Gros dégâts au bureau de l'AFP à Gaza, Israël dit avoir frappé «à proximité»

Cette photo prise le 3 novembre 2023 montre un trou béant laissé par une frappe sur le bâtiment Hajji, qui abrite plusieurs bureaux, dont ceux de l'Agence France Presse (AFP) à Gaza City, au milieu des combats en cours entre Israël et le groupe palestinien Hamas. (Photo de Bashar TALEB / AFP)
Cette photo prise le 3 novembre 2023 montre un trou béant laissé par une frappe sur le bâtiment Hajji, qui abrite plusieurs bureaux, dont ceux de l'Agence France Presse (AFP) à Gaza City, au milieu des combats en cours entre Israël et le groupe palestinien Hamas. (Photo de Bashar TALEB / AFP)
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Publié le Samedi 04 novembre 2023

Gros dégâts au bureau de l'AFP à Gaza, Israël dit avoir frappé «à proximité»

  • Selon des images tournées vendredi et montrant la façade extérieure de la tour abritant le bureau de l'AFP aux deux derniers niveaux du bâtiment, un trou béant est visible dans la façade au niveau du bureau du technicien
  • Aucun des huit membres du personnel ou collaborateurs permanents de l'AFP basés normalement à Gaza ne se trouvait sur place au moment de l'impact

GAZA: Au lendemain de l'explosion qui a gravement endommagé le bureau de l'AFP dans la bande de Gaza, l'armée israélienne, qui pilonne le territoire palestinien depuis plusieurs semaines, a affirmé vendredi soir avoir mené une frappe à "proximité" du bureau de l'Agence sans avoir "en aucune façon" visé ce bâtiment.

L'AFP est la seule des trois grandes agences de presse internationales à disposer d'un "live vidéo" transmettant des images en direct à Gaza-ville, et celui-ci n'a pas été interrompu malgré les dégâts constatés vendredi par un collaborateur de l'AFP.

Selon ce dernier qui a pu se rendre sur place vendredi matin, un projectile explosif semble être entré d'est en ouest, à l'horizontale, dans le bureau du technicien situé au dernier étage de l'immeuble de 11 étages, détruisant le mur opposé à la fenêtre et causant d'importants dégâts dans les deux pièces adjacentes.

Le souffle de l'explosion a endommagé les portes d'autres pièces au même niveau, et crevé des réservoirs d'eau situés sur le toit.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'armée israélienne a d'abord indiqué que ses services avaient "vérifié à de multiples reprises" et qu'il n'y avait "pas eu de frappe sur le bâtiment" de l'AFP à Gaza.

Dans la soirée, à nouveau sollicitée par l'AFP, une porte-parole militaire a déclaré: "selon les informations actuellement en notre possession, il semble qu'il y ait eu une frappe de Tsahal [l'armée israélienne, NDLR] près du bâtiment pour éliminer une menace imminente".

"Il est très important de souligner que le bâtiment n'a en aucune façon été visé par Tsahal et que nous n'avons aucune indication qu'une cible ait été manquée dans cette frappe", a encore dit la porte-parole, avant d'ajouter, sans plus de précision: "ll y a eu une frappe de Tsahal à proximité qui pourrait avoir provoqué des débris".

"L'AFP condamne avec la plus grande fermeté cette frappe sur son bureau de Gaza City. La localisation de celui-ci est connue de tous et a été rappelée à plusieurs reprises ces derniers jours, précisément pour prévenir une telle attaque et permettre que nous puissions continuer de témoigner en images sur le terrain. Les conséquences d'un tel tir auraient été dévastatrices si l'équipe de l'AFP sur place n'avait pas évacué la ville", a déclaré le PDG de l'AFP Fabrice Fries.

Trou béant

Selon les images en direct de la caméra de l'AFP diffusant 24h sur 24 de Gaza-ville, la frappe a eu lieu jeudi quelques minutes avant midi heure locale (10h00 GMT).

Selon des images tournées vendredi et montrant la façade extérieure de la tour abritant le bureau de l'AFP aux deux derniers niveaux du bâtiment, dans l'ouest du quartier Rimal de Gaza, près du port, un trou béant est visible dans la façade au niveau du bureau du technicien.

Aucun des huit membres du personnel ou collaborateurs permanents de l'AFP basés normalement à Gaza ne se trouvait sur place au moment de l'impact. Tous ont été évacués vers le sud de la bande de Gaza le 13 octobre après l'ordre d'évacuation donné par l'armée israélienne aux civils vivant dans le nord de ce territoire, sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas depuis 2007.

En mai 2021, lors d'une précédente guerre de Gaza entre le Hamas et Israël, l'armée israélienne avait pulvérisé la tour de 13 étages abritant les locaux de la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera et de l'agence américaine Associated Press (AP). Israël avait alors qualifié le bâtiment de cible "parfaitement légitime" au vu des informations dont disposaient les services de renseignements.

La guerre en cours entre Israël et le Hamas a été déclenchée par l'attaque d'une ampleur sans précédent contre des civils lancée par le mouvement islamiste palestinien contre Israël le 7 octobre.

Côté israélien, plus de 1 400 personnes ont été tuées depuis le 7 octobre, en grande majorité des civils ayant péri dans des massacres du Hamas au premier jour de la guerre, selon les autorités israéliennes.

Les bombardements israéliens lancés en représailles pour "anéantir" le Hamas ont tué plus de 9 200 personnes, très majoritairement des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas à Gaza.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

 

 


Le Liban accuse Israël de violer le cessez-le-feu tout juste entré en vigueur

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  • Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, l'armée libanaise dénonçant aussitôt des violations de la part d'Israël dans le sud du pays.

Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l'AFP.

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

Mais quelques heures plus tard, l'armée libanaise a évoqué "un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages". Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a averti qu'elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région, et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.

Malgré ces mises en garde, des journalistes de l'AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir "bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam", dans le sud-est du Liban, "en réponse à la violation du cessez-le-feu par l'armée d'occupation".

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d'"intenses activités de drones" dans la même région.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.