Comment la diplomatie des otages de Gaza pourrait dicter le cours de la guerre entre Israël et le Hamas

Libérées après treize jours de captivité, les Américaines Natalie Shoshana Raanan et Judith Tai Raanan faisaient partie des quelque 230 personnes prises en otage par le Hamas lors de l'attaque du 7 octobre contre le sud d'Israël (Photo, AFP).
Libérées après treize jours de captivité, les Américaines Natalie Shoshana Raanan et Judith Tai Raanan faisaient partie des quelque 230 personnes prises en otage par le Hamas lors de l'attaque du 7 octobre contre le sud d'Israël (Photo, AFP).
Des Israéliens manifestent devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv, le 19 octobre 2023, pour demander la libération des Israéliens retenus en otage par les combattants du Hamas dans la bande de Gaza (Photo, Ahmad Gharabli/AFP).
Des Israéliens manifestent devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv, le 19 octobre 2023, pour demander la libération des Israéliens retenus en otage par les combattants du Hamas dans la bande de Gaza (Photo, Ahmad Gharabli/AFP).
Une photo prise depuis la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, montre de la fumée s’élevant lors du bombardement israélien de la bande de Gaza le 29 octobre 2023, au milieu des combats en cours entre Israël et le mouvement palestinien Hamas (Photo, AFP).
Une photo prise depuis la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, montre de la fumée s’élevant lors du bombardement israélien de la bande de Gaza le 29 octobre 2023, au milieu des combats en cours entre Israël et le mouvement palestinien Hamas (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 02 novembre 2023

Comment la diplomatie des otages de Gaza pourrait dicter le cours de la guerre entre Israël et le Hamas

  • Le Hamas a pris environ 230 otages, dont des enfants et des personnes âgées, lors de son attaque du 7 octobre contre le sud d'Israël
  • La politique et les tactiques de la prise d'otages font l'objet du dernier rapport de l'unité de recherche et d'études d'Arab News

LONDRES: L'une des images marquantes qui ont émergé au lendemain de l'attaque contre Israël le 7 octobre est une image tirée d'une vidéo, largement diffusée sur les réseaux sociaux, montrant une Israélienne âgée emmenée en captivité sur une voiturette de golf.

Ce n'est pas un hasard si cette image a été diffusée, ni si elle a été si largement utilisée par les médias du monde entier. L'enlèvement est un acte cruel, conçu précisément pour susciter des réactions émotionnelles qui ne peuvent que servir les intérêts des preneurs d'otages.

Yaffa Adar, une grand-mère israélienne de 85 ans, a été enlevée de son domicile dans le Kibboutz Kfar, près de la frontière avec Gaza.

Sur la photo, elle est assise, enveloppée dans une couverture, entourée d'hommes armés mais regardant devant elle avec un calme incongru.

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Yaffa Adar, une grand-mère israélienne de 85 ans qui a été enlevée de sa maison dans le Kibboutz Kfar lors de l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, est toujours en captivité (Photo, Hatem Ali/AP).

Comme l'a déclaré sa petite-fille Adva Adar à l'agence de presse Reuters le jour des attentats, «c'est une femme forte [...] elle est assise, essayant de leur montrer qu'elle n'a pas peur et qu'elle n'est pas blessée».

Elle s'est ensuite fait l'écho de l'appel plaintif de toutes les familles qui ont souffert de voir un être cher arraché à leur univers quotidien et pris en otage comme un pion dans un jeu politique qui échappe à leur contrôle.

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Cette image tirée d'une vidéo publiée par les brigades Al Qassam sur leur chaîne Telegram montre Yocheved Lifshitz, 85 ans, au centre, et Nurit Cooper, 79 ans, escortées par le Hamas alors qu'elles sont remises à la Croix-Rouge dans un lieu inconnu, le 23 octobre 2023 (Brigades Al Qassam via AP).

«J'ai un message, j'ai l'espoir qu'ils comprendront que ces personnes n'ont rien fait de mal», a déclaré Adar, luttant contre ses larmes.

«Je n'arrive même pas à comprendre comment les gens peuvent penser qu'il est logique d'enlever une dame de 85 ans, d'enlever des bébés, d'enlever des enfants», a-t-elle demandé.

Mais bien sûr, comme ceux qui détiennent Yaffa Adar et environ 230 autres otages ne le savent que trop bien, dans la logique froide de ceux qui cherchent à obtenir des avantages politiques en plaçant les gouvernements sous une pression émotionnelle extrême, l'enlèvement d'enfants vulnérables et de vieilles dames est le plus parfait et le plus terrible des raisonnements.

