La Pologne à l'approche de législatives cruciales et serrées

Le candidat du parti ultranationaliste polonais (Konfederacja), Slawomir Mentzen, s'adresse à ses partisans lors d'un rassemblement préélectoral à Lublin, en Pologne, le 6 octobre 2023. (AFP)
Le candidat du parti ultranationaliste polonais (Konfederacja), Slawomir Mentzen, s'adresse à ses partisans lors d'un rassemblement préélectoral à Lublin, en Pologne, le 6 octobre 2023. (AFP)
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Publié le Vendredi 13 octobre 2023

La Pologne à l'approche de législatives cruciales et serrées

  • Si tous les sondages placent le parti populiste-nationaliste au pouvoir, Droit et Justice (PiS), en première position, il semble impossible qu'il obtienne une majorité absolue
  • Le partenaire le plus probable du PiS serait alors la Confédération qui a appelé à en finir avec l'aide à l'Ukraine

VARSOVIE: Les populistes-nationalistes resteront-ils au pouvoir ? La Pologne se prépare à des élections serrées dimanche, considérées comme cruciales pour l'avenir du pays et dont l'issue, selon les sondages, dépendra des résultats des petits partis, nécessaires pour former une coalition.

Si tous les sondages placent le parti populiste-nationaliste au pouvoir, Droit et Justice (PiS), en première position, il semble impossible qu'il obtienne une majorité absolue.

Selon un sondage réalisé les 9 et 10 octobre par la fondation Ibris, le PiS obtiendrait 33,5% des voix, devant la Coalition civique (centre) 28%, la Troisième voie (chrétien-démocrate) 10,9%, la Gauche 10,1% et la Confédération (extrême droite) 9,2%.

Le partenaire le plus probable du PiS serait alors la Confédération qui a appelé à en finir avec l'aide à l'Ukraine.

Selon cette hypothèse, le PiS et la Confédération obtiendraient ensemble une courte majorité au sein du parlement polonais, qui compte 460 sièges.

Toutefois, un autre sondage réalisé cette semaine par la même organisation montre que les deux partis n'atteignent pas la majorité requise.

En revanche, la Coalition civique, dirigée par l'ancien chef du Conseil européen et ex-Premier ministre Donald Tusk, pourrait être en mesure de former une majorité avec deux autres petits partis: la Troisième voie et la Gauche.

"Le PiS ne formera pas le prochain gouvernement en Pologne", estime Wojciech Przybylski, analyste politique du groupe Visegrad Insight, soulignant qu'une alliance PiS-Confédération semble peu probable.

Selon lui, "l'opposition a désormais plus de chances pour former un prochain gouvernement de coalition".

Ces pommes de discorde entre Varsovie et Bruxelles

La Pologne, membre de l'Union européenne depuis 2004, est souvent accusée d'y jouer les trouble-fête depuis l'arrivée au pouvoir en 2015 de la droite populiste nationaliste qui brigue son troisième mandat successif aux élections législatives de dimanche.

Voici les principaux différends apparus dans les relations récentes entre Varsovie et Bruxelles:

Président du Conseil européen

Début 2017, le gouvernement de Varsovie tente de barrer au Polonais Donald Tusk, aujourd'hui à la tête de l'opposition centriste dans son pays, la route vers un second mandat au poste du président du Conseil européen. Honni par le PiS, l'ancien Premier ministre peut continuer sa mission grâce au soutien de 27 pays face à la voix isolée du pouvoir nationaliste polonais.

L'Etat de droit

L'UE est engagée dans un bras de fer depuis plusieurs années avec le gouvernement polonais à propos de ses réformes judiciaires, accusées de saper l'indépendance des juges.

La Pologne est visée par les procédures de l'article 7 du Traité de l'UE, le mécanisme européen le plus puissant, pouvant conduire jusqu'à la suspension du droit de vote au Conseil européen.

Le pays se voit toujours bloquer l'accès aux plus de 35 milliards d'euros prévus pour lui dans le Plan de relance européen, et à d'autres fonds UE, tout en payant de grosses amendes pour non respect de décisions de la justice européenne.

