Frappes israéliennes: Les aéroports de Damas et d'Alep hors service depuis un mois

Les vols à destination et en provenance des aéroports de Damas et d'Alep ont été suspendus depuis que les frappes du 22 octobre ont endommagé les pistes. (AFP)
Les vols à destination et en provenance des aéroports de Damas et d'Alep ont été suspendus depuis que les frappes du 22 octobre ont endommagé les pistes. (AFP)
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Publié le Mercredi 22 novembre 2023

Frappes israéliennes: Les aéroports de Damas et d'Alep hors service depuis un mois

  • Israël a mené des centaines de frappes aériennes sur le territoire syrien depuis 2011
  • Les vols à destination et en provenance de l'aéroport de Damas, le plus grand et le principal de Syrie, sont interrompus depuis le 22 octobre en raison des frappes israéliennes sur ses principales pistes

BEYROUTH: Les aéroports de Damas et Alep sont toujours hors service depuis les frappes israéliennes qui les ont simultanément visés le mois dernier, plus longue fermeture depuis le début du conflit syrien en 2011, a indiqué mercredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Israël a mené des centaines de frappes aériennes sur le territoire syrien depuis 2011. Ces frappes ont ciblé des positions de l'armée syrienne et des groupes affiliés à Téhéran, tel que le Hezbollah libanais, dont deux sites ont été visés mercredi, selon l'OSDH.

Les vols à destination et en provenance de l'aéroport de Damas, le plus grand et le principal de Syrie, sont interrompus depuis le 22 octobre en raison des frappes israéliennes sur ses principales pistes. Des frappes similaires le même jour ont conduit à la mise hors service de l'aéroport d'Alep, le deuxième du pays.

Les deux aéroports restent fermés malgré la fin des travaux de réparation, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Si depuis le début de la guerre en Syrie, Israël a ciblé à plusieurs reprises l'aéroport de Damas, c'est la première fois qu'il ferme un mois, a-t-il souligné.

L'AFP n'a pas pu obtenir de commentaire des autorités syriennes, qui n'ont pas encore annoncé les raisons de la prolongation des fermetures.

Les vols sont souvent détournés vers l'aéroport d'Alep, dans le nord du pays. Mais celui-ci étant également hors service, le ministère des Transports a annoncé que tous les vols seraient déviés vers l'aéroport de la ville côtière de Lattaquié, plus petit et moins équipé.

La présence d'une base militaire russe dans l'aéroport de Lattaquié le protège des bombardements israéliens, selon l'OSDH.

Le Hezbollah visé

Les voyageurs doivent se rendre à Lattaquié par voie terrestre (à environ 350 km de Damas) pour s'envoler vers des destinations limitées, parmi lesquelles la Russie, l'Iran et l'Irak, ce qui augmente le temps et les coûts.

Les Syriens en provenance de pays européens et des États-Unis passent généralement par les aéroports de Beyrouth et d'Amman, en raison du manque de vols directs vers la Syrie.

Israël a intensifié ses attaques contre le territoire syrien depuis le début le 7 octobre de la guerre entre Israël et le Hamas palestinien dans la bande de Gaza.

Mercredi, l'OSDH a fait état de frappes aériennes israéliennes près de Damas visant dans la matinée un centre du Hezbollah soutenu par l'Iran, ennemis jurés d'Israël. Les médias officiels n'ont pas évoqué les frappes.

L'Observatoire rapporte aussi un bombardement israélien mené dans l'après-midi contre une cible du Hezbollah également à proximité de Damas, sans faire de victimes pour l'heure.

Les médias officiels font également état de cette frappe.

"Vers 15h10 (12h10 GMT) cet après-midi, l'ennemi sioniste a mené une attaque aérienne avec deux missiles... visant certaines positions à proximité de la ville de Damas", a indiqué une source militaire syrienne dans un communiqué relayé par les médias officiels.

"Nos forces de défense aérienne ont répondu à l'agression et ont abattu l'un des missiles", ajoute la source, évoquant des "dégâts matériels".


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

 

 


Le Liban accuse Israël de violer le cessez-le-feu tout juste entré en vigueur

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  • Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, l'armée libanaise dénonçant aussitôt des violations de la part d'Israël dans le sud du pays.

Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l'AFP.

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

Mais quelques heures plus tard, l'armée libanaise a évoqué "un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages". Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a averti qu'elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région, et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.

Malgré ces mises en garde, des journalistes de l'AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir "bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam", dans le sud-est du Liban, "en réponse à la violation du cessez-le-feu par l'armée d'occupation".

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d'"intenses activités de drones" dans la même région.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.