Assemblée: Le RN échoue à nouveau à faire passer ses textes, mais espère un gain dans l'opinion

Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite Rassemblement National (RN), s'exprime lors d'un débat à l'Assemblée nationale à Paris le 12 octobre 2023 (Photo, AFP).
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite Rassemblement National (RN), s'exprime lors d'un débat à l'Assemblée nationale à Paris le 12 octobre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 13 octobre 2023

Assemblée: Le RN échoue à nouveau à faire passer ses textes, mais espère un gain dans l'opinion

  • Le RN a retiré quatre propositions de loi avant qu'elles ne soient inévitablement rejetées par les voix du camp présidentiel et de la Nupes
  • Côté RN, on veut croire que l'essentiel est ailleurs et on regarde vers les élections européennes de juin

PARIS: Comme l'an dernier, le RN a fait chou blanc lors de sa "niche parlementaire" à l'Assemblée, même s'il espère avoir marqué des points dans l'opinion en illustrant un "sectarisme" de ses opposants.

Dans cette journée réservée à ses textes, le RN a retiré quatre propositions de loi avant qu'elles ne soient inévitablement rejetées par les voix du camp présidentiel et de la Nupes, même si des députés de gauche avaient prévu de s'abstenir sur certaines.

Toujours pas de première victoire législative pour le RN donc, en dépit du soutien annoncé, comme l'an dernier, de députés LR à certains textes (suppression ou suspension d'allocations familiales pour les parents de délinquants, endométriose, prix de l'énergie, contre l'écriture inclusive...).

Mais les LR étaient très peu nombreux dans l'hémicycle. Ce que n'a pas manqué de souligner la patronne du groupe d’extrême droite Marine Le Pen, ironisant sur les bancs "fournis des députés" LR, en publiant une photo de sièges vides avant l'examen du texte de Roger Chudeau contre l'écriture inclusive.

Examen qui a donné lieu à une scène particulièrement baroque en fin de soirée.

Alors que le camp présidentiel et des groupes à gauche accusaient le RN d'opérer sous cape une attaque contre la féminisation de la langue française, -- ce dont il se défend --, certains n'ont pas manqué de souligner que le groupe avait fait figurer les hommes signataires de son texte avant les femmes.

«Cluedo géant»

A tel point que Marine Le Pen a demandé à la présidence "une enquête" pour connaître le responsable, expliquant que "les services" de l'Assemblée "ont sorti le texte de cette manière".

Après des rappels au règlement et une suspension de séance demandée par Renaissance, Marine Le Pen a expliqué qu'il s'agissait d'une "erreur" d'"un assistant parlementaire", dénonçant ceux qui "essaient d'en tirer un argument politique".

La scène a coûté au RN des minutes précieuses alors qu'il ne restait qu'une heure de débats, pour le plus grand plaisir de ses adversaires. "C'est un Cluedo géant. Le coupable, il s'agit du colonel Chudeau, dans la bibliothèque avec le chandelier", a ironisé Sarah Legrain (LFI).

"La niche RN s'est transformée en fiasco à l’Assemblée", a jugé l'écologiste Sandrine Rousseau. "Le RN a été incapable de faire adopter le moindre texte", s'est réjouit Charles Sitzenstuhl (Renaissance).

Côté RN, on veut croire que l'essentiel est ailleurs et on regarde vers les élections européennes de juin.

«Etudes d'opinion»

"Contrairement à ce qu'ils pensent c'est eux qu'ils affaiblissent. Toutes les études d'opinion montrent que les Français détestent ces attitudes (...) ça nous rapproche du pouvoir", assure le président délégué du groupe Jean-Philippe Tanguy.

A chaque retrait de texte les députés RN ont dénoncé dans l'hémicycle mais aussi et surtout sur les réseaux sociaux un "sectarisme" des autres groupes, sur des propositions selon eux en phase avec l'opinion des Français.

"Vous êtes le parti du détail et ça l'Histoire s'en souviendra. Vos silences d'aujourd'hui ne nous feront jamais oublier vos paroles d'hier", a rétorqué au RN la Secrétaire d'État chargée de la Jeunesse Prisca Thevenot peu avant la fin des débats à minuit.

Après un premier revers dans la matinée sur son texte contre l'endométriose, "opportuniste" et inopérant selon ses opposants, le RN avait renoncé à celui sur les allocations, puis à celui visant à réguler les prix de l'énergie et enfin à celui contre l'écriture inclusive.

Les débats ont connu parfois des pics de tension. Notamment entre le camp présidentiel et la Nupes pour savoir qui constituait le "rempart" le plus solide au RN.

Mais les passes d'armes les plus virulentes ont opposé les Insoumis aux députés RN. Ces derniers ont accusé à plusieurs reprises LFI d'ambiguïté sur le Hamas. Les Insoumis multipliant en retour les rappels au règlement pour souligner qu'ils condamnaient les exactions et renvoyer le RN à l'histoire du FN, qui comptait parmi ses fondateurs un ancien Waffen-SS.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
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  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
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  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.