Primauté des lois nationales 

En juillet 2021, sous l'influence du parti au pouvoir, le Tribunal constitutionnel polonais déclare non conformes à la Constitution les décisions de la Cour de Justice de l'UE (CJUE) à propos des réformes judiciaires polonaises.

Les tensions montent encore quatre mois plus tard, quand le même tribunal, saisi par le Premier ministre Mateusz Morawiecki, conteste la suprématie du droit européen en jugeant certains articles des traités de l'UE "incompatibles" avec la Loi fondamentale polonaise.

A la suite des arrêts contestant la primauté du droit européen, la Commission européenne saisit en 2023 la justice de l'UE contre Varsovie.

Politiques climatiques de l'UE 

En août dernier, la Pologne porte plainte devant la CJUE contre les politiques climatiques approuvées par l'UE. Selon Varsovie ces politiques n’ont pas été correctement évaluées, ont outrepassé les compétences de Bruxelles et menacent l’économie et la sécurité énergétique de la Pologne.

Les 27 ont adopté à la majorité des voix une série de législations sur le climat visant à réduire d'ici 2030 leurs émissions nettes de gaz à effet de serre à 55% par rapport aux niveaux de 1990, et à aider les pays de l'Union à se conformer à l’Accord de Paris sur le changement climatique.

La mine de Turow

Prague saisit en 2021 la justice européenne contre son voisin pour le détournement d'eau engendré par l'énorme mine de charbon à ciel ouvert de Turow en Pologne et pour le non-respect des règles sur le climat. La Pologne est sommée de fermer le site.

Arguant de sa sécurité énergétique dépendante du charbon, la Pologne refuse de se plier aux décisions de la justice européenne et maintient le fonctionnement du site mais cherche finalement un accord avec Prague, déboursant des millions d'euros contre le retrait de la plainte.

La forêt de Bialowieza

En 2018, la Pologne est condamnée par la CJUE pour avoir enfreint, avec des abattages massifs d'arbres, la législation sur la protection de l'environnement.

Selon la CJUE ces opérations ont conduit à la disparition d'une partie de la grande forêt naturelle de Bialowieza (nord-est), un site protégé, classé par l'Unesco au programme Natura 2000.

Varsovie argue de la prolifération exceptionnelle de coléoptères xylophages, rongeurs de bois, mais arrête ces abattages aussitôt.

Migrations 

La Pologne, comme la Hongrie, s'oppose aux règles de la solidarité européenne face aux demandeurs d'asile dans l'UE, notamment au système de quotas de réfugiés prévus lors de la crise des années 2015-2016.

Les deux pays tentent en vain, en 2023, de bloquer un compromis sur une nouvelle politique migratoire européenne.

Rhétorique anti-migrants 

Les partisans du PiS affirment que leur victoire permettra au parti de concrétiser sa vision d'une Pologne puissante et souveraine, fondée sur des valeurs traditionnelles.

"Il n'y a rien de mieux en vue", dit Eugeniusz Krzyszton, un petit agriculteur de 71 ans vivant à Godziszow, un village qui a voté à 89% pour le PiS lors des dernières élections de 2019.

Interrogé sur les problèmes économiques que la Pologne a connus ces dernières années, il répond que "le gouvernement a fait de son mieux".

La campagne a été très polarisée, marquée par une série d'attaques personnelles contre Donald Tusk, orchestrée par le parti au pouvoir qui l'a accusé d'agir dans l'intérêt de Berlin, Moscou et Bruxelles.

Le PiS a intensifié sa rhétorique anti-migrants: le Premier ministre Mateusz Morawiecki a déclaré jeudi que les familles polonaises devraient être protégées contre ces immigrés illégaux "qui n'ont aucun respect pour notre culture".

Selon l'opposition, une victoire du PiS entraînerait des tensions croissantes avec l'Union européenne. L'opposition accuse le gouvernement de préparer un "Polexit", c'est-à-dire la sortie de l'UE.

De nombreux partisans de l'opposition et des organisations non gouvernementales avertissent qu'un troisième mandat des nationalistes affaiblirait davantage les libertés démocratiques, telles que l'Etat de droit et les droits des médias.

