Urgence à Gaza: L’aide des pays arabes aux Palestiniens

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont engagés à fournir une aide à Gaza, mais les organisations humanitaires ont du mal à accéder au poste frontière de Rafah (Photo, Getty Images/AFP).
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont engagés à fournir une aide à Gaza, mais les organisations humanitaires ont du mal à accéder au poste frontière de Rafah (Photo, Getty Images/AFP).
Une photo prise le 10 octobre 2023 montre les portes fermées du poste frontière de Rafah avec l'Égypte (Photo, AFP).
Une photo prise le 10 octobre 2023 montre les portes fermées du poste frontière de Rafah avec l'Égypte (Photo, AFP).
Des Palestiniens, certains avec des passeports étrangers espérant passer en Égypte et d'autres attendant de l'aide au point de passage de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 16 octobre 2023 (Photo, AFP).
Des Palestiniens, certains avec des passeports étrangers espérant passer en Égypte et d'autres attendant de l'aide au point de passage de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 16 octobre 2023 (Photo, AFP).
Un convoi de camions transportant de l'aide pour Gaza depuis l'Égypte attend sur la route principale du désert d'Ismailia en direction du point de passage de Rafah, le 16 octobre 2023 (Photo, AFP).
Un convoi de camions transportant de l'aide pour Gaza depuis l'Égypte attend sur la route principale du désert d'Ismailia en direction du point de passage de Rafah, le 16 octobre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 20 octobre 2023

Urgence à Gaza: L’aide des pays arabes aux Palestiniens

  • L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar ont promis des millions de dollars pour aider les Palestiniens soumis aux bombardements israéliens
  • Gaza est soumise à un embargo israélien strict depuis que le Hamas a lancé son attaque transfrontalière contre Israël le 7 octobre.

RIYAD: Alors que la crise humanitaire à Gaza s'aggrave parallèlement à l'extension de la guerre d'Israël contre le groupe militant palestinien Hamas, les États arabes du Golfe se sont engagés à fournir une aide et un soutien aux civils qui vivent sous un siège et des bombardements quotidiens.

Depuis que le Hamas a lancé son attaque transfrontalière sans précédent contre Israël le 7 octobre, la bande de Gaza est soumise à un embargo israélien strict, privant sa population de 2,2 millions d'habitants de nourriture, d'eau, de médicaments et d'électricité.

L'unique centrale électrique de Gaza s'est rapidement arrêtée en raison d’un manque de carburant. Selon l'ONU, les hôpitaux de la bande de Gaza, où des milliers de civils ont trouvé refuge, devraient manquer de carburant pour leurs générateurs d'ici quelques jours, mettant ainsi la vie des patients en danger.

Le siège, combiné à la fermeture du point de passage de Rafah entre Gaza et l'Égypte, a empêché les agences d'aide humanitaire d'acheminer l'aide. Plus de 200 camions et quelque 3 000 tonnes d'aide seraient coincées au point de passage de Rafah, le seul lien entre Gaza et l'Égypte.

L'Unicef, l'agence des Nations unies pour l'enfance, a déclaré que si l'eau et le carburant ne sont pas envoyés «immédiatement», les habitants de Gaza feraient face à un «danger imminent» d'épidémie et de mort.

Ce mercredi, Israël a déclaré qu'il autoriserait l'Égypte à acheminer une aide humanitaire limitée dans la bande de Gaza. L'annonce de l'autorisation d'acheminer de l'eau, de la nourriture et d'autres fournitures est intervenue alors que la colère suscitée par l'explosion de l'hôpital Al-Ahli de Gaza s'est répandue dans tout le Moyen-Orient et que le président américain, Joe Biden, s'est rendu en Israël dans l'espoir d'éviter un conflit plus important dans la région.

Biden a indiqué que le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, avait accepté d'ouvrir le point de passage et de laisser passer un premier groupe de 20 camions transportant de l'aide humanitaire. Le convoi devrait commencer à circuler vendredi au plus tôt, ont indiqué des responsables de la Maison Blanche.

Du personnel médical et un convoi de camions chargés de matériel d'aide pour Gaza fourni par des ONG égyptiennes attendent un accord pour traverser la frontière entre l'Égypte et Gaza dans la ville d’El-Arich, dans le nord de la péninsule du Sinaï en Égypte, le 15 octobre 2023 (Photo, AFP).

