Gibraltar : Madrid assure être «très près» d'un accord avec Londres

Rocher de Gibraltar depuis La Linea de la Concepcion près de la ville de Cadix, dans le sud de l'Espagne (Photo, AFP).
Rocher de Gibraltar depuis La Linea de la Concepcion près de la ville de Cadix, dans le sud de l'Espagne (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 29 novembre 2023

Gibraltar : Madrid assure être «très près» d'un accord avec Londres

  • L'Espagne a cédé Gibraltar à la couronne britannique en 1713 dans le cadre du traité d'Utrecht mais elle n'a depuis jamais cessé d'en revendiquer la souveraineté, ce qui donne lieu à des tensions régulières entre Madrid et Londres
  • Fin 2020, Madrid et Londres étaient parvenus in extremis à un accord-cadre sur Gibraltar

BRUXELLES: Madrid est "très près" de sceller un accord définitif avec Londres sur les futures règles de libre circulation des personnes et des biens entre l'enclave britannique de Gibraltar et l'Espagne, a assuré mardi le chef de la diplomatie espagnole.

"Nous sommes très près" d'un accord, a déclaré José Manuel Albares à l'issue d'une rencontre avec son homologue britannique David Cameron, organisée en marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan à Bruxelles.

"Nous sommes si près du but qu'il ne reste plus que quelques points spécifiques et ponctuels" à régler, a ajouté M. Albares, assurant que David Cameron avait exprimé la "même volonté" de parvenir rapidement à un accord au cours de leur rencontre.

Interrogé par des journalistes, le ministre espagnol a toutefois précisé ne pas être "capable" à ce stade "de donner un horizon" pour la signature de l'accord. "Il n'y a pas de divergences sur le contenu" mais "il faut trouver la bonne formule" pour qu'il se concrétise, a-t-il expliqué.

Fin 2020, Madrid et Londres étaient parvenus in extremis à un accord-cadre sur Gibraltar, qui a pour principale conséquence de maintenir, malgré le Brexit, la liberté de mouvement des personnes et la libre circulation des biens à la frontière entre l'Espagne et le "Rocher".

Mais les discussions sur la signature d'un accord définitif patinent depuis.

Dans une déclaration transmise à l'AFP, le gouvernement de Gibraltar a dit se "féliciter de la reprise des négociations", en assurant travailler "en étroite collaboration" avec Londres "pour parvenir le plus rapidement possible à un accord".

Il y a un an, le gouvernement espagnol et la Commission européenne avaient proposé au Royaume-Uni la création d'une "zone de prospérité partagée" avec Gibraltar.

La création d'une telle zone supposerait que l'Espagne assume, au nom de l'espace Schengen, le contrôle des frontières extérieures de Gibraltar. Elle impliquerait par ailleurs la suppression de la frontière terrestre entre l'enclave et l'Espagne afin de garantir la "pleine fluidité" de la circulation des personnes et des biens.

Les règles de l'espace Schengen garantissent la libre circulation des personnes et des biens entre les 27 pays le constituant, parmi lesquels 23 appartiennent à l'Union européenne. Gibraltar, qui n'est pas un Etat souverain, ne peut pas en faire partie et ne peut donc pas assurer de contrôle aux frontières extérieures de cet espace.

L'Espagne a cédé Gibraltar à la couronne britannique en 1713 dans le cadre du traité d'Utrecht mais elle n'a depuis jamais cessé d'en revendiquer la souveraineté, ce qui donne lieu à des tensions régulières entre Madrid et Londres.

Celles-ci ont été à leur comble en 1969, lorsque le régime de Francisco Franco a fermé la frontière, qui n'a rouvert en totalité qu'en 1985.

Près de 15 000 personnes, pour la plupart des Espagnols, passent chaque jour la frontière pour se rendre dans ce territoire britannique de quelque 34 000 habitants afin d'y travailler.