"Il est grand temps de revenir à la normale, à l'Etat de droit, à la liberté de choix et d'expression", souligne Monika Pieleszynska, une employée de bureau de 43 ans, lors d'un grand rassemblement de l'opposition ce mois-ci.

Dates clés de l'histoire post-communiste de la Pologne

Voici quelques dates clés de l'Histoire récente de la Pologne :

1989 : Chute du communisme

La Pologne fut dirigée par le Parti communiste de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1989.

Après des négociations dites de la Table ronde entre le régime du général Wojciech Jaruzelski et l'opposition dirigée par l'icône de la lutte anticommuniste Lech Walesa, les Polonais ont voté le 4 juin 1989 lors d'élections législatives partiellement libres, une première derrière le rideau de fer.

Ces élections ont conduit à un changement non violent de régime et à des réformes démocratiques.

1999 : Adhésion à l'Otan 

En 1999, la Pologne rejoint l'Alliance atlantique, tout comme la République tchèque et la Hongrie. Depuis, elle est protégée par les engagements de l'Otan en matière de défense collective, inscrits à l'article 5 de son traité fondateur.

2004 : Adhésion à l'UE 

La Pologne a rejoint l'Union européenne en 2004, dans le cadre du plus grand mouvement d'élargissement de l'histoire de cette organisation.

À la suite de l'adhésion, des millions de travailleurs polonais ont bénéficié de la liberté de circulation et ont émigré vers d'autres pays de l'UE, créant d'importantes diasporas en Allemagne, aux Pays-Bas, en Irlande et en Grande-Bretagne.

La Pologne n'a pas adopté la monnaie commune de l'Union européenne, l'euro. Elle est sortie relativement indemne de la crise financière mondiale de 2008 et a été le seul Etat membre de l'UE à éviter la récession.

2005 : Premier gouvernement du PiS 

En 2005, le conservateur catholique Jaroslaw Kaczynski, cofondateur et chef du parti Droit et Justice (PiS), remporte les élections législatives.

Peu après, son frère jumeau Lech est élu président.

Le PiS n'est resté au pouvoir que deux ans, la Plateforme civique, un parti libéral et centriste, prenant le relais en 2007 et gouvernant jusqu'en 2015.

2010 : Accident d'avion à Smolensk 

En 2010, un avion transportant le président polonais Lech Kaczynski s'est écrasé dans la forêt près de Smolensk en Russie, tuant les 96 personnes à bord.

La délégation officielle se rendait aux cérémonies commémorant l'assassinat de milliers de Polonais par la police secrète soviétique à Katyn, en 1940.

L'accident a suscité une vive controverse et un débat national, Jaroslaw Kaczynski le qualifiant de "crime de Poutine" et d'"attentat de Smolensk".

La Russie a catégoriquement rejeté toute responsabilité de l'accident, rejetant la faute sur la Pologne.

2015 : Droit et Justice de retour au pouvoir 

En 2015, le PiS a repris le pouvoir en remportant les élections législatives et présidentielles. Depuis, il s'est souvent heurté à l'UE, notamment sur la question de l'Etat de droit et de l'immigration.

Au plus fort de la crise migratoire en Europe, le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, a marqué des points auprès de l'électorat avec sa rhétorique anti-immigration, notamment en mettant en garde contre les maladies et "toutes sortes de parasites" que les migrants pourraient apporter.

Le gouvernement PiS a refusé de participer à un plan de relocalisation des migrants et d'accueillir une part de demandeurs d'asile arrivés en Grèce et en l'Italie, dans le cadre d'un système européen de quotas.

2022 : Allié de l'Ukraine 

En février 2022, lorsque la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l'Ukraine, la Pologne a servi de refuge pour des centaines de milliers de réfugiés fuyant le pays.

Plus de 974.000 réfugiés ukrainiens résident en Pologne.

Varsovie est aussi devenue l'un des plus fidèles alliés de Kiev en termes d'aide militaire.