Le bureau du Premier ministre israélien a déclaré qu'Israël «n'empêchera pas» les cargaisons de nourriture, d'eau ou de médicaments en provenance d'Égypte, à condition qu'elles soient limitées aux civils du sud de la bande de Gaza et qu'elles n'aillent pas aux combattants du Hamas.

Les fournitures seraient acheminées sous la supervision des Nations unies, a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, à la chaîne de télévision Al-Arabiya.

Le côté égyptien du point de passage de Rafah a été bombardé à plusieurs reprises depuis qu'Israël a lancé sa guerre contre le Hamas. L'Égypte devra réparer la route qui traverse la frontière et qui a été endommagée par les frappes aériennes israéliennes.

Du personnel médical et un convoi de camions chargés de matériel d'aide pour Gaza fourni par des ONG égyptiennes attendent un accord pour traverser la frontière entre l'Égypte et Gaza dans la ville d’El-Arich, dans le nord de la péninsule du Sinaï en Égypte, le 15 octobre 2023 (Photo, AFP).

«À ce stade, nous ne pouvons pas apporter d'aide à Gaza», a révélé Christoph Hangar, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge à Genève, à Arab News avant l'annonce israélienne.

«Nous plaçons en ce moment même du personnel et des articles de secours afin d'être prêts lorsque l'accès à Gaza sera autorisé, ce qui doit être le cas de toute urgence», a-t-il ajouté.

Face à l'aggravation de l'urgence humanitaire, les États arabes du Golfe ont renouvelé leur engagement en faveur de la résolution du conflit israélo-palestinien, vieux de plusieurs décennies, et ont promis des millions de dollars d'aide aux opérations de secours.

Des bénévoles et des employés d'ONG se tiennent près des tentes qu'ils ont dressées du côté égyptien du poste frontière de Rafah, le 19 octobre 2023, pour demander l'autorisation de faire entrer un convoi d'aide dans la bande de Gaza (Photo, AFP).

Israël a ordonné aux habitants du nord de Gaza de partir vers le sud, dans l'espoir peut-être de débarrasser la zone des civils en vue d'une invasion terrestre, qui impliquerait probablement des combats urbains brutaux.

L'attaque du 7 octobre a fait au moins 1 400 morts, pour la plupart des civils israéliens, et a permis la capture de plus de 200 personnes, qui sont maintenant retenues en otage à Gaza par le Hamas et d'autres «factions de la résistance».

La présence des otages dans l'enclave a compliqué les plans d'Israël pour une invasion terrestre.

EN CHIFFRES

2,4 millions d'habitants dans la bande de Gaza.

1 million de personnes déplacées par les bombardements israéliens.

3 000 Palestiniens tués dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre.

2 millions de dollars (1 dollar américain = 0,95 euro) donnés à l'UNRWA par l'Arabie saoudite.

6 milliards de dollars de financement accordé aux Palestiniens par le Centre d'aide humanitaire et de secours Roi Salmane (KSrelief) depuis 2000.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, devait rencontrer Al-Sissi en Égypte jeudi pour discuter des moyens d'acheminer l'aide humanitaire à Gaza.

Stephane Dujarric, le porte-parole du chef de l'ONU, a déclaré dans un communiqué: «Il est évident que pour acheminer l'aide humanitaire à travers Gaza, nous avons besoin d'un passage sûr. Nous ne pouvons pas faire circuler des camions et des convois humanitaires tant que des bombardements sont en cours.

«Des discussions intenses sont en cours avec plusieurs parties afin d'essayer d'acheminer l'aide humanitaire la plus élémentaire le plus rapidement possible, à savoir de la nourriture, de l'eau et des médicaments. Ces produits sont nécessaires de toute urgence», a-t-il indiqué.

Des caisses d'aide humanitaire et de fournitures de l'Organisation caritative hachémite de Jordanie sont chargées à bord d'avions-cargos à Amman, en Jordanie, à destination de Gaza, le 12 octobre 2023 (Photo, Reuters).

«Depuis la création d'Israël, la population et le gouvernement saoudiens ont toujours été très favorables à la cause palestinienne», a déclaré à Arab News, Khaled al-Maeena, commentateur politique saoudien.

«Cela a été fait avec une réelle bonne volonté pour le peuple palestinien qui était opprimé et dont les terres étaient occupées. Ce à quoi nous assistons aujourd'hui est un holocauste palestinien», a-t-il précisé.

Depuis 2000, l'agence d'aide saoudienne KSrelief a fourni plus de 6 milliards de dollars d'aide au peuple palestinien dans de multiples secteurs, notamment la sécurité alimentaire, la santé, l'éducation, l'eau, l'assainissement et le logement.