 


La candidature Mélenchon met la pression sur le reste de la gauche

Au lendemain de l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, le reste de la gauche se retrouve sous pression pour désigner son candidat sous peine d'être pris de vitesse par les Insoumis. (AFP)
Au lendemain de l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, le reste de la gauche se retrouve sous pression pour désigner son candidat sous peine d'être pris de vitesse par les Insoumis. (AFP)
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  • Si le premier secrétaire du PS Olivier Faure est favorable à la primaire, le patron des députés Boris Vallaud est contre, tout comme Raphaël Glucksmann (Place Publique), le mieux placé selon les sondages, et François Hollande qui "se prépare"
  • A gauche du PS, les ex-Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain sont candidats à cette primaire mais pourraient porter leurs propres couleurs si ce processus n'aboutissait pas, tout comme Marine Tondelier

PARIS: Au lendemain de l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, le reste de la gauche se retrouve sous pression pour désigner son candidat sous peine d'être pris de vitesse par les Insoumis qui doivent convaincre que leur leader n'est pas "l'assurance-vie" d'une victoire du RN.

Pas de réaction d'Olivier Faure ni de Boris Vallaud... "Un non-événement" pour le député PS Jérôme Guedj (sur TF1). Les socialistes tentaient lundi de minimiser la quatrième candidature du chef insoumis avec qui les ponts sont rompus.

Mais derrière l'indifférence affichée, la gauche non LFI se retrouve renvoyée à ses divisions internes, notamment sur l'organisation d'une primaire pour désigner un seul candidat de ses rangs.

"Mélenchon, il va y aller à fond, il va avoir ses signatures, ses trucs, l'argent, les militants, les réseaux sociaux. Et nous on va faire quoi ?", s'alarmait dès vendredi la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, candidate à cette primaire.

"Nous avons une responsabilité de nous rassembler et de ne plus être la gauche la plus bête du monde", a admis lundi le secrétaire général du PS Pierre Jouvet sur Franceinfo.

Pour autant, pas d'urgence selon lui. "A partir de la rentrée de septembre, trouvons le chemin pour désigner notre candidat commun", a-t-il plaidé, que ce soit "par une primaire, un conclave, une convention citoyenne..."

De fait, la gauche est complètement empêtrée sur le sujet.

Multitude de candidatures 

Si le premier secrétaire du PS Olivier Faure est favorable à la primaire, le patron des députés Boris Vallaud est contre, tout comme Raphaël Glucksmann (Place Publique), le mieux placé selon les sondages, et François Hollande qui "se prépare".

A gauche du PS, les ex-Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain sont candidats à cette primaire mais pourraient porter leurs propres couleurs si ce processus n'aboutissait pas, tout comme Marine Tondelier.

Jean-Luc Mélenchon ne s'y est pas trompé. "Les divisions internes dans les partis font qu'il y a une multitude de candidatures et c'est la confusion. Nous, c'est carré, il y a une équipe, un programme, un seul candidat", a-t-il fait valoir dimanche soir.

Et les Insoumis d'appuyer sur leur avantage de notoriété. "Dans les quartiers populaires, on me parle beaucoup plus d'un Jean-Luc Mélenchon que de tout autre candidat. Aucun ne me cite Olivier Faure, aucun ne cite le nom de +je ne sais qui+ du Parti communiste ou des écologistes", a assuré sur Public Sénat Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis où se déroulera le premier meeting de campagne le 7 juin.

"Pour gagner une campagne électorale, il faut un programme, puis une incarnation. Et lui, il a tout ça à la fois et c'est vrai que par effet de contraste il peut jouer là-dessus", souligne auprès de l'AFP Adélaïde Zulfikarpasic de l'institut Ipsos-BVA.

Vote utile 

Mais les Insoumis doivent désormais convaincre les électeurs de gauche de ne pas se fier aux sondages qui le donnent pour l'instant autour de 11-12% au premier tour et surtout comme le plus mauvais candidat dans un éventuel second tour face au RN.

Car "la question qui va structurer la campagne, c'est +est-ce que le RN prendra le pouvoir ?+", pense Jean-Yves Dormagen de l'institut Cluster 17. "Du coup, quand vous êtes un mauvais candidat de second tour, vous risquez de le payer dès le premier tour", juge-t-il

Et les socialistes d'appuyer sur ce point. "S’il se qualifie au second tour, c’est la certitude de la victoire du RN", a martelé Jérôme Guedj. "Jean-Luc Mélenchon est l'homme politique le plus détesté de ce pays et le meilleur épouvantail pour la droite et l'extrême droite", a renchéri Pierre Jouvet.

Un argument balayé dimanche soir par Jean-Luc Mélenchon qui compte battre le RN "à plates coutures". Le coordinateur insoumis Manuel Bompard renvoie aux campagnes de 2017 et de 2022 où Jean-Luc Mélenchon, parti bas dans les sondages, a bénéficié du vote utile à gauche et fini aux portes du second tour.

"On a fait la démonstration à chaque élection présidentielle qu'on est en mesure de déclencher une dynamique de mobilisation. Il faut mettre des gens en mouvement, c'est comme ça qu'on peut contrer les scénarios écrits", a-t-il affirmé sur France Inter.