Elle a souvent appelé les pays de l'Otan à fournir des équipements militaires modernes à l'Ukraine, lui offrant ses propres chars Leopard 2 ainsi que ses chars et ses avions de combat datant de l'ère soviétique.

Avant les élections de dimanche, les relations entre les deux pays se sont détériorées, le PiS imposant un embargo sur les importations des céréales ukrainiennes, Kiev portant l'affaire devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Liens détériorés avec l'Ukraine 

Dorota Dakowska, professeure de science politique à Aix-en-Provence, dans le sud de la France, estime qu'il s'agira de "l'élection la plus importante" depuis le premier vote de la période post-communiste en 1989.

"Ce qui est en jeu, c'est l'avenir de la démocratie en Pologne et l'avenir de la Pologne en tant que démocratie et Etat de droit", déclare-t-elle.

Kiev aussi observe la situation avec circonspection, car un gouvernement polonais où la Confédération aurait son mot à dire risquerait de détourner Varsovie de sa voie pro-ukrainienne.

La Pologne a compté parmi les principaux soutiens de l'Ukraine au sein de l'UE et de l'Otan, et a accueilli un million de réfugiés ukrainiens, mais la lassitude grandit chez nombre de Polonais.

Le gouvernement s'est brouillé récemment avec l'Ukraine au sujet de l'interdiction d'importations de céréales, arguant de la nécessité de protéger les agriculteurs polonais.

Selon Marcin Zaborowski, expert au sein du groupe de réflexion Globsec, le parti au pouvoir avait adopté une position plus froide à l'égard de l'Ukraine dans le but d'obtenir des votes nationalistes.

"Après les élections, il risque d'être trop tard pour revenir sur cette position, car le mal aura été fait", prévient-il.


Trump mécontent de l'Iran malgré une percée selon le médiateur omanais

Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump se dit mécontent des négociations avec l’Iran et n’exclut pas des frappes, tout en affirmant n’avoir pris aucune décision finale, malgré un important déploiement militaire américain au Moyen-Orient
  • Le médiateur omanais Badr Albusaidi annonce une percée : l’Iran accepterait de ne pas stocker d’uranium enrichi, tandis que Washington exige toujours l’arrêt total de l’enrichissement

WASHINGTON: Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.

Le président américain a déclaré à des journalistes "ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier", au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Mais "nous n'avons pas pris (de) décision finale" sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.

Le chef de la diplomatie omanaise a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.

"C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage", a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue "aucun enrichissement" d'uranium. "Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement au Texas (sud).

- Porte-avions déployés -

Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël - leur allié, et ennemi juré de l'Iran - en raison "de risques pour leur sécurité".

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lundi en Israël - que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a annoncé le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant "des détentions injustifiées", et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à "partir immédiatement".

Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'"il ne faut faire aucune concession" aux Américains.

Accusant Téhéran - qui dément - de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive", tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.

- Risque d'aggravation "rapide" -

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".

Le Royaume-Uni et le Canada ont dit retirer une partie de leur personnel diplomatique de Tel-Aviv, le centre économique d'Israël où la plupart des pays ont leur ambassade, par mesure de précaution.

Pékin et Ottawa ont tous deux appelé leurs ressortissants à évacuer l'Iran, tandis que Londres a retiré le personnel de son ambassade à Téhéran.

Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de "très bons progrès" dans les discussions avec les Etats-Unis.

Une prochaine session doit se tenir "très bientôt", après des discussions "entre équipes techniques" lundi à Vienne en Autriche, assistées "d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

"La paix est à portée de main", a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".


Au Japon, le sort du macaque Punch attire les foules et relance le débat sur les zoos

Cette photo, prise le 19 février 2026, montre Punch, un macaque mâle de sept mois abandonné par sa mère, assis avec une peluche d’orang-outan au zoo d’Ichikawa, préfecture de Chiba. (AFP)
Cette photo, prise le 19 février 2026, montre Punch, un macaque mâle de sept mois abandonné par sa mère, assis avec une peluche d’orang-outan au zoo d’Ichikawa, préfecture de Chiba. (AFP)
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  • Punch, un bébé macaque au Japon, est devenu une star des réseaux sociaux après avoir été vu cherchant du réconfort auprès d’une peluche orang-outan, attirant des milliers de visiteurs au zoo d’Ichikawa
  • L’histoire met en lumière la captivité animale, suscitant des réactions en ligne, dont un message de l’Ambassade de Cuba en France établissant un parallèle avec d’autres crises humanitaires

TOKYO: Le bébé macaque Punch, devenu une vedette des réseaux sociaux au Japon, relance le débat sur la captivité animale dans les zoos, tandis que son histoire a également suscité des réactions au-delà du cadre animalier.

