Cryptomonnaies: Sam Bankman-Fried coupable, risque jusqu'à 110 ans de prison

Le fondateur de FTX, Sam Bankman-Fried, quitte la Cour fédérale des États-Unis à New York le 30 mars 2023 (Photo, AFP).
Le fondateur de FTX, Sam Bankman-Fried, quitte la Cour fédérale des États-Unis à New York le 30 mars 2023 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 03 novembre 2023

Cryptomonnaies: Sam Bankman-Fried coupable, risque jusqu'à 110 ans de prison

  • Sam Bankman-Fried a été reconnu coupable jeudi par un jury new-yorkais des sept chefs d'accusation retenus contre lui
  • Après moins de cinq heures de délibéré, le jury l'a reconnu coupable d'avoir utilisé, à leur insu, les fonds déposés par les clients de sa plateforme d'échange de cryptomonnaies FTX, qui a fait faillite en novembre 2022

NEW YORK: Accusé de fraude, d'association de malfaiteurs et de blanchiment d'argent, Sam Bankman-Fried a été reconnu coupable jeudi par un jury new-yorkais des sept chefs d'accusation retenus contre lui, après cinq semaines d'un procès retentissant.

"SBF", la star déchue des cryptomonnaies, encourt jusqu'à 110 ans de réclusion criminelle au total. Sa peine doit être prononcée ultérieurement.

Après moins de cinq heures de délibéré, le jury l'a reconnu coupable d'avoir utilisé, à leur insu, les fonds déposés par les clients de sa plateforme d'échange de cryptomonnaies FTX, qui a fait faillite en novembre 2022.

L'argent a alimenté les transactions et placements à risque de sa société d'investissement, Alameda Research, dont les emprunts à la plateforme ont atteint jusqu'à 14 milliards de dollars environ.

"Sam Bankman-Fried a commis l'une des plus grosses fraudes financières de l'histoire des Etats-Unis", a déclaré le procureur fédéral de Manhattan, Damian Williams, après la lecture du verdict. "Un stratagème à plusieurs milliards de dollars conçu pour faire de lui le roi des cryptos."

C'est un succès pour l'accusation, qui a enseveli "SBF" sous des millions de documents, dont plusieurs accablants, ainsi que les témoignages de trois de ses anciens proches collaborateurs, dont son ancienne petite amie.

Tous ont affirmé avoir agi sous la direction de leur ancien patron, à la manoeuvre pour toutes les décisions clés qui ont permis le détournement de l'argent des clients et des prises de risque insensées par Alameda.

"Qui avait le contrôle? C'est ça, la question", avait lancé, mercredi à l'audience, le substitut du procureur Nicolas Roos. "C'était une personne: l'accusé."

«Avertissement»

Face à ce barrage, l'ancien milliardaire, dont la fortune s'est envolée avec l'implosion de FTX et Alameda, a tenté de plaider la bonne foi, présentant le visage d'un jeune entrepreneur sans expérience plutôt que celui d'un criminel.

Il a reconnu de "grosses erreurs", mais a toujours nié avoir enfreint sciemment la loi.

Son avocat, Mark Cohen, a accusé, à l'audience, le procureur de le présenter comme un "monstre", un "méchant", en caricaturant ses agissements et sa personnalité.

Le jeune trentenaire a même choisi de témoigner à son procès, une initiative rare car considérée comme trop risquée.

Mais cette audition, faute de le renforcer, l'a encore davantage fragilisé, l'ancien pédagogue des cryptos, à l'intelligence supérieure, se montrant fuyant et alambiqué sous le feu des questions de l'accusation.

Pour innocenter l'accusé, "il vous faudrait croire qu'il n'avait rien compris" de ce qu'il se passait au sein de ses propres sociétés, avait lancé mercredi le substitut du procureur Nicolas Roos. "Vous avez suivi tout ce procès et vous savez que rien de tout cela n'est vrai", a-t-il insisté à l'adresse du jury.

Sam Bankman-Fried a aussi tenté de charger ses ex-collaborateurs, les taxant tantôt d'incompétence, tantôt de l'avoir averti trop tard ou insuffisamment de la situation financière d'Alameda.

"Nous respectons la décision du jury, mais nous sommes très déçus du résultat", a réagi Mark Cohen. "M. Bankman-Fried maintient qu'il est innocent et va continuer à contester avec vigueur les charges retenues contre lui."

La faillite de FTX, qui intervenait après six mois de turbulences et d'autres défaillances, a pénalisé le monde des cryptomonnaies, qui se remet à peine de cette traversée du désert.

"L'industrie des cryptomonnaies est peut-être récente, avec des acteurs d'un nouveau genre comme Sam Bankman-Fried, mais ce type de fraude, de corruption, est vieux comme le monde", a commenté Damian Williams.

Pour le procureur fédéral, le verdict de jeudi "est un message, un avertissement à tous les escrocs qui se pensent intouchables, qui pensent que leurs crimes sont trop complexes pour que nous les attrapions".

"Qu'ils réfléchissent à deux fois", a-t-il averti. "S'ils persistent, nous aurons assez de menottes pour tout le monde."


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

Short Url

Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.