Guerre à Gaza: La colère monte dans les rues de Cisjordanie

Des Palestiniens de Cisjordanie occupée sont descendus crier leur colère contre Israël dans les rues de Jénine, de Ramallah, de Naplouse (Photo, AFP).
Des Palestiniens de Cisjordanie occupée sont descendus crier leur colère contre Israël dans les rues de Jénine, de Ramallah, de Naplouse (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 28 octobre 2023

Guerre à Gaza: La colère monte dans les rues de Cisjordanie

  • Depuis le début des frappes israéliennes sur la bande de Gaza, la tension monte en Cisjordanie, avec des manifestations de soutien à Gaza
  • Si Israël est la cible première de la vindicte, l'Autorité palestinienne et le monde arabe ne sont pas épargnés

RAMALLAH: Sitôt annoncée l'intensification très forte des frappes sur Gaza vendredi soir, des Palestiniens de Cisjordanie occupée sont descendus crier leur colère contre Israël dans les rues de Jénine, de Ramallah, de Naplouse.

Depuis le début des frappes israéliennes sur la bande de Gaza, la tension monte en Cisjordanie, avec des manifestations de soutien à Gaza et de nombreuses opérations de l'armée israélienne, qui ont entraîné la mort de plus de cent Palestiniens, selon les autorités palestiniennes.

Vendredi à Ramallah, après la prière et une énième manifestation, quelques +shebab+ (jeunes hommes) sortent fronde et keffieh, pour défier les soldats israéliens positionnés pour protéger la colonie israélienne de Bet El, proche de Ramallah. Des colons qui cristallisent la colère des Palestiniens de Cisjordanie.

Autour d'une benne à ordures en flammes, soutenus par d'autres qui restent à distance, ils visent avec leurs frondes les soldats sous l'oeil d'ambulanciers et de nombreux journalistes du monde entier.

"Je suis venue ici en solidarité avec notre peuple à Gaza, c'est le moins que l'on puisse faire", déclare à l'AFP Mariam Ismail, émue par la foule faisant face aux soldats.

Depuis 2007, l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, qui gouverne en Cisjordanie, n'exerce plus aucun contrôle sur la bande de Gaza après en avoir été expulsée par le Hamas au terme de quelques jours d'affrontements fratricides.

Selon Mme Ismail, beaucoup plus seraient là sans les arrestations des dernières semaines, qui ont notamment ciblé les membres locaux du Hamas.

Autour d'elle, plusieurs manifestants sont venus en famille. "J'ai peur pour mon fils, évidemment, mais honnêtement, c'est lui qui m'a demandé de venir ici avec lui", explique Ahmad Nhalla, accompagné par Zain, 10 ans.

"Ca me consume, je suis en colère contre l'occupant pour ses crimes incessants contre notre peuple", s'indigne le père de famille, approuvé par ceux qui l'écoutent.

Un véhicule militaire israélien et les jeunes manifestants décidés à en découdre se rapprochent petit à petit. Soudain, du gaz lacymogène se propage. "J'ai peur", répète une femme en pleurant.

Un jeune homme est touché par un tir à la jambe gauche et évacué en ambulance, a constaté l'AFP.

Union nationale

Avant ces heurts, des centaines de Palestiniens avaient défilé autour de la place centrale de Ramallah, arborant des drapeaux de plusieurs mouvements palestiniens, dont celui du Hamas, des photos d'enfants de Gaza sous les décombres des bombardements.

Si Israël est la cible première de la vindicte, l'Autorité palestinienne et le monde arabe ne sont pas épargnés: "Honte à vous, vous avez vendu le peuple pour des dollars!"; "Le peuple veut les brigade al-Qassam", la branchée armée du Hamas; "Gaza, la libération arrive"...

"Le plus important maintenant c'est l'union nationale" de tous les Palestiniens, "nous n'arriverons pas à mener cette guerre sans nous réunir", prévient Mamdouh al Aker, un chirurgien de 80 ans, engagé pour la défense des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens.

"La société en Cisjordanie n'a pas assez soutenu Gaza. C'est pareil pour les régimes arabes et même l'Autorité palestinienne, on ne les voit nulle part", s'indigne Fakhri Barghouti, figure locale des anciens prisonniers palestiniens en Israël.

Exprimant une opinion largement partagée, Zaid Amali, 25 ans, regrette "le deux-poids deux-mesures" pratiqué, selon lui, par les Occidentaux qui invoquent "le droit international en Ukraine" mais sont "complices des crimes israéliens" dans les territoires palestiniens en "fournissant couverture politique, équipements militaires, coopération économique".

Le 7 octobre, des centaines d'hommes armés du Hamas sont entrés en Israël et ont tué plus de 1.400 personnes, une grande majorité de civils de tous âges, selon les autorités israéliennes.

En représailles, Israël pilonne depuis sans relâche la bande de Gaza, avec une intensité encore accrue. Le Hamas a fait état de combats au sol vendredi soir. Selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas, publié vendredi, 7.326 Palestiniens, en majorité des civils dont plus de 3.000 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.