Brésil: Bolsonaro dans la rue avec ses partisans en pleine tempête judiciaire

Des partisans de l'ancien président Jair Bolsonaro se rassemblent devant l'entrée du siège de la police fédérale brésilienne à Brasilia, où il est interrogé sur les allégations selon lesquelles lui et ses alliés ont fomenté un coup d'État pour le maintenir au pouvoir dans les mois qui ont suivi sa tentative ratée de réélection en 2022. (Photo Evaristo Sa  AFP)
Des partisans de l'ancien président Jair Bolsonaro se rassemblent devant l'entrée du siège de la police fédérale brésilienne à Brasilia, où il est interrogé sur les allégations selon lesquelles lui et ses alliés ont fomenté un coup d'État pour le maintenir au pouvoir dans les mois qui ont suivi sa tentative ratée de réélection en 2022. (Photo Evaristo Sa AFP)
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  • L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro est visé par une enquête retentissante sur une supposée «tentative de coup d'Etat» pour conjurer sa défaire électorale en 2022, face au président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva
  • De nombreux internautes ont fait part de leur intention de se rendre à l'avenue Paulista avec des drapeaux d'Israël, pour montrer leur désaccord avec les propos du président Lula, qui a comparé l'offensive israélienne à Gaza à la Shoah

SAO PAULO, Brésil : L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro doit participer dimanche à une grande manifestation organisée en son soutien à Sao Paulo, de quoi tester sa popularité en plein scandale sur des soupçons de «tentative de coup d'Etat».

Les organisateurs espèrent rassembler au moins 500.000 personnes à partir de 15h00 (18h00 GMT) sur l'avenue Paulista, artère emblématique de la plus grande métropole d'Amérique Latine.

Dans plusieurs vidéos publiées ces derniers jours sur les réseaux sociaux, l'ex-président d'extrême droite (2019-2022) a appelé ses partisans à un «rassemblement pacifique en défense de l'Etat de droit démocratique».

Or il est justement visé par une enquête retentissante sur une supposée «tentative de coup d'Etat» pour conjurer sa défaire électorale en 2022, face au président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Le 8 février, il s'est vu interdire de quitter le territoire brésilien à l'issue d'une opération policière de grande ampleur qui a visé plusieurs d'anciens proches collaborateurs, dont des ex-ministres et des militaires haut gradés, avec des dizaines de perquisitions et des arrestations.

Jair Bolsonaro, qui se dit victime de «persécution», a gardé le silence jeudi face aux enquêteurs de la Police fédérale qui l'avaient convoqué dans le cadre de cette affaire. Il a suivi le conseil de ses avocats, qui disent ne pas avoir eu accès à certaines pièces du dossier.

Mais l'ancien capitaine de l'armée a affirmé haut et fort qu'il comptait «se défendre des accusations» dont il fait l'objet lors de la manifestation à Sao Paulo.

Il est également visé par d'autres enquêtes, notamment pour des soupçons de falsification de certificats de vaccination contre le Covid-19 ou le détournement présumé de cadeaux reçus de pays étrangers, dont des bijoux offerts par l'Arabie saoudite.

- Pasteur et parlementaires -

Malgré ces scandales, Jair Bolsonaro est toujours considéré comme le leader de l'opposition, et reste adulé par ses partisans les plus fervents.

Même s'il a été déclaré inéligible jusqu'en 2030 l'an dernier pour désinformation, l'ex-président compte jouer de son influence pour faire élire des alliés lors du scrutin municipal d'octobre prochain, dans un pays encore très polarisé.

Sur l'avenue Paulista, au delà de l'affluence de ses partisans, la présence de personnalités politiques de l'opposition devrait permettre de jauger l'ampleur de ses soutiens.

«S'il y a une grande adhésion, il pourra dire que le peuple est avec lui. Dans le cas contraire, il perdra toute légitimité», dit à l'AFP André Rosa, politologue de l'Université de Brasilia (UDF).

L'un des avocats de M. Bolsonaro, Fábio Wajngarten, a indiqué jeudi qu'il espérait voir «500.000 à 700.000» manifestants, dont plus de cent parlementaires.

Le gouverneur de Sao Paulo, Tarcisio de Freitas, ancien ministre du gouvernement Bolsonaro, ainsi que le maire de la ville, Ricardo Nunes, sont également attendus.

«Le 25, j'y vais, pour le Brésil. Ce sera gigantesque!», a publié sur le réseau social X la députée Bia Kicis, du Parti Libéral (PL, droite) de Jair Bolsonaro.

La manifestation est organisée entre autres par le pasteur Silas Malafaia, très influent parmi les millions de Brésiliens de confession évangélique, une des bases de l'électoral bolsonariste.

