Gaza: les premiers étrangers et bi-nationaux franchissent le terminal de Rafah vers l'Egypte

 "Un premier groupe de personnes détentrices de passeports étrangers va traverser le terminal de Rafah vers l'Egypte mercredi", a indiqué à l'AFP un responsable des autorités en charge du poste-frontière de Rafah. (AFP).
"Un premier groupe de personnes détentrices de passeports étrangers va traverser le terminal de Rafah vers l'Egypte mercredi", a indiqué à l'AFP un responsable des autorités en charge du poste-frontière de Rafah. (AFP).
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Publié le Jeudi 02 novembre 2023

Gaza: les premiers étrangers et bi-nationaux franchissent le terminal de Rafah vers l'Egypte

  • Selon les chancelleries étrangères, des ressortissants de 44 pays et de 28 agences, organisations ou ONG étrangères se trouvent dans la bande de Gaza
  • Mercredi matin, à Rafah, côté égyptien, les télévisions égyptiennes proches des services de renseignement montraient en direct une file d'ambulances entrant dans le terminal

LE CAIRE: Des centaines de blessés palestiniens et d'étrangers ont été évacués mercredi de la bande de Gaza, bombardée sans répit par l'armée israélienne qui a frappé comme la veille le plus grand camp de réfugiés du territoire.

Au 26e jour de cette guerre déclenchée par l'attaque sanglante perpétrée par le Hamas en Israël, un nouveau bombardement israélien a fait "des dizaines" de morts, selon le mouvement islamiste palestinien, dans le camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Ce bilan était invérifiable dans l'immédiat.

"Un premier groupe de personnes détentrices de passeports étrangers va traverser le terminal de Rafah vers l'Egypte mercredi", a indiqué à l'AFP un responsable des autorités en charge de ce poste-frontière avec Gaza, bombardée sans répit par Israël depuis le début de la guerre face au Hamas.

Ce responsable, qui parlait sous le couvert de l'anonymat, n'a pas donné plus de détails sur le nombre d'étrangers concernés ou le moment de leur traversée.

Selon les chancelleries étrangères, des ressortissants de 44 pays et de 28 agences, organisations ou ONG étrangères se trouvent dans la bande de Gaza, où 2,4 millions d'habitants doivent survivre sous les bombes, sans eau, sans électricité, sans téléphone ni internet mercredi et quasiment sans nourriture en raison du "siège complet" imposé par Israël après 16 années de blocus.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "atterré" par les bombardements sur ce camp très densément peuplé, où vivent 116.000 réfugiés.

Pour le Haut-commissariat aux droits de l'homme de l'ONU, ces bombardements pourraient constituer "des crimes de guerre", "compte-tenu du nombre élevé de victimes civiles et de l'ampleur des destructions".

"Israël prétend (...) qu'il y a des tunnels et des armes ici. Ils ont frappé un quartier résidentiel plein de jeunes et de personnes âgées. (...) Il n'y a pas de résistance (de combattants du Hamas, ndlr)", a témoigné un habitant du camp, Abdul Issa Massoud, âgé de 30 ans.

Les premières ambulances transportant des blessés de Gaza sont entrées en Egypte 

Les premières ambulances transportant des blessés de Gaza bombardée par Israël sont entrées en Egypte mercredi, a rapporté à l'AFP un responsable égyptien sous couvert de l'anonymat.

Des télévisions égyptiennes diffusent en direct l'entrée de ces véhicules du côté égyptien du terminal de Rafah, unique ouverture de Gaza sur le monde, qui ne soit pas aux mains d'Israël.

Les bombardements israéliens dans la bande de Gaza ont fait 8.525 morts, dont 3.542 enfants, et plus de 21.000 blessés depuis le 7 octobre, selon le ministère de la Santé du Hamas, qui contrôle ce territoire palestinien.

Des ambulances blanches palestiniennes ont traversé le terminal, où des ambulances égyptiennes jaunes et bleues attendaient depuis la veille.

Côté palestinien, un journaliste de l'AFP a vu au moins 40 ambulances, chacune transportant deux blessés, entrant dans le terminal de Rafah depuis le territoire palestinien pour passer en Egypte.

Les blessés seront transportés, indiquent les télévisions, vers un hôpital de campagne à Cheikh Zoueid, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Rafah, ainsi qu'à Al-Arich, chef-lieu de la province du Nord-Sinaï et, pour les cas les plus critiques, vers des hôpitaux du Caire, à cinq heures de route de Rafah.

L'Egypte insiste sur le fait que les près de 90 blessés autorisés à traverser mercredi sortent de la bande de Gaza avant les près de 545 binationaux et étrangers apparemment autorisés à rejoindre l'Egypte ensuite.

Une liste avec leurs nom, nationalité et numéro de passeport a été publiée par l'administration de la partie palestinienne du terminal.

Selon un responsable palestinien au terminal, un total de 88 blessés, dont 40 enfants, des femmes et des vieillards devaient partir via Rafah pour être soignés dans des hôpitaux égyptiens.

"Les enfants et certains vieillards auront des accompagnateurs avec eux", a affirmé le responsable.

Le porte-parole du ministère de la Santé au gouvernement du Hamas à Gaza, Ashraf al-Qudra, a affirmé à l'AFP que ses services avaient soumis à l'Egypte une liste de 4.000 blessés nécessitant des soins qui ne peuvent être prodigués dans la bande de Gaza.

