Les hôpitaux de Gaza pris au piège des combats

Des Palestiniens se mettent à l'abri après une attaque près de l'hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza, le 1er novembre 2023, dans le cadre des combats entre Israël et le groupe palestinien Hamas. (Photo Bashar Taleb AFP)
Des Palestiniens se mettent à l'abri après une attaque près de l'hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza, le 1er novembre 2023, dans le cadre des combats entre Israël et le groupe palestinien Hamas. (Photo Bashar Taleb AFP)
Des personnes se tiennent au-dessus d'un cratère après un bombardement israélien à Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza le 12 novembre 2023, dans le cadre des batailles en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (AFP).
Des personnes se tiennent au-dessus d'un cratère après un bombardement israélien à Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza le 12 novembre 2023, dans le cadre des batailles en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (AFP).
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Publié le Lundi 13 novembre 2023

Les hôpitaux de Gaza pris au piège des combats

  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a évoqué l'éventualité d'un accord potentiel pour libérer certains des quelque 240 otages enlevés par le Hamas qui contrôle la bande de Gaza
  • Quelque 1 200 personnes, surtout des civils, avaient été massacrées dans l'attaque du 7 octobre, inédite dans l'histoire d'Israël

JÉRUSALEM : Des milliers de personnes sont bloquées dimanche dans l'hôpital al-Chifa de Gaza où deux autres hôpitaux ont été forcés d'évacuer, avec des patients "dans les rues sans soins", affirment des responsables locaux, les combats faisant rage entre l'armée israélienne et le Hamas palestinien.

Au 37e jour de la guerre déclenchée le 7 octobre par une attaque sanglante du mouvement islamiste, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a évoqué l'éventualité d'un accord potentiel pour libérer certains des quelque 240 otages enlevés par le Hamas qui contrôle la bande de Gaza.

Israël a promis d'"anéantir" le mouvement palestinien, classé "organisation terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne. Quelque 1 200 personnes, surtout des civils, avaient été massacrées dans l'attaque du 7 octobre, inédite dans l'histoire d'Israël.

Dans la bande de Gaza, les bombardements israéliens incessants ont tué depuis le 7 octobre 11 180 personnes, majoritairement des civils, incluant 4 609 enfants, selon le mouvement palestinien.

"Les chars (israéliens) assiègent complètement l'hôpital al-Chifa", a dit dimanche à l'AFP le vice-ministre de la Santé du gouvernement Hamas, Youssef Abou Rich.

Selon M. Abou Rich, Israël a "entièrement détruit le département des maladies cardiaques de l'hôpital al-Chifa. Il y a eu une nouvelle frappe sur le département de chirurgie et sur celui de chirurgie ambulatoire".

L'armée israélienne n'a pas réagi dans l'immédiat et l'AFP n'est pas en mesure de confirmer le bombardement mais au moins un témoin présent dans l'hôpital a confirmé des raids et des dégâts.

«Une morgue»

L'hôpital al-Chifa, le plus grand de la bande de Gaza, accueille "650 patients, une quarantaine d'enfants en couveuse, tous menacés de mort et 15 000 déplacés", selon M. Abou Rich.

"Il faut sauver les bébés prématurés", plaide dimanche le directeur des hôpitaux de la bande de Gaza, Mohammed Zaqout, alors que deux bébés à al-Chifa sont déjà morts, selon médecins et ONG.

L'armée israélienne avait démenti samedi avoir ciblé l'hôpital et indiqué qu'elle allait aider dimanche à l'évacuation de ces bébés prématurés en danger "vers un hôpital plus sûr".

M. Zaqout décrit "une situation catastrophique" à l'hôpital al-Chifa, où "personne ne peut y entrer ou en sortir".

Ce responsable affirme aussi que des patients "sont dans les rues sans soins" après les "évacuations forcées" de deux hôpitaux pédiatriques, al-Nasr et al-Rantissi, dans la ville de Gaza.

Plus tôt, l'armée israélienne avait indiqué avoir "sécurisé" des passages pour évacuer les civils de ces deux établissements ainsi que celui d'al-Chifa.

Un autre hôpital de Gaza-ville, al-Quds, a cessé de fonctionner dimanche en raison d'un manque de carburant et d'électricité, selon le Croissant-Rouge palestinien.

"L'armée israélienne nous a ordonné de sortir de l'hôpital al-Quds ce matin", raconte à l'AFP Islam Chamallah, qui vient de marcher une douzaine de kilomètres avec sa fille dans les bras, tandis que son mari porte un petit sac dont dépasse un biberon en surveillant leurs trois autres enfants qui avancent avec peine.

