Comment le sommet de Riyad entre le CCG et l'ASEAN a tracé la voie de la coopération interrégionale

Une photo distribuée par la cour présidentielle des Émirats arabes unis le 20 oct. 20, 2023, montre (de gauche à droite) le Premier ministre vietnamien, Pham Minh Chinh, le prince héritier du Koweït, Cheikh Michal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, le président indonésien, Joko Widodo, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le sultan de Brunei Haji Hassanal Bolkiah Muizzaddin Waddaulah, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, le roi de Bahreïn, Hamad ben Isa al-Khalifa, le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed ben Zayed al-Nahyan, le président des Philippines, Ferdinand Marcos Jr, le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, et le vice-Premier ministre d'Oman chargé des affaires de défense, Sayyed Chihab ben Tarek ben Taimur al-Saïd, lors d'une séance de photos à l'issue du sommet conjoint du CCG et de l'ASEAN à Riyad. (Photo, AFP)
Une photo distribuée par la cour présidentielle des Émirats arabes unis le 20 oct. 20, 2023, montre (de gauche à droite) le Premier ministre vietnamien, Pham Minh Chinh, le prince héritier du Koweït, Cheikh Michal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, le président indonésien, Joko Widodo, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le sultan de Brunei Haji Hassanal Bolkiah Muizzaddin Waddaulah, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, le roi de Bahreïn, Hamad ben Isa al-Khalifa, le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed ben Zayed al-Nahyan, le président des Philippines, Ferdinand Marcos Jr, le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, et le vice-Premier ministre d'Oman chargé des affaires de défense, Sayyed Chihab ben Tarek ben Taimur al-Saïd, lors d'une séance de photos à l'issue du sommet conjoint du CCG et de l'ASEAN à Riyad. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 21 octobre 2023

Comment le sommet de Riyad entre le CCG et l'ASEAN a tracé la voie de la coopération interrégionale

  • La réunion qui s'est tenue vendredi dans la capitale saoudienne était la première du genre depuis l'établissement des relations en 1986
  • Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a souligné la nécessité d'établir un État palestinien selon les frontières de 1967

RIYAD/JAKARTA: Le Conseil de coopération du Golfe et l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est ont adopté vendredi une feuille de route de coopération lors de leur premier sommet conjoint à Riyad, qui a également appelé à un cessez-le-feu à la suite des bombardements israéliens sur Gaza.

La réunion des dirigeants du CCG et de l'ASEAN dans la capitale saoudienne était le premier engagement au plus haut niveau entre les deux blocs depuis qu'ils ont établi les relations en 1986, lorsque le conseil ministériel du CCG a décidé d'établir des contacts avec l'union politique et économique de 10 pays d'Asie du Sud-Est.

Les relations entre les deux groupes — qui, du côté du CCG, comprennent l'Arabie saoudite, Oman, le Qatar, le Bahreïn, le Koweït et les Émirats arabes unis, et du côté de l'ASEAN, l'Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, le Viêt Nam, le Brunei Darussalam, le Cambodge, le Laos, le Myanmar et les Philippines — se sont intensifiées ces dernières années.

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Le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed ben Zayed al-Nahyan (à gauche), et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane accueillent les dirigeants de l'ASEAN et du CCG avant le premier sommet des blocs régionaux à Riyad. (Photo, SPA)

Les deux blocs représentent ensemble un PIB d'environ 7 800 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,94 euro) et une population de plus de 700 millions d'habitants. L'année dernière, leur croissance économique a été largement supérieure à la moyenne mondiale, avec 7,5% pour le CCG et 5,3% pour l'ASEAN.

«Nous sommes impatients de renforcer les relations avec les nations de l'ASEAN dans divers domaines», a déclaré le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, lors de l'ouverture du sommet.

La réunion ayant lieu dans le sillage de l'attaque israélienne en cours sur la bande de Gaza, le prince héritier a réitéré le refus catégorique de l’Arabie saoudite de prendre des civils pour cible et a appelé à la fin des combats.

