Quinze Palestiniens tués en Cisjordanie dans des affrontements avec l'armée israélienne

De la fumée noire s'élève du camp de réfugiés palestiniens de Jénine lors d'affrontements avec l'armée israélienne en Cisjordanie occupée le 9 novembre 2023 (Photo de Zain JAAFAR / AFP).
De la fumée noire s'élève du camp de réfugiés palestiniens de Jénine lors d'affrontements avec l'armée israélienne en Cisjordanie occupée le 9 novembre 2023 (Photo de Zain JAAFAR / AFP).
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Publié le Jeudi 09 novembre 2023

Quinze Palestiniens tués en Cisjordanie dans des affrontements avec l'armée israélienne

  • Le bruit des armes ne connaissait pas de répit jeudi après-midi à Jénine, l'une des principales villes du nord de la Cisjordanie
  • Dans ce bastion des groupes armés palestiniens, plusieurs fortes explosions et quantité de rafales d'armes légères témoignaient des intenses combats en cours

JENINE: Quinze Palestiniens ont été tués jeudi dans des affrontements avec l'armée israélienne dans plusieurs localités de Cisjordanie occupée, dont onze à Jénine, selon des bilans de l'Autorité palestinienne.

Le bruit des armes ne connaissait pas de répit jeudi après-midi à Jénine, l'une des principales villes du nord de la Cisjordanie, et dans le camp de réfugiés palestiniens qui la jouxte, dominés par une épaisse fumée noire, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans ce bastion des groupes armés palestiniens, plusieurs fortes explosions et quantité de rafales d'armes légères témoignaient des intenses combats en cours.

Constatant la présence des forces israéliennes dans cette ville, théâtre d'affrontements récurrents ces derniers mois, l'AFP a notamment vu un homme armé touché par des tirs et gisant au sol, avant qu'un autre homme ne ramasse son arme pour en faire usage.

Selon le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne, onze Palestiniens ont été tués lors de ce raid de l'armée israélienne à Jénine, théoriquement sous contrôle de l'Autorité palestinienne.

Un précédent bilan faisait en outre état de plus de 20 blessés.

Selon la même source, quatre Palestiniens ont été tués dans d'autres localités: un dans le camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse (nord), un dans celui d'Al-Amari, près de Ramallah (centre), un à Dura et un à Beit Fajjar, près d'Hébron, dans le sud du territoire palestinien.

A Jénine, le Croissant-Rouge palestinien a affirmé que l'une de ses secouristes avait été blessée "par des balles (tirées) dans le dos".

"Cela s'est produit lorsqu'une ambulance du Croissant-Rouge palestinien a été prise pour cible lors d'un raid des forces d'occupation dans le camp de réfugiés de Jénine", a écrit l'organisation sur le réseau social X (ex-Twitter).

L'armée israélienne a d'abord indiqué jeudi que ses forces opéraient à Jénine, sans donner de détails.

Dans un second temps, elle a expliqué vouloir ainsi "maintenir la sécurité de tous les habitants de la région, et agir pour prévenir le terrorisme et les activités mettant en danger les citoyens de l'Etat d'Israël".

Ces opérations répondent à une "augmentation significative des attaques terroristes en Judée-Samarie (nom donné par Israël à la Cisjordanie, NDLR), avec plus de 550 tentatives d'attentats depuis le début de la guerre", entre Israël et le mouvement islamiste Hamas le 7 octobre, a-t-elle aussi indiqué.

Outre des "opérations antiterroristes nocturnes pour appréhender des suspects, dont certains font partie de l'organisation terroriste Hamas", l'armée israélienne effectue "des contrôles dynamiques" à "différents endroits", explique-t-elle.

Depuis le début de la guerre déclenchée le 7 octobre par l'attaque meurtrière du Hamas en Israël, au moins 170 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée par des tirs de soldats ou de colons israéliens, selon le ministère palestinien de la Santé.

L'armée israélienne dit avoir arrêté depuis le 7 octobre en Cisjordanie plus de 1 400 Palestiniens. Elle affirme que la majorité d'entre eux sont affiliés au Hamas.

Mais selon le Club des prisonniers palestiniens, une ONG soutenant ces derniers, ce sont plus de 2 000 Palestiniens qui ont été arrêtés sur la même période.

La Cisjordanie, occupée depuis 1967, est séparée géographiquement de la bande de Gaza, bombardée sans répit depuis le 7 octobre.

Côté israélien, au moins 1 400 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, selon les autorités, en majorité des civils le jour de l'attaque du Hamas, d'une violence et d'une ampleur inédites depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Dans la bande de Gaza, les bombardements israéliens ont fait plus de 10 800 morts, essentiellement des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.