «réfléchir à deux fois» avant d'ouvrir un second front et a déclaré que les États-Unis sont prêts à prendre la défense d'Israël. Le commandement central a envoyé le groupe de frappe du porte-avions USS Gerald R. Ford en Méditerranée orientale et a renforcé les escadrons de l'armée de l'air dans la région. Il envisagerait également de déployer un second porte-avions près d'Israël pour renforcer la dissuasion.

Le Pentagone a averti le Hezbollah de «réfléchir à deux fois» avant d'ouvrir un second front et a déclaré que les États-Unis étaient prêts à prendre la défense d'Israël (Photo, AFP).

Bien que la situation soit tendue, les partisans du Hamas estimant que la dynamique est de leur côté, les observateurs estiment qu'une guerre ouverte et multiforme avec Israël, qui ne bénéficie pas d'un large soutien de l'opinion publique, pourrait s'avérer politiquement coûteuse pour eux et économiquement désastreuse pour les pays à partir desquels ils opèrent.

Dans le cas du Liban, les analystes estiment que ni le Hezbollah ni Israël ne veulent être pris dans une guerre régionale majeure, et ce pour différentes raisons.

«Je pense que les deux parties sont prêtes à accepter un certain degré de violence et de pertes. Les deux parties ne veulent pas que cela dégénère en une guerre beaucoup plus large», a déclaré à Arab News Michael Young, rédacteur en chef de Carnegie Middle East à Beyrouth.

«Ce que nous avons vu jusqu'à présentva dans le sens de mon opinion. Le Hezbollah a absorbé les pertes et les Israéliens ont absorbé le fait que deux de leurs bases militaires ont été ciblées par des tirs», a-t-il ajouté.

«Il s'agit bien sûr d'un jeu risqué. À tout moment, il peut échapper à tout contrôle.»

L'attaque du Hamas contre Israël ce week-end ouvre la voie à un conflit plus large dans la région (Photo, AFP).

La dernière grande guerre entre Israël et le Hezbollah, qui s'est déroulée en 2006, s'est achevée sur l'accord tacite que la violence à l'avenir serait limitée à une petite bande de territoire contestée près du plateau du Golan.

L'Iran et ses mandataires chiites au Liban, en Irak et au Yémen – membres de ce que l'on appelle l'axe de la résistance – ont fermement soutenu l'attaque de samedi, au cours de laquelle des bases militaires israéliennes et plusieurs villages et villes ont été envahis par des combattants du Hamas. Le président iranien, Ebrahim Raïssi, s'est entretenu par téléphone avec des dirigeants du Hamas et du Jihad islamique après le début de l'attaque, a indiqué dimanche l'agence de presse publique iranienne IRNA.

À la suite de l'attentat, Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a déclaré: «Ils payeront un prix dont ils, et d’autres ennemis, se souviendront pendant des décennies.» Mais Israël pourrait bien se retrouver à se battre sur plus d'un front s'il procède à une invasion terrestre.

Mohammed Deif, le commandant militaire suprême des Brigades d’Al-Qassam, la branche armée du Hamas responsable de l'attaque, a appelé les groupes de combattants alliés à l'Iran au Liban, en Syrie et en Irak à se joindre à l'offensive contre Israël.

Des groupes armés irakiens et yéménites alignés sur l'Iran ont menacé de cibler les intérêts américains avec des missiles et des drones si l'administration Biden intervenait pour soutenir Israël.

Les Hachd al-Chaabi irakien (Forces de mobilisation populaire) ont menacé de lancer des attaques contre les troupes américaines en Irak si Washington s’impliquait directement dans le conflit. Les États-Unis ont 2 500 soldats en Irak et 900 autres en Syrie voisine, avec pour mission de conseiller et d'aider les forces locales à lutter contre Daech, qui s'est emparé en 2014 de vastes zones de territoire dans les deux pays.

Israël est désormais confronté à la possibilité d'une guerre sur trois ou quatre fronts, impliquant le Hamas et le Jihad islamique palestinien à Gaza et en Cisjordanie, complétés par le Hezbollah et le Jihad islamique au Liban et en Syrie (Photo, AFP).

Ce lundi, l'homme politique irakien Hadi al-Amiri, chef du groupe politique et militaire de l'Organisation Badr, proche de l'Iran, a déclaré: «S'ils interviennent, nous interviendrons... nous considérerons toutes les cibles américaines comme objectifs légitimes.»

