Un rapport révèle les défis auxquels l'Arabie saoudite sera confrontée si le climat se réchauffe de 3 °C

Les conséquences de la crue soudaine qui a balayé la ville de Djeddah, sur la mer Rouge, le 25 novembre 2009, faisant plus de cent morts, après des heures de pluies exceptionnellement fortes. (AFP/photo d'archives)
Les conséquences de la crue soudaine qui a balayé la ville de Djeddah, sur la mer Rouge, le 25 novembre 2009, faisant plus de cent morts, après des heures de pluies exceptionnellement fortes. (AFP/photo d'archives)
Couverture du Climate Futures Report: Saudi Arabia in a 3-Degrees Warmer World («Rapport sur l’avenir du climat: l’Arabie saoudite dans un monde plus chaud de 3 °C»), fruit d'une collaboration entre Kaust, AEON Collective et Kapsarc.
Couverture du Climate Futures Report: Saudi Arabia in a 3-Degrees Warmer World («Rapport sur l’avenir du climat: l’Arabie saoudite dans un monde plus chaud de 3 °C»), fruit d'une collaboration entre Kaust, AEON Collective et Kapsarc.
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Publié le Vendredi 13 octobre 2023

Un rapport révèle les défis auxquels l'Arabie saoudite sera confrontée si le climat se réchauffe de 3 °C

  • Une étude met en évidence la dure réalité: l'Arabie saoudite est témoin du changement climatique à un rythme accéléré par rapport à d'autres régions
  • Le rapport souligne toutefois que de nombreuses conséquences négatives du changement climatique peuvent encore être évitées

DJEDDAH: Un rapport historique publié lors de la Semaine du climat du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, qui s'est déroulée du 8 au 12 octobre, met en lumière les défis auxquels l'Arabie saoudite pourrait être confrontée dans un monde plus chaud de 3 °C.

Intitulé «Climate Futures Report: Saudi Arabia in a 3-Degrees Warmer World» («Rapport sur l’avenir du climat: l’Arabie saoudite dans un monde plus chaud de 3 °C»), le document met en évidence la situation de l'Arabie saoudite, témoin du changement climatique à un rythme accéléré par rapport à d'autres régions.

Ce rapport de 133 pages est le fruit d'une collaboration entre l'Université des sciences et technologies du roi Abdallah (Kaust), AEON Collective et le Centre d'études et de recherche sur le pétrole du roi Abdallah (Kapsarc).

Il souligne que si la température moyenne mondiale est en passe d'augmenter de près de 3 °C d'ici à la fin du siècle par rapport à la période préindustrielle de 1850-1900, la région Mena, qui comprend l'Arabie saoudite, pourrait connaître ce changement bien plus tôt.

Le résultat exact dépend fortement des scénarios socio-économiques et d'émissions spécifiques, ce qui souligne la relation importante entre les choix politiques, la croissance socio-économique et le changement climatique.

Selon le pire scénario, les températures dans la péninsule Arabique pourraient augmenter de 5,6 °C d'ici à la fin du siècle.

Matthew McCabe, professeur à la Kaust et rédacteur en chef coordinateur, a insisté sur la nécessité de cette évaluation.

«Le rapport sur l'avenir du climat comble une lacune importante en offrant une vue d'ensemble des conséquences interconnectées et en cascade que le changement climatique aura sur différents secteurs de la société saoudienne – entre autres, la dégradation des écosystèmes naturels, une pression croissante sur les environnements urbains et des impacts directs sur la santé humaine», a-t-il affirmé.

La princesse Mashael AlShalan, du collectif Aeon, qui est l'un des auteurs du rapport, a précisé: «Le changement climatique ne remet pas seulement en cause notre environnement; il affecte tous les aspects de notre vie, notre santé, notre alimentation, notre eau, ainsi que notre économie. Nos actions d'aujourd'hui décideront: ou nous serons en mesure de relever ces défis, ou nous devrons faire face à des dommages irréversibles.»

Le rapport propose une analyse complète des ramifications du changement climatique sur les divers habitats de l'Arabie saoudite. Les systèmes marins sont soumis à un stress important avec des phénomènes tels que le blanchiment des coraux, qui deviennent de plus en plus fréquents.

Les déserts pourraient s'étendre davantage en raison de l'irrégularité des précipitations, de l'augmentation des températures et du surpâturage, ce qui constituerait une menace pour la végétation et la faune indigènes.

Les effets sur la santé humaine deviendront également plus prononcés, la détérioration de la qualité de l'air exacerbant les problèmes respiratoires. En outre, on s'inquiète de plus en plus du fait que le changement climatique pourrait créer des conditions plus favorables aux maladies à transmission vectorielle telles que la malaria et la dengue.

Le rapport souligne toutefois que de nombreuses conséquences négatives du changement climatique peuvent encore être évitées.

Ces dernières années ont été marquées par la volonté de l'Arabie saoudite de poursuivre le changement transformationnel en mettant l'accent sur la protection, la préservation et la restauration du capital naturel.

Compte tenu de son vaste potentiel solaire, de son engagement en faveur de la diversification économique dans le cadre de Vision 2030 et de son importance stratégique sur le marché mondial de l'énergie, le Royaume est particulièrement bien placé pour devenir un leader mondial en matière de lutte contre le changement climatique et d'adaptation à ses effets.

