Disparition d'Estelle Mouzin: 20 ans d'enquête et d'errements, et un procès

Cette photographie prise le 15 mars 2003 à Paris montre un avis de recherche d'Estelle Mouzin, une fillette de neuf ans disparue en 2003. Monique Olivier, ex-épouse du tueur en série Michel Fourniret, sera jugée devant la cour d'assises de Nanterre, en banlieue parisienne, du 28 novembre 2023 au 22 décembre 2023, pour complicité d'enlèvement d'Estelle Mouzin, alors âgée de 9 ans, en 2003. (Photo CBA AFP)
Cette photographie prise le 15 mars 2003 à Paris montre un avis de recherche d'Estelle Mouzin, une fillette de neuf ans disparue en 2003. Monique Olivier, ex-épouse du tueur en série Michel Fourniret, sera jugée devant la cour d'assises de Nanterre, en banlieue parisienne, du 28 novembre 2023 au 22 décembre 2023, pour complicité d'enlèvement d'Estelle Mouzin, alors âgée de 9 ans, en 2003. (Photo CBA AFP)
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Publié le Dimanche 26 novembre 2023

Disparition d'Estelle Mouzin: 20 ans d'enquête et d'errements, et un procès

  • Le 9 janvier 2003, Estelle Mouzin, disparaît à Guermantes (Seine-et-Marne) en rentrant de l'école primaire
  • Le 21 novembre 2019, l'ex-épouse de Fourniret, Monique Olivier, contredit l'alibi fourni par le tueur en série pour le jour de la disparition d'Estelle. Six jours plus tard, il est mis en examen pour «enlèvement et séquestration suivis de mort»

PARIS : Estelle Mouzin a disparu il y a 20 ans, à l'âge de 9 ans. Voici un rappel des grandes dates de l'affaire alors que s'ouvre mardi à Nanterre le procès de Monique Olivier, 75 ans, ex-épouse de Michel Fourniret et seule mise en cause depuis la mort du violeur et tueur en série en 2021.

- Disparue en rentrant de l'école -

Le 9 janvier 2003, Estelle Mouzin, disparaît à Guermantes (Seine-et-Marne) en rentrant de l'école primaire. Une information judiciaire pour «enlèvement et séquestration de mineur de 15 ans» est ouverte à Meaux.

Le portrait d'Estelle est placardé dans toute la France. Le secteur est ratissé. Les 400 foyers du village sont fouillés. Les habitants interrogés. Certains sont placés en garde à vue puis libérés.

Le 24 juin, le portrait-robot d'un «témoin très important» et des photos d'un véhicule utilitaire blanc sont diffusés à la presse. Une élève de l'école d'Estelle avait dit avoir été importunée par cet automobiliste trois semaines avant les faits.

- Une piste parmi d'autres -

En juillet, les enquêteurs de Versailles disent étudier le dossier du pédocriminel Michel Fourniret, qui vient d'être arrêté en Belgique après la tentative d'enlèvement d'une fillette. «Une piste parmi d'autres.»

Le 16 décembre, 75 personnes condamnées en France pour agressions sexuelles ou enlèvement d'enfant sont interpellées, sans résultat. A l'image des multiples autres fausses pistes qui jalonneront l'enquête au fil des années.

Le 20 juin 2006, le parquet de Charleville-Mézières, en charge du dossier Fourniret, transmet des éléments au parquet de Meaux. Le 6 janvier 2007, la police affirme que «rien, directement ou indirectement», ne permet de raccrocher Michel Fourniret à l'affaire, même si le dossier n'est pas bouclé.

- Recherche d'ADN -

Un an après, Michel Fourniret demande dans une lettre au président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Reims à être entendu sur trois dossiers, dont celui d'Estelle Mouzin, disant devoir «des explications» aux familles. La demande est rejetée par la justice.

Le 7 octobre 2013, l'expertise de milliers de poils et cheveux prélevés dans la voiture de Michel Fourniret ne permet pas de retrouver de trace ADN d'Estelle. L'avocat du tueur en série affirme que son client nie tout lien avec l'affaire.

Le 16 janvier 2018, le père d'Estelle attaque l'Etat pour «faute lourde», notamment en raison de sa «mauvaise gestion» du dossier et de la piste Fourniret pas «sérieusement explorée».

- Aveux de Fourniret -

Le 21 novembre 2019, l'ex-épouse de Fourniret, Monique Olivier, contredit l'alibi fourni par le tueur en série pour le jour de la disparition d'Estelle. Six jours plus tard, il est mis en examen pour «enlèvement et séquestration suivis de mort».

Début mars 2020, Michel Fourniret avoue à la juge Sabine Kheris sa responsabilité dans l'affaire. «Je reconnais là un être qui n'est plus là par ma faute», déclare-t-il.

Le 21 août, Monique Olivier est mise en examen pour complicité après avoir déclaré à la justice que son ex-mari avait séquestré, violé et tué la petite fille dans la maison de la sœur défunte de Fourniret, à Ville-sur-Lume (Ardennes).

Le même jour, on apprend que l'ADN partiel d'Estelle Mouzin a été retrouvé sur un matelas saisi en 2003 dans cette maison.

- Nombreuses fouilles -

Le 1er avril 2021, Monique Olivier reconnaît pour la première fois un rôle dans la séquestration d'Estelle, précisant avoir accompagné Michel Fourniret au bord du bois d'Issancourt-et-Rumel pour qu'il enterre le corps de la fillette.

Depuis juin 2020, dix campagnes de fouilles ont été organisées dans les Ardennes pour tenter de retrouver son corps, sans succès.

Entre-temps, Michel Fourniret est décédé à l'âge de 79 ans, le 10 mai 2021 à Paris.

Début février 2023, la juge d'instruction du pôle «cold cases» de Nanterre clôt ses investigations, puis demande en juin le renvoi de Monique Olivier devant les assises pour complicité de l'enlèvement de la fillette ainsi que de l'enlèvement, la tentative de viol ou le viol et le meurtre de deux jeunes femmes, Marie-Angèle Domèce en 1988 et Joanna Parrish en 1990.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient

Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron convoque un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, dans un contexte de pressions de Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d’Ormuz
  • Isaac Herzog appelle les pays européens à agir contre le Hezbollah, tandis que la France propose une médiation entre le Liban et Israël pour éviter une escalade régionale

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 10 mars - intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu'elle réponde positivement à sa demande d'aide pour la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Le président israélien Isaac Herzog a de son côté appelé lundi les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran.

Il a aussi salué l'offre française de faciliter des discussions directes entre le Liban et Israël qui a lancé des frappes aériennes massives et des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt par une frappe israélienne à Téhéran.

Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Israël a poursuivi mardi ses bombardements sur Téhéran et contre le Hezbollah pro-iranien dans la banlieue sud de Beyrouth, au 18e jour de la guerre au Moyen-Orient qui embrase aussi l'Irak, théâtre de nombreuses attaques.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.