Badr constitue une grande partie des Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes, l'organisation paramilitaire de l'État qui comprend de nombreuses factions soutenues par l'Iran.

Mardi en fin de journée, des roquettes tirées depuis la Syrie, où le Hezbollah et d'autres milices soutenues par l'Iran maintiennent une présence à la frontière israélienne avec l'approbation du président, Bachar al-Assad, qui auraient atterri en terrain découvert dans le nord d'Israël.

Au Yémen, le chef des Houthis chiites a averti mardi que sa milice répondrait à toute intervention américaine à Gaza par des drones, des missiles et d'autres options militaires.

Il a déclaré que le groupe était prêt à coordonner l'intervention avec d'autres membres de l'axe de la résistance.

Des milliers de personnes ont trouvé la mort dans ce conflit, alors que l'assaut israélien sur Gaza se poursuit (Photo, AFP).

Selon les experts, toute escalade du conflit impliquant le Hezbollah libanais modifierait complètement les calculs régionaux et confronterait Israël à un défi sécuritaire d'une ampleur inégalée depuis un demi-siècle.

«Notre histoire, nos armes et nos roquettes sont avec vous», a déclaré un haut responsable du Hezbollah, Hachem Safieddine, lors d'un rassemblement en faveur du Hamas dans l'est de Beyrouth dimanche.

Malgré cela, le Hezbollah pourrait choisir de garder ses cartouches au sec à cette occasion. Son arsenal de roquettes actuellement pointées sur Israël dissuade fortement ce dernier de prendre des mesures préventives à l'encontre de l'Iran.

Vient ensuite la question des coûts et du soutien politique. Éprouvée par la pandémie, les conflits et la flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants, et accablée par la faiblesse de ses finances publiques, la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord n'est, de l'avis général, pas en mesure de résister aux répercussions directes et indirectes d'un conflit.

EN BREF

- Les accords d'Oslo ont conduit à la création de l'Autorité palestinienne, chargée d'assurer une autonomie palestinienne limitée sur certaines parties de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

- La bande de Gaza est une étroite bande de terre densément peuplée appuyée sur la mer Méditerranée, bloquée par la marine israélienne depuis 2009 et fermée à tout trafic maritime.

- Le Hamas, qui a remporté les élections législatives en 2006, a expulsé l'Autorité palestinienne et a pris le contrôle total de Gaza en 2007.

Selon les experts, l'état de l'économie politique dans les pays arabes, allant de la Tunisie et de la Libye à l'ouest, au Yémen à l'est, est au mieux précaire. Selon un blog du Fonds monétaire international datant de juin, une combinaison de risques fiscaux et de développements externes tels que les hausses de taux d'intérêt et les flambées des prix des denrées alimentaires et des carburants a mis les finances publiques sous forte pression dans les économies à faible revenu et à revenu intermédiaire du monde arabe.

Au Liban, plusieurs hommes politiques ont mis en garde contre le risque d'entraîner le pays dans le conflit entre Israël et le Hamas, affirmant que la stabilité et l'unité, dans un contexte de crise économique prolongée, devaient être prioritaires.

Abdallah Bou Habib, ministre libanais des Affaires étrangères, a exigé du Hezbollah qu'il lui garantisse qu'il ne se joindrait pas aux combats provocation, tandis que Najib Mikati, Premier ministre libanais, a insisté sur la nécessité de préserver la sécurité.

Les analystes estiment que le gouvernement libanais, sans président depuis près d'un an, n'a que peu ou pas d'influence sur les décisions du Hezbollah. Ils ajoutent toutefois que la mesure dans laquelle le Hezbollah est prêt à s'impliquer dans le conflit de Gaza dépendra dans une certaine mesure de l'ampleur de la confrontation entre Israël et le Hamas. Toute tentative d'élimination totale du groupe pourrait entraîner une escalade régionale.

L'armée israélienne a intensifié ses attaques sur Gaza en représailles à l'assaut sans précédent lancé le week-end dernier par le Hamas contre Israël (Photo, AFP).

«Je pense qu'il y a un autre élément à prendre en considération, et c'est ce que les Israéliens vont faire à Gaza», a révélé Young, de Carnegie Middle East, à Arab News. «S'ils menacent l'existence du Hamas, nous pouvons supposer que le Hezbollah interviendra pour tenter d'éviter cette situation.»

«Mais pour les Israéliens, une menace existentielle signifie une prise de contrôle complète de Gaza sans trop de pertes. Cela impliquerait que l'armée entre dans les maisons et arrête des milliers de jeunes hommes qui sont des combattants du Hamas.

