Macron promet d'être au «rendez- vous» des réformes en Ouzbékistan

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev assistent à une cérémonie de signature au Palais des Congrès de Samarcande le 2 novembre 2023. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev assistent à une cérémonie de signature au Palais des Congrès de Samarcande le 2 novembre 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 02 novembre 2023

Macron promet d'être au «rendez- vous» des réformes en Ouzbékistan

  • "L'Ouzbékistan est en train de se transformer. Nous devons être au rendez-vous. Nous serons au rendez-vous!", a-t-il assuré à l'ouverture d'un forum d'affaires franco-ouzbek à Samarcande
  • L'Ouzbékistan mise depuis 2016 sur l'ouverture et les réformes pour attirer les investisseurs étrangers et sur la diversification de ses partenaires pour asseoir son indépendance, notamment vis-à-vis de l'ancienne puissance tutélaire russe

SAMARCANDE: Le président français Emmanuel Macron a promis jeudi d'accompagner son homologue ouzbek Chavkat Mirzioïev dans sa politique d'ouverture de son pays, appelant pour cela au renforcement du partenariat et des échanges économiques avec cette ex-république soviétique d'Asie centrale.

"L'Ouzbékistan est en train de se transformer. Nous devons être au rendez-vous. Nous serons au rendez-vous!", a-t-il assuré à l'ouverture d'un forum d'affaires franco-ouzbek à Samarcande, joyau architectural sur l'ancienne Route de la soie.

"Depuis sept ans, vous avez entrepris une politique qui est claire, d'apaisement et de stabilité régionale et d'ouverture et modernisation de votre économie. Cette politique, nous y croyons, nous la soutenons, nous voulons l'encourager et nous voulons y participer", a-t-il lancé au côté de son homologue.

"Le gouvernement français a confiance dans la stratégie qui est la vôtre", a-t-il martelé.

L'Ouzbékistan mise depuis 2016 sur l'ouverture et les réformes pour attirer les investisseurs étrangers et sur la diversification de ses partenaires pour asseoir son indépendance, notamment vis-à-vis de l'ancienne puissance tutélaire russe.

S'il a sorti son pays des 25 ans d'isolement imposés par son prédécesseur, le redouté Islam Karimov, dont il était un fidèle serviteur, le président Mirzioïev ne souffre en revanche aucune contestation. Et en juillet 2022, 21 personnes ont été tuées lors de rares manifestations ayant dégénéré.

Emmanuel Macron n'a fait aucune référence publique à la situation de l'Etat de droit dans ce pays, au régime qualifié d'autoritaire par des ONG, mais il a assuré que les investissements français l'aideraient sur la voie des réformes.

Ils offrent une "double garantie politique, celle de réformes qui vont continuer de se faire et celle d'un accompagnement stratégique inédit de la France dans la région", a-t-il dit.

«Ayez confiance

Le spécialiste français de l'uranium Orano a annoncé de premières activités d'extraction en Ouzbékistan qu'il ambitionne de développer.

Le géant français de l'électricité EDF a de son côté conclu un pré-contrat pour la réalisation de deux projets hydroélectriques et le groupe français TotalEnergies un protocole d'accord pour l'extension de la centrale solaire Tutly.

Le président Mirzioïev a vanté de son côté "une nouvelle ère de coopération qui commence" entre les deux pays, ainsi qu'"une entente et une confiance" mutuelles.

"Les réformes sont irréversibles", "nous continuerons notre politique d'ouverture", a-t-il dit, assurant vouloir "construire un pays démocratique", doté d'une "société civile forte".

"Ayez confiance, vous avez la parole du président", a-t-il conclu, en promettant de créer "les meilleures conditions" possibles pour les entreprises françaises.

Les deux dirigeants ont annoncé que leurs deux pays allaient engager des discussions pour conclure un partenariat stratégique d'ici la fin 2023.

Emmanuel Macron, arrivé mercredi soir en Ouzbékistan en provenance du Kazakhstan voisin, achève ainsi une visite de deux jours en Asie centrale destinée à renforcer la présence française dans un ancien pré-carré russe de plus en plus courtisé par la Chine, la Turquie et l'Europe.

Il est le premier président français à se rendre dans ce pays depuis François Mitterrand en 1994.

Signe de cette bonne entente, plusieurs accords ont été conclus dans l'énergie et la modernisation des infrastructures ouzbèkes.

Comme Mitterrand

Le Trésor français va octroyer de son côté des prêts pour l'adduction en eau potable dans la région de Kachkadarya (sud) alors que l'Ouzbékistan est un pays en grande partie désertique.

L'Ouzbékistan, pays le plus peuplé d'Asie centrale avec 35 millions d'habitants, est aussi très courtisé par la Chine et la Turquie. Mais la Russie y reste très présente et a récemment commencé à y livrer du gaz.

A Astana, Emmanuel Macron avait aussi appelé mercredi à "accélérer" le partenariat stratégique avec le Kazakhstan et loué le refus de toute "vassalisation" du pays, notamment vis-à-vis de la Russie, malgré les "pressions" subies.

Des contrats portant sur les minerais stratégiques -- avec une coopération dans la recherche géologique --, la production de vaccins contre la fièvre aphteuse et le développement d'un important parc éolien en collaboration avec TotalEnergies ont été signés.

Comme François Mitterrand en 1994, le chef de l'Etat visitera, avant de repartir pour Paris, plusieurs sites légendaires de Samarcande, où le chef de guerre Tamerlan fit édifier de somptueux édifices au XIVe siècle.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.