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Les dirigeants du Sommet CCG-ASEAN de Riyad ont appelé à un cessez-le-feu à Gaza et à un accès plus efficace et plus efficient aux fournitures de secours, à l'aide humanitaire et aux services essentiels. (Photo, SPA)

«Alors que nous nous réunissons ici, nous sommes attristés par l'escalade de la violence dont Gaza est témoin aujourd'hui et dont le prix est payé par des civils innocents», a-t-il indiqué, soulignant la nécessité de «mettre fin aux opérations militaires contre les civils et de créer les conditions pour le retour de la stabilité et l'instauration d'une paix durable qui permette de parvenir à une solution juste dans le but d’établir un État palestinien selon les frontières de 1967».

Joko Widodo, le président de l'Indonésie, qui assure cette année la présidence tournante de l'ASEAN, a remercié l'Arabie saoudite pour «son accueil chaleureux et son hospitalité». Il espère que le nouveau niveau de coopération entre les pays du Golfe et de l'Asie du Sud-Est leur permettra d'émerger ensemble comme une «force positive au milieu d'un monde divisé».

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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à droite) accueille le président indonésien Joko Widodo à Riyad le 19 octobre 2023, un jour avant le sommet CCG-ASEAN. (Photo, Bandar Al-Jaloud/Palais royal saoudien)

Il a également appelé les participants au sommet à se pencher sur la situation à Gaza.

«Les actes de violence doivent cesser, les questions humanitaires doivent être prioritaires en ce moment et nous devons empêcher que les conditions ne s'aggravent», a insisté le président indonésien.

«Nous ne devons pas oublier que la cause première du problème est l'occupation des territoires palestiniens par Israël», a-t-il précisé.


 

EN CHIFFRES

• L'Asean est la troisième économie la plus peuplée du monde, après la Chine et l'Inde.

 

• La croissance économique de l'Asean devrait ralentir, passant de 5,6% en 2022 à 4,4% en 2023.

 

• Ce chiffre resterait supérieur à la moyenne mondiale qui est de 2,7%.

Anwar Ibrahim, premier ministre de Malaisie — pays coordinateur du sommet CCG-ASEAN — a également appelé toutes les nations à s'unir pour trouver une solution durable et juste afin d'éviter que la situation ne devienne «une crise humanitaire sans précédent» qui pourrait se transformer en un conflit régional et mondial. 

«Les Palestiniens doivent se voir restituer leurs terres, leurs maisons et leurs biens», a-t-il souligné. «Ils doivent être autorisés à vivre en paix et dans la dignité dans leur propre État souverain, dans des frontières internationalement reconnues, sur la base des frontières d'avant 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.»

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Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim (à gauche), coordinateur national du sommet CCG-ASEAN, a appelé toutes les nations à s'unir pour trouver une solution juste et durable à la crise palestinienne. (Photo, SPA)

Israël a déclaré qu'il autoriserait l'entrée de l'aide dans l'enclave assiégée, mais alors que des camions chargés d'aide étrangère ont atteint Rafah, le point de passage entre Gaza et l'Égypte, l'accord négocié par le président américain Joe Biden est resté dans un état d'incertitude.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, s'est rendu vendredi du côté égyptien du poste frontière pour superviser les préparatifs en vue de l'acheminement de l'aide.

Les participants au sommet de Riyad se sont penchés vendredi sur l'ordre du jour initial, à savoir l'élaboration d'une feuille de route pour la coopération, et ont publié une déclaration commune sur la situation à Gaza.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et la ministre indonésienne des Affaires étrangères, Retno Marsudi, ont clôturé le sommet en présentant le cadre de coopération CCG-ASEAN 2024-2028, qui vise à «renforcer davantage le partenariat» et à «réaliser le potentiel de coopération croissante entre les deux blocs».

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Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, tient une conférence de presse conjointe avec son homologue indonésien Retno Marsudi. (Photo, SPA)

Le prince Faisal a également annoncé que les sommets des dirigeants du CCG et de l'ASEAN se tiendraient tous les deux ans afin de renforcer la coopération commune.

