Israël-Gaza: Deux nouvelles résolutions rejetées au Conseil de sécurité de l'ONU

Le Russe Vassily Nebenzia et l'Américaine Linda Thomas-Greenfield (Photo, Reuters).
Le Russe Vassily Nebenzia et l'Américaine Linda Thomas-Greenfield (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 26 octobre 2023

Israël-Gaza: Deux nouvelles résolutions rejetées au Conseil de sécurité de l'ONU

  • La France avait tenté, en vain, juste avant les votes de convaincre Russie et Etats-Unis de retirer leurs textes
  • L'ambassadeur chinois Jun Zhang a décrit un texte «largement déséquilibré, confondant le bien et le mal»

NATIONS UNIES: Le Conseil de sécurité de l'ONU a de nouveau exposé ses divisions mercredi sur le dossier israélo-palestinien, rejetant deux projets concurrents de résolutions russe et américain sur la guerre entre Israël et le Hamas.

Le texte élaboré par les Etats-Unis appelait "à une expansion rapide de l'aide humanitaire (...) pour répondre aux terribles besoins humanitaires urgents des Palestiniens à Gaza", a expliqué l'ambassadrice américaine à l'ONU Linda Thomas-Greenfield.

Il affirmait également "le droit de tous les Etats à l'autodéfense" et plaidait pour des "pauses humanitaires".

L'attaque menée par le Hamas en Israël le 7 octobre et les représailles menées par l'armée israélienne dans la bande de Gaza ont fait jusqu'ici plus de 1.400 morts en Israël, selon les autorités, et plus de 6.500 dans le territoire palestinien, selon le mouvement islamiste, majoritairement des civils des deux côtés.

Le texte américain a été bloqué par les vétos de la Russie et de la Chine, recueillant 10 voix pour, 3 contre (Russie, Chine et Emirats arabes unis) et 2 abstentions.

L'ambassadeur chinois Jun Zhang a décrit un texte "largement déséquilibré, confondant le bien et le mal", tandis que le Russe Vassili Nebenzia condamnait un document principalement "destiné à consolider la position américaine dans la région". La Russie avait surtout insisté ces derniers jours sur l'absence dans le texte américain d'un appel clair à un "cessez-le-feu".

"Bien que le vote d'aujourd'hui soit un revers, nous ne sommes pas découragés", a assuré Linda Thomas-Greenfield, accusant à l'inverse la Russie de "mauvaise foi", avec sa résolution visant davantage à "diviser le Conseil qu'à répondre aux besoins des Israéliens et des Palestiniens".

Ce deuxième texte préparé par la Russie, qui appelait à un "cessez-le-feu humanitaire" immédiat et condamnait les "attaques abominables du Hamas" a lui aussi été rejeté, recueillant seulement 4 voix pour (Russie, Chine, Emirats arabes unis, Gabon), deux contre (Etats-Unis et Royaume-Uni) et 9 abstentions.

Le Royaume-Uni ne pouvait soutenir un texte "qui une nouvelle fois ne reconnaissait pas le droit d'Israël à se défendre", a déclaré l'ambassadrice britannique Barbara Woodward.

En moins de deux semaines, le Conseil a rejeté quatre projets de résolution, exposant au grand jour ses divisions et provoquant la frustration d'un certain nombre de diplomates devant cette incapacité à agir du Conseil au 19e jour de la guerre entre Israël et le Hamas.

Selon une source diplomatique, la France avait d'ailleurs tenté, en vain, juste avant les votes de convaincre Russie et Etats-Unis de retirer leurs textes.

Au nom des 10 pays non permanents du Conseil, Malte va désormais s'atteler à une nouvelle proposition. "Nous avons un devoir et une obligation d'agir", a plaidé son ambassadrice Vanessa Frazier.

La semaine dernière, un premier texte russe n'avait pas été adopté, recueillant cinq voix en sa faveur, alors qu'au moins neuf voix sont nécessaires (sans veto d'un des cinq membres permanents).

Les Etats-Unis avaient eux mis leur veto à une résolution élaborée par le Brésil, qui avait récolté 12 voix en sa faveur.

Face à la division affichée du Conseil de sécurité, l'Assemblée générale de l'ONU se saisira de la question lors d'une réunion jeudi et vendredi.

Même si les résolutions de l'Assemblée, qui représente tous les Etats membres de l'ONU, ne sont pas contraignantes, les pays arabes ont proposé un texte qui pourrait être soumis au vote cette semaine.

Ce projet vu par l'AFP appelle en particulier à un "cessez-le-feu immédiat" et un accès humanitaire "sans entrave" à la bande de Gaza.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".