Médecins sans frontières (MSF) a de nouveau réclamé dimanche "un cessez-le-feu ou au minimum une évacuation médicale des patients" des hôpitaux de Gaza-ville, qui pourraient devenir "une morgue".

Israël accuse régulièrement le Hamas d'utiliser des civils comme "boucliers humains", notamment dans des écoles et établissements de santé et a prévenu qu'elle "tuerait" les combattants du Hamas "qui tirent à partir des hôpitaux" à Gaza.

«Un accord potentiel?»

Les combats se concentrent au cœur de la ville de Gaza, où se trouve selon Israël le "centre" de l'infrastructure du Hamas, retranché dans un réseau de tunnels. Des images fournies par l'armée montrent les militaires avancer dans les rues de terre labourées par les chars au milieu d'immeubles en ruines.

Depuis le lancement de l'offensive terrestre israélienne à Gaza, le 27 octobre, 42 soldats sont morts selon l'armée.

Dimanche, dans un entretien à la chaîne américaine NBC, le Premier ministre israélien a évoqué la possibilité d'un accord sur une libération d'otages.

"Y a-t-il un accord potentiel?", a demandé à Benjamin Netanyahu la journaliste concernant une éventuelle libération de femmes, d'enfants et de personnes âgées.

"Cela se pourrait", a-t-il répondu, "le moins je m'exprime sur le sujet, plus j'augmente les chances que cela se matérialise".

Depuis des semaines, beaucoup de pays, d'organisations internationales comme l'ONU et d'ONG, demandent un "cessez-le-feu" dans la bande de Gaza, des appels rejetés par le Premier ministre israélien qui le conditionne à une libération des otages.

Principal allié d'Israël, les Etats-Unis sont également contre un cessez-le-feu.

Bombardement dans le Sud

Pilonné sans relâche, le territoire palestinien où plus de 1,5 des 2,4 millions d'habitants ont été déplacés selon l'ONU, est plongé dans une situation humanitaire catastrophique. Un siège total imposé par Israël depuis le 9 octobre prive la population d'eau, d'électricité, de nourriture et de médicaments.

Un nouveau bombardement a fait "un nombre important de morts et de blessés" au siège du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) à Gaza-ville, dans le nord du territoire, évacué par ses employés et désormais occupé par des centaines de déplacés, a indiqué l'agence onusienne.

Dimanche, des enfants jouaient dans un cratère dans le jardin d'une école de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) à Beit Lahia, dans le nord du territoire, frappée la nuit précédente.

"Nous étions venues dans cette école car nous pensions que nous serions en sécurité (...) Nous appelons tous les pays à se tenir à nos côtés et à protéger la population", a dit une habitante à l'AFP, sans donner son nom.

Près de 200 000 Palestiniens ont fui en trois jours le nord du territoire via des "corridors" ouverts quotidiennement pendant des "pauses", pour se réfugier dans le sud de la bande de Gaza, selon un communiqué de l'armée israélienne samedi soir.

Mais le Sud est également ciblé par les frappes israéliennes.

A Bani Souheila, près de Khan Younès, un bombardement sur une dizaine de maisons a fait "10 morts, dont des femmes et des enfants", selon les services médicaux.

"Je n'ai même pas une galette de pain pour nourrir mes enfants", explique à l'AFP une femme de 42 ans, Oum Yaaqoub, arrivée à Khan Younès il y a trois jours avec son mari et ses sept enfants.

Dix blessés en Israël 

Par ailleurs, 20 blessés et accompagnateurs et plus de 800 détenteurs de passeports étrangers ont pu quitter Gaza via Rafah en direction de l'Egypte, selon les responsables palestiniens de ce poste-frontière, fermé depuis plusieurs jours. Parmi eux, 70 ressortissants russes selon Moscou.

La communauté internationale craint une extension du conflit à la frontière entre Israël et le Liban, où les échanges de tirs quotidiens se sont intensifiés dimanche.

Dimanche, dix personnes ont été blessées en Israël par un missile antichar tombé dans le nord du pays, ont indiqué les services de secours, alors que l'armée israélienne dit avoir répliqué en visant l'origine du tir, dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a affirmé samedi que ses combattants avaient musclé au cours de la semaine écoulée leurs opérations contre Israël en soutien au Hamas.

Le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a prévenu que Beyrouth pourrait subir le même sort que Gaza si le Hezbollah entraînait le Liban dans une guerre.


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.