Rien qu'en 2022, l'Arabie saoudite a versé 27 millions de dollars à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa). Lundi, l'Arabie saoudite a annoncé qu'elle ferait don de 2 millions de dollars supplémentaires à l'Unrwa.

Le groupe d'aide humanitaire saoudien KSrelief poursuit son projet de distribution de paniers alimentaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza (Photo, KSrelief).

L'argent a été remis à Philippe Lazzarini, commissaire général de l'Unrwa, par Naïf al-Sudairi, ambassadeur saoudien en Jordanie, à l'ambassade saoudienne à Amman dimanche.

Le secteur privé saoudien s'est également engagé. McDonald's KSA a annoncé publiquement qu'il ferait un don de 533 000 dollars aux efforts de secours à Gaza, se déclarant «fière de son identité saoudienne» et de son soutien aux questions humanitaires.

«En tant qu'entreprise purement saoudienne, nous sommes fiers, depuis notre création, de notre identité saoudienne et de notre contribution continue au soutien de notre économie et de notre communauté nationale, ainsi qu'à l'adoption de mesures sociales et humanitaires qui préoccupent notre communauté», a déclaré la chaîne de restaurants dans un communiqué en ligne.

«Nous sommes ravis d'annoncer que McDonald's KSA fera un don de 2 millions de riyals (533 201  dollars) pour soutenir les efforts d'aide aux citoyens de Gaza, que Dieu les aide. Cette contribution fait suite à une coordination avec les autorités officielles compétentes», a indiqué McDonald's KSA.

Des membres du personnel déchargent l'aide destinée à la bande de Gaza d'un avion-cargo d'Emirates sur le tarmac de l'aéroport égyptien d’El-Arich, dans le nord de la péninsule du Sinaï, le 19 octobre 2023 (Photo AFP).

Avant le conflit, des pourparlers sous l'égide des États-Unis étaient en cours concernant la normalisation potentielle des relations entre l'Arabie saoudite et Israël, dans l'attente de signes clairs de progrès sur le statut des Palestiniens.

En août, alors que ces discussions étaient en cours, Riyad a également proposé de reprendre son soutien financier à l'Autorité palestinienne.

L'impact de la crise actuelle sur les pourparlers de normalisation reste à voir, mais la position de l’Arabie saoudite sur la nécessité de trouver une solution à la question palestinienne reste inchangée.

Dans un communiqué publié à la suite de l'attaque du Hamas, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu'il «renouvèlerait son appel à la communauté internationale pour qu'elle assume ses responsabilités et mette en œuvre un processus de paix crédible conduisant à une solution à deux États, de manière à assurer la sécurité et la paix dans la région et à protéger les civils».

En 2020, les Émirats arabes unis sont devenus le premier État arabe du Golfe à normaliser ses relations avec Israël dans le cadre des accords d'Abraham négociés par les États-Unis.

Le cheikh Theyab ben Mohammed ben Zayed al-Nahyane des Émirats arabes unis, accompagné d'autres hauts responsables, visite le centre de campagne Tarahum – pour Gaza à Abu Dhabi, qui a ouvert ses portes le 15 octobre. D'autres centres de collecte d'aide seront également ouverts dans les Émirats arabes unis à des dates ultérieures (Photo, WAM).

Un accord de partenariat économique global entre les deux pays est entré en vigueur en mars de cette année, ce qui constitue le premier accord de libre-échange entre Israël et un pays arabe. Bahreïn et le Maroc ont suivi.

En réponse à la crise qui sévit actuellement à Gaza, les Émirats arabes unis ont lancé une campagne baptisée Tarahum – ou «compassion» en arabe – pour aider les civils vulnérables, en particulier le million d'enfants qui représentent près de la moitié de la population de Gaza.

Sous l'égide du Croissant-Rouge des Émirats, les Émirats arabes unis ont lancé un appel aux dons et aux volontaires, et leur premier centre de secours a été établi au terminal de croisière d'Abu Dhabi.

Un avion transportant des fournitures médicales a déjà été envoyé dans la ville égyptienne d'El-Arich avant d'être acheminé vers le poste frontière de Rafah, selon l'agence de presse nationale émiratie WAM.

Mardi, Mohammed ben Rachid al-Maktoum, Premier ministre des Émirats arabes unis, a ordonné l'octroi d'une aide humanitaire de 20 millions de dollars au peuple palestinien.