«Il s'agit d'une mission extrêmement difficile pour les Israéliens. Je doute qu'ils soient en mesure de le faire. C'est la pire chose possible pour eux d'être pris dans la bande de Gaza de cette manière. Et c'est précisément ce que veulent les Iraniens: entraîner les Israéliens dans des combats de rue à Gaza.»

Si Israël, avec le soutien des États-Unis, décide d'affronter directement l'Iran, soupçonné d'avoir participé à l'assaut du Hamas, Téhéran pourrait réagir en interrompant le flux de pétrole à travers le détroit d'Ormuz, ce qui entraînerait une hausse massive du prix du brut sur les marchés mondiaux.

Israël bombarde la bande de Gaza depuis l'attaque sans précédent du Hamas samedi (Photo, AFP).

Les prix du pétrole ont déjà augmenté cette semaine en raison du risque accru d'une guerre plus large impliquant les États arabes du Golfe exportateurs d'énergie.

Certains commentateurs ont exprimé l'espoir qu'un conflit décisif entre Israël et le Hamas pourrait créer une surprise, de la même manière que la guerre israélo-arabe de 1973 avait aboutie aux accords de paix de Camp David et à la normalisation des relations entre Israël et l'Égypte.

Le journaliste et chroniqueur égyptien Abdellatif el-Menawy a mis en doute la possibilité d'une telle issue. «À la lumière de ce qu'ils ont fait jusqu'à présent, les Palestiniens ont le droit de se vanter d'une certaine “victoire”, quelle que soit la suite des événements. Cela peut être considéré comme le début d'un processus politique», a-t-il expliqué à Arab News. «Mais le Hamas et Israël peuvent-ils être des partenaires de paix? Les deux parties ont eu de multiples occasions de le prouver.

«Le Hamas avait une chance de gouverner Gaza de manière responsable, de prouver sa valeur et de dissiper l'idée qu'il n'était rien de plus qu'une mafia islamique palestinienne, uniquement intéressée par le maintien de son emprise sur Gaza, et prête à servir de patte de chat à l'Iran au lieu de faire de son objectif principal la création d'un nouvel avenir pour les Palestiniens en partenariat avec leurs partenaires de Ramallah (l'Autorité palestinienne).

«Parallèlement, l'opération déluge d'Al-Aqsa a été le type de résultat – et d'autres sont probablement à venir – que l'on ne peut qu'attendre de la poursuite de l'occupation israélienne illégale des territoires palestiniens et de ses politiques de discrimination raciale, d'usurpation de terres, d'empiétement des colonies et de soumission des Palestiniens à des conditions inhumaines.

Une patrouille de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) traverse la plaine de Khiam, au sud du Liban, le long de la frontière avec Israël (Photo, AFP).

«Il serait étrange qu'une personne rationnelle s'attende à un résultat autre qu'une explosion», a signalé El-Menawy.

Il est clair que dans l'immédiat, l'assaut meurtrier du Hamas a anéanti les espoirs d'une ère de paix, fait craindre que la situation ne devienne incontrôlable et fait planer le spectre d'un conflit ruineux impliquant des pays dont les économies sont déjà dans une situation précaire.

Seul le temps nous dira si cela a également augmenté les chances d'un règlement qui fasse progresser de manière significative les droits et les aspirations du peuple palestinien à devenir un État.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France–Arabie saoudite : un siècle de relations diplomatiques, un partenariat stratégique tourné vers l’avenir

L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, s'exprime lors de la réception organisée à Riyad à l'occasion du 14 Juillet. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, s'exprime lors de la réception organisée à Riyad à l'occasion du 14 Juillet. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, rencontre le prince Turki Al-Faisal. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, rencontre le prince Turki Al-Faisal. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, rencontre le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdelaziz ben Ayyaf. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, rencontre le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdelaziz ben Ayyaf. (Photo fournie)
La réception a réuni des membres du corps diplomatique accrédité auprès du Royaume, ainsi que des représentants des communautés française et saoudienne. (Photo fournie)
La réception a réuni des membres du corps diplomatique accrédité auprès du Royaume, ainsi que des représentants des communautés française et saoudienne. (Photo fournie)
La réception a réuni des membres du corps diplomatique accrédité auprès du Royaume, ainsi que des représentants des communautés française et saoudienne. (Photo fournie)
La réception a réuni des membres du corps diplomatique accrédité auprès du Royaume, ainsi que des représentants des communautés française et saoudienne. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, et le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdelaziz ben Ayyaf, coupent un gâteau à l'occasion du 14 Juillet. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, et le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdelaziz ben Ayyaf, coupent un gâteau à l'occasion du 14 Juillet. (Photo fournie)
Short Url
  • Le centenaire des relations diplomatiques entre la France et l'Arabie saoudite marque une nouvelle étape dans le renforcement d'un partenariat stratégique couvrant des domaines variés, de la culture à l'intelligence artificielle
  • Paris et Riyad affichent des convergences sur plusieurs enjeux régionaux majeurs, notamment la sécurité, la stabilité du Golfe et la recherche de solutions diplomatiques