(Avec SPA)

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.

 

 


Le Koweït attaqué par des missiles et des drones 

L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
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  • "Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens"
  • L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones

KOWEIT: L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.

Six personnes ont été blessées lundi au Koweït après des attaques de missiles et de drones iraniens, ont annoncé les autorités du pays, alors que Téhéran poursuit ses frappes contre ses voisins du Golfe.

Les secours sont intervenus à l'aube "après la chute de projectiles et des débris sur une zone résidentielle dans le nord du pays", soignant six personnes, dont une a été transportée à l'hôpital, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué.

L'armée koweïtienne avait fait état dans la nuit de plusieurs attaques de missiles et de drones.

"Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens", a indiqué, sur le réseau X, l'armée, qui avait déjà fait part de deux autres alertes dans la nuit de dimanche à lundi.

L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.


Liban: frappe israélienne à proximité du principal hôpital de Beyrouth

 Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
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  • Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé
  • La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale

BEYROUTH: Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer.

Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé.

La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale.

Une équipe de l'AFP a vu une vingtaine de personnes, certaines en pleurs, devant l'entrée de l'hôpital, alors que des ambulances, sirènes hurlantes, transportaient des blessés.

"Nous avons perdu nos maisons, où pouvons-nous aller?", s'écriait Nancy Hassan, 53 ans, une habitante du quartier visé. "Ma fille qui avait 23 ans a été tuée" lors de la précédente guerre avec Israël, "et aujourd'hui, ses voisines et amies ont été tuées", a-t-elle ajouté.

Deux Soudanais ont été tués, ainsi qu'une adolescente de 15 ans, a indiqué à l'AFP le docteur Zakaria Tawbé, directeur adjoint de l'hôpital, où sont soignés 31 des blessés.

"La frappe a été très violente" et des "malades ont fait des crises de panique", a-t-il raconté, ajoutant que l'établissement n'a subi que des dégâts mineurs.

"Ils ont frappé une zone totalement civile, il y a surtout des migrants, des Soudanais... Les gens étaient chez eux, et ils les ont frappés. C'est ça leurs objectifs militaires?", s'insurgeait Abou Qassem, un habitant du quartier.

Médecins sans Frontières (MSF) a condamné cette frappe sur X, rappelant que "des frappes aussi proches d'un hôpital suscitent la peur et peuvent dissuader les gens de se faire soigner".

"Lorsque des frappes touchent sans avertissement des zones résidentielles densément peuplées, les conséquences sont graves, tant en termes de pertes humaines que de capacité des hôpitaux à faire face", a dénoncé l'ONG.

Stations-service visées 

Une frappe a en outre visé un appartement d'un immeuble d'habitation à Aïn Saadeh, ville à l'est de Beyrouth, faisant trois morts dont deux femmes, selon le ministère libanais de la Santé.

Un responsable local des Forces libanaises, un parti chrétien opposé au Hezbollah pro-iranien, serait mort dans cette frappe, selon l'Agence nationale d'informations (Ani).

Les frappes israéliennes ont fait 1.467 tués et près de 4.500 blessés depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale début mars, et plus d'un million de déplacés.

L'aviation israélienne, qui a survolé la capitale à basse altitude, a également mené huit frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, désertée par une grande partie de ses habitants et dont s'élevaient d'épaisses colonnes de fumée.

L'armée israélienne a annoncé avoir lancé des frappes à Beyrouth "sur des centres de commandement du Hezbollah", et a affirmé avoir touché "plus de 15 stations-service" de la compagnie Al-Amana depuis le début de la guerre, qu'il accuse d'être "contrôlée" par la formation pro-iranienne.

Depuis le sud du Liban où Israël poursuit son invasion, le chef d'état major israélien Eyal Zamir a promis d"intensifier" les opérations contre le Hezbollah, selon un communiqué militaire.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Ces bombardements interviennent alors que le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie a fermé après des menaces israéliennes de le viser samedi soir. Israël l'avait déjà bombardé en 2024 lors de sa précédente guerre contre le Hezbollah.

Famille décimée 

Dans le sud du pays, où l'aviation israélienne a continué de bombarder, six membres d'une même famille ont été tués dans la localité de Kfar Hatta. Ils n'avaient pas pu évacuer à temps, malgré un avertissement samedi sur ce village à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière.

Cette famille, déjà déplacée d'un village plus au sud et sans moyen de transport, attendait un proche venu les évacuer, selon la Défense civile. Cet homme a également été tué, portant le bilan à sept morts, dont une fillette de quatre ans.

A Toul, toujours dans le sud du Liban, une autre frappe a tué un couple et blessé leurs deux enfants, selon le ministère de la Santé.

Alors que l'armée israélienne progresse dans la zone frontalière du sud, provoquant de larges destructions sur son passage, le président libanais Joseph Aoun a renouvelé son appel à des négociations directes avec Israël pour éviter que le sud du pays ne devienne "un nouveau Gaza".

"Pourquoi ne pas négocier pour arrêter ces tragédies (...) sauver ce qui reste de maisons qui n'ont pas encore été détruites?", a-t-il dit dans un discours.