Urgence à Gaza: L’aide des pays arabes aux Palestiniens

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont engagés à fournir une aide à Gaza, mais les organisations humanitaires ont du mal à accéder au poste frontière de Rafah (Photo, Getty Images/AFP).
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont engagés à fournir une aide à Gaza, mais les organisations humanitaires ont du mal à accéder au poste frontière de Rafah (Photo, Getty Images/AFP).
Une photo prise le 10 octobre 2023 montre les portes fermées du poste frontière de Rafah avec l'Égypte (Photo, AFP).
Une photo prise le 10 octobre 2023 montre les portes fermées du poste frontière de Rafah avec l'Égypte (Photo, AFP).
Des Palestiniens, certains avec des passeports étrangers espérant passer en Égypte et d'autres attendant de l'aide au point de passage de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 16 octobre 2023 (Photo, AFP).
Des Palestiniens, certains avec des passeports étrangers espérant passer en Égypte et d'autres attendant de l'aide au point de passage de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 16 octobre 2023 (Photo, AFP).
Un convoi de camions transportant de l'aide pour Gaza depuis l'Égypte attend sur la route principale du désert d'Ismailia en direction du point de passage de Rafah, le 16 octobre 2023 (Photo, AFP).
Un convoi de camions transportant de l'aide pour Gaza depuis l'Égypte attend sur la route principale du désert d'Ismailia en direction du point de passage de Rafah, le 16 octobre 2023 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 20 octobre 2023

Urgence à Gaza: L’aide des pays arabes aux Palestiniens

  • L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar ont promis des millions de dollars pour aider les Palestiniens soumis aux bombardements israéliens
  • Gaza est soumise à un embargo israélien strict depuis que le Hamas a lancé son attaque transfrontalière contre Israël le 7 octobre.

RIYAD: Alors que la crise humanitaire à Gaza s'aggrave parallèlement à l'extension de la guerre d'Israël contre le groupe militant palestinien Hamas, les États arabes du Golfe se sont engagés à fournir une aide et un soutien aux civils qui vivent sous un siège et des bombardements quotidiens.

Depuis que le Hamas a lancé son attaque transfrontalière sans précédent contre Israël le 7 octobre, la bande de Gaza est soumise à un embargo israélien strict, privant sa population de 2,2 millions d'habitants de nourriture, d'eau, de médicaments et d'électricité.

L'unique centrale électrique de Gaza s'est rapidement arrêtée en raison d’un manque de carburant. Selon l'ONU, les hôpitaux de la bande de Gaza, où des milliers de civils ont trouvé refuge, devraient manquer de carburant pour leurs générateurs d'ici quelques jours, mettant ainsi la vie des patients en danger.

Le siège, combiné à la fermeture du point de passage de Rafah entre Gaza et l'Égypte, a empêché les agences d'aide humanitaire d'acheminer l'aide. Plus de 200 camions et quelque 3 000 tonnes d'aide seraient coincées au point de passage de Rafah, le seul lien entre Gaza et l'Égypte.

L'Unicef, l'agence des Nations unies pour l'enfance, a déclaré que si l'eau et le carburant ne sont pas envoyés «immédiatement», les habitants de Gaza feraient face à un «danger imminent» d'épidémie et de mort.

Ce mercredi, Israël a déclaré qu'il autoriserait l'Égypte à acheminer une aide humanitaire limitée dans la bande de Gaza. L'annonce de l'autorisation d'acheminer de l'eau, de la nourriture et d'autres fournitures est intervenue alors que la colère suscitée par l'explosion de l'hôpital Al-Ahli de Gaza s'est répandue dans tout le Moyen-Orient et que le président américain, Joe Biden, s'est rendu en Israël dans l'espoir d'éviter un conflit plus important dans la région.

Biden a indiqué que le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, avait accepté d'ouvrir le point de passage et de laisser passer un premier groupe de 20 camions transportant de l'aide humanitaire. Le convoi devrait commencer à circuler vendredi au plus tôt, ont indiqué des responsables de la Maison Blanche.

Du personnel médical et un convoi de camions chargés de matériel d'aide pour Gaza fourni par des ONG égyptiennes attendent un accord pour traverser la frontière entre l'Égypte et Gaza dans la ville d’El-Arich, dans le nord de la péninsule du Sinaï en Égypte, le 15 octobre 2023 (Photo, AFP).

Le bureau du Premier ministre israélien a déclaré qu'Israël «n'empêchera pas» les cargaisons de nourriture, d'eau ou de médicaments en provenance d'Égypte, à condition qu'elles soient limitées aux civils du sud de la bande de Gaza et qu'elles n'aillent pas aux combattants du Hamas.

Les fournitures seraient acheminées sous la supervision des Nations unies, a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, à la chaîne de télévision Al-Arabiya.

Le côté égyptien du point de passage de Rafah a été bombardé à plusieurs reprises depuis qu'Israël a lancé sa guerre contre le Hamas. L'Égypte devra réparer la route qui traverse la frontière et qui a été endommagée par les frappes aériennes israéliennes.