La politique et les tactiques de la prise d'otages font l'objet du dernier rapport publié par l'unité de recherche et d'études d'Arab News. L'auteur est James Denselow, un écrivain spécialisé dans la politique et les questions de sécurité au Moyen-Orient, qui a travaillé pour le groupe de réflexion sur la politique étrangère Chatham House, basé au Royaume-Uni, et pour des ONG internationales.

Dans «The Hostage Dilemma»,(«Le dilemme des otages»), Denselow passe en revue la «diplomatie des otages», une activité longue et très pratiquée qui fait partie de l'arsenal des groupes terroristes et des gouvernements malhonnêtes depuis des dizaines d'années, a-t-il écrit.

Qu'il s'agisse de la récente et controversée libération, en septembre, de cinq prisonniers chacun par l'Iran et les États-Unis, à la suite d'un accord du gouvernement américain sur le déblocage de 6 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,94 euro) d'actifs iraniens, ou de la prise en otage pendant quatre cent quarante-quatre jours de 52 Américains saisis à l'ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979, «la réponse la plus difficile à la diplomatie des otages est sans doute l'incohérence des politiques des États à son égard», a ajouté Denselow.

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Des militants de la révolution pro-iranienne ont pris en otage 53 citoyens américains pendant quatre cent quarante-quatre jours, jusqu'au 20 janvier 1981 (Photo, Getty Images).

La vérité de cette observation se manifeste aujourd'hui dans la crise de Gaza, où les émotions brutes déclenchées par le sort de tant d'otages empêchent une réponse internationale unifiée et brouillent même les cartes pour les stratèges militaires israéliens.

La terrible réalité est que, même s'il libère quelques otages ici et là, le Hamas est considéré par ses détracteurs comme indifférent au sort des personnes qu'il a capturées, si ce n'est qu'il maintient au moins certaines d'entre elles en vie suffisamment longtemps pour que la perspective de leur libération – ou de leur mort – serve son objectif.

Désespérément préoccupées par le sort de leurs proches et torturées quotidiennement par la pensée de ce qu'ils doivent endurer, de nombreuses familles d'otages sont en fait devenues les alliées involontaires de leurs ravisseurs.

Depuis que les otages ont été enlevés, la pression exercée sur le gouvernement israélien, au niveau national et international, pour qu'il entame des négociations avec leurs ravisseurs n'a cessé de croître.

L'horreur à laquelle les familles sont confrontées a été soulignée lundi par l'annonce de la mort de Shani Louk, une germano-israélienne de 22 ans qui vivait à Tel-Aviv et dont on pensait qu'elle avait été enlevée sur les lieux du massacre lors du festival de musique au début des attaques, le 7 octobre.

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Shani Louk, une germano-israélienne de 22 ans enlevée par des combattants du Hamas, a été confirmé morte le 30 octobre 2023 (Photo, Instagram).

Les détails macabres de la confirmation de la mort de Louk ne feront qu'accentuer la pression, non seulement sur Israël, mais aussi sur tous les gouvernements qui doivent maintenant faire face aux appels de familles affolées.

Les médecins légistes israéliens ont identifié Louk grâce à l'ADN extrait d'un fragment d'os du crâne, qui est jusqu'à présent la seule partie de son corps qui a été retrouvée.

Le Hamas détiendrait plusieurs autres Allemands, parmi les ressortissants de quelque 24 autres pays qui ont été enlevés le 7 octobre et qui, ensemble, représentent la moitié des otages actuellement détenus.

Outre la pression croissante exercée par ses propres familles, de plus en plus en colère, qui craignent que leurs proches soient assassinés par le Hamas ou victimes des bombes et des balles israéliennes à Gaza, le gouvernement doit à présent faire face à un large éventail d'exigences et de pressions diplomatiques de la part d'autres pays dans le monde.

Que ce soit de façon accidentelle ou délibérée, il y a en fait plus d'otages d'autres pays que de citoyens d'Israël, dont 54 Thaïlandais, 15 Argentins, 12 Allemands, 12 Américains, 6 Français et 6 Russes, et cela sert bien le Hamas.

