Riyad condamne le raid israélien sur Al-Shifa et le bombardement près de l'hôpital jordanien à Gaza

Les soldats israéliens ont fait irruption mercredi dans le plus grand hôpital de Gaza à la recherche de preuves au sujet d’affirmations israéliennes selon lesquelles le groupe militant Hamas opérait à l’intérieur, et sous l’établissement. (Reuters)
Les soldats israéliens ont fait irruption mercredi dans le plus grand hôpital de Gaza à la recherche de preuves au sujet d’affirmations israéliennes selon lesquelles le groupe militant Hamas opérait à l’intérieur, et sous l’établissement. (Reuters)
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Publié le Vendredi 17 novembre 2023

Riyad condamne le raid israélien sur Al-Shifa et le bombardement près de l'hôpital jordanien à Gaza

  • Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu'Israël avait «de manière éhontée ciblé les civils et le personnel médical»
  • L'attaque près de l'hôpital jordanien a suscité la condamnation de plusieurs pays arabes

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné les raids israéliens sur l'hôpital Al-Shifa, le plus grand établissement médical de Gaza, ainsi que les bombardements près d'un hôpital de campagne jordanien, dans la bande de Gaza.

Dans une publication sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu’Israël avait «de manière éhontée ciblé les civils et le personnel médical» dans des actions qui constituaient une «violation flagrante du droit international des droits humains et des conventions internationales».

Le Royaume a demandé qu’Israël rende des comptes pour ses violations continues et ses pratiques sauvages et inhumaines» contre les civils, les centres médicaux et les travailleurs humanitaires.

Dans un autre communiqué, l’Arabie saoudite a salué une résolution de l’ONU appelant à des pauses humanitaires urgentes et prolongées, et à des couloirs d’aide à travers Gaza, ce que le Royaume a décrit comme «le premier pas dans la bonne direction».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que les pauses humanitaires permettraient d’une part à l’aide d’être fournie aux civils, et d’autre part de «secourir les enfants, les plus touchés par l’attaque qui a lieu contre Gaza».

Le ministère a ajouté que ces mesures inciteraient la communauté internationale à assumer ses responsabilités en mettant fin aux opérations militaires à Gaza, et en tenant Israël pour responsable de ses violations des normes et conventions internationales.

Mercredi, les soldats israéliens ont fait irruption dans le plus grand hôpital de Gaza à la recherche de preuves au sujet d’affirmations israéliennes selon lesquelles le Hamas opérait à l’intérieur, et sous l’établissement, où des bébés et des centaines d’autres patients sont restés pendant des jours sans électricité ni produits de première nécessité.

La Jordanie a déclaré mercredi vouloir mener une enquête sur le bombardement israélien à proximité de l'hôpital de campagne jordanien à Gaza, qui a blessé sept membres du personnel médical qui essayaient d'accueillir des Palestiniens blessés amenés à la section des urgences, a rapporté l’Agence de presse jordanienne (Petra).

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a qualifié l’attaque de «continuation des crimes de guerre commis par Israël», et a déclaré qu’Amman prendrait les mesures nécessaires après les résultats de l’enquête.

Dans un communiqué publié sur Petra, Ayman Safadi a déclaré qu’une «enquête approfondie sera menée pour déterminer toutes les circonstances entourant ce bombardement, les armes utilisées et les causes des blessures subies par nos fils».

Il a indiqué que la Jordanie tenait Israël pour responsable de la mise en danger de la vie des équipes médicales jordaniennes.

L'attaque près de l'hôpital jordanien a suscité la condamnation de plusieurs pays arabes, notamment des Émirats arabes unis (EAU), du Qatar, de l'Égypte et du Koweït, contre le ciblage d'hôpitaux et d'infrastructures civiles en Palestine.

Le Koweït et le Qatar ont réaffirmé leur solidarité avec la Jordanie contre ce qu’ils ont qualifié d’«agression flagrante» d’Israël qui viole le droit humanitaire international, appelant la communauté internationale à intervenir et à mettre fin aux «crimes» commis contre les Palestiniens.

Dans un communiqué, les EAU ont réitéré «leur rejet catégorique du ciblage des hôpitaux, des organisations civiles et des centres médicaux dans la bande de Gaza» et ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, ainsi qu'à un accès soutenu à l'aide humanitaire.

L'Égypte a appelé la communauté internationale à appeler à la fin des violations et à poursuivre en justice les responsables.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

 

 


Le Liban accuse Israël de violer le cessez-le-feu tout juste entré en vigueur

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  • Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, l'armée libanaise dénonçant aussitôt des violations de la part d'Israël dans le sud du pays.

Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l'AFP.

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

Mais quelques heures plus tard, l'armée libanaise a évoqué "un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages". Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a averti qu'elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région, et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.

Malgré ces mises en garde, des journalistes de l'AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir "bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam", dans le sud-est du Liban, "en réponse à la violation du cessez-le-feu par l'armée d'occupation".

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d'"intenses activités de drones" dans la même région.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.