Le militant pro-palestinien Ramy Shaath entendu pour apologie du terrorisme en France

Une manifestante fait face à un policier français en tenue anti-émeute lors d'une manifestation de soutien aux Palestiniens dans le centre de Paris, le 28 octobre 2023. (Photo Geoffroy Van der Hasselt AFP)
Une manifestante fait face à un policier français en tenue anti-émeute lors d'une manifestation de soutien aux Palestiniens dans le centre de Paris, le 28 octobre 2023. (Photo Geoffroy Van der Hasselt AFP)
Short Url
Publié le Samedi 25 novembre 2023

Le militant pro-palestinien Ramy Shaath entendu pour apologie du terrorisme en France

  • Au lendemain d'un rassemblement de soutien au peuple palestinien le 4 novembre à Paris, le préfet de police Laurent Nuñez avait annoncé avoir signalé des propos qui «franchissent la ligne rouge»
  • D'après M. Nuñez, Ramy Shaath, qui s'exprimait en arabe, «dit à plusieurs reprises +le vrai terrorisme c'est Israël+, ce qui laisse penser que le Hamas n'est pas terroriste», et «commence en disant +ce n'est pas du terrorisme, c'est de la résistance+.»

PARIS : Ramy Shaath, militant politique égypto-palestinien en France depuis début 2022, a été entendu le 10 novembre dans une enquête pour apologie du terrorisme à la suite de propos tenus lors d'une manifestation en soutien au peuple palestinien, ont indiqué vendredi ses avocats.

Me William Bourdon et Vincent Brengarth demandent à la justice via un communiqué à l'AFP «le classement sans suite dans les plus brefs délais» de cette procédure «s'agissant de faits qui ne constituent strictement aucune infraction pénale».

Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris a confirmé que Ramy Shaath avait été entendu en audition libre et que les investigations, confiées à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), se poursuivaient.

Au lendemain d'un rassemblement de soutien au peuple palestinien le 4 novembre à Paris, le préfet de police Laurent Nuñez avait annoncé avoir signalé des propos qui «franchissent la ligne rouge».

D'après M. Nuñez, Ramy Shaath, qui s'exprimait en arabe, «dit à plusieurs reprises +le vrai terrorisme c'est Israël+, ce qui laisse penser que le Hamas n'est pas terroriste», et «commence en disant +ce n'est pas du terrorisme, c'est de la résistance+.»

Sollicité par l'AFP, Me Bourdon a précisé que M. Shaath «confirme ses déclarations sur l'absence de droit de se défendre d'Israël comme force d'occupation ou d'apartheid et le droit du peuple palestinien de résister, tout comme d'autres propos sur les mensonges d'Israël et de Biden». En revanche, d'après l'avocat, «il réfute avoir parlé du Hamas».

Entendu en audition libre, Ramy Shaath «a contesté, très fermement, les qualifications pénales associées, de façon totalement opportuniste, à ses propos, qualification en tout état de cause totalement inadéquate et exagérée.»

Ses propos «visaient uniquement à défendre les droits gravement violés du peuple palestinien», poursuivent les avocats, qui s'inquiètent d'une «véritable police de la pensée». Pour M. Shaath «chaque belligérant doit être jugé pour les crimes commis, dans le strict respect du droit international», d'après ses conseils.

Cet homme âgé d'une cinquantaine d'années est une figure de la révolution égyptienne de 2011 et a coordonné en Egypte le mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS, prônant le boycott d'Israël dans la lutte contre l'occupation des Territoires palestiniens, NDLR).

Il a été détenu 900 jours en Egypte, entre 2019 et 2022, accusé d'avoir fomenté des «troubles contre l'Etat», avant d'être libéré et remis à la France, notamment après que le président Macron a plaidé son cas auprès des autorités égyptiennes.

M. Nuñez a indiqué qu'il pourrait demander à ce que son titre de séjour soit retiré en fonction de la décision de la justice le concernant.

 


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
Short Url
  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

Short Url
  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
Short Url
  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.