Comment la diplomatie des otages de Gaza pourrait dicter le cours de la guerre entre Israël et le Hamas

Libérées après treize jours de captivité, les Américaines Natalie Shoshana Raanan et Judith Tai Raanan faisaient partie des quelque 230 personnes prises en otage par le Hamas lors de l'attaque du 7 octobre contre le sud d'Israël (Photo, AFP).
Libérées après treize jours de captivité, les Américaines Natalie Shoshana Raanan et Judith Tai Raanan faisaient partie des quelque 230 personnes prises en otage par le Hamas lors de l'attaque du 7 octobre contre le sud d'Israël (Photo, AFP).
Des Israéliens manifestent devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv, le 19 octobre 2023, pour demander la libération des Israéliens retenus en otage par les combattants du Hamas dans la bande de Gaza (Photo, Ahmad Gharabli/AFP).
Des Israéliens manifestent devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv, le 19 octobre 2023, pour demander la libération des Israéliens retenus en otage par les combattants du Hamas dans la bande de Gaza (Photo, Ahmad Gharabli/AFP).
Une photo prise depuis la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, montre de la fumée s’élevant lors du bombardement israélien de la bande de Gaza le 29 octobre 2023, au milieu des combats en cours entre Israël et le mouvement palestinien Hamas (Photo, AFP).
Une photo prise depuis la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, montre de la fumée s’élevant lors du bombardement israélien de la bande de Gaza le 29 octobre 2023, au milieu des combats en cours entre Israël et le mouvement palestinien Hamas (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 02 novembre 2023

Comment la diplomatie des otages de Gaza pourrait dicter le cours de la guerre entre Israël et le Hamas

  • Le Hamas a pris environ 230 otages, dont des enfants et des personnes âgées, lors de son attaque du 7 octobre contre le sud d'Israël
  • La politique et les tactiques de la prise d'otages font l'objet du dernier rapport de l'unité de recherche et d'études d'Arab News

LONDRES: L'une des images marquantes qui ont émergé au lendemain de l'attaque contre Israël le 7 octobre est une image tirée d'une vidéo, largement diffusée sur les réseaux sociaux, montrant une Israélienne âgée emmenée en captivité sur une voiturette de golf.

Ce n'est pas un hasard si cette image a été diffusée, ni si elle a été si largement utilisée par les médias du monde entier. L'enlèvement est un acte cruel, conçu précisément pour susciter des réactions émotionnelles qui ne peuvent que servir les intérêts des preneurs d'otages.

Yaffa Adar, une grand-mère israélienne de 85 ans, a été enlevée de son domicile dans le Kibboutz Kfar, près de la frontière avec Gaza.

Sur la photo, elle est assise, enveloppée dans une couverture, entourée d'hommes armés mais regardant devant elle avec un calme incongru.

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Yaffa Adar, une grand-mère israélienne de 85 ans qui a été enlevée de sa maison dans le Kibboutz Kfar lors de l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, est toujours en captivité (Photo, Hatem Ali/AP).

Comme l'a déclaré sa petite-fille Adva Adar à l'agence de presse Reuters le jour des attentats, «c'est une femme forte [...] elle est assise, essayant de leur montrer qu'elle n'a pas peur et qu'elle n'est pas blessée».

Elle s'est ensuite fait l'écho de l'appel plaintif de toutes les familles qui ont souffert de voir un être cher arraché à leur univers quotidien et pris en otage comme un pion dans un jeu politique qui échappe à leur contrôle.

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Cette image tirée d'une vidéo publiée par les brigades Al Qassam sur leur chaîne Telegram montre Yocheved Lifshitz, 85 ans, au centre, et Nurit Cooper, 79 ans, escortées par le Hamas alors qu'elles sont remises à la Croix-Rouge dans un lieu inconnu, le 23 octobre 2023 (Brigades Al Qassam via AP).

«J'ai un message, j'ai l'espoir qu'ils comprendront que ces personnes n'ont rien fait de mal», a déclaré Adar, luttant contre ses larmes.

«Je n'arrive même pas à comprendre comment les gens peuvent penser qu'il est logique d'enlever une dame de 85 ans, d'enlever des bébés, d'enlever des enfants», a-t-elle demandé.

Mais bien sûr, comme ceux qui détiennent Yaffa Adar et environ 230 autres otages ne le savent que trop bien, dans la logique froide de ceux qui cherchent à obtenir des avantages politiques en plaçant les gouvernements sous une pression émotionnelle extrême, l'enlèvement d'enfants vulnérables et de vieilles dames est le plus parfait et le plus terrible des raisonnements.