RIYAD : À l'occasion de la fête nationale française du 14 juillet, l'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, a souligné la solidité et la dynamique des relations entre Paris et Riyad lors d'un entretien avec Arab News en français, alors que les deux pays célèbrent en 2026 le centenaire de leurs relations diplomatiques.

Il rappelle que cette année marque le centenaire de la reconnaissance par la France de la souveraineté du roi Abdelaziz sur les territoires du Nejd et du Hedjaz. Un anniversaire qui illustre, à ses yeux, une relation « ancienne, solide et tournée vers l'avenir », portée aujourd'hui par un dialogue politique régulier entre le président Emmanuel Macron et le prince héritier Mohammed ben Salmane.

L'ambassadeur estime que la visite d'État du président français en Arabie saoudite, en décembre 2024, a constitué une étape majeure dans la consolidation du partenariat stratégique global entre les deux pays. Il souligne que les prochaines échéances politiques devraient permettre de donner davantage de contenu et d'ambition à cette relation.

Patrick Maisonnave met également en avant l'élargissement des domaines de coopération bilatérale, qui couvrent désormais l'ensemble des priorités de la Vision 2030. Culture, patrimoine, tourisme, énergie, transports, défense, santé, intelligence artificielle, technologies, éducation ou encore développement urbain figurent parmi les principaux secteurs de collaboration.

Le projet d'AlUla demeure, selon lui, « l'exemple le plus emblématique » de cette dynamique. L'initiative associe préservation du patrimoine, développement touristique durable, archéologie, architecture, muséographie et formation de talents, illustrant l'ambition commune des deux pays.

L'ambassadeur cite également la culture comme l'un des piliers de la relation franco-saoudienne, évoquant notamment le lancement de « La Fabrique », présentée comme un incubateur de projets culturels franco-saoudiens. Il met aussi en avant l'essor de nouvelles coopérations dans les secteurs du numérique et du divertissement, notamment autour de l'e-sport.

À ce titre, il voit dans le choix de Paris par les autorités saoudiennes pour accueillir cet été la Coupe du monde d'e-sport « un acte de confiance envers la France », qui témoigne, selon lui, d'un partenariat s'étendant désormais « aux nouvelles industries du sport, du divertissement, du numérique et de l'innovation ».

Sur le plan régional, Patrick Maisonnave décrit la France comme un partenaire « présent, fiable et constant » des pays du Golfe. Il rappelle l'engagement français en faveur de la sécurité régionale, de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz et de la désescalade.

L'ambassadeur souligne enfin les convergences entre Paris et Riyad sur plusieurs dossiers majeurs, notamment la sécurité du Golfe, la mise en œuvre de la solution à deux États au Proche-Orient, le soutien à l'intégrité territoriale du Liban et les efforts de stabilisation de la Syrie.

Selon lui, ces priorités communes traduisent la volonté des deux pays de privilégier la diplomatie, le respect du droit international et la recherche de solutions politiques au service de la stabilité régionale.

Ces convergences illustrent, selon lui, la portée du partenariat stratégique entre la France et l'Arabie saoudite. « Tous nos efforts vont dans le même sens : la stabilité régionale doit passer par la diplomatie, le respect du droit international et la recherche de solutions politiques », affirme-t-il.

Une approche qui résume, selon lui, l'esprit du partenariat franco-saoudien : « une relation bilatérale forte et une coopération de tous les instants au service de la stabilité régionale ».


Israël: les élections législatives se tiendront le 27 octobre

Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (AFP)
Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (AFP)
  • Ce scrutin sera le premier organisé depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza et a ouvert d'autres fronts pour Israël dans la région
  • Benjamin Netanyahu, le Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l'histoire d'Israël, a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat

JERUSALEM: Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La Knesset, nom du Parlement israélien, doit achever son mandat le 17 juillet, permettant à la coalition au pouvoir d'aller jusqu'au bout de ses quatre ans, pour la première fois depuis plusieurs décennies.

