Bande de Gaza: les camps de réfugiés nés de l'exode de 1948

Un homme marche avec des matelas au milieu des destructions dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans la bande de Gaza, le 11 octobre 2023, à la suite des frappes aériennes israéliennes nocturnes. (Photo, AFP)
Un homme marche avec des matelas au milieu des destructions dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans la bande de Gaza, le 11 octobre 2023, à la suite des frappes aériennes israéliennes nocturnes. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 07 novembre 2023

Bande de Gaza: les camps de réfugiés nés de l'exode de 1948

  • Les réfugiés palestiniens de la bande de Gaza -- survivants de la guerre de 1948 et leur descendance -- représentent environ 80% des 2,4 millions d'habitants, selon les données de l'UNRWA
  • Des bombardements de l'armée israélienne ont endeuillé plusieurs camps de réfugiés où nombre d'habitations mais aussi des hôpitaux et des écoles de l'UNRWA ont été endommagés ou détruits, notamment à Jabaliya, selon l'agence de l'ONU

PARIS: Surpeuplés et extrêmement pauvres, les huit camps de réfugiés de la bande de Gaza datent de l'exode massif des Palestiniens lors de la guerre israélo-arabe consécutive à la proclamation de l'Etat d'Israël le 14 mai 1948.

Jusqu'au cessez-le-feu, en janvier 1949, ils sont plus de 760.000 Palestiniens à fuir les hostilités ou à être chassés de leurs terres, exode qu'ils désignent sous le nom de Nakba ("catastrophe" en arabe).

Environ 180.000 trouvent refuge dans la bande de Gaza, les autres se dirigent vers la Cisjordanie et les pays arabes voisins (Jordanie, Liban et Syrie).

Ces Palestiniens en exil peuvent s'inscrire en tant que réfugiés auprès de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et des camps sont créés pour les accueillir, temporairement.

Mais depuis soixante-quinze ans, le "droit au retour" revendiqué par les Palestiniens est rejeté par Israël, en dépit d'une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU, non contraignante, adoptée le 11 décembre 1948.

Plus de 80% de pauvreté

Les réfugiés palestiniens de la bande de Gaza -- survivants de la guerre de 1948 et leur descendance -- représentent environ 80% des 2,4 millions d'habitants, selon les données de l'UNRWA.

Dans ce territoire souffrant d'un taux de pauvreté extrêmement élevé (81,5%), l'agence de l'ONU fournit des services d'éducation, de santé, des secours et des services sociaux.

Accueillant plus de 620.000 réfugiés selon l'UNRWA avant l'actuel conflit -- qui a entraîné des déplacements massifs -- les huit camps de la bande de Gaza couvrent moins de 6,5 km2 du petit territoire de 362 km2.

Nés avec des tentes, les camps sont désormais constitués de bâtiments en dur, souvent rudimentaires et très rapprochés les uns des autres.

Les densités de population y sont parmi les plus élevées au monde, avec un taux de chômage atteignant 48,1% en 2022, des coupures d'électricité, des problèmes d'eau potable.

La crise humanitaire s'y est encore aggravée quand Israël a imposé le 9 octobre un "siège complet" à la bande de Gaza où la population est privée de livraisons d'eau, de nourriture et d'électricité. Le territoire était déjà soumis à un blocus israélien depuis que le mouvement islamiste palestinien Hamas y a pris le pouvoir en 2007.

Camps sous les bombes

Des bombardements de l'armée israélienne ont endeuillé plusieurs camps de réfugiés où nombre d'habitations mais aussi des hôpitaux et des écoles de l'UNRWA ont été endommagés ou détruits, notamment à Jabaliya, selon l'agence de l'ONU.

Ce camp de Jabaliya, situé dans le nord de la bande de Gaza, est le plus grand (1,4 km2), avec quelque 116.000 réfugiés. C'est ici que débuta en 1987 la première Intifada, la "guerre des pierres" marquant la révolte des Palestiniens contre l'occupation israélienne. L'UNRWA y gère 26 écoles et deux centres de santé, tandis qu'un troisième est installé dans les environs.

Egalement dans le nord du territoire, Chati, connu sous le nom de Beach Camp, est l'un des plus surpeuplés avec plus de 90.000 réfugiés.

Dans le centre de la bande de Gaza, Bureij accueille environ 46.000 réfugiés. A proximité se trouvent les camps de Nuseirat (85.000 réfugiés) et de Maghazi (33.000 réfugiés). Selon le ministère de la Santé du Hamas, 45 personnes ont été tuées samedi dans un bombardement israélien à Maghazi, qui a rasé sept immeubles.

Sur la côte méditerranéenne, Deir el-Balah, le plus petit des camps, occupe à peine 0,17 km2 pour 26.000 habitants.

Celui de Khan Younès (sud) accueille plus de 88.000 réfugiés, selon l'UNRWA, qui y gère 20 écoles.

A l'extrême sud du territoire, le camp de Rafah se situe près de la frontière égyptienne où sont massées des centaines de milliers de personnes qui ont fui le nord.


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com