Bien que mercredi, certains détenteurs de passeports étrangers aient été autorisés à quitter Gaza par le poste frontière de Rafah en direction de l'Égypte, l'inquiétude internationale reste vive pour les citoyens de nombreux pays qui se sont retrouvés piégés par le conflit dans des conditions de plus en plus désespérées.

Ce lundi, un ministre britannique a déclaré que les 200 Britanniques piégés à Gaza étaient, en fait, également des otages, piégés par le refus du Hamas de les laisser partir, malgré les appels directs des États-Unis et d'autres pays.

Leur situation critique a été mise en lumière lorsque le Premier ministre écossais, Humza Yousaf, a révélé que ses propres parents, qui s'étaient rendus à Gaza, n'avaient plus d'eau potable.

Un flux apparemment ininterrompu d'histoires similaires fait monter la pression sur le gouvernement israélien de la part de pays qui défendent le droit d'Israël à se défendre, mais pas au prix de la vie innocente de leurs propres citoyens qui, sans qu'il y ait faute de leur part, se trouvent être des pions dans le plan de jeu du Hamas.

«La prise en otage massive d'Israéliens, dont beaucoup étaient des enfants ou des personnes âgées, ainsi qu'un grand nombre de personnes ayant la double nationalité, est un élément crucial de l'équation mortelle de la crise qui se joue actuellement entre Israël et le Hamas», a expliqué Denselow à Arab News.

«La prise d'otages était apparemment un objectif clé – et non un acte opportuniste – de l'attaque elle-même», a-t-il estimé.

Et, comme le Hamas l'aura certainement voulu, «certaines des familles des otages capturés se sont déjà révélées être parmi les plus puissants défenseurs de la diplomatie et de la désescalade militaire pour que leurs proches soient ramenés sains et saufs».

Des fissures qui apparaissent dans la société israélienne, font augmenter le niveau de risque politique auquel est confronté le Premier ministre, Benjamin Netanyahou.

Organisé via WhatsApp et le hashtag «Ramenez-les à la maison maintenant», le Forum des familles d'otages et de disparus s'est rassemblé samedi devant le siège du ministère israélien de la Défense à Tel-Aviv, muni de photographies des disparus et exigeant de savoir ce que le gouvernement envisage de faire pour sauver les vies de leurs proches.

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Des Israéliens manifestent devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv, le 19 octobre 2023, pour demander la libération des Israéliens retenus en otage par les combattants du Hamas dans la bande de Gaza (Photo, Ahmad Gharabli/AFP).

La semaine précédente, le Hamas avait annoncé que 50 otages étaient déjà morts sous les bombardements israéliens à Gaza. Les incursions des forces israéliennes dans la nuit de vendredi à samedi n'ont fait qu'accroître l'inquiétude des proches, alimentant la crainte que les bombardements israéliens de 150 cibles souterraines, qui ont fait l'objet d'une grande publicité, aient été menés sans se soucier des otages éventuellement détenus dans les tunnels du Hamas.

«Pourquoi cette offensive? Il n'y a pas d'urgence. Le Hamas ne peut se rendre nulle part», a déclaré aux médias l'un des participants à la manifestation, qui tenait une photo de son neveu de 19 ans disparu et une affiche sur laquelle on pouvait lire: «Ne nous abandonnez pas deux fois.»

 Les manifestants estimaient que le gouvernement avait déjà laissé tomber les otages une fois pour avoir permis que l'attaque sans précédent du 7 octobre ait lieu pratiquement sans être contestée. Aujourd'hui, beaucoup pensent que le gouvernement n'a moralement qu'une seule option: libérer tous les Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes en échange des otages.

Le cri «Tous les prisonniers pour tous les otages», qui résonne de manière inquiétante dans les couloirs du pouvoir israélien, sera sans aucun doute une musique douce aux oreilles des dirigeants du Hamas.

Pour l'instant, le Hamas semble contrôler totalement l'impasse de plus en plus tendue entre le gouvernement israélien, son propre peuple et les gouvernements sous pression de nombre de ses alliés mondiaux, et seuls de petits ajustements au modèle sont nécessaires au Hamas pour maintenir la pression sur Netanyahou et son Conseil des ministres.

Le 18 octobre, un porte-parole du Hamas a annoncé que le groupe était prêt à libérer les femmes et les enfants.

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Cette photo fournie par l'hôpital Ichilov montre Yocheved Lifshitz, l'une des deux femmes libérées par le Hamas le lundi 23 octobre 2023, transportée dans un fauteuil roulant dans le hall de l'hôpital à Tel Aviv, Israël (Photo, Jenny Yerushalmy/Ichilov hospital via l’AP).

