L’Arabie saoudite signe des accords d’une valeur de 2 milliards de riyals avec l’Afrique, le PIF prévoit de «changer la donne»

La Conférence économique saoudo-arabo-africaine se déroule à Riyad. (Photo, AN)
La Conférence économique saoudo-arabo-africaine se déroule à Riyad. (Photo, AN)
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Publié le Vendredi 10 novembre 2023

L’Arabie saoudite signe des accords d’une valeur de 2 milliards de riyals avec l’Afrique, le PIF prévoit de «changer la donne»

  • La coentreprise de Ma’aden et du PIF va «investir dans les minerais essentiels en Afrique», révèle le ministre de l’Investissement
  • Les 75 milliards de dollars d’investissements saoudiens déjà déployés en Afrique ne font que «gratter la surface»

RIYAD: L'Arabie saoudite a conclu des accords d’une valeur de plus de 2 milliards de riyals saoudiens (1 riyal = 0,25 euro) avec des pays africains lors d’une conférence spéciale, ce qui renforce considérablement les liens entre le Royaume et le continent.

Les accords portent sur l’énergie, les routes et la santé et seront financés par le Fonds saoudien pour le développement.

La Conférence économique saoudo-arabo-africaine, qui s’est tenue à Riyad, a également vu la signature de multiples mémorandums d’entente, ainsi que la levée par le Royaume d'une interdiction sur les importations de viande rouge en provenance d'Afrique du Sud.

Outre les accords conclus par l’Arabie saoudite, le groupe de coordination arabe, qui regroupe divers fonds de développement de la région, la Banque islamique de développement (BID) et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), s’est par ailleurs engagé à verser 50 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) d’ici à 2030 pour contribuer au développement de l’Afrique.

Le ministre saoudien de l’Investissement, Khaled al-Faleh, a même révélé que d’autres opérations étaient à venir, le Fonds d’investissement public (PIF) du Royaume étant à la recherche d’accords sur le continent.

«Le PIF regarde l’Afrique avec beaucoup d’intérêt et je pense qu’il fera en temps voulu des annonces qui changeront la donne en ce qui concerne son intention d’investir en Afrique», a-t-il déclaré, ajoutant que la coentreprise de Ma’aden et du PIF, annoncée en janvier, allait «investir dans les minerais essentiels en Afrique».

M. Al-Faleh a indiqué que les 75 milliards de dollars d’investissements saoudiens déjà déployés en Afrique ne faisaient que «gratter la surface», étant donné le grand potentiel d’accroissement des échanges commerciaux et du soutien économique.

Faisant écho à la notion du ministre, Robert Wilt, PDG de Ma’aden, a affirmé que la société était «sérieuse» en matière d’exploration et qu’elle examinait activement 45 sites, dont les développements seront présentés lors du prochain Future Minerals Forum, prévu en janvier.

La conférence a réuni des représentants des secteurs financier, commercial et gouvernemental pour discuter du renforcement des liens entre l’Arabie saoudite et l’Afrique.

Le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan, a salué l’importance des nombreux accords conclus. «Notre partenariat avec les pays africains est solide et ne cesse de se développer», a-t-il souligné.

«Dans les secteurs de l’énergie, de l’éducation et de l’agriculture, entre autres, le Royaume considère l’Afrique comme une destination et un partenaire de choix pour les investissements.»

M. Al-Jadaan a en outre appelé à l’ajout d’un siège supplémentaire pour l’Afrique au sein du conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) afin de renforcer la voix du continent dans les forums mondiaux.

En annonçant l’engagement du Groupe de coordination arabe, le président de la BID, Mohammed al-Jasser, a déclaré : «Notre conviction dans la promesse de l’Afrique, de ses sociétés dynamiques et de sa jeunesse fougueuse est inébranlable.»

S’adressant à Arab News en marge du forum, le directeur général du fonds de l’Opep pour le développement, Abdelhamid al-Khalifa, a ajouté : «Bien sûr, cela est possible grâce au soutien de tous nos partenaires, mais le royaume d’Arabie saoudite fournit également les ressources financières nécessaires pour que ce type d'initiatives soit couronné de succès.»

Utilisant la plate-forme du forum, le Fonds Opep a signé des accords de prêt avec le Rwanda pour étendre son projet d’approvisionnement en eau, et avec le Bénin pour fonder des écoles de formation professionnelle.

