La guerre coûte 260 millions de dollars par jour à l'économie israélienne selon Bloomberg

Un avion de combat de l'armée de l'air israélienne survole une position le long de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le 13 novembre 2023, au milieu des combats en cours entre Israël et le mouvement palestinien Hamas. (Photo de JACK GUEZ / AFP)
Un avion de combat de l'armée de l'air israélienne survole une position le long de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le 13 novembre 2023, au milieu des combats en cours entre Israël et le mouvement palestinien Hamas. (Photo de JACK GUEZ / AFP)
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Publié le Mercredi 27 mars 2024

La guerre coûte 260 millions de dollars par jour à l'économie israélienne selon Bloomberg

  • La construction, le tourisme et le secteur des services connaissent un effondrement total depuis l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre
  • Les ressources d’Israël ne sont pas illimitées; tôt ou tard, la guerre devra prendre fin, même si cela va à l'encontre des intérêts de Benjamin Netanyahou

BEYROUTH: La guerre entre Israël et le Hamas, entrée dans son 38e jour aujourd’hui, a coûté à l'État hébreu plus de 260 millions de dollars (1 dollar = 0,94 euro) chaque jour, au prix d’un effroyable bilan humain.

La construction, le tourisme et le secteur des services connaissent un effondrement total depuis l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre sur le sol israélien depuis la bande de Gaza qu'il contrôle. Le déficit budgétaire de Tel-Aviv a été multiplié par sept en octobre et les emprunts ont augmenté de 75%. Le coût de la guerre pour l'économie s’élève à 10 milliards de dollars.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, Israël a été globalement le plus grand bénéficiaire de l'aide étrangère américaine.

D’une ampleur sans précédent, Israël bénéficie d'une enveloppe octroyée par l'administration Obama, dans le cadre d’un accord conclu entre les deux nations en 2016, de 38 milliards de dollars d'aide militaire sur la décennie 2019-2028. Le financement des systèmes antimissiles est désormais intégré à l'enveloppe globale.

Dans les jours qui ont suivi l’attaque, l’administration Biden et les principaux membres du Congrès ont rapidement élaboré un programme d’aide destiné à soutenir leur plus proche allié. La proposition initiale: quelque 2 milliards de dollars d’augmentation du financement de la défense pour compléter les 3,8 milliards de dollars que la première puissance économique mondiale envoie déjà à Israël chaque année.

Au début du mois de novembre, la Chambre des représentants a adopté un plan prévoyant 14,5 milliards de dollars d’aide militaire à Israël. L’enveloppe comprend 4 milliards de dollars pour reconstituer les systèmes de défense antimissile israéliens Iron Dome et David’s Sling ainsi que les équipements militaires transférés des stocks américains. Sur fond de division au sein du Sénat, la mesure des conservateurs n'a toutefois que très peu de chances d'aboutir.

L’aide américaine à Israël est au point mort au Congrès, plongé dans une paralysie inédite. La situation est aggravée par le manque de tranches de la part des États-Unis. Les députés manquent de temps pour se mettre d’accord sur plusieurs milliards de dollars destinés aux priorités en matière de sécurité avant l’expiration d’un projet de loi de financement gouvernemental à court terme prévu pour le 17 novembre.

Les ressources d’Israël ne sont pas illimitées. Tôt ou tard, la guerre devra prendre fin, même si cela va à l'encontre des intérêts de Benjamin Netanyahou. Dans le même temps, le quotidien des Palestiniens est toujours synonyme de tragédie. Au moins 11 180 personnes, essentiellement des civils incluant 4 609 enfants et 3 100 femmes, ont été tuées dans les bombardements israéliens sur la bande de Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.


L’Arabie saoudite et le Pakistan discutent de mesures pour mettre fin aux attaques iraniennes

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  • Les responsables de la défense de l’Arabie saoudite et du Pakistan ont discuté des attaques iraniennes et des mesures pour les stopper dans le cadre de leur accord de défense mutuelle
  • Riyad affirme avoir abattu des drones visant le champ pétrolier de Shayba, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec l’escalade du conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, et le chef des forces de défense du Pakistan, le général Asim Munir, ont discuté des attaques de l’Iran contre le Royaume, alors que le conflit militaire s’intensifie au Moyen-Orient.

« Nous avons discuté des attaques iraniennes contre le Royaume et des mesures nécessaires pour y mettre fin dans le cadre de notre accord stratégique conjoint de défense », a écrit le prince Khalid sur les réseaux sociaux tôt samedi.

« Nous avons souligné que de telles actions sapent la sécurité et la stabilité régionales et exprimé l’espoir que la partie iranienne fera preuve de sagesse et évitera toute erreur de calcul. »

Les États-Unis et Israël ont lancé une vaste campagne militaire contre l’Iran le 28 février. Depuis, l’Iran a attaqué plusieurs sites à travers le Golfe.

Téhéran a également ciblé des actifs militaires américains et israéliens à mesure que la guerre s’intensifiait, affectant la vie dans la paisible péninsule du Golfe arabe et risquant d’ébranler l’économie mondiale, alors que l’Iran continue de restreindre le transport énergétique à travers le détroit d’Ormuz.

Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que plusieurs drones visant le champ pétrolier de Shayba dans le Rub al‑Khali (le Quart Vide) ont été abattus samedi.

Un drone a également attaqué l’ambassade des États-Unis à Riyad mardi, provoquant un incendie mineur, sans faire de blessés.

L’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé en septembre un « Accord stratégique de défense mutuelle », stipulant que toute agression contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux.

Par ailleurs, le ministre saoudien de l’Intérieur, le prince Abdulaziz ben Saud ben Naif, a reçu un appel de son homologue pakistanais Raza Naqvi, qui a condamné les attaques flagrantes visant le Royaume et a réaffirmé la solidarité de son pays face à toute menace contre la sécurité et la stabilité saoudiennes, selon l’agence de presse saoudienne. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.