La politique et les tactiques de la prise d'otages font l'objet du dernier rapport publié par l'unité de recherche et d'études d'Arab News. L'auteur est James Denselow, un écrivain spécialisé dans la politique et les questions de sécurité au Moyen-Orient, qui a travaillé pour le groupe de réflexion sur la politique étrangère Chatham House, basé au Royaume-Uni, et pour des ONG internationales.

Dans «The Hostage Dilemma»,(«Le dilemme des otages»), Denselow passe en revue la «diplomatie des otages», une activité longue et très pratiquée qui fait partie de l'arsenal des groupes terroristes et des gouvernements malhonnêtes depuis des dizaines d'années, a-t-il écrit.

Qu'il s'agisse de la récente et controversée libération, en septembre, de cinq prisonniers chacun par l'Iran et les États-Unis, à la suite d'un accord du gouvernement américain sur le déblocage de 6 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,94 euro) d'actifs iraniens, ou de la prise en otage pendant quatre cent quarante-quatre jours de 52 Américains saisis à l'ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979, «la réponse la plus difficile à la diplomatie des otages est sans doute l'incohérence des politiques des États à son égard», a ajouté Denselow.

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Des militants de la révolution pro-iranienne ont pris en otage 53 citoyens américains pendant quatre cent quarante-quatre jours, jusqu'au 20 janvier 1981 (Photo, Getty Images).

La vérité de cette observation se manifeste aujourd'hui dans la crise de Gaza, où les émotions brutes déclenchées par le sort de tant d'otages empêchent une réponse internationale unifiée et brouillent même les cartes pour les stratèges militaires israéliens.

La terrible réalité est que, même s'il libère quelques otages ici et là, le Hamas est considéré par ses détracteurs comme indifférent au sort des personnes qu'il a capturées, si ce n'est qu'il maintient au moins certaines d'entre elles en vie suffisamment longtemps pour que la perspective de leur libération – ou de leur mort – serve son objectif.

Désespérément préoccupées par le sort de leurs proches et torturées quotidiennement par la pensée de ce qu'ils doivent endurer, de nombreuses familles d'otages sont en fait devenues les alliées involontaires de leurs ravisseurs.

Depuis que les otages ont été enlevés, la pression exercée sur le gouvernement israélien, au niveau national et international, pour qu'il entame des négociations avec leurs ravisseurs n'a cessé de croître.

L'horreur à laquelle les familles sont confrontées a été soulignée lundi par l'annonce de la mort de Shani Louk, une germano-israélienne de 22 ans qui vivait à Tel-Aviv et dont on pensait qu'elle avait été enlevée sur les lieux du massacre lors du festival de musique au début des attaques, le 7 octobre.

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Shani Louk, une germano-israélienne de 22 ans enlevée par des combattants du Hamas, a été confirmé morte le 30 octobre 2023 (Photo, Instagram).

Les détails macabres de la confirmation de la mort de Louk ne feront qu'accentuer la pression, non seulement sur Israël, mais aussi sur tous les gouvernements qui doivent maintenant faire face aux appels de familles affolées.

Les médecins légistes israéliens ont identifié Louk grâce à l'ADN extrait d'un fragment d'os du crâne, qui est jusqu'à présent la seule partie de son corps qui a été retrouvée.

Le Hamas détiendrait plusieurs autres Allemands, parmi les ressortissants de quelque 24 autres pays qui ont été enlevés le 7 octobre et qui, ensemble, représentent la moitié des otages actuellement détenus.

Outre la pression croissante exercée par ses propres familles, de plus en plus en colère, qui craignent que leurs proches soient assassinés par le Hamas ou victimes des bombes et des balles israéliennes à Gaza, le gouvernement doit à présent faire face à un large éventail d'exigences et de pressions diplomatiques de la part d'autres pays dans le monde.

Que ce soit de façon accidentelle ou délibérée, il y a en fait plus d'otages d'autres pays que de citoyens d'Israël, dont 54 Thaïlandais, 15 Argentins, 12 Allemands, 12 Américains, 6 Français et 6 Russes, et cela sert bien le Hamas.

Bien que mercredi, certains détenteurs de passeports étrangers aient été autorisés à quitter Gaza par le poste frontière de Rafah en direction de l'Égypte, l'inquiétude internationale reste vive pour les citoyens de nombreux pays qui se sont retrouvés piégés par le conflit dans des conditions de plus en plus désespérées.

