Le phosphore blanc, des brûlures qui pénètrent jusqu’à l’os, avertit HRW

Ali Abu Halima (à gauche) applique de la crème sur le bras de sa mère, Sabah Abu Halima, qui aurait été brûlé par le phosphore blanc pendant l'offensive israélienne de 22 jours, à Beit Lahia dans le nord de la bande de Gaza, le 26 mars 2009. (Photo Mohammed Abed AFP)
Ali Abu Halima (à gauche) applique de la crème sur le bras de sa mère, Sabah Abu Halima, qui aurait été brûlé par le phosphore blanc pendant l'offensive israélienne de 22 jours, à Beit Lahia dans le nord de la bande de Gaza, le 26 mars 2009. (Photo Mohammed Abed AFP)
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Publié le Dimanche 29 octobre 2023

Le phosphore blanc, des brûlures qui pénètrent jusqu’à l’os, avertit HRW

  • L’utilisation d’armes incendiaires, notamment les munitions au phosphore blanc, en Afghanistan, à Gaza, en Syrie, en Ukraine et ailleurs, demeure un sujet de forte préoccupation pour des dizaines d’États parties à la CCAC
  • Selon HRW, les armes incendiaires infligent des brûlures atroces, qui pénètrent parfois jusqu’aux os, et peuvent causer de graves lésions aux organes vitaux

PARIS : La Convention sur certaines armes classiques (CCAC), officiellement Convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination, a été signée le 10 octobre 1980 à Genève et est entrée en vigueur le 2 décembre 1983. Les États-Unis ont ratifié le 3e protocole de cette convention, réglementant l'utilisation des armes incendiaires, le 21 janvier 2009, simultanément à l'opération "Plomb durci" lancée par Israël contre Gaza. 

L’utilisation d’armes incendiaires, notamment les munitions au phosphore blanc, en Afghanistan, à Gaza, en Syrie, en Ukraine et ailleurs, demeure un sujet de forte préoccupation pour des dizaines d’États parties à la Convention sur certaines armes classiques (CCAC). Le Protocole III de la Convention est le seul instrument international spécifiquement prévu pour réglementer les armes incendiaires. Ce Protocole interdit l'utilisation des armes incendiaires contre des civils ou contre des cibles militaires situées à l'intérieur de concentrations civiles. Restriction importante, le texte ne couvre que les armes utilisées intentionnellement pour incendier une cible mais pas celles qui les enflamment de manière collatérale. Aux termes du Protocole, les dispositifs utilisant du phosphore blanc pour ses propriétés fumigènes ou éclairantes peuvent être utilisées.

Un petit nombre de pays s'opposent au processus de ratification de ce protocole, ce qui entraîne une impasse lors des réunions annuelles de la CCAC dont les décisions sont prises par consensus. Cette situation a pour conséquence que les discussions se concentrent sur la question de savoir si ce point doit être inclus à l'ordre du jour ou non.

Lésions respiratoires, infections, traumatismes et défaillances organiques

Selon un rapport publié le 12 octobre dernier par l’ONG Human Rights Watch, sous le titre «Questions et réponses sur l’utilisation de phosphore blanc par Israël à Gaza et au Liban », l’organisation qui se donne pour mission d’enquêter sur le terrain en vue de révéler et dénoncer les violations des droits humains à travers le monde, explique les ravages du phosphore blanc dans le cadre des conflits :  « Les armes incendiaires produisent de la chaleur et du feu par la réaction chimique d’une substance inflammable. Elles infligent des brûlures atroces, qui pénètrent parfois jusqu’aux os, et peuvent causer des lésions respiratoires, des infections, des traumatismes et des défaillances organiques. Avec le temps, les contractures — c’est-à-dire le resserrement permanent des muscles et d’autres tissus — entravent la mobilité, alors que le choc de l’attaque initiale, les traitements douloureux et les cicatrices, d’aspect changeant, engendrent des dommages psychologiques et l’exclusion sociale. Les incendies causés par les armes incendiaires peuvent également détruire les structures et les biens des civils, détériorer leurs cultures et tuer leurs élevages. Par ailleurs, dans le contexte des conflits armés, l’insuffisance des ressources à la disposition des services médicaux alourdit le processus, déjà difficile en soi, de traitement des brûlures graves. »

Le Protocole III sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des armes incendiaires compte à ce jour 93 États parties. Une réunion des Hautes Parties contractantes du Protocole III est prévue à Genève du 15 au 17 novembre prochains. Les États sont appelés à agir afin de gérer les conséquences humanitaires de ces armes.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.