Israël poursuit son raid dans le plus grand hôpital de Gaza

Les Palestiniens blessés lors des bombardements israéliens attendent d'être soignés à l'hôpital Shifa de la ville de Gaza (Photo, AP).
Les Palestiniens blessés lors des bombardements israéliens attendent d'être soignés à l'hôpital Shifa de la ville de Gaza (Photo, AP).
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Publié le Jeudi 16 novembre 2023

Israël poursuit son raid dans le plus grand hôpital de Gaza

  • L'armée israélienne a confirmé jeudi que ses «soldats» étaient toujours déployés dans cet hôpital où se trouvent, selon l'ONU, environ 2 300 personnes (patients, soignants, déplacés)
  • L'armée israélienne «n'a trouvé ni armes ni équipement» militaire à al-Chifa, assure le ministère de la Santé du Hamas, affirmant «ne pas autoriser» la présence d'armes dans ses établissements

BANDE DE GAZA: L'armée israélienne poursuit jeudi son raid dans le principal hôpital de la bande de Gaza, un site militaire stratégique du Hamas selon elle où s'entassent des milliers de civils palestiniens, ce qui suscite de vives inquiétudes et critiques.

L'immense complexe de l'hôpital al-Chifa, depuis plusieurs jours au coeur des combats, est présenté par Israël comme un centre stratégique et militaire du Hamas, ce que dément le mouvement islamiste, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007.

Mercredi soir, le général Yaron Finkelman a indiqué sur Telegram que l'armée poursuivait son opération "ciblée" dans l'hôpital, débutée mercredi, alors que les combats faisaient rage depuis des jours dans ce secteur de l'ouest de la ville de Gaza.

Et l'armée israélienne a confirmé jeudi que ses "soldats" étaient toujours déployés dans cet hôpital où se trouvent, selon l'ONU, environ 2.300 personnes (patients, soignants, déplacés).

"Les bulldozers israéliens ont détruit en partie l'entrée sud" du complexe, "près de la maternité", déjà endommagée par des tirs d'obus de chars ces derniers jours, a rapporté dans la nuit le ministère de la Santé du Hamas.

Israël a juré "d'anéantir" le Hamas depuis l'attaque sanglante lancée par le mouvement palestinien sur son sol le 7 octobre. Le mouvement islamiste est classé organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

L'armée israélienne affirme avoir trouvé "des munitions, des armes et des équipements militaires" du Hamas dans cet hôpital, publiant des images ce qu'elle affirme être des armes, des grenades et d'autres équipements.

L'ONU appelle à des «pauses»

L'armée israélienne "n'a trouvé ni armes ni équipement" militaire à al-Chifa, assure le ministère de la Santé du Hamas, affirmant "ne pas autoriser" la présence d'armes dans ses établissements.

L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante ces affirmations.

Le gouvernement du Hamas a annoncé de son côté des dizaines de morts dans la nuit dans des frappes aériennes israéliennes. Il a fait notamment état de "neuf civils tués dans une frappe sur une station-essence du camp de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, où des dizaines de déplacés avaient trouvé refuge".

La guerre entre Israël et le Hamas a été déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste le 7 octobre, sans précédent depuis la création d'Israël. Côté israélien, environ 1.200 personnes ont été tuées, essentiellement des civils massacrés ce jour-là, selon les autorités.

En représailles, Israël pilonne sans relâche la bande de Gaza, soumise à un siège presque total. Les bombardements israéliens ont fait 11.500 morts, majoritairement des civils, parmi lesquels 4.710 enfants, selon le gouvernement du Hamas.

Sortant du silence pour la première fois depuis le début du conflit, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à des "pauses et des couloirs humanitaires" dans la bande de Gaza.

Ce texte a recueilli 12 voix pour et 3 abstentions (Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie).

Des dizaines de soldats israéliens, certains encagoulés, avaient fait irruption tôt mercredi dans l'hôpital al-Chifa, selon un journaliste collaborant avec l'AFP sur place.

"Tous les hommes de 16 ans et plus, levez les mains en l'air et sortez des bâtiments vers la cour intérieure pour vous rendre", ont crié des soldats.

Et des soldats ont aussi fouillé des femmes et des enfants en pleurs, d'après le journaliste sur place.

Condamnations 

Ce premier raid sur cet hôpital a suscité des condamnations internationales et des appels pressants pour protéger les civils palestiniens.

Le président américain Joe Biden, soutien clé d'Israël dans sa guerre contre le Hamas, a appelé dans la nuit de mercredi à jeudi son allié à être "extrêmement prudent" dans la conduite de son opération à l'hôpital

En Israël, la pression s'accentue sur le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la question des otages. Mardi, des proches des otages ont entamé à Tel-Aviv une marche de cinq jours vers Jérusalem pour réclamer un accord sur leur libération.

Israël a recensé quelque 240 personnes enlevées le 7 octobre, dont des ressortissants étrangers.