- «En jaune et vert» -

Pour la manifestation de dimanche, Jair Bolsonaro a demandé à ses partisans de venir «en jaune et vert», les couleurs du Brésil, mais «sans apporter de pancartes ni banderoles contre quiconque».

Durant son mandat, de nombreuses manifestations en son soutien étaient marquées par des slogans contre les institutions brésiliennes, notamment la Cour suprême.

C'est un juge de cette haute cour, Alexandre de Moraes, qui a autorisé l'opération policière dans le cadre de l'enquête sur la «tentative de coup d'Etat».

Le 8 janvier 2023, une semaine après l'investiture de Lula, des milliers de partisans de Jair Bolsonaro avaient saccagé les lieux de pouvoir à Brasilia, dont la Cour suprême.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes, notamment des évangéliques, ont fait part de leur intention de se rendre à l'avenue Paulista avec des drapeaux d'Israël.

Une façon de montrer leur désaccord avec les propos du président Lula, qui a comparé dimanche dernier l'offensive israélienne à Gaza à la Shoah, provoquant une crise diplomatique avec Israël.


Trump écrase Haley lors des primaires républicaines de Caroline du Sud

Nikki Haley, candidate républicaine à l'élection présidentielle américaine et ancienne ambassadrice de l'ONU, quitte la scène après s'être exprimée lors de sa soirée de veille électorale à Charleston, en Caroline du Sud, le 24 février 2024. (Photo Julia Nikhinson AFP)
Nikki Haley, candidate républicaine à l'élection présidentielle américaine et ancienne ambassadrice de l'ONU, quitte la scène après s'être exprimée lors de sa soirée de veille électorale à Charleston, en Caroline du Sud, le 24 février 2024. (Photo Julia Nikhinson AFP)
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  • Le revers est d'autant plus cruel pour la quinquagénaire, incarnant une aile plus modérée du Parti républicain, qu'il a lieu dans l'Etat dont elle a été gouverneure pendant six ans
  • Avec plus de 85% des bulletins dépouillés, Donald Trump était largement en tête, avec environ 60% des voix

CHARLESTON, États-Unis : Pressé de se projeter dans un duel avec Biden, Donald Trump a infligé samedi une défaite cinglante à sa dernière rivale républicaine, Nikki Haley, lors de la primaire de Caroline du Sud.

Le revers est d'autant plus cruel pour la quinquagénaire, incarnant une aile plus modérée du Parti républicain, qu'il a lieu dans l'Etat dont elle a été gouverneure pendant six ans. Elle a toutefois refusé de jeter l'éponge.

Signe que l'ex-président ne considère même plus Mme Haley comme une menace, Donald Trump a ciblé dans ses premières déclarations victorieuses l'actuel maître de la Maison Blanche.

«Joe (Biden), tu es viré !», a-t-il lancé depuis Columbia, la capitale de l'Etat, en reprenant son slogan fétiche de l'époque des plateaux de télé-réalité.

Face à lui se trouvait une assemblée de ses partisans d'où fusaient des vivats et applaudissements.

Comme lors des quatre autres scrutins précédents, dont le but est de désigner le candidat républicain à la présidentielle de novembre, l'ancien président américain a été sans pitié.

La victoire de Donald Trump a été projetée par les médias américains une poignée de secondes seulement après la fermeture des bureaux de vote.

Avec plus de 85% des bulletins dépouillés, l'ancien magnat de l'immobilier était largement en tête, avec environ 60% des voix.

«Chaque jour nous confronte à la menace que Donald Trump fait peser sur notre avenir», a alerté Joe Biden, en réaction aux résultats.

En dépit de ses ennuis judiciaires, dont certains lui font risquer la prison, le tempétueux septuagénaire est le candidat ultra-favori de la droite, selon tous les sondages.

- «Vaincre Joe-la-Crapule» -

Le résultat de la primaire est clair, a analysé pour l'AFP David Darmofal, politologue à l'Université de Caroline du Sud:

«Cela illustre qu'il est désormais effectivement le nominé républicain à la présidentielle. La rapidité de ce résultat augmente probablement la pression sur elle pour qu'elle se retire de la course».

Donald Trump espère en effet forcer son ex-ambassadrice à l'ONU à jeter l'éponge afin de pouvoir concentrer ses attaques sur le démocrate Joe Biden, qui brigue un second mandat en novembre.