Deux jours plus tard, deux otages américains, Judith Raanan et sa fille Natalie, ont été soudainement libérés, le président américain, Joe Biden, remerciant publiquement «le gouvernement du Qatar et le gouvernement d'Israël pour leur collaboration dans ce travail».

Trois jours plus tard, deux autres otages israéliens âgés ont été libérés. L'une d'entre elles, Yocheved Lifshitz, grand-mère de 85 ans, était une militante pacifiste qui, selon son petit-fils, avait travaillé pendant des années pour aider les Palestiniens de Gaza à recevoir des soins médicaux.

Sur les images de la libération des femmes, filmées et diffusées par le Hamas, qui a le sens des médias, on voit Lifshitz serrer la main de l'un de ses ravisseurs armés et lui souhaiter «Shalom» («Paix»).

Ce lundi, le Hamas a diffusé une vidéo mettant en scène trois Israéliennes kidnappées, dont l'une accuse Netanyahou de ne pas avoir protégé Israël le 7 octobre, puis condamne les incursions militaires israéliennes dans la bande de Gaza.

«Nous sommes des citoyens innocents», a-t-elle affirmé à son Premier ministre. «Vous voulez tous nous tuer. Vous voulez tous nous tuer en utilisant les FDI (Forces de défense israéliennes).»

Chaque épisode de ce type renforce l'espoir de ceux qui restent en captivité, semble montrer le Hamas sous un jour humanitaire et fait apparaître comme imprudente toute incursion militaire à grande échelle des forces israéliennes dans la bande de Gaza.

Que veut le Hamas? La semaine dernière, un haut responsable a été cité sur NBC News, déclarant que le Hamas serait prêt à libérer tous les otages civils «en une heure» si Israël cessait toutes ses attaques contre la bande de Gaza et libérait tous les Palestiniens détenus par Israël.

Cela est exactement ce que de nombreux citoyens israéliens réclament aujourd'hui.

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Des véhicules blindés de transport de troupes et des chars israéliens se dirigent vers la frontière de la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le 1er novembre 2023 (Photo, AP).

Mais Denselow estime que la situation à Gaza – et le sort des otages qui y sont détenus – reste sur le fil du rasoir.

«Des rapports indiquent que la libération d'une poignée d'otages pourrait avoir joué un rôle dans le retardement d'une offensive terrestre», a-t-il éclairci.

«Pourtant, l'histoire montre que si, dans les conflits plus stables, la négociation et le retour des otages peuvent avoir lieu, dans les conflits plus rapides et plus intenses, les otages sont souvent tragiquement incapables d'échapper au maelström de la violence», a- t-il alerté.

«Si, par miracle diplomatique, les otages sont libérés sains et saufs, il reste à savoir ce qui se passera ensuite et si la violence pourrait effectivement s'intensifier», a soutenu Denselow.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.


Le prince héritier saoudien rencontre le président de la FIFA pour renforcer la coopération sportive

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
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  • Les discussions portent sur le développement du football et les partenariats internationaux
  • Le Royaume renforce ses liens avec la FIFA dans le cadre d’investissements sportifs majeurs

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah samedi, des discussions axées sur le renforcement de la coopération et l’élargissement des opportunités dans le développement du football.

La réunion a permis de passer en revue la collaboration en cours entre le Royaume et la FIFA, ainsi que les perspectives de croissance du sport, tant au niveau de la base que du football professionnel, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a intensifié son engagement avec la FIFA dans le cadre d’une stratégie plus large visant à se positionner comme un pôle sportif mondial, avec d’importants investissements dans les infrastructures, la formation des talents et l’organisation de grands événements internationaux dans le cadre de la Vision 2030.

Le Royaume a accueilli une série de tournois régionaux et internationaux et a travaillé étroitement avec la FIFA sur des initiatives visant à élargir la pratique du football et sa croissance commerciale au Moyen-Orient. Riyad est également perçue comme cherchant à jouer un rôle accru dans le football mondial, notamment avec des ambitions potentielles d’accueil de grandes compétitions.