Une otage a accouché en captivité dans la bande de Gaza, a affirmé mercredi l'épouse de M. Netanyahu.

Alors que des pourparlers se tiennent par l'intermédiaire d'une médiation du Qatar pour la libération des otages, Joe Biden s'est dit "relativement optimiste".

Sur le front politique, le chef de l'opposition Yaïr Lapid a appelé au départ de M. Netanyahu sans attendre la fin de l'opération militaire contre le Hamas à Gaza.

"Nous ne pouvons nous permettre de mener une longue campagne (militaire, ndlr) avec un Premier ministre en lequel la population n'a plus aucune confiance", a-t-il déclaré à la chaîne N12.

Evacuations 

M. Lapid a appelé au remplacement de M. Netanyahu par un autre membre de son parti, le Likoud, qui a aussitôt qualifié de "honteuse" une telle proposition en "temps de guerre".

D'après l'agence humanitaire de l'ONU (Ocha), 1,65 des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont été déplacés par la guerre, beaucoup fuyant le nord du territoire où les combats font rage, vers le sud.

Dans le territoire, soumis depuis le 9 octobre par Israël à un siège quasi-total, la population est privée de livraisons d'eau, d'électricité, de nourriture et de médicaments et l'aide internationale y arrive au compte-gouttes par camions depuis l'Egypte.

Malgré une première livraison d'un peu plus de 23.000 litres de carburant mercredi via le terminal de Rafah, dans le sud du territoire, l'ONU a averti que ses opérations d'aide à Gaza étaient "au bord de l'effondrement" et le chef des Affaires humanitaires des Nations unies a demandé mercredi que cesse "le carnage à Gaza".

Faute de carburant, l'opérateur de télécoms palestinien Paltel a annoncé mercredi "une suspension de tous les services de télécommunications sous quelques heures" et pourrait "menacer encore davantage la vie de la population de Gaza", a prévenu jeudi l'organisation Human Rights Watch.

Mercredi, près de 650 personnes, des étrangers, binationaux et des blessés palestiniens, ont été évacués vers l'Egypte par Rafah, a rapporté l'autorité palestinienne chargée des opérations au terminal frontalier.


Iran: les Gardiens disent avoir frappé trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz
  • "Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter"

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim.

"Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter", ont affirmé les forces navales des Gardiens, citées par Tasnim.

 

 


L'Arabie saoudite frappe une milice irakienne soutenue par l'Iran

L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
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  • Le Royaume affirme ne pas rechercher l'escalade

RIYAD : Le ministère saoudien de la Défense a annoncé tôt mercredi avoir frappé des cibles appartenant à des groupes soutenus par l'Iran en Irak.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère a indiqué que l'Arabie saoudite ne cherchait pas l'escalade, mais qu'elle répondrait à toute agression.

Selon le ministère, l'opération a été menée conjointement avec les forces américaines.

Plus tôt, le ministère avait annoncé avoir intercepté et détruit plusieurs drones mardi soir, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale.

Le porte-parole officiel du ministère, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que ces attaques « terroristes » provenaient une nouvelle fois du territoire irakien et avaient été menées par des milices terroristes soutenues par l'Iran.

Il a réaffirmé le droit inhérent du Royaume à défendre son territoire et ses infrastructures, ainsi que son droit de répondre au moment et à l'endroit qu'il jugera appropriés.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que cette « approche agressive adoptée par les milices terroristes affiliées à l'Iran en Irak intervenait alors même que le Royaume déployait des efforts pour contribuer à mettre fin à l'escalade dans la région, de manière à préserver sa sécurité et sa stabilité ».

« Cependant, ces milices terroristes affiliées à l'Iran ont choisi une voie d'escalade irresponsable, en violation du droit international et au mépris des exigences de la fraternité islamique, qui imposent le respect des principes du bon voisinage », poursuit le communiqué.

Des drones lancés depuis l'Irak, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale du Royaume ainsi que Riyad, avaient déjà été interceptés lundi.

Une coalition d'anciens groupes paramilitaires pro-iraniens en Irak a déclaré mercredi que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées lors de frappes américano-saoudiennes sur le territoire irakien.

« Ces attaques ont entraîné la mort de plusieurs membres de nos forces, fait plusieurs blessés, et causé des dégâts matériels à plusieurs bâtiments et propriétés », a indiqué dans un communiqué les Forces de mobilisation populaire (PMF), connues en arabe sous le nom de Hashed Al-Shaabi

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Jordanie dit avoir intercepté un drone sur son territoire

L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
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  • "Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone
  • Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte

AMMAN: L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance.

"L'armée de l'air royale jordanienne a neutralisé un drone qui avait violé l'espace aérien jordanien à l'aube mardi matin", a indiqué son porte-parole dans un communiqué.

"Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone.

Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte.

La Jordanie a été prise pour cible à plusieurs reprises lors de la reprise des frappes réciproques entre l'Iran et les États-Unis début juillet.