Ce lundi, un ministre britannique a déclaré que les 200 Britanniques piégés à Gaza étaient, en fait, également des otages, piégés par le refus du Hamas de les laisser partir, malgré les appels directs des États-Unis et d'autres pays.

Leur situation critique a été mise en lumière lorsque le Premier ministre écossais, Humza Yousaf, a révélé que ses propres parents, qui s'étaient rendus à Gaza, n'avaient plus d'eau potable.

Un flux apparemment ininterrompu d'histoires similaires fait monter la pression sur le gouvernement israélien de la part de pays qui défendent le droit d'Israël à se défendre, mais pas au prix de la vie innocente de leurs propres citoyens qui, sans qu'il y ait faute de leur part, se trouvent être des pions dans le plan de jeu du Hamas.

«La prise en otage massive d'Israéliens, dont beaucoup étaient des enfants ou des personnes âgées, ainsi qu'un grand nombre de personnes ayant la double nationalité, est un élément crucial de l'équation mortelle de la crise qui se joue actuellement entre Israël et le Hamas», a expliqué Denselow à Arab News.

«La prise d'otages était apparemment un objectif clé – et non un acte opportuniste – de l'attaque elle-même», a-t-il estimé.

Et, comme le Hamas l'aura certainement voulu, «certaines des familles des otages capturés se sont déjà révélées être parmi les plus puissants défenseurs de la diplomatie et de la désescalade militaire pour que leurs proches soient ramenés sains et saufs».

Des fissures qui apparaissent dans la société israélienne, font augmenter le niveau de risque politique auquel est confronté le Premier ministre, Benjamin Netanyahou.

Organisé via WhatsApp et le hashtag «Ramenez-les à la maison maintenant», le Forum des familles d'otages et de disparus s'est rassemblé samedi devant le siège du ministère israélien de la Défense à Tel-Aviv, muni de photographies des disparus et exigeant de savoir ce que le gouvernement envisage de faire pour sauver les vies de leurs proches.

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Des Israéliens manifestent devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv, le 19 octobre 2023, pour demander la libération des Israéliens retenus en otage par les combattants du Hamas dans la bande de Gaza (Photo, Ahmad Gharabli/AFP).

La semaine précédente, le Hamas avait annoncé que 50 otages étaient déjà morts sous les bombardements israéliens à Gaza. Les incursions des forces israéliennes dans la nuit de vendredi à samedi n'ont fait qu'accroître l'inquiétude des proches, alimentant la crainte que les bombardements israéliens de 150 cibles souterraines, qui ont fait l'objet d'une grande publicité, aient été menés sans se soucier des otages éventuellement détenus dans les tunnels du Hamas.

«Pourquoi cette offensive? Il n'y a pas d'urgence. Le Hamas ne peut se rendre nulle part», a déclaré aux médias l'un des participants à la manifestation, qui tenait une photo de son neveu de 19 ans disparu et une affiche sur laquelle on pouvait lire: «Ne nous abandonnez pas deux fois.»

 Les manifestants estimaient que le gouvernement avait déjà laissé tomber les otages une fois pour avoir permis que l'attaque sans précédent du 7 octobre ait lieu pratiquement sans être contestée. Aujourd'hui, beaucoup pensent que le gouvernement n'a moralement qu'une seule option: libérer tous les Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes en échange des otages.

Le cri «Tous les prisonniers pour tous les otages», qui résonne de manière inquiétante dans les couloirs du pouvoir israélien, sera sans aucun doute une musique douce aux oreilles des dirigeants du Hamas.

Pour l'instant, le Hamas semble contrôler totalement l'impasse de plus en plus tendue entre le gouvernement israélien, son propre peuple et les gouvernements sous pression de nombre de ses alliés mondiaux, et seuls de petits ajustements au modèle sont nécessaires au Hamas pour maintenir la pression sur Netanyahou et son Conseil des ministres.

Le 18 octobre, un porte-parole du Hamas a annoncé que le groupe était prêt à libérer les femmes et les enfants.

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Cette photo fournie par l'hôpital Ichilov montre Yocheved Lifshitz, l'une des deux femmes libérées par le Hamas le lundi 23 octobre 2023, transportée dans un fauteuil roulant dans le hall de l'hôpital à Tel Aviv, Israël (Photo, Jenny Yerushalmy/Ichilov hospital via l’AP).