Mais Nikki Haley, 52 ans, s'accroche, refusant pour l'instant de quitter la course à l'investiture républicaine.

«Je n'abandonne pas ce combat», a-t-elle déclaré à ses partisans, lors d'un meeting à Charleston, promettant de continuer à «se battre pour l'Amérique».

Le plaidoyer de cette femme, la seule en lice chez les républicains, est simple: «Nous ne survivrons pas à quatre ans de plus du chaos de Trump.»

Profitant de nouveaux propos polémiques de son rival, Nikki Haley l'a vivement critiqué samedi. Embourbé dans les affaires, il a suggéré que ses inculpations faisaient de lui un candidat sympathique aux yeux des électeurs noirs.

«Voilà le chaos qui accompagne Donald Trump, et ce genre de propos offensants va continuer chaque jour jusqu'à l'élection», a affirmé Nikki Haley.

L'équipe de Donald Trump balaie son argumentaire.

- Procès le 25 mars -

Après samedi, les deux rivaux devraient donc s'affronter mardi dans le Michigan.

Les républicains de l'Idaho, du Missouri, du Dakota du Nord voteront ensuite chacun leur tour, un ballet bien orchestré qui mènera les candidats jusqu'à l'un des plus grands rendez-vous politique de l'année, le Super Tuesday.

Le 5 mars, une quinzaine d'Etats, dont le Texas, la Californie, le Colorado et la Virginie organiseront simultanément leurs scrutins lors d'une grande journée électorale.

Les primaires peuvent en théorie s'étirer jusqu'en juillet. Mais selon les sondages, Nikki Haley n'est favorite dans aucun de ses Etats et l'équipe Trump prévoit déjà une victoire «le 19 mars» au plus tard.

Alors pourquoi reste-t-elle dans la course?

«Elle attend de voir si Trump est mis hors jeu par une décision de justice ou un pépin de santé», explique à l'AFP le politologue Larry Sabato.

Le premier procès pénal de Donald Trump débutera le 25 mars.


USA: interception d'un «ballon» à haute altitude au-dessus de l'Utah

Le Pentagone vu du ciel à Washington, le 2 mars 2022 (Photo, AFP).
Le Pentagone vu du ciel à Washington, le 2 mars 2022 (Photo, AFP).
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  • La FAA de son côté a également déterminé que le ballon ne présentait pas de danger pour l'aviation, toujours selon le NORAD
  • En février 2023, les Etats-Unis avaient repéré et abattu un énorme ballon blanc venu de Chine qui survolait une série de sites d'armement nucléaire top secrets

WASHINGTON: Un petit "ballon" flottant à haute altitude au-dessus de l'Utah (ouest des Etats-Unis) a été intercepté vendredi par l'armée de l'air américaine, mais a été jugé sans risque pour la sécurité nationale ni pour l'aviation, a annoncé l'agence militaire américano-canadienne, citée par les médias américains.

Le Commandement militaire de l'Espace aérien nord-américain (NORAD) a expliqué dans un communiqué, en coordination avec l'Agence américaine de l'Aviation (FAA), avoir "détecté un petit ballon à plus de 13 000 mètres d'altitude", selon CBS News.

"Le ballon a été intercepté par des avions de chasse du NORAD, qui ont déterminé qu'il n'était pas manoeuvrable et ne présentait pas de menace pour la sécurité nationale", a précisé le NORAD dans son commmuniqué.

La FAA de son côté a également déterminé que le ballon ne présentait pas de danger pour l'aviation, toujours selon le NORAD.

Le NORAD a toutefois précisé qu'il allait "continuer à le surveiller".

Selon CBS citant un responsable américain sous couvert d'anonymat, le ballon a une boîte cubique d'environ 60 cm de long suspendue de chaque côté.

En février 2023, les Etats-Unis avaient repéré et abattu un énorme ballon blanc venu de Chine qui survolait une série de sites d'armement nucléaire top secrets.

Pékin avait nié utiliser des ballons d'espionnage, et avait expliqué que celui abattu était destiné à des recherches météorologiques.

A la suite de cet événement, l'armée américaine avait ajusté ses critères pour que ses radars puissent détecter des objets plus petits.