Du personnel médical et un convoi de camions chargés de matériel d'aide pour Gaza fourni par des ONG égyptiennes attendent un accord pour traverser la frontière entre l'Égypte et Gaza dans la ville d’El-Arich, dans le nord de la péninsule du Sinaï en Égypte, le 15 octobre 2023 (Photo, AFP).

«À ce stade, nous ne pouvons pas apporter d'aide à Gaza», a révélé Christoph Hangar, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge à Genève, à Arab News avant l'annonce israélienne.

«Nous plaçons en ce moment même du personnel et des articles de secours afin d'être prêts lorsque l'accès à Gaza sera autorisé, ce qui doit être le cas de toute urgence», a-t-il ajouté.

Face à l'aggravation de l'urgence humanitaire, les États arabes du Golfe ont renouvelé leur engagement en faveur de la résolution du conflit israélo-palestinien, vieux de plusieurs décennies, et ont promis des millions de dollars d'aide aux opérations de secours.

Des bénévoles et des employés d'ONG se tiennent près des tentes qu'ils ont dressées du côté égyptien du poste frontière de Rafah, le 19 octobre 2023, pour demander l'autorisation de faire entrer un convoi d'aide dans la bande de Gaza (Photo, AFP).

Israël a ordonné aux habitants du nord de Gaza de partir vers le sud, dans l'espoir peut-être de débarrasser la zone des civils en vue d'une invasion terrestre, qui impliquerait probablement des combats urbains brutaux.

L'attaque du 7 octobre a fait au moins 1 400 morts, pour la plupart des civils israéliens, et a permis la capture de plus de 200 personnes, qui sont maintenant retenues en otage à Gaza par le Hamas et d'autres «factions de la résistance».

La présence des otages dans l'enclave a compliqué les plans d'Israël pour une invasion terrestre.

EN CHIFFRES

2,4 millions d'habitants dans la bande de Gaza.

1 million de personnes déplacées par les bombardements israéliens.

3 000 Palestiniens tués dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre.

2 millions de dollars (1 dollar américain = 0,95 euro) donnés à l'UNRWA par l'Arabie saoudite.

6 milliards de dollars de financement accordé aux Palestiniens par le Centre d'aide humanitaire et de secours Roi Salmane (KSrelief) depuis 2000.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, devait rencontrer Al-Sissi en Égypte jeudi pour discuter des moyens d'acheminer l'aide humanitaire à Gaza.

Stephane Dujarric, le porte-parole du chef de l'ONU, a déclaré dans un communiqué: «Il est évident que pour acheminer l'aide humanitaire à travers Gaza, nous avons besoin d'un passage sûr. Nous ne pouvons pas faire circuler des camions et des convois humanitaires tant que des bombardements sont en cours.

«Des discussions intenses sont en cours avec plusieurs parties afin d'essayer d'acheminer l'aide humanitaire la plus élémentaire le plus rapidement possible, à savoir de la nourriture, de l'eau et des médicaments. Ces produits sont nécessaires de toute urgence», a-t-il indiqué.

Des caisses d'aide humanitaire et de fournitures de l'Organisation caritative hachémite de Jordanie sont chargées à bord d'avions-cargos à Amman, en Jordanie, à destination de Gaza, le 12 octobre 2023 (Photo, Reuters).

«Depuis la création d'Israël, la population et le gouvernement saoudiens ont toujours été très favorables à la cause palestinienne», a déclaré à Arab News, Khaled al-Maeena, commentateur politique saoudien.

«Cela a été fait avec une réelle bonne volonté pour le peuple palestinien qui était opprimé et dont les terres étaient occupées. Ce à quoi nous assistons aujourd'hui est un holocauste palestinien», a-t-il précisé.

Depuis 2000, l'agence d'aide saoudienne KSrelief a fourni plus de 6 milliards de dollars d'aide au peuple palestinien dans de multiples secteurs, notamment la sécurité alimentaire, la santé, l'éducation, l'eau, l'assainissement et le logement.

Rien qu'en 2022, l'Arabie saoudite a versé 27 millions de dollars à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa). Lundi, l'Arabie saoudite a annoncé qu'elle ferait don de 2 millions de dollars supplémentaires à l'Unrwa.

Le groupe d'aide humanitaire saoudien KSrelief poursuit son projet de distribution de paniers alimentaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza (Photo, KSrelief).

L'argent a été remis à Philippe Lazzarini, commissaire général de l'Unrwa, par Naïf al-Sudairi, ambassadeur saoudien en Jordanie, à l'ambassade saoudienne à Amman dimanche.

Le secteur privé saoudien s'est également engagé. McDonald's KSA a annoncé publiquement qu'il ferait un don de 533 000 dollars aux efforts de secours à Gaza, se déclarant «fière de son identité saoudienne» et de son soutien aux questions humanitaires.

«En tant qu'entreprise purement saoudienne, nous sommes fiers, depuis notre création, de notre identité saoudienne et de notre contribution continue au soutien de notre économie et de notre communauté nationale, ainsi qu'à l'adoption de mesures sociales et humanitaires qui préoccupent notre communauté», a déclaré la chaîne de restaurants dans un communiqué en ligne.