Ce cadre couvre les domaines de la lutte contre le terrorisme, du commerce et de l'investissement, de l'agriculture et de la sécurité alimentaire, de l'énergie, du tourisme, de la connectivité, ainsi que de la culture, de l'information, de l'éducation, des services bancaires et financiers. Les dirigeants régionaux ont également convenu d'étudier des stratégies communes sur les politiques de développement des TPE, des petites et moyennes entreprises.

«La coopération entre l'ASEAN et le CCG continuera de s'épanouir à l'avenir et, ensemble, nous pourrons créer une meilleure région et un meilleur monde», a assuré Marsudi.

«Aujourd'hui, nous écrivons une nouvelle histoire. L'histoire d'une relation plus étroite entre deux régions importantes, entre l'ASEAN et le CCG. Aujourd'hui, nous construisons un pont solide, pour relier nos deux régions et développer une coopération qui soit bénéfique à nos peuples», a-t-elle ajouté.

Dans une déclaration commune sur Gaza, les dirigeants du CCG et de l'ASEAN ont appelé au respect du droit humanitaire international, en particulier des principes et des dispositions de la convention de Genève de 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

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Ils ont condamné toutes les attaques contre les civils, appelé à un cessez-le-feu durable et demandé à toutes les parties concernées d'assurer l'accès le plus efficace possible à l'aide humanitaire.

Depuis le 7 octobre, date à laquelle le Hamas, groupe militant basé à Gaza, a attaqué Israël, le territoire palestinien est privé d'électricité, d'eau, de nourriture, de carburant et de médicaments, à cause des frappes aériennes israéliennes quotidiennes qui ont déjà tué plus de 4 100 personnes.

Le prince Faisal a déclaré que les dirigeants du CCG et de l'ASEAN étaient parvenus à un consensus sur la nécessité d'un cessez-le-feu et d'un accès humanitaire.

«J'espère qu'en travaillant ensemble, nous pourrons non seulement contribuer à la paix, mais aussi à la prospérité de notre partie du monde et de l'ASEAN», a-t-il indiqué.

«La seule façon de mettre fin au cycle de la violence est de trouver une solution durable au conflit», a-t-il soutenu.

La déclaration du CCG et de l'ASEAN a appelé «toutes les parties concernées à garantir l'accès le plus efficace possible à l'aide humanitaire, aux fournitures de secours et aux autres produits de première nécessité et services essentiels, ainsi qu'à rétablir l'électricité et l'eau, et à permettre la livraison sans entrave de carburant, de nourriture et de médicaments dans toute la bande de Gaza».

L'appel du sommet à mettre en œuvre un cessez-le-feu et à permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et des fournitures est une «initiative bienvenue qui contribuera à mettre fin à l'effusion de sang, aux meurtres et blessures de civils», a déclaré à Arab News, le Dr Osama Ghanem al-Obaidy, professeur de droit international à l'Institut d'administration publique de Riyad.

«Il est temps de mettre un terme aux morts, aux blessés et aux destructions résultant de ce conflit, et c'est l'objectif de ce sommet», a-t-il conclu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Paris s’inquiète des évolutions au Liban et tente un déblocage

Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants
  • Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention international

PARIS: Soucieuse des évolutions alarmantes de la situation au Liban, Paris a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité, alors que l’envoyé spécial du président français, Jean-Yves Le Drian, doit se rendre à Beyrouth demain mercredi.

La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants, notamment les centaines de milliers de déplacés disséminés à travers le territoire au gré des ordres d’évacuation israéliens.

Derrière cette initiative, une question centrale se pose : à quoi peut encore servir une réunion d’urgence à l’ONU dans un contexte où les rapports de force semblent verrouillés ?

Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention internationale, alors que les regards sont largement tournés vers l’Iran.

Il est clair, pour la diplomatie française, que la situation a franchi un seuil critique ces derniers jours. D’autant que, déjà fragile, le cessez-le-feu apparaît désormais vidé de sa substance.

Les frappes se poursuivent, les menaces israéliennes s’intensifient, y compris contre Beyrouth, et les conditions minimales d’un dialogue crédible semblent s’effondrer.