Au Zoo d'Ichikawa, près de Tokyo, Punch, un bébé macaque abandonné par sa mère, est devenu une célébrité après la diffusion d’images le montrant harcelé par d’autres singes et cherchant du réconfort auprès d’une peluche orang-outan. Rejeté à sa naissance en juillet, il a d’abord été élevé par des soigneurs humains avant d’entamer récemment son apprentissage pour rejoindre ses congénères.

Les images du petit primate enlacé à son jouet ont suscité une vague d’émotion en ligne, donnant naissance au hashtag #HangInTherePunch et attirant des milliers de visiteurs. Durant un long week-end férié, plus de 5.000 personnes se sont rendues lundi au zoo pour tenter d’apercevoir l’animal, selon l’établissement, qui a indiqué avoir mis en place une zone d’accès restreinte autour d’une partie de l’enclos afin de limiter le stress.

Pour l’association PETA (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux), le cas de Punch illustre « la cruauté des zoos ».

« Les zoos ne sont pas des sanctuaires : ce sont des lieux où les animaux sont confinés, privés d’autonomie et de leur environnement familier et social qu’ils auraient eu à l’état sauvage », a déclaré l'association PETA.

L’émotion suscitée par le bébé macaque a également eu des retombées commerciales. Le géant suédois IKEA, fabricant de la peluche orang-outan à laquelle s’accroche Punch, a constaté un intérêt « sans précédent » pour le produit. Le groupe Ingka, qui contrôle la majorité des magasins IKEA, a indiqué que les ventes étaient « nettement » supérieures à la normale et que la peluche était en rupture de stock sur certains marchés, notamment au Japon et aux États-Unis.

Réactions sur les réseaux sociaux

L’histoire de Punch a également suscité des commentaires au-delà du cadre animalier. Le 24 février, l’Ambassade de Cuba en France a publié un message sur X, établissant un parallèle avec la situation à Gaza et dénonçant « l’empathie sélective ».

Ce message s’inscrit dans une série de réactions en ligne comparant l’émotion suscitée par le sort du jeune macaque à celle provoquée par d’autres crises humanitaires, notamment à Gaza, illustrant la portée internationale qu’a prise l’histoire de Punch sur les réseaux sociaux.


A Genève, de nouveaux pourparlers entre Iran et Etats-Unis

 L'Iran et les Etats-Unis se retrouvent jeudi pour une troisième session de pourparlers indirects en Suisse, avec pour objectif de sortir du flou actuel "ni guerre ni paix", selon les mots du président iranien. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis se retrouvent jeudi pour une troisième session de pourparlers indirects en Suisse, avec pour objectif de sortir du flou actuel "ni guerre ni paix", selon les mots du président iranien. (AFP)
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  • Depuis janvier, chaque partie se dit ouverte au dialogue mais aussi prête à l'action militaire, laissant le champ ouvert à tous les scénarios
  • Le président américain Donald Trump, qui a envoyé dans le Golfe un dispositif militaire massif, répète qu'il préfère une résolution du différend par la diplomatie, mais a accusé mardi Téhéran d'avoir de "sinistres ambitions nucléaires"

GENEVE: L'Iran et les Etats-Unis se retrouvent jeudi pour une troisième session de pourparlers indirects en Suisse, avec pour objectif de sortir du flou actuel "ni guerre ni paix", selon les mots du président iranien.

Mais quelques heures avant l'ouverture de ces discussions à Genève, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a fait part d'"un gros problème", accusant Téhéran de refuser de parler de son programme de missiles balistiques - un dossier que souhaite aborder Washington comme la question du nucléaire.

