Enquête préliminaire pour «apologie du terrorisme» après un post du joueur niçois Atal

Le défenseur algérien de Nice, Youcef Atal, lors du match de football de la Ligue 1 française entre l'OGC Nice et le Toulouse FC au stade Allianz Riviera à Nice, dans le sud-est de la France, le 21 mai 2023. (Photo de Nicolas TUCAT / AFP)
Le défenseur algérien de Nice, Youcef Atal, lors du match de football de la Ligue 1 française entre l'OGC Nice et le Toulouse FC au stade Allianz Riviera à Nice, dans le sud-est de la France, le 21 mai 2023. (Photo de Nicolas TUCAT / AFP)
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Publié le Lundi 16 octobre 2023

Enquête préliminaire pour «apologie du terrorisme» après un post du joueur niçois Atal

  • Saisi par le préfet des Alpes-Maritimes Hugues Moutouh et le maire de Nice Christian Estrosi (Horizons), le procureur de Nice a annoncé dans un communiqué l'ouverture d'une enquête, confiée à la police judiciaire
  • Sur Instagram, Atal avait réagi dimanche: «J'ai conscience que ma publication a choqué plusieurs personnes, ce qui n'était pas mon intention et je m'en excuse»

NICE: Le défenseur international algérien de Nice Youcef Atal fait l'objet d'une enquête préliminaire pour "apologie du terrorisme", après avoir relayé des propos soupçonnés d'inciter à la haine en lien avec le conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Depuis samedi, les réactions se sont multipliées pour dénoncer le partage, sur le compte Instagram du footballeur, d'une vidéo d'un prédicateur tenant, selon ces sources, des propos antisémites appelant à la violence.

Cette publication a depuis été effacée par le joueur de 27 ans, qui a présenté ses excuses, et l'AFP n'a pas été en mesure de vérifier son contenu exact de manière indépendante. Lundi, les critiques contactés par l'AFP n'étaient pas en mesure de fournir la vidéo incriminée.

Saisi par le préfet des Alpes-Maritimes Hugues Moutouh et le maire de Nice Christian Estrosi (Horizons), le procureur de Nice a annoncé dans un communiqué l'ouverture d'une enquête, confiée à la police judiciaire.

Elle porte sur des soupçons d'"apologie du terrorisme" et de "provocation à la haine ou à la violence à raison d'une religion déterminée".

"Sous réserve de la traduction qui sera réalisée des propos tenus par ce prédicateur, la diffusion et le relais d'un tel appel à la haine, a fortiori lorsqu'il s'agit d'une personnalité publique susceptible d'être prise en exemple par de nombreux jeunes, dans un contexte d'extrême tension internationale (...) me paraît devoir faire l'objet d'une réponse pénale ferme", a déclaré M. Estrosi dans son courrier au parquet.

Pendant le week-end, le conseil de l'éthique de la Fédération française de football (FFF) avait été saisi et le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Sud-Est avait indiqué que si une "traduction assermentée" confirmait la teneur des propos dénoncés, il se tenait prêt à porter plainte.

Dimanche, le président de la FFF Philippe Diallo avait dénoncé "les appels à la violence relayés" selon lui par le joueur. "Ils sont contraires à l'éthique de notre sport et aux valeurs que le football défend sans relâche".

Sur Instagram, Atal avait réagi dimanche: "J'ai conscience que ma publication a choqué plusieurs personnes, ce qui n'était pas mon intention et je m'en excuse".

 "Je condamne toute forme de violence" 

"Je tiens à clarifier mon point de vue sans aucune ambiguïté: je condamne fermement toute forme de violence, où que ce soit dans le monde, et je soutiens toutes les victimes. Jamais je ne soutiendrai un message de haine", a assuré Youcef Atal, sans expliquer pourquoi il avait partagé la vidéo.

Ces excuses n'ont pas atténué les critiques. Dans un communiqué, le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier a appelé l'OGC Nice à exclure le joueur et a demandé à la ministre des Sports "des sanctions exemplaires et historiques".

L'OGC Nice "prend la situation très au sérieux et a prévu de rencontrer Youcef dès son retour de sélection", a fait savoir à l'AFP une source au sein du club.

Originaire de la région de Tizi-Ouzou, en Kabylie (Algérie), Youcef Atal a joué dans plusieurs clubs d'Alger avant de partir en 2017, à 21 ans, pour Courtrai (Belgique), puis de s'installer à Nice à l'été 2018.

Défenseur latéral droit rapide et offensif, il est un élément important de l'équipe de Nice, même si des blessures récurrentes l'ont empêché d'être régulier à très haut niveau.

Sur le plan international, il compte plus de 30 sélections avec l'équipe d'Algérie et a été sacré champion d'Afrique sous le maillot de son pays en 2019. Lundi soir, il était titulaire pour un match amical contre l'Egypte aux Emirats arabes unis.

En 2020, il avait déjà dû présenter des excuses après avoir "liké" sur Instagram un message polémique du combattant russe de MMA Khabib Nurmagomedov.

"Qu'Allah lâche Son châtiment sur quiconque empiète sur l'honneur du meilleur des hommes, son prophète Mahomet", appelait Nurmagomedov en russe à propos des caricatures qui venaient d'être republiées.

D'autres joueurs internationaux comme le Français Presnel Kimpembe ou l'Allemand Antonio Rüdiger s'étaient également excusés après avoir "liké" le même post.


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.