L'opposition pro-européenne remporte les législatives en Pologne

Le principal chef de l'opposition polonaise, ancien Premier ministre et chef du bloc centriste de la Coalition civique, Donald Tusk, s'adresse à ses partisans au siège du parti à Varsovie, en Pologne, le 15 octobre 2023 (Photo, AFP).
Le principal chef de l'opposition polonaise, ancien Premier ministre et chef du bloc centriste de la Coalition civique, Donald Tusk, s'adresse à ses partisans au siège du parti à Varsovie, en Pologne, le 15 octobre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 17 octobre 2023

L'opposition pro-européenne remporte les législatives en Pologne

  • La Commission électorale doit annoncer les résultats définitif et le partage des sièges officiel mardi
  • Le PiS obtiendrait 196 sièges, et son allié potentiel d'extrême droite la Confédération, 15 sièges, soit 211 ensemble

VARSOVIE: L'opposition centriste pro-européenne a remporté les législatives en Pologne, selon les résultats partiels quasi complets publiés lundi soir, au lendemain de ces élections jugées cruciales pour l'avenir du pays et qui ont enregistré un record de participation.

Selon les résultats partiels publiés après le dépouillement de 99,54% des bulletins de vote, le scrutin devrait mettre fin à huit ans de gouvernement du parti populiste nationaliste Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, au discours eurosceptique et anti-immigrés.

Les résultats montrent que le PiS est en tête du scrutin avec 35,58%, mais sans majorité, tandis que la Coalition civique de M. Tusk, le parti la Troisième Voie et la Gauche obtiennent ensemble plus de 53,52%.

La Commission électorale doit annoncer les résultats définitifs et le partage des sièges officiel mardi.

"La Pologne a gagné, la démocratie a gagné, nous les avons chassés du pouvoir", a déclaré dès dimanche soir Donald Tusk, le président de la Coalition civique (KO, opposition) et ex-président du Conseil européen. "C'est la fin de cette mauvaise période, c'est la fin du règne du PiS".

Selon les projections de l'institut de sondage Ipsos, la Coalition civique de Donald Tusk obtiendrait 158 sièges, la Troisième voie (chrétiens-démocrates) 61 et la Gauche 30, soit 249 sièges pour l'opposition pro-européenne sur un total de 460.

Le PiS obtiendrait 196 sièges, et son allié potentiel d'extrême droite, la Confédération 15 sièges, soit 211 ensemble.

Record de participation 

Le scrutin a connu un record historique de participation, avec 74,25% des électeurs qui se sont rendus aux urnes. Un chiffre qui dépasse même largement celui des législatives de 1989 (62,7%) qui ont marqué la fin du communisme en Pologne.

Pour de nombreux responsables politiques et analystes, le scrutin de dimanche était d'une importance comparable à celui d'il y a 34 ans.

La participation des jeunes et surtout des jeunes femmes a été décisive, atteignant des niveaux inattendus, soulignent des experts.

"Il n'y a pas si longtemps, la moitié des femmes déclaraient qu'elles n'iraient pas voter", rappelle à l'AFP Justyna Kajta, une sociologue de l'université SWPS à Varsovie.

Or "il semblerait que les femmes ont été plus nombreuses que les hommes à se rendre aux urnes : près de 74% des femmes et 72% des hommes ont participé" aux élections.

"Simultanément, près de 70% des jeunes de 18 à 29 ans se sont mobilisés, comparé à 46% quatre ans plus tôt", ajoute-t-elle. "Ce bond est considérable en termes d'intérêt pour la politique et de participation".

Natalia Szydlik, une étudiante de Varsovie âgée de 20 ans, explique à l'AFP qu'"il y a certainement beaucoup d'espoir que les choses changent, principalement pour ce qui est des droits des femmes".

"Je crois vraiment que la Pologne retrouvera finalement sa place plus près de l'Europe, qu'on y sera de nouveau respectés, qu'on cessera de vivre comme au Moyen-Age surtout pour ce qui est des droits des femmes, c'est primordial pour moi", insiste Aleksandra Metlewicz, une décoratrice de 33 ans.

Pendant la campagne, Donald Tusk a promis de rétablir de bonnes relations avec Bruxelles et de débloquer les fonds européens gelés par l'UE en raison de différends survenus au cours des deux gouvernements dirigés par le PiS.

Il s'est dit confiant dans la possibilité de constituer une coalition.

"Nous parviendrons certainement à un accord", a-t-il assuré après l'annonce des premiers résultats, et les membres potentiels de la coalition ont fait des déclarations semblables.

Toutefois, les analystes avertissent que toute coalition gouvernementale issue de l'actuelle opposition pourrait être fréquemment en conflit avec le président Andrzej Duda, un proche du PiS.

Dans de premières déclarations après le vote, M. Duda s'est félicité du taux de participation élevé mais n'a pas dit à qui et quand il allait confier la formation du nouveau gouvernement.

Les résultats préliminaires ne donnent pas aux alliés potentiels de l'opposition la majorité des trois cinquièmes requise pour passer outre le veto présidentiel.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com