«Nous sommes ravis d'annoncer que McDonald's KSA fera un don de 2 millions de riyals (533 201  dollars) pour soutenir les efforts d'aide aux citoyens de Gaza, que Dieu les aide. Cette contribution fait suite à une coordination avec les autorités officielles compétentes», a indiqué McDonald's KSA.

Des membres du personnel déchargent l'aide destinée à la bande de Gaza d'un avion-cargo d'Emirates sur le tarmac de l'aéroport égyptien d’El-Arich, dans le nord de la péninsule du Sinaï, le 19 octobre 2023 (Photo AFP).

Avant le conflit, des pourparlers sous l'égide des États-Unis étaient en cours concernant la normalisation potentielle des relations entre l'Arabie saoudite et Israël, dans l'attente de signes clairs de progrès sur le statut des Palestiniens.

En août, alors que ces discussions étaient en cours, Riyad a également proposé de reprendre son soutien financier à l'Autorité palestinienne.

L'impact de la crise actuelle sur les pourparlers de normalisation reste à voir, mais la position de l’Arabie saoudite sur la nécessité de trouver une solution à la question palestinienne reste inchangée.

Dans un communiqué publié à la suite de l'attaque du Hamas, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu'il «renouvèlerait son appel à la communauté internationale pour qu'elle assume ses responsabilités et mette en œuvre un processus de paix crédible conduisant à une solution à deux États, de manière à assurer la sécurité et la paix dans la région et à protéger les civils».

En 2020, les Émirats arabes unis sont devenus le premier État arabe du Golfe à normaliser ses relations avec Israël dans le cadre des accords d'Abraham négociés par les États-Unis.

Le cheikh Theyab ben Mohammed ben Zayed al-Nahyane des Émirats arabes unis, accompagné d'autres hauts responsables, visite le centre de campagne Tarahum – pour Gaza à Abu Dhabi, qui a ouvert ses portes le 15 octobre. D'autres centres de collecte d'aide seront également ouverts dans les Émirats arabes unis à des dates ultérieures (Photo, WAM).

Un accord de partenariat économique global entre les deux pays est entré en vigueur en mars de cette année, ce qui constitue le premier accord de libre-échange entre Israël et un pays arabe. Bahreïn et le Maroc ont suivi.

En réponse à la crise qui sévit actuellement à Gaza, les Émirats arabes unis ont lancé une campagne baptisée Tarahum – ou «compassion» en arabe – pour aider les civils vulnérables, en particulier le million d'enfants qui représentent près de la moitié de la population de Gaza.

Sous l'égide du Croissant-Rouge des Émirats, les Émirats arabes unis ont lancé un appel aux dons et aux volontaires, et leur premier centre de secours a été établi au terminal de croisière d'Abu Dhabi.

Un avion transportant des fournitures médicales a déjà été envoyé dans la ville égyptienne d'El-Arich avant d'être acheminé vers le poste frontière de Rafah, selon l'agence de presse nationale émiratie WAM.

Mardi, Mohammed ben Rachid al-Maktoum, Premier ministre des Émirats arabes unis, a ordonné l'octroi d'une aide humanitaire de 20 millions de dollars au peuple palestinien.

Le Qatar a également mis en place sa propre initiative d'aide, déployant un avion à destination d'El-Arich lundi, transportant 37 tonnes de nourriture et d'aide médicale, fournies par le Fonds du Qatar pour le développement sous la direction de l'émir Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

«Cette aide s'inscrit dans le cadre du soutien total de l'État du Qatar au peuple palestinien frère dans les conditions humanitaires difficiles dues aux bombardements israéliens sur la bande de Gaza», a déclaré le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué.

L'équipage de l'armée de l'air du Qatar charge de la nourriture et de l'aide médicale dans un avion-cargo, le 16 octobre 2023, sur la base aérienne d'Al-Udeid à Doha. L'aide humanitaire du Fonds du Qatar pour le développement est destinée à l'Égypte pour les réfugiés de Gaza (Photo, Agence de presse du Qatar via REUTERS).

Depuis le début de la crise, les Palestiniens se massent au poste frontière fermé de Rafah, dans l'espoir de quitter Gaza avant le début de l'offensive terrestre dont on parle tant. De l'autre côté de la barrière frontalière, les organisations humanitaires sont impuissantes à intervenir.

«Nous explorons toutes les possibilités d'acheminer une aide vitale à Gaza», a déclaré Hangar, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). «Ce premier convoi de marchandises comprend des médicaments et des milliers de kits ménagers pour les familles, notamment des articles d'hygiène et des comprimés de chlore pour l'eau potable.»

«Nous déployons également de toute urgence du personnel pour soulager nos collègues à Gaza dès que nous sommes en mesure de nous y rendre. Il s'agit notamment d'une équipe chirurgicale mobile et d'autres personnels de santé, d'un expert en contamination par les armes et de coordinateurs de l'aide spécialisés dans l'eau, l'habitat et la sécurité alimentaire», a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".