Hubert Reeves, le conteur d'étoiles qui voulait sauver la Terre

L'astrophysicien canadien-français Hubert Reeves (Photo de MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)
L'astrophysicien canadien-français Hubert Reeves (Photo de MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)
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Publié le Samedi 14 octobre 2023

Hubert Reeves, le conteur d'étoiles qui voulait sauver la Terre

  • Mort à Paris, Hubert Reeves fut un conteur magistral de l'histoire de l'Univers, la passion de sa vie, mais aussi l'un des plus ardents défenseurs de la planète bleue
  • Né à Montréal le 13 juillet 1932, le scientifique aux allures de druide gaulois avait l'art de rendre intelligibles les phénomènes physiques les plus complexes

MONTREAL: Il avait la tête dans les étoiles, et les pieds bien sur Terre: l'astrophysicien Hubert Reeves, mort vendredi à 91 ans à Paris, fut un conteur magistral de l'histoire de l'Univers, la passion de sa vie, mais aussi l'un des plus ardents défenseurs de la planète bleue.

"Toute ma famille se joint à moi dans la douleur de devoir vous annoncer que notre cher père est parti rejoindre les étoiles", a annoncé sur Facebook son fils Benoit Reeves.

Le scientifique est décédé à Paris, vendredi, a précisé à l'AFP Laurence Honnorat, proche de la famille.

Célèbre dans le monde pour son travail de vulgarisation sur le cosmos, le scientifique franco-canadien aux allures de druide gaulois avait l'art de rendre intelligibles les phénomènes physiques les plus complexes, "à tous ceux que le monde émerveillait", comme lui.

Né à Montréal le 13 juillet 1932, c'est dans la maison familiale de Bellevue, au Québec, que tout jeune, Hubert Reeves commence à assouvir sa soif de connaissances.

La nuit venue, la famille sortait pour admirer le ciel: le jeune Reeves apprend à reconnaître les constellations avec une planche cartonnée.

"De ma vie, je ne crois pas avoir fait d'efforts plus rentables", raconte-t-il dans ses mémoires "Je n'aurai pas le temps" (Editions du Seuil).

Le petit garçon est fasciné par le père Louis-Marie, ex-amoureux de sa mère devenu moine, qui lui fait découvrir son laboratoire à la ferme expérimentale de la Trappe: "J'ai profité de ses enseignements, et j'ai compris, grâce à lui, le plaisir qu'il y a à révéler le monde aux gens".

Les mathématiques l'amusent et il excelle en physique: à 18 ans il décide de devenir astronome.

Il choisit de faire un doctorat dans la prestigieuse université américaine de Cornell (Etat de New York), où il vit "des moments délicieux" à "apprendre toujours quelque chose" dans une ambiance "exaltante".

Talent de conteur
Le jeune chercheur se passionne pour la naissance, la vie et la mort des étoiles, s'interroge sur le big bang originel et devient conseiller scientifique à la Nasa, au début des années soixante alors que les Etats-Unis se ruent dans la conquête de l'espace.

Pourtant, c'est en Belgique, à l'invitation de l'Université de Bruxelles, qu'il choisit de poursuivre une carrière d'enseignant, en 1964, avant de débarquer en France un an plus tard, où il se fixera comme directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et conseiller au Commissariat à l'énergie atomique (CEA).

Il enchaîne les conférences et les congrès internationaux, poursuit ses travaux de recherche, donne des cours à l'université de Montréal.

Sa vie privée en souffre: il divorce, déprime un temps, reprend le dessus, se remarie et achète une ferme à retaper en Bourgogne, où il viendra ensuite régulièrement se ressourcer.

Ayant hérité d'un talent de conteur de sa grand-mère maternelle Charlotte Tourangeau, qui le faisait rêver quand il était petit en lui racontant des histoires sans fin, il décide d'écrire un livre - "Patience dans l'azur" (1981) - pour raconter l'histoire de l'univers.

Le succès est au-delà de toute attente et Hubert Reeves commence alors une seconde carrière, de vulgarisateur scientifique.

Parmi ses très nombreux livres, il publie "Poussières d'étoiles" en 1984 puis "L'heure de s'enivrer" en 1986, "La mer expliquée à nos petits-enfants" (2015), ou encore "La fureur de vivre" (2020).

L'astronomie est un sujet complexe mais il passionne un large public, car il sait rendre sa pensée accessible. Sa citation "Regarder loin, c'est regarder tôt", pour évoquer l'espace-temps, en est l'illustration.

Hubert Reeves, qui, sur décision de l'Union astronomique internationale, a donné en 1999 son nom à un astéroïde, réalise de nombreux films, émissions de télévision et spectacles scientifiques. Une question fondamentale sous-tend sa réflexion: l'Univers a-il un sens ?

Une affaire de «coeur»
Sa connaissance des planètes et sa passion pour la nature le poussent aussi à s'engager pour la défense de la Terre et son environnement.

En 2001, il devient président de l'association Humanité et Biodiversité. Il ne cesse d'alerter contre le massacre des espèces et le réchauffement climatique, et d'interpeller les politiques.

Il faut "empêcher que la planète devienne inhabitable", plaidait-il à l'Elysée en 2014 lors d'une conférence environnementale.

"Nous sommes devant un combat entre deux puissances opposées: la détérioration de la planète (...) et les projets de restauration. (...) Qui va l'emporter? Personne ne le sait", s'alarmait lors d'une intervention poignante ce père de quatre enfants, huit fois grand-père.

Sauver la planète était pour lui une affaire de "coeur". "L'écologie, ce n'est pas +un+ grand problème, mais des millions de petits problèmes", parfois quotidiens, alors il faut que les gens aient "envie de les aborder", disait-il dans un entretien à l'AFP, en 2018, lors de la sortie d'un documentaire bâti autour de son engagement envers la biodiversité, "La Terre vue du coeur".


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
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  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
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  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.

 

 


Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires

Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires
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  • Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte
  • Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 48 heures du blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique.

"Dix navires ont été refoulés et AUCUN navire n'a réussi à franchir le blocus depuis son entrée en vigueur lundi", a déclaré le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dans une publication sur X.

Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte.

Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain, même si certains ont ensuite fait demi-tour, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport maritime, notamment d'hydrocarbures, est paralysé par l'Iran depuis le début de la guerre.

Faute d'accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit, l'armée américaine a annoncé dimanche imposer son propre blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens" depuis lundi, à 14H00 GMT.