Deux jours plus tard, deux otages américains, Judith Raanan et sa fille Natalie, ont été soudainement libérés, le président américain, Joe Biden, remerciant publiquement «le gouvernement du Qatar et le gouvernement d'Israël pour leur collaboration dans ce travail».

Trois jours plus tard, deux autres otages israéliens âgés ont été libérés. L'une d'entre elles, Yocheved Lifshitz, grand-mère de 85 ans, était une militante pacifiste qui, selon son petit-fils, avait travaillé pendant des années pour aider les Palestiniens de Gaza à recevoir des soins médicaux.

Sur les images de la libération des femmes, filmées et diffusées par le Hamas, qui a le sens des médias, on voit Lifshitz serrer la main de l'un de ses ravisseurs armés et lui souhaiter «Shalom» («Paix»).

Ce lundi, le Hamas a diffusé une vidéo mettant en scène trois Israéliennes kidnappées, dont l'une accuse Netanyahou de ne pas avoir protégé Israël le 7 octobre, puis condamne les incursions militaires israéliennes dans la bande de Gaza.

«Nous sommes des citoyens innocents», a-t-elle affirmé à son Premier ministre. «Vous voulez tous nous tuer. Vous voulez tous nous tuer en utilisant les FDI (Forces de défense israéliennes).»

Chaque épisode de ce type renforce l'espoir de ceux qui restent en captivité, semble montrer le Hamas sous un jour humanitaire et fait apparaître comme imprudente toute incursion militaire à grande échelle des forces israéliennes dans la bande de Gaza.

Que veut le Hamas? La semaine dernière, un haut responsable a été cité sur NBC News, déclarant que le Hamas serait prêt à libérer tous les otages civils «en une heure» si Israël cessait toutes ses attaques contre la bande de Gaza et libérait tous les Palestiniens détenus par Israël.

Cela est exactement ce que de nombreux citoyens israéliens réclament aujourd'hui.

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Des véhicules blindés de transport de troupes et des chars israéliens se dirigent vers la frontière de la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le 1er novembre 2023 (Photo, AP).

Mais Denselow estime que la situation à Gaza – et le sort des otages qui y sont détenus – reste sur le fil du rasoir.

«Des rapports indiquent que la libération d'une poignée d'otages pourrait avoir joué un rôle dans le retardement d'une offensive terrestre», a-t-il éclairci.

«Pourtant, l'histoire montre que si, dans les conflits plus stables, la négociation et le retour des otages peuvent avoir lieu, dans les conflits plus rapides et plus intenses, les otages sont souvent tragiquement incapables d'échapper au maelström de la violence», a- t-il alerté.

«Si, par miracle diplomatique, les otages sont libérés sains et saufs, il reste à savoir ce qui se passera ensuite et si la violence pourrait effectivement s'intensifier», a soutenu Denselow.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: frappes israéliennes près de Beyrouth et dans le sud, au moins six morts

Une frappe a touché mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant ses raids également dans le sud du Liban où six personnes ont été tuées, au moment où se tiennent des pourparlers entre les deux pays à Washington. (AFP)
Une frappe a touché mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant ses raids également dans le sud du Liban où six personnes ont été tuées, au moment où se tiennent des pourparlers entre les deux pays à Washington. (AFP)
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  • Un correspondant de l'AFP a vu une ambulance sur le lieu et des passants rassemblés sur cette autoroute côtière qui relie Beyrouth au sud du pays
  • Dans le même temps, l'armée israélienne dit avoir intercepté un "aéronef ennemi" en provenance du Liban, pour la première fois en plus de 24 heures, alors que le Hezbollah pro-iranien n'avait pas revendiqué d'attaques contre Israël depuis lundi soir

BEYROUTH: Une frappe a touché mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant ses raids également dans le sud du Liban où six personnes ont été tuées, au moment où se tiennent des pourparlers entre les deux pays à Washington.

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), la frappe a visé une voiture sur la route de Khaldé, au sud de la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu une ambulance sur le lieu et des passants rassemblés sur cette autoroute côtière qui relie Beyrouth au sud du pays.

Dans le même temps, l'armée israélienne dit avoir intercepté un "aéronef ennemi" en provenance du Liban, pour la première fois en plus de 24 heures, alors que le Hezbollah pro-iranien n'avait pas revendiqué d'attaques contre Israël depuis lundi soir.