La réunion s’est tenue en présence du ministre des Sports Abdulaziz ben Turki Al-Faisal et du président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al-Misehal. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth après la destruction d'un pont

Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
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  • L’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth et détruit des ponts stratégiques au Liban, visant à affaiblir le Hezbollah et isoler le sud du pays
  • Le conflit s’intensifie : des Casques bleus ont été blessés, le bilan humain s’alourdit et les frappes provoquent destructions massives et déplacements de population

BEYROUTH: L'armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth samedi à l'aube, affirmant frapper des infrastructures du Hezbollah après avoir détruit un pont sur le fleuve Litani dans l'est du Liban.

Trois Casques bleus ont par ailleurs été blessés vendredi dans une explosion à l'intérieur d'une installation de l'ONU près d'El Adeisse (sud), la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) précisant que ces soldats, dont deux ont été grièvement blessés, sont de nationalité indonésienne.

Quelques jours plus tôt, trois autres Casques bleus indonésiens avaient perdu la vie, également dans le sud du pays, où Israël et le Hezbollah s'affrontent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Israël pilonne depuis le pays, disant viser le mouvement islamiste, et a entamé une invasion terrestre dans le sud. Ces opérations ont tué 1.368 personnes, dont 125 enfants, selon le dernier bilan officiel, et fait plus d'un million de déplacés.

Tôt samedi, l'armée israélienne a annoncé sur les réseaux sociaux avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth", une journaliste de l'AFP ayant fait état d'au moins deux bombardements dans la banlieue sud de la ville, avec de puissantes explosions et des panaches de fumée.

- Ponts ciblés -

Dans ce conflit, l'armée israélienne vise aussi les ponts enjambant le fleuve Litani, afin de couper une partie du sud du Liban du reste du pays, selon des experts militaires.

Dernière attaque de ce type en date, "des avions de guerre israéliens ont visé vendredi le pont qui relie Sohmor à Machghara, entraînant sa destruction", a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne avait auparavant averti que "pour empêcher le transfert de renforts et d'équipements militaires" du mouvement pro-iranien, elle allait cibler deux ponts. Le second a aussi été touché, d'après les médias libanais.

Israël a déjà détruit cinq ponts sur le Litani, situé à 30 km au nord de la frontière, région où il veut instaurer ce qu'il présente comme une "zone de sécurité".

Egalement à Sohmor, deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans une frappe israélienne survenue "alors que des fidèles quittaient la mosquée de la ville" après la prière du vendredi, selon le ministère libanais de la Santé.

Concernant les trois Casques bleus indonésiens blessés, l'origine de l'explosion dont ils ont été victimes est inconnue.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré une roquette.

Quant à leurs trois compatriotes tués quelques jours plus tôt, l'un a été victime dimanche d'un tir d'un char israélien, et deux autres d'une explosion le lendemain qui pourrait être due à une mine, selon une source sécuritaire de l'ONU.

Israël a nié toute responsabilité dans les faits de lundi, assurant qu'aucune de ses troupes n'était présente dans la zone.

- "Pas notre guerre" -

Vendredi après-midi, des frappes avaient déjà visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, l'armée israélienne disant cibler "des infrastructures terroristes".

Non loin des ces zones, des Libanais chrétiens ont assisté à l'office du Vendredi saint. Dans l'église Saint-Maron de Chiyah, un quartier de la banlieue sud, Hala Farah, 62 ans, raconte n'avoir jamais manqué aucune fête religieuse.

"Depuis que j'ai 15 ans, il y a la guerre" au Liban, "on est toujours là", dit-elle à l'AFP avant de rentrer dans une église comble.

Patricia Haddad, 32 ans, confie être "habituée, malheureusement". "Nous sommes contre la guerre: ce n'est pas notre guerre, c'est une guerre contre le Hezbollah, pas contre les chrétiens ni le pays", dit la jeune femme.

Alors que l'ONU et les autorités libanaises ont mis en garde contre une nouvelle occupation du sud du Liban, plusieurs frappes ont visé vendredi la région de Tyr, selon l'agence Ani.

Les troupes israéliennes ont également "détruit", ajoute l'agence, les dernières habitations restantes dans plusieurs villages frontaliers, déjà largement rasés lors de la précédente guerre en 2024.

En parallèle, le Hezbollah a annoncé une série d'attaques contre des cibles israéliennes sur le sol libanais et de l'autre côté de la frontière.

L'Iran et ses groupes affiliés "pourraient avoir l'intention de cibler des universités" au Liban, a averti l'ambassade américaine à Beyrouth, quelques jours après des menaces des Gardiens de la Révolution iraniens contre les établissements américains au Moyen-Orient.