Le Qatar a également mis en place sa propre initiative d'aide, déployant un avion à destination d'El-Arich lundi, transportant 37 tonnes de nourriture et d'aide médicale, fournies par le Fonds du Qatar pour le développement sous la direction de l'émir Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

«Cette aide s'inscrit dans le cadre du soutien total de l'État du Qatar au peuple palestinien frère dans les conditions humanitaires difficiles dues aux bombardements israéliens sur la bande de Gaza», a déclaré le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué.

L'équipage de l'armée de l'air du Qatar charge de la nourriture et de l'aide médicale dans un avion-cargo, le 16 octobre 2023, sur la base aérienne d'Al-Udeid à Doha. L'aide humanitaire du Fonds du Qatar pour le développement est destinée à l'Égypte pour les réfugiés de Gaza (Photo, Agence de presse du Qatar via REUTERS).

Depuis le début de la crise, les Palestiniens se massent au poste frontière fermé de Rafah, dans l'espoir de quitter Gaza avant le début de l'offensive terrestre dont on parle tant. De l'autre côté de la barrière frontalière, les organisations humanitaires sont impuissantes à intervenir.

«Nous explorons toutes les possibilités d'acheminer une aide vitale à Gaza», a déclaré Hangar, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). «Ce premier convoi de marchandises comprend des médicaments et des milliers de kits ménagers pour les familles, notamment des articles d'hygiène et des comprimés de chlore pour l'eau potable.»

«Nous déployons également de toute urgence du personnel pour soulager nos collègues à Gaza dès que nous sommes en mesure de nous y rendre. Il s'agit notamment d'une équipe chirurgicale mobile et d'autres personnels de santé, d'un expert en contamination par les armes et de coordinateurs de l'aide spécialisés dans l'eau, l'habitat et la sécurité alimentaire», a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".

 


Kushner doit rencontrer le Hamas en Egypte

Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
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  • Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas

LE CAIRE: Des sources au sein du Hamas ont indiqué dimanche que l'émissaire américain Jared Kushner allait rencontrer des dirigeants du mouvement islamiste palestinien en Egypte, avant sa visite en Israël, au moment les Etats-Unis cherchent à faire avancer le plan de paix à Gaza.

L'entretien, qui n'a pas été confirmé par les Etats-Unis, devrait se tenir à Al-Alamein, dans le nord de l'Egypte, un pays qui fait office depuis des années de médiateur dans le conflit israélo-palestinien.

M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, s'est déjà entretenu dimanche à Al-Alamein avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad.

Ces rencontres surviennent au moment où les Etats-Unis tentent d'aplanir les divergences entre Israël et le Hamas sur la mise en oeuvre du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza.

Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas.

Visite américaine en Israël 

"Les médiateurs ont informé le Hamas que l'émissaire américain Jared Kushner rencontrerait sa direction, en présence de responsables égyptiens et qataris", a déclaré une source du Hamas, qui a demandé à garder l'anonymat, sans donner de date.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes et qui a mené l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, déclenchant la guerre de Gaza.

Une deuxième source du Hamas a indiqué que les Etats-Unis avaient demandé au mouvement des précisions sur plusieurs points, notamment sur "la collecte, le regroupement et le stockage des armes de manière réelle, et non simplement symbolique, ainsi que sur le renoncement total du Hamas à gouverner Gaza".

Le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, a annoncé début juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe créé par le "Conseil de Paix" composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien.

Lors de la rencontre entre M. Sissi et Jared Kushner, il a été "rappelé la nécessité pour toutes les parties de respecter leurs obligations au titre de l'accord de cessez-le-feu" à Gaza, a déclaré le porte-parole de M. Sissi, Mohamed al-Chennawi, dans un communiqué.

De son côté, la délégation dirigée par Khalil al-Hayya, dont c'est la première visite en Egypte depuis sa nomination fin juillet, "a réaffirmé son engagement à mener à bien le plan" américain, selon l'agence officielle égyptienne Mena.

La réunion avec M. Rachad portait sur "les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l'accord, qui comprend la feuille de route en 15 points, et à entamer sa mise en œuvre", a précisé un responsable du mouvement islamiste palestinien à l'AFP.

Le "Conseil de Paix", chargé de mettre en œuvre le plan de paix, avait indiqué que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza de cet organe créé par M. Trump.

Blessés dans des frappes 

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas.

L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique.

D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées dans le sud, selon la même source.

Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.