La Turquie veut «gagner du temps» en retardant la candidature de la Suède à l'OTAN

Initialement, le comité devait approuver le protocole d'adhésion et l'envoyer au parlement pour ratification avant la signature du président Recep Tayyip Erdogan. (Photo, AFP)
Initialement, le comité devait approuver le protocole d'adhésion et l'envoyer au parlement pour ratification avant la signature du président Recep Tayyip Erdogan. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 18 novembre 2023

La Turquie veut «gagner du temps» en retardant la candidature de la Suède à l'OTAN

  • Ankara met la pression sur Wahington au sujet de l'accord de 20 milliards de dollars sur les avions de combat, déclare un analyste à Arab News
  • «Les remarques positives d'Erdogan sur le Hamas ont rendu plus difficile pour l'administration Biden de faire passer la demande de F-16 de la Turquie par le Congrès», a expliqué Unluhisarcikli

ANKARA: La décision du parlement turc de reporter le vote sur la candidature de la Suède à l'adhésion à l'OTAN − dernier rebondissement en date d'une saga de 18 mois − a soulevé des questions sur les raisons de ce retard et ses impacts potentiels.

Selon les experts, ce report pourrait être lié aux espoirs de la Turquie d'acheter à Washington des avions de combat F-16 et des kits de modernisation pour un montant de 20 milliards de dollars américains (1 dollar américain = 0,92 euro).

Ankara prévoit d'exercer davantage de pression sur Washington pour qu'elle approuve l'accord avant d'accepter l’adhésion de la Suède à l'OTAN.

Officiellement, le report est attribué au fait que les députés ont besoin d'être davantage convaincus sur la question.

La crise au Moyen-Orient a permis au président Erdogan de s'exposer aux critiques de l'opposition, qui estime que les problèmes économiques de la Turquie l'ont rendu trop souple à l'égard de l'Occident.

Ozgur Unluhisarcikli, analyste

Initialement, il était prévu que la commission approuve le protocole d'adhésion et l'envoie au parlement pour ratification avant la signature du président Recep Tayyip Erdogan.

Cependant, un législateur de l'opposition, Kursad Zorlu, a déclaré que la Turquie ne devrait pas ratifier la demande avant un autre membre de l'OTAN, la Hongrie, qui refuse également d'approuver l’adhésion de la Suède.

La prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN est prévue à Bruxelles les 28 et 29 novembre.

Avant la réunion du Parlement turc, le président du Parlement, Numan Kurtulmus, a déclaré à son homologue suédois, par appel vidéo, qu'Ankara souhaitait achever le processus de ratification «dès que possible».

Paul Levin, directeur de l'Institut d'études turques de l'université de Stockholm, pense que le Parti de la justice et du développement, ou AKP, au pouvoir, pourrait avoir choisi de retarder le vote pour éviter d'imposer une question aussi impopulaire.

«Les turcs ont décidé de reporter le vote pour avoir le temps d'obtenir plus d'informations sur les mesures prises par la Suède en réponse aux préoccupations de la Turquie», a-t-il estimé.

Levin a également souligné un aspect inquiétant pour Stockholm dans la formulation utilisée par les membres de la commission de l'AKP pour reporter le vote, en faisant référence à «l'immaturité des négociations».

Cela signifie un désir de poursuivre les négociations pour obtenir davantage de concessions de la part de la Suède.

En réponse aux préoccupations sécuritaires de la Turquie, la Suède a renforcé sa législation antiterroriste, condamnant des individus pour incitation à la haine en brûlant le Coran et pour financement du terrorisme.

En outre, la Suède a gelé le compte bancaire d'un groupe kurde en raison de ses liens avec le parti des travailleurs du Kurdistan, interdit.

Les experts estiment que le retard dans le processus d'adhésion à l'OTAN pourrait avoir des conséquences sur les relations de la Turquie avec l'OTAN et Washington.

«Les capitales de l'OTAN et Washington sont déjà très irrités par la Turquie pour ce qui est largement perçu comme son obstructionnisme sur ce sujet et bien d'autres. Ce retard ne peut qu'amplifier ces sentiments», a indiqué Levin.

Selon Levin, si le retard persiste, les États-Unis pourraient vendre des chasseurs F-35 à la Grèce, tout en ignorant la demande de la Turquie concernant les F-16.

D'une manière générale, l'approche transactionnelle d'Erdogan lui permet souvent d'obtenir des concessions de la part de ses alliés à court terme, car personne ne veut «perdre la Turquie», a précisé Levin.

«Toutefois, cette approche a un coût élevé en termes de réputation à moyen et long terme», a-t-il ajouté.

Bien que l'administration Biden ait indiqué qu'elle approuvait la demande d'achat d'avions de combat F-16 et de kits de modernisation présentée par la Turquie, le département d'État américain n'a pas encore officiellement notifié la vente au Congrès.

Le vice-ministre turc des Affaires étrangères, Burak Akcapar, a déclaré qu’Ankara s'attendait à ce que la vente soit finalisée «sans conditions préalables et dès que possible».

Ozgur Unluhisarcikli, directeur du bureau d'Ankara du Fonds allemand Marshall des États-Unis, a déclaré que l'adhésion de la Suède à l'OTAN était devenue une négociation trilatérale entre Ankara, Stockholm et Washington.