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avait averti mardi que l'armée frapperait la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah, si ce dernier visait son territoire.

L'Ani a par ailleurs fait état de frappes sans avertissement sur une vingtaine de localités dans le sud du pays mercredi, l'armée israélienne adressant des ordres d'évacuation aux habitants de plusieurs villages.

Quatre ressortissants syriens et deux Palestiniens ont été tués près de la ville millénaire de Tyr, a précisé une source médicale à l'AFP.

Mardi, l'armée israélienne avait affirmé que des membres du Hezbollah pro-iranien se cachaient dans le quartier chrétien de la ville jusque là épargné.


Pays arabes et du Golfe condamnent les récentes attaques iraniennes contre le Koweït et Bahreïn

Le Golfe et les pays arabes condamnent les nouvelles attaques iraniennes visant le Koweït et Bahreïn. Des bateaux passent devant les tours du Koweït, sur le front de mer le long du Golfe, à Salimiyah, le 2 juin 2026. (AFP)
Le Golfe et les pays arabes condamnent les nouvelles attaques iraniennes visant le Koweït et Bahreïn. Des bateaux passent devant les tours du Koweït, sur le front de mer le long du Golfe, à Salimiyah, le 2 juin 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis ont fermement condamné les attaques iraniennes contre le Koweït et Bahreïn
  • Bader Al-Asaker, chef du bureau privé du prince héritier d'Arabie saoudite, a déclaré dans un post sur X.com : "Ô Dieu, protège notre peuple au Koweït et à Bahreïn et préserve notre Golfe de tout mal"


DUBAI : Les pays du Golfe et les pays arabes ont condamné les nouvelles attaques iraniennes visant le Koweït et Bahreïn plus tôt dans la journée de mercredi.

Le ministère des Affaires étrangères d'Arabie saoudite a exprimé la condamnation et la dénonciation les plus fermes du Royaume à l'égard des attaques répétées et odieuses de l'Iran contre le Koweït et le Bahreïn.

Dans un communiqué, le ministère a déclaré que le Royaume réitère son rejet catégorique de ces attaques qui portent atteinte à la souveraineté des États frères et qui constituent une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies.
Le bureau de Mohammed bin Salman d'Arabie saoudite a réagi par un post quelques heures après les attaques de l'Iran qui ont visé Bahreïn et le Koweït.

Bader Al-Asaker, chef du bureau privé du prince héritier d'Arabie saoudite, a déclaré dans un post sur X.com : "Ô Dieu, protège notre peuple au Koweït et à Bahreïn et préserve notre Golfe de tout mal".

Le Qatar, par le biais d'un communiqué du ministère des affaires étrangères, a déclaré qu'il "rejetait totalement le fait de viser des cibles civiles et des installations vitales, et soulignait la nécessité d'épargner à la région les conséquences d'attaques injustifiées et d'œuvrer à la désescalade afin de rétablir la sécurité et la stabilité régionales et internationales".

Doha a également réitéré son entière solidarité et son soutien au Koweït et à Bahreïn pour "toutes les mesures qu'ils prennent pour préserver leur souveraineté et leur sécurité".

Le ministère des affaires étrangères des Émirats arabes unis a également condamné fermement les attaques iraniennes contre le Koweït et le Bahreïn. Dans un communiqué, le ministère affirme que ces attaques constituent une violation flagrante de la souveraineté des deux pays et une infraction au droit international.

Anwar Gargash, conseiller présidentiel des Émirats arabes unis, a appelé à une position ferme et unifiée du Golfe contre l'agression iranienne répétée.

"Face à l'agression iranienne répétée contre l'État frère du Koweït et le Royaume de Bahreïn, le Golfe doit adopter une position ferme, unifiée et cohérente", a écrit Anwar Gargash sur X.

"Aucun État du Golfe ne devrait être laissé seul face à la cible, car la sécurité des États arabes du Golfe est interconnectée, leurs intérêts sont partagés et leur destin est commun.

Le ministère des affaires étrangères du Koweït a condamné le ciblage de Bahreïn par l'Iran, déclarant qu'il s'agissait d'une "escalade dangereuse qui constitue une violation flagrante des règles du droit international et une menace pour la sécurité et la stabilité de la région".

L'Égypte a fermement condamné ce qu'elle a qualifié d'"odieuse attaque iranienne" qui "constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Koweït et représente une escalade dangereuse menaçant la sécurité et la stabilité de la région du Golfe et de l'ensemble de la zone".