Canal de discussion entre le Liban et Israël

On ne peut même plus parler de cessez-le-feu, reconnaît-on en substance du côté français, et cette dégradation inquiète d’autant plus qu’elle intervient au moment où un canal de discussion s’est ouvert entre le Liban et Israël sous médiation américaine.

Un choix jugé courageux par la diplomatie française, mais qui place Beyrouth dans une position extrêmement délicate car, faute de réciprocité sur le terrain, ces négociations risquent de perdre toute crédibilité.

Paris insiste sur ce point : si l’on veut que les autorités libanaises puissent avancer dans ces discussions, encore faut-il leur en laisser la possibilité. Or, l’intensification des opérations militaires israéliennes réduit cet espace politique à néant.

Pire encore, elle pourrait renforcer les acteurs que ces négociations cherchent précisément à contenir, au premier rang desquels figure le Hezbollah.

Dans cette équation, la France tente de défendre une approche pragmatique. Elle continue de rappeler la responsabilité du Hezbollah dans l’engrenage du conflit, tout en soulignant que la stratégie actuelle d’Israël est contre-productive, estimant que, s’il fallait saboter les discussions, on ne s’y prendrait pas autrement.

Dès lors, la priorité affichée est le rétablissement d’un cessez-le-feu « robuste », condition indispensable à toute avancée politique, ainsi que la réactivation et l’amélioration du mécanisme mis en place fin 2024, aujourd’hui largement inopérant.

Paris insiste sur le fait que, sans cadre crédible de vérification et de désescalade, les initiatives diplomatiques risquent de rester lettre morte.

Mais au-delà de l’urgence immédiate, la France travaille sur une stratégie de plus long terme qui repose notamment sur un renforcement de l’État libanais, à commencer par son armée. L’objectif est d’aider le Liban à retrouver progressivement sa souveraineté en limitant l’influence des acteurs armés non étatiques.

Cela passe par un soutien accru — financier, logistique mais aussi politique — aux forces armées libanaises, sans pour autant leur demander une confrontation directe avec le Hezbollah, jugée irréaliste dans le contexte actuel. Il s’agit plutôt de renforcer leur présence sur le terrain, de contrôler les flux logistiques et financiers et de sécuriser des zones clés, notamment la frontière avec la Syrie.

Sur ce dernier point, Paris voit un levier important car, contrairement aux années précédentes, un certain niveau de coopération avec les autorités syriennes semble possible, ouvrant la voie à un meilleur contrôle des flux qui alimentent le Hezbollah.

Autre chantier majeur du point de vue français : l’avenir de la présence internationale au Liban. Le retrait annoncé de la FINUL d’ici à la fin de l’année suscite de vives inquiétudes.

Les leviers de la France demeurent limités

La France estime qu’un tel vide sécuritaire serait dangereux et plaide donc pour une réflexion rapide sur un nouveau dispositif, potentiellement plus adapté aux réalités actuelles.

Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large consistant à remobiliser les partenaires internationaux. À ce propos, Paris travaille étroitement avec plusieurs pays de la région, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar, ainsi qu’avec certains partenaires européens, afin de tenter de recréer une dynamique collective autour du Liban.

Reste toutefois une réalité difficile à contourner : les leviers de la France demeurent limités face au rôle central des États-Unis dans la médiation. La diplomatie française s’efforce néanmoins de peser indirectement en multipliant les échanges avec Washington et en délivrant un message constant : sans cessez-le-feu, aucune avancée durable n’est possible.

Par ailleurs, Paris explore d’autres pistes de pression, notamment au niveau européen. Le débat sur l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël pourrait ainsi évoluer sous l’effet conjugué des situations à Gaza, en Cisjordanie et désormais au Liban.

Enfin, la mission de l’envoyé spécial Jean-Yves Le Drian à Beyrouth revêt une dimension politique essentielle puisque, au-delà du soutien affiché, il s’agira pour lui de dialoguer avec l’ensemble des forces politiques libanaises afin de favoriser un minimum de cohésion interne.

Un enjeu jugé crucial par la diplomatie française dans un pays profondément fragmenté, où les divisions communautaires affaiblissent toute stratégie nationale.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.