«La Suède ayant rempli autant de conditions que la Turquie le pouvait politiquement, c'est désormais la voie Turquie-États-Unis qui dirige le processus», a-t-il déclaré à Arab News.

«Bien qu'Ankara et Washington rejettent publiquement cette idée, le lien entre la demande de la Turquie d'acheter une nouvelle flotte de F-16 aux États-Unis et la ratification de l'adhésion de la Suède à l'OTAN n'est un secret pour personne. Bien que des signaux positifs proviennent d'Ankara, les étoiles doivent encore être alignées», a-t-il déclaré.

Selon Unluhisarcikli, la crise au Moyen-Orient a permis à Erdogan de s'exposer aux critiques de l'opposition selon lesquelles les problèmes économiques de la Turquie l'ont rendue «trop souple» à l'égard de l'Occident.

«Les remarques positives d'Erdogan sur le Hamas ont rendu plus difficile pour l'administration Biden de faire passer la demande de F-16 de la Turquie par le Congrès», a-t-il expliqué.

«Biden et Erdogan peuvent tous deux obtenir des résultats sur ces deux questions s'ils choisissent d'investir suffisamment de capital politique dans le processus, mais la Turquie organise des élections locales dans cinq mois et les États-Unis approchent d'un cycle d'élections présidentielles», a-t-il signalé.

«Nous sommes plus près que jamais de voir la Suède comme un nouvel allié de l'OTAN, mais il faut un peu plus de volonté politique non seulement à Ankara mais aussi à Washington», a ajouté Unluhisarcikli.

Le ministre turc de la Défense, Yasar Guler, a annoncé jeudi que la Turquie envisageait d'acheter 40 avions de combat Typhoon produits par quatre pays européens, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. L'approbation de ces quatre pays est nécessaire pour que la vente puisse avoir lieu.

La Turquie serait en pourparlers avec le Royaume-Uni et l'Espagne, mais l'Allemagne s'est opposée à cette idée, craignant que ces avions ne soient utilisés pour des missions ne relevant pas de l'OTAN.

Erdogan était en visite en Allemagne vendredi pour s'entretenir avec le chancelier Olaf Scholz.

Après avoir été exclue par les États-Unis du programme d'avions de combat de cinquième génération F-35 en raison de son acquisition du système de défense aérienne russe S-400, la Turquie cherche à répondre à ses besoins en matière d'avions de combat auprès d'autres fournisseurs.

Il s'agit notamment de développer son avion de chasse de cinquième génération et, dans l'intervalle, de remplacer ses avions de chasse F-4 Phantom vieillissants par l'Eurofighter Typhoon.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une vingtaine de blessés après qu'un homme a pulvérisé une substance dans un centre commercial de Tokyo

Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
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  • A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue
  • En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment

TOKYO: Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers.

Le porte-parole de la police de Tokyo, Yusuke Koide, a expliqué à l'AFP qu'un homme avait pulvérisé une substance près d'un distributeur automatique au rez-de-chaussée du bâtiment, tandis qu'un responsable local des pompiers a précisé qu'une "vingtaine de personnes ont été blessées" après un signalement faisant état d'une "odeur" dans ce quartier très touristique.

A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue.

En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment.

"Pour le moment, 19 personnes ont été transportées à l'hôpital", a dit aux journalistes le responsable des pompiers, Ryosuke Kobayashi.

Un journaliste de l'AFP sur place a vu deux personnes sur des brancards être installées dans une ambulance, tandis que des pompiers et des responsables vêtus de combinaisons de protection chimique faisaient sortir des personnes du centre commercial pour les examiner dans des véhicules spécialisés.

"Ma gorge me grattait" 

"Quand je suis arrivée, l'agitation avait déjà commencé, et j'ai pensé qu'il y avait peut-être eu un petit incendie ou quelque chose comme ça. Une fois entrée dans le coin des distributeurs, ma gorge me grattait, presque engourdie", a témoigné auprès de la chaine de télévision NHK une femme de 70 ans qui se trouvait dans le centre commercial.

NHK a indiqué que les blessures semblaient légères.

Selon une source proche de l'enquête citée par NHK, la substance pulvérisée contiendrait de la capsaïcine, un composant actif du piment qui provoque une sensation de brûlure.

L'enquête de police a rapidement débuté, a déclaré un officier des pompiers présent sur les lieux, sans donner plus de détails.

La capitale japonaise reste marquée par l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, perpétrée en mars 1995 par la secte Aum et qui avait fait 14 morts et plus de 5.800 blessés.

Le 20 mars 1995, vers 08H00 du matin, cinq disciples de la secte Aum ont quasi simultanément déposé des sacs en plastique remplis de ce gaz liquéfié, un virulent agent neurotoxique, dans des rames de métro de différentes lignes avant de les percer avec la pointe d'un parapluie et de s'enfuir.

La criminalité violente est relativement rare au Japon, qui affiche un faible taux d'homicides, et ses lois sur les armes à feu sont parmi les plus strictes au monde.

Cependant, des attaques au couteau et même des fusillades se produisent occasionnellement, comme lors de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.

En décembre dernier, quatorze personnes ont été blessées lors d'une attaque au couteau dans une usine du centre du Japon, au cours de laquelle un liquide non spécifié avait également été pulvérisé.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.