A Gaza, des familles entières «disparues» et des mères dévastées

Des Palestiniens blessés après une frappe israélienne sur Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 23 novembre 2023 (Photo, AFP).
Des Palestiniens blessés après une frappe israélienne sur Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 23 novembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 23 novembre 2023

A Gaza, des familles entières «disparues» et des mères dévastées

  • Il n'y a que 40 kilomètres de distance avec leur domicile situé dans la ville de Gaza, au nord du territoire palestinien
  • Sur la route, son fils Mohammed, qui poussait le fauteuil roulant de sa grand-mère, a été arrêté par l'armée israélienne

RAFAH: Sur un lit, son neveu Abboud, 12 ans, sur l'autre, le neveu de son mari, Mossaab, 14 ans. Sahar Awad veille sur les rares membres encore en vie de sa famille qui compte, après 47 jours de guerre, pas moins de 80 morts.

Tous se sont retrouvés dans une école, devenue d'abord camp de déplacés puis dispensaire, à Rafah, point de passage avec l'Egypte, à l'extrême sud de la bande de Gaza.

Il n'y a que 40 kilomètres de distance avec leur domicile situé dans la ville de Gaza, au nord du territoire palestinien. Mais le trajet, homérique, a pris une semaine.

Vendredi dernier, un bombardement a frappé leur maison du quartier Cheikh Radwan. "Les survivants ont accouru pour sortir les morts et les blessés des décombres et Israël a frappé une deuxième fois", raconte-t-elle à l'AFP.

"On n'a pas pu enterrer ceux qui étaient déjà sous les décombres, seulement ceux qui ont été projetés jusque chez les voisins".

Mossaab a le visage couvert de blessures et la jambe amputée. Abboud a un tuyau de plastique qui lui sort du ventre. Il "ne sait pas que sa mère, sa grand-mère et plusieurs de ses frères sont morts", dit-elle entre deux sanglots.

Il ne reste à Abboud que son père, avec qui il était soigné à l'hôpital au moment de la frappe. "C'est uniquement pour cela qu'ils n'ont pas été touchés", raconte Sahar.

«Entièrement disparu»

"Mon grand frère et toute sa famille sont morts. Ma soeur a fui le nord et est morte avec son mari et ses enfants plus au sud", poursuit-elle.

La famille élargie de Mossaab, elle, a "entièrement disparu". Si une partie de celle de Sahar a survécu, c'est parce que ses membres étaient déjà partis.

Sur la route, son fils Mohammed, qui poussait le fauteuil roulant de sa grand-mère, a été arrêté par l'armée israélienne. Ce qui s'est passé en captivité? "Il ne nous raconte pas tout car il n'arrive pas à en parler".

Abboud et Mossaab, eux, sont arrivés dans le sud après tout le monde: ils ont été amenés par les convois qui sortaient les blessés de l'hôpital indonésien, le dernier établissement en date du nord de Gaza visé par les chars israéliens.

Fidaa Zayed, elle, a eu son premier fils, Oudaï, à 13 ans. Aujourd'hui, il en a 20, dit-elle, et ils ont "grandi ensemble", avec Qoussaï, son cadet de 19 ans, et Chahad, sa benjamine de 17 ans.

Tous préparaient le départ d'Oudaï, qui avait obtenu un rare laissez-passer pour la Cisjordanie, l'autre territoire palestinien occupé, afin d'intégrer l'académie militaire de Jéricho (sud).

Son permis permettait un "passage, le 12 octobre, par le terminal d'Erez", entre Israël et la bande de Gaza. Mais le 7 octobre, les commandos du Hamas ont fait exploser le poste-frontière et tué 1.200 personnes en Israël, en majorité des civils, selon les autorités israéliennes, lors d'une attaque sans précédent.

«Riz au poulet»

Depuis, la bande de Gaza est bombardée jour et nuit par l'armée israélienne, qui a promis d'"anéantir" le Hamas. Plus de 14.100 personnes, aux deux tiers des femmes et des enfants, sont mortes, selon le gouvernement du mouvement islamiste palestinien qui a pris le pouvoir dans le territoire en 2007.

Il y a quelques jours, Oudaï et sa mère discutaient devant leur maison de Jabaliya, le plus grand camp de réfugiés de la bande de Gaza.

"Il me disait: +j'ai tellement hâte que tout se calme, tu nous feras ton riz au poulet+", raconte-t-elle. Et "un bombardement a commencé".

"Des dizaines de personnes sont mortes, j'ai enjambé au moins 50 corps, des blessés et des morts, avant de trouver Oudaï", raconte-t-elle. "Je ne l'ai reconnu que grâce à la ceinture qu'il portait".

"On était à côté et c'est lui que Dieu a choisi pour devenir martyr", répète-t-elle, hébétée. "Avec ma fille et mon mari, nous sommes allés à l'hôpital indonésien. Des médecins l'ont mis dans un sac mortuaire et ont écrit son nom dessus. Moi, j'ai rajouté +Que Dieu t'accepte auprès de lui, mon fils+".

Aujourd'hui seulement, Fidaa Zayed réalise qu'elle a été blessée au dos mais "ne sent pas la douleur" à cet endroit. "Celle au coeur l'emporte sur tout".

Arrivée à l'hôpital de Rafah, les médecins ont découvert une immense plaie infectée qu'ils ont dû recoudre avec 17 points de suture. Elle a dû changer ses habits, collés par le sang séché de ses proches.

"Nous sommes morts. Je préfèrerais encore partir maintenant avec mon mari et mes enfants".


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.