La Jordanie, dans une déclaration de son ministère des affaires étrangères, a condamné les "attaques iraniennes brutales qui ont visé des installations civiles et vitales" au Koweït et à Bahreïn, ajoutant que ces attaques constituaient une violation "flagrante" de leur souveraineté.

Le Conseil de coopération du Golfe a également condamné les attaques continues de l'Iran contre le Bahreïn et le Koweït, les qualifiant de "politique hostile inacceptable".

Le CCG a déclaré que les frappes contre des cibles civiles et des missions diplomatiques représentaient une escalade dangereuse et sans précédent.

Jasem Mohamed Albudaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, a déclaré dans un communiqué que l'agression iranienne en cours contre le Koweït et le Bahreïn "révèle la détermination du régime iranien à poursuivre des politiques hostiles rejetées qui sapent la sécurité et la stabilité des pays de la région et menacent la paix régionale et internationale".

Les actions de l'Iran, a-t-il ajouté, "requièrent une position internationale ferme pour mettre fin à ces pratiques agressives dangereuses de l'Iran".

Mercredi, l'Iran a revendiqué les nouveaux attentats visant des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, notamment le quartier général de la cinquième flotte américaine.

Le Koweït a déclaré plus tôt qu'il avait suspendu les vols à l'aéroport international du Koweït après que son bâtiment ait subi des "dommages matériels importants" en raison de "l'agression criminelle iranienne".

Kuwait Airways a repris ses vols depuis le terminal 4 de l'aéroport mercredi après-midi après que les autorités aient évalué les dommages subis par l'installation.


L'armée américaine affirme avoir repoussé des attaques de missiles et drones iraniens dans le Golfe

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  • L'attaque a visé "des installations civiles et vitales, notamment l'aéroport international du Koweït, faisant un mort et des blessés, ainsi que des dégâts dans des installations vitales, dont des missions diplomatiques"
  • L'armée américaine a pour sa part affirmé mardi avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans la région, et avoir répliqué en bombardant au sol une île iranienne

WASHINGTON: Une personne a été tuée et plusieurs blessées au Koweït dans des attaques menées à l'aube par l'Iran, a indiqué le ministère koweïtien des Affaires étrangères.

L'attaque a visé "des installations civiles et vitales, notamment l'aéroport international du Koweït, faisant un mort et des blessés, ainsi que des dégâts dans des installations vitales, dont des missions diplomatiques", a dit le ministère dans un communiqué condamnant les "agressions iraniennes".

"La sécurité de l'État du Koweït, sa souveraineté ainsi que la sûreté de ses citoyens et des résidents sur son territoire constituent une ligne rouge", a-t-il ajouté.

L'armée américaine a pour sa part affirmé mardi avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans la région, et avoir répliqué en bombardant au sol une île iranienne.

"L'Iran a lancé plusieurs missiles balistiques vers des pays de la région, mais tous ont raté leur cible", a écrit le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient dans un communiqué sur X, ajoutant qu'aucun membre de l'armée n'avait été blessé.

"Deux missiles iraniens tirés vers le Koweït sont tombés avant d'atteindre le territoire ou se sont désintégrés en vol, et trois missiles lancés contre Bahreïn ont été immédiatement interceptés par les défenses aériennes américaines et bahreïniennes", a précisé le Centcom.

Avant cela, l'armée américaine avait "abattu trois drones" d'attaque "lancés par l'Iran contre des marins civils qui circulaient légitimement dans les eaux régionales", a encore déclaré l'armée américaine.

En réponse, le Centcom dit avoir "mené des frappes de légitime défense" sur des cibles au sol sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz.

Le Corps des Gardien de la Révolution, cités par les médias iraniens, a affirmé que les Etats-Unis ont visé une tour de télécommunication sur l'île et qu'en représailles, ils ont visé une base militaire américaine dans un pays de la région ainsi que le siège de la 5e flotte américaine, à Bahreïn.

Cette dernière affirmation a été démentie par le Centcom. "Toutes les attaques iraniennes contre les forces américaines ont échoué", a écrit le Centcom sur X.

Un peu plus tôt, le Koweït avait affirmé intercepter des "attaques de drones et missiles hostiles".

Le Centcom a ensuite déclaré avoir intercepté "plusieurs drones." "Une nouvelle vague de drones iraniens tentant d'attaquer les forces américaines au Koweït n'a pas atteint les cibles visées cette nuit," a déclaré le commandement américain sur X.