Depuis janvier, chaque partie se dit ouverte au dialogue mais aussi prête à l'action militaire, laissant le champ ouvert à tous les scénarios.

Le président américain Donald Trump, qui a envoyé dans le Golfe un dispositif militaire massif, répète qu'il préfère une résolution du différend par la diplomatie, mais a accusé mardi Téhéran d'avoir de "sinistres ambitions nucléaires".

L'Iran a "développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases" militaires et cherche à en concevoir des plus puissants encore, capables "d'atteindre bientôt les Etats-Unis", a-t-il assuré.

"Gros mensonges", a répondu le ministère iranien des Affaires étrangères, alors que l'Iran affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km.

Il dispose d'un large arsenal d'engins conçus localement, notamment des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré, et quelques pays d'Europe orientale.

"Opportunité historique" 

Le sujet est au cœur de la discorde entre les deux pays ennemis: Washington veut inclure le programme de missiles balistiques dans les discussions, mais aussi la question du soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël, ce que l'Iran refuse.

La République islamique souhaite en effet limiter les négociations au volet nucléaire et exige la levée des sanctions qui étranglent son économie.

"Le président souhaite des solutions diplomatiques. Il les préfère, il les préfère largement. Je ne qualifierais donc pas la journée de demain (jeudi) autrement que comme une série de discussions, qui, je l'espère, seront productives, mais au final, vous savez, nous devrons discuter d'autres sujets que le seul programme nucléaire", a déclaré Marco Rubio lors d'une conférence de presse à Saint-Kitts-et-Nevis.

Malgré ces divergences, l'Iran assure qu'un accord est "à portée de main", selon le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, qui mène la délégation aux négociations, invoquant une "opportunité historique".

Le président Massoud Pezeshkian a pour sa part évoqué une "perspective favorable", disant espérer sortir de "cette situation +ni guerre ni paix"+.

Mais "le succès de ces négociations dépend du sérieux de l'autre partie et de sa capacité à éviter les comportements et les positions contradictoires", a souligné M. Araghchi dans un communiqué tôt jeudi.

Les Etats-Unis sont représentés par l'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, qui en parallèle doivent mener des pourparlers avec l'Ukraine, également à genève jeudi.

L'Iran et les Etats-Unis ont repris le dialogue début février à Oman, pays médiateur, puis se sont retrouvées une première fois en Suisse le 17.

"Appréhension" régionale 

Un précédent cycle de négociations avait été stoppé net au printemps 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l'Iran.

Washington avait à cette occasion frappé des sites nucléaires en Iran et Donald Trump avait assuré avoir "anéanti" son programme nucléaire, même si l'étendue exacte des dégâts n'est pas connue.

Les Occidentaux et Israël craignent que l'Iran ne cherche à se doter de la bombe atomique, tandis que Téhéran met en avant son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.

Les nouvelles tensions entre Washington et Téhéran sont apparues après la répression dans le sang en janvier d'un vaste mouvement de contestation en Iran.

Donald Trump avait alors promis de venir "en aide" au peuple iranien.

"On a vu en janvier un grand effort d'un certain nombre d'Etats au Moyen-Orient pour convaincre les Etats-Unis" de ne pas frapper l'Iran, relève Emile Hokayem, de l'Institut international d'études stratégiques (IISS), établi à Londres.

"Mais il y a beaucoup d'appréhension à l'heure actuelle car on s'attend à ce que ce soit (une guerre) plus importante" qu'en juin 2025 avec "des Iraniens qui se battront davantage", poursuit-il.

Tayebeh, femme au foyer de Téhéran âgée de 60 ans a dit s'inquiéter des conséquences d'une offensive américaine, mais aussi vouloir sortir de l'incertitude.

"Trump a déclaré que la guerre serait très mauvaise pour l'Iran (...) La population souffrirait énormément", a-t-elle dit à l'AFP sous couvert d'anonymat. "Les gens souffrent déjà aujourd'hui, mais au moins, avec la guerre, notre sort serait clair."