Dans un communiqué, la conseillère juridique de Parlement, Sagit Afik, a indiqué que la législature actuelle était appelée à aller jusqu'au terme de son mandat, et que par conséquent "les élections étaient (...) fixées par la loi au 27 octobre, sans qu'il soit envisagé d'écourter le mandat de la Knesset".

Ce scrutin sera le premier organisé depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza et a ouvert d'autres fronts pour Israël dans la région.

Benjamin Netanyahu, le Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l'histoire d'Israël, a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat.

Empêtré dans un procès pour corruption, le dirigeant de 76 ans a affirmé vouloir gagner cette élection, qui pourrait constituer le scrutin le plus déterminant de sa carrière politique.

Ces derniers jours, son gouvernement, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, s'est employé à faire adopter une série de projets de loi afin de consolider sa majorité et d'aborder les élections en position de force.

Les derniers sondages montrent toutefois qu'une majorité d'Israéliens souhaitent le départ de M. Netanyahu. L'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot apparaît désormais comme son principal rival.

La colère suscitée par les défaillances sécuritaires ayant entouré les attaques du 7-Octobre reste vive et continue de peser sur la popularité de Benjamin Netanyahu.

Popularité en baisse 

L'opinion publique lui reproche aussi de ne pas avoir tenu ses promesses de "victoire totale" sur le Hamas et le Hezbollah libanais pro-iranien et d'avoir été écarté des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, le protocole d'accord conclu ayant été jugé par beaucoup défavorable aux intérêts israéliens.

Un récent sondage de l'Université hébraïque de Jérusalem a révélé que plus de 92% des Israéliens estiment que l'Iran a remporté la guerre au Moyen-Orient, tandis que le soutien à M. Netanyahu comme Premier ministre a chuté de 40,5% début mars à 29,4% en juin.

Le mois dernier, le dirigeant israélien a déclaré qu'il souhaitait "établir un large gouvernement national".

En cherchant à tendre la main au-delà de son camp, il semble vouloir recentrer son discours électoral sur l'unité nationale plutôt que sur l'appartenance idéologique.

Le débat public est aussi profondément marqué par la question du service militaire obligatoire pour les hommes juifs ultra-orthodoxes.

Les principaux alliés de M. Netanyahu issus des partis ultra-orthodoxes ont à plusieurs reprises menacé de faire tomber le gouvernement si les étudiants en yechiva (centre d'études des textes rabbiniques) n'étaient pas exemptés de l'obligation de servir dans l'armée.

A l'inverse, l'armée israélienne et une grande partie de l'opinion publique estiment qu'un enrôlement plus large est nécessaire, après des années de guerres alors que les réservistes enchaînent les périodes sous les drapeaux.

Parmi les autres sujets susceptibles de peser sur la campagne figurent les réformes judiciaires controversées lancées par M. Netanyahu avant le déclenchement de la guerre à Gaza, son procès pour corruption en cours ainsi que les incertitudes concernant la gouvernance de la bande de Gaza, près d'un an après l'entrée en vigueur d'une trêve précaire.


L'Iran revendique de nouvelles frappes contre Oman, le Koweït et Bahreïn 

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont revendiqué lundi de nouvelles attaques contre des installations américaines situées à Oman et Bahreïn, selon un communiqué publié sur le site de l'organisation. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont revendiqué lundi de nouvelles attaques contre des installations américaines situées à Oman et Bahreïn, selon un communiqué publié sur le site de l'organisation. (AFP)
Short Url
  • "Outre le ciblage des installations et infrastructures de l'armée américaine à Juffair à Bahreïn, où des incendies font rage, la marine des Gardiens a ciblé et détruit" des radars dont l'un de détection des navires à Oman
  • L'armée jordanienne a annoncé lundi avoir abattu quatre missiles iraniens au-dessus du pays, que Téhéran a dit viser en représailles à des frappes américaines

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont revendiqué lundi de nouvelles attaques contre des installations américaines situées à Oman et Bahreïn, selon un communiqué publié sur le site de l'organisation.

"Outre le ciblage des installations et infrastructures de l'armée américaine à Juffair à Bahreïn, où des incendies font rage, la marine des Gardiens a ciblé et détruit" des radars dont l'un de détection des navires à Oman, a indiqué le texte publié sur Sepah News.

Les Gardiens disent aussi avoir frappé deux bases aériennes au Koweït