"Nous espérons qu'il vont pouvoir partir dans les prochains jours car ils ont besoin d'interventions chirurgicales qui ne peuvent être accomplies à Gaza. Il faut sauver leur vie", a-t-il dit.

Mercredi matin, à Rafah, côté égyptien, les télévisions égyptiennes proches des services de renseignement montraient en direct une file d'ambulances entrant dans le terminal alors que 81 blessés palestiniens doivent être transférés mercredi dans des hôpitaux égyptiens, selon des responsables égyptiens et palestiniens.

Dans la bande de Gaza, tenue par le Hamas depuis 2007, plus de 8.500 personnes ont été tuées et des milliers d'autres blessées dans des bombardements israéliens en représailles à l'attaque sanglante du Hamas perpétrée le 7 octobre en Israël (plus de 1.400 morts).

Un responsable médical de la ville égyptienne d'Al-Arich, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Rafah, a indiqué mardi à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, qu'un "hôpital de campagne de 1.300 mètres carrés a été monté à Cheikh Zoueid", à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Rafah.

Mardi, un photographe de l'AFP a vu plusieurs ambulances égyptiennes aux abords du terminal, tandis que des chars étaient visibles le long de la frontière.

A Washington mardi soir, le porte-parole du département d'Etat américain, Matthew Miller, avait fait état de "très bons progrès" sur la question du possible passage par Rafah des Américains et des binationaux bloqués à Gaza sous les bombes.

"Nous sommes submergés. Ayant pitié de nous. Nous sommes Egyptiens et on ne peut même pas rejoindre notre pays", a dit Oum Youssef, une binationale encore présente du côté palestinien. "Laissez-nous passer. Nous sommes exténués. On ne peut ni dormir ni manger".

La bande de Gaza est soumise depuis le 9 octobre à un "siège complet" qui prive ses 2,4 millions d'habitants de livraisons d'eau, de nourriture et d'électricité.

Selon le Cogat, l'organe du ministère israélien de la Défense supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens, 70 camions d'aide humanitaire sont entrés à Gaza mardi. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (Ocha) a évoqué 143 camions entrés entre le 21 octobre et lundi soir, mais il insiste sur la nécessité d'une aide beaucoup plus massive.

Le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, a imploré mardi le Conseil de sécurité de "surmonter" ses fractures afin d'"exiger" un cessez-le-feu.


Liban: frappes israéliennes sur plusieurs localités du sud malgré la trêve

L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP
  • Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

NABATIYE: L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien.

La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP.

Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a ordonné jeudi aux habitants de trois villages du sud, situés loin de la frontière, d'évacuer.

Sur la route menant du village de Toul à Nabatiyé, une ambulance de Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, a été visée, et deux secouristes blessés, a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'organisation, Mahmoud Karaki.

Mercredi, 11 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé.

D'autre part, quatre soldats israéliens ont été blessés dans le sud, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

Le Hezbollah revendique des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays, malgré la trêve.

Mercredi soir, une frappe avait visé pour la première fois depuis près d'un mois la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

Le porte-parole de l'armée israélienne en arabe a affirmé jeudi que le chef de l'unité d'élite du Hezbollah, la force al-Radwan, "Ahmad Ghaleb Ballout", avait été tué dans cette frappe.

Une source proche du Hezbollah avait indiqué à l'AFP que Ballout, chef des opérations de la force al-Radwan selon elle, avait été tué. La formation pro-iranienne n'a pas confirmé.

Jeudi matin, les secouristes continuaient de rechercher des victimes dans les décombres de l'immeuble visé dans la banlieue sud, selon un photographe de l'AFP.

Les étages supérieurs de l'immeuble ont été soufflés.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait plus de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.


Les Emirats arabes unis activent leur défense aérienne contre des missiles et drones venus d'Iran

La défense aérienne des Emirats arabes unis est en action vendredi matin face à des drones et missiles tirés depuis l'Iran, a annoncé son ministère de la Défense, alors qu'une trêve est officiellement en vigueur depuis le 8 avril entre Etats-Unis et Iran. (AP)
La défense aérienne des Emirats arabes unis est en action vendredi matin face à des drones et missiles tirés depuis l'Iran, a annoncé son ministère de la Défense, alors qu'une trêve est officiellement en vigueur depuis le 8 avril entre Etats-Unis et Iran. (AP)
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  • "Les défenses aériennes des Emirats arabes unis sont en train d'engager le combat contre des attaques de missiles et de drones en provenance d'Iran", a écrit le ministère émirati dans un communiqué sur X
  • "Le ministère de la Défense confirme que les bruits entendus dans diverses parties du pays sont dus à l'interception par les systèmes de défense aérienne des Emirats arabes unis de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones"

DUBAI: La défense aérienne des Emirats arabes unis est en action vendredi matin face à des drones et missiles tirés depuis l'Iran, a annoncé son ministère de la Défense, alors qu'une trêve est officiellement en vigueur depuis le 8 avril entre Etats-Unis et Iran.

"Les défenses aériennes des Emirats arabes unis sont en train d'engager le combat contre des attaques de missiles et de drones en provenance d'Iran", a écrit le ministère émirati dans un communiqué sur X.

"Le ministère de la Défense confirme que les bruits entendus dans diverses parties du pays sont dus à l'interception par les systèmes de défense aérienne des Emirats arabes unis de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones", a ajouté la même source.

 

 


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.