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Signature d’un mémorandum d’entente entre l’Arabie saoudite et le Rwanda. (Photo, AN)

Plusieurs mémorandums d’entente ont été conclus avec plusieurs pays, notamment :

  • Le Nigeria, dans le secteur du pétrole et du gaz.
  • Le Sénégal, l’Éthiopie et le Tchad, respectivement, pour la coopération dans le secteur de l’énergie.
  • L’Égypte pour l’établissement d’un «dialogue financier de haut niveau».
  • La Gambie en vue d’éviter la double imposition des revenus et l’évasion fiscale.
  • Le Rwanda pour la mise en œuvre des initiatives du programme de durabilité du pétrole.

La ministre rwandaise des Investissements publics et de la Mobilisation des ressources, Jeanine Munyeshuli, a laissé entendre que d’autres accords se profilaient à l’horizon.

«Nous sommes satisfaits de cet accord et nous allons en signer d’autres afin d’approfondir nos relations et d’établir des relations durables. Pour moi, c’est un très bon accord», a-t-elle indiqué.

Le Fonds saoudien pour le développement a conclu des accords de prêt au développement avec les pays suivants :

 

  • La Guinée, pour la construction d’un hôpital de référence pour mères et enfants – 281,25 millions de riyals.
  • Le Malawi, pour la construction et la réhabilitation de la route Manchogi – Makanjira – 75 millions de riyals.
  • Le Burkina Faso, pour l’hôpital régional de Manga – 63,75 millions de riyals.
  • Le Burundi, pour la réhabilitation de l’hôpital universitaire du roi Khaled à Bujumbura – 187,5 millions de riyals.
  • La Sierra Leone, pour la construction et l’équipement de l’hôpital de référence de Riyad – 187,5 millions de riyals.
  • La Tanzanie, pour la ligne de transmission de Benako à Kyaka – 28,7 millions de riyals.
  • Niger, pour la construction d’écoles secondaires pour filles dans plusieurs régions – 100 millions de riyals.
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Signature d’un accord de coopération avec le Sénégal. (Photo, AN)

Le renforcement des partenariats industriels, miniers et commerciaux a été l’un des principaux domaines de discussion de la conférence, au même titre que l’énergie durable, la sécurité alimentaire et l’investissement dans le développement des entreprises, les infrastructures et le capital humain.

Le commerce entre le Royaume et l’Afrique a connu une croissance remarquable au cours des cinq dernières années, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les exportations non pétrolières vers le continent augmentant à un taux de croissance annuel de 5,96% de 2018 à 2022, pour atteindre 31,94 milliards de riyals.

Les activités industrielles et minières sont en tête des exportations saoudiennes non pétrolières vers l’Afrique, les secteurs des produits chimiques et des polymères occupant la première place, suivis par les emballages, les matériaux de construction et les produits alimentaires.

Les importations en provenance d’Afrique concernent un certain nombre de secteurs, notamment les métaux précieux et la joaillerie.

Au cours de la conférence, un accord a également été conclu pour lever l’interdiction d’importer de la viande rouge d’Afrique du Sud vers l’Arabie saoudite.

La décision de modifier la loi avait été prise en 2022, lorsque le président sud-africain Cyril Ramaphosa avait rencontré le prince héritier Mohammad ben Salmane lors de sa visite officielle au Royaume.

Lors de la conférence, cela s’est concrétisé par la conclusion d’un accord avec l'Afrique du Sud sur les exigences techniques relatives à l’importation de viande bovine et caprine, ainsi que de leurs produits.

L’officialisation de la levée de l’interdiction a été signée par des représentants l’Autorité saoudienne des produits alimentaires et pharmaceutiques et du ministère sud-africain de l’Industrie et du Commerce, sous la supervision du ministre de l’Investissement du Royaume.

S’adressant à Arab News, le ministre sud-africain du Commerce, Ebrahim Patel, qui a également assisté à la signature, a indiqué qu’il ne s’agissait que du début d’une relation commerciale naissante.

«Je pense que nous pouvons débloquer beaucoup plus d’investissements saoudiens par trois moyens principaux. Premièrement, nous étudions l’idée d’un fonds commun où les deux gouvernements mettraient de l’argent en commun pour débloquer des projets d’expansion de l’investissement», a ajouté le ministre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.