Liban: Le retrait de la Finul enverrait un mauvais signal, selon le ministre allemand de la Défense

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, et la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, à Berlin le 18 octobre 2023 (Photo, AP).
Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, et la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, à Berlin le 18 octobre 2023 (Photo, AP).
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Publié le Vendredi 20 octobre 2023

Liban: Le retrait de la Finul enverrait un mauvais signal, selon le ministre allemand de la Défense

  • Beyrouth se prépare à l'éventualité d'une guerre – les hôpitaux reçoivent des fournitures chirurgicales d'urgence
  • La visite de Pistorius intervient dans le contexte d'escalade entre Israël et le Hamas à Gaza

BEYROUTH: Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a mis en garde contre le retrait de la mission de maintien de la paix de l'ONU du Liban, soutenant qu'une telle décision enverrait un mauvais signal en ce moment.

Pistorius rendait visite à des soldats allemands engagés dans la force de maintien de la paix au Liban-Sud.

Berlin a déployé quelque 140 soldats sur une corvette au large des côtes libanaises et au quartier général de la Finul dans le sud du Liban.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) compte 9 994 soldats de la paix originaires de 49 pays.

La visite de Pistorius s'inscrit dans le contexte de l'escalade entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza et des affrontements sur la Ligne Bleue entre le Hezbollah et des groupes palestiniens avec les forces de défense israéliennes (FDI).

Ce jeudi, des ambassades arabes et étrangères ont déjà demandé à leurs ressortissants de quitter ou d'éviter de visiter le Liban.

Les pays concernés sont les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada, la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Arabie saoudite, le Koweït et le Bahreïn.

Ces avertissements ont été lancés alors que Pierre al-Achkar, président de la Fédération des syndicats touristiques, a déclaré que les récents événements avaient affecté l'activité régulière du secteur du tourisme après l'été.

Il a ajouté que les visiteurs européens ont annulé leurs réservations au Liban en octobre et en novembre à cause des avertissements aux voyageurs émis par leurs pays.

Le ministre intérimaire des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, a rencontré jeudi les ambassadeurs arabes au Liban.

Il a souligné l'importance d'un cessez-le-feu immédiat à Gaza, de la fourniture de l’aide, du refus des déplacements, de la fin de l'occupation israélienne et de la création d'un État palestinien comme solution.

L'Organisation mondiale de la santé a fourni une aide médicale au ministère libanais de la Santé.

Cette aide comprend les médicaments et les fournitures nécessaires aux opérations chirurgicales d'urgence provenant de la plate-forme logistique de l'OMS à Dubaï.

Elle sera distribuée aux hôpitaux publics et privés et aux personnes en danger, en particulier à Beyrouth et dans le sud.

Cela vise à fournir une assistance médicale aux patients blessés en cas de conflit militaire afin de prévenir toute crise sanitaire potentielle.

L'OMS a constaté que le système de santé libanais a été «paralysé dans le cadre de graves pénuries de médecins spécialisés et de personnel de santé, ainsi que de médicaments et d'équipements médicaux».

Solidarité avec la bande de Gaza

Ce jeudi également, le Premier ministre intérimaire, Najib Mikati, a rencontré des représentants des agences humanitaires, de développement et de secours des Nations unies opérant au Liban.

La discussion a porté sur les plans d'urgence élaborés par les Nations unies pour suivre l'évolution de la situation au Liban en termes de services, d'aide humanitaire, de santé et d'aspects sociaux.

Le major- général Mohammed al-Mustafa, secrétaire général du Conseil suprême de défense, et Imran Riza, coordinateur résident et humanitaire des Nations unies pour le Liban, ont pris part aux discussions.

Les ministres intérimaires de la Santé, de l'Intérieur et de l'Environnement étaient également présents.

Les manifestations auxquelles le Liban a assisté mercredi en solidarité avec la bande de Gaza se sont transformées en émeutes à proximité de l'ambassade des États-Unis dans la région d'Awkar, au Mont-Liban.

Les manifestants ont attaqué les bâtiments voisins et y ont mis le feu.

Les manifestants se sont déplacés de nuit à proximité de l'Université américaine de Beyrouth, ont attaqué ses murs et brisé des fenêtres.

Des policiers ont poursuivi les agresseurs et des mesures de sécurité strictes ont été mises en place jeudi matin.

Deux missiles ont été tirés depuis le Liban jeudi après-midi en direction des colonies d'Al-Manara et de Misgav Am en Haute Galilée, en face des villes de Mays al-Jabal et de Hula dans le sud du pays.

L'artillerie des FDI a pris pour cible les zones frontalières libanaises. Plusieurs villages du secteur ouest ont été soumis à des bombardements israéliens directs à l'aube.

Des avions de guerre israéliens ont effectué des raids dans les environs de la ville de Naqoura, mais aucune perte humaine ou dégât matériel n'